jeudi 15 avril 2010

Le samedi est un rêve. 2

Juliette me fait de grand signe de bras au loin, elle a réservé des places dans l'amphi pour le contrôle de philo, sujet sur la culture, on n'en sait pas plus, chacun pensait réviser ça et ça et ça, et au final on n'a révisé que ça. On prend des cafés, on s'approche des gens pour leur dire bonjour mais surtout leur demander "c'est dans quel amphi?", On est tous là bien au chaud, comme des poussins qui pensent, l'amphi épouse la forme de la masse des L1 et L2, il y a la prof de méthodo qu'on aime pas parce qu'elle était trop mode la première fois qu'on l'avait vue et que pour nous philo et mode ça ne va pas, ok pour l'élégance, bien sûr, l'élégance, mais pas la mode, c'est trop hyperficiel. C'était trop mondain pour être sérieux, j'ai trop perdu de temps, entre les twits qu'on s'envoyait par sms avec Juliette, la vibration du portable qui dans le silence équivaut à un vrai bruit, son C. que je découvrais, les présentations se faisant en silence, mon JD qui se fait draguer par la Modeuse plutôt belle mais sévère du regard, la seule qui ose jouer le jeu un peu ridicule à la fac de l'autorité, on compte sur vous pour vous auto-réguler, on est tellement grands qu'à part quelques mecs de l'Unef on a tous intériorisé l'interdiction d'écrire sur les tables et les murs. Elle disait quoi, un truc du genre, une rime avec "discussion", qu'il ne fallait pas avoir, et "dissertation" qu'il fallait faire. Quand JD est sorti fumer j'ai attendu pour le suivre une minute après, pensant dans ma folie qu'il s'agissait d'un intervalle parfait, que j'avais suffisamment attendu, et puis une cigarette ça se consume vite, je pouvais pas attendre plus longtemps, il allait bientôt revenir. En plus j'étais déjà sortie pour aller chercher un café à Juliette et un Coca, et tacitement je crois que la règle est que chacun à droit à une sortie, après c'est un peu de la provocation. Je comptais sur lui pour ne pas trop réfléchir à pourquoi je me trouvais devant lui, toute seule, dans l'air menthe et matinal avec ma mini-jupe, mon pull, mes cheveux peut-être bien en place, ou peut-être qu'il y en a toujours trop pour qu'ils soient en place et il ne faut plus lutter, de toute façon quand il est là je vais jusqu'à me demander si mon nez ou mes yeux sont bien en place, ça va trop loin. On a parlé, ça me suffisait, il était pas content de son plan, on se souriait matinalement, amicalement. Apparemment la Modeuse m'a mal regardée quand je suis rentrée dans l'amphi avec JD qui me tenait la porte, plus par politesse que par amour, c'est Juliette qui me l'a dit tout de suite après par sms.

2 commentaires:

ashorlivs a dit…

Des mini-jupes maintenant, c'est fou

Karine Houzé a dit…

Murielle est une femme moderne : :)