<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915</id><updated>2012-01-29T22:31:10.900+01:00</updated><title type='text'>TRANCHES</title><subtitle type='html'>&lt;i&gt;"Peut-être qu'au moins dans la journée il faut faire sa page : parce qu'au moins on est content d'avoir fait sa page"&lt;/i&gt; &lt;b&gt;Hervé Guibert&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&amp;quot;j&amp;#39;ai soudain senti que je m&amp;#39;étais rééduqué moi-même, et justement par le processus du souvenir et de l&amp;#39;écriture&amp;quot;&lt;/i&gt; &lt;b&gt;Dostoïevski&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;"Ce qui est exprimé est résolu, dit sa profession de foi."&lt;/i&gt; &lt;b&gt;Thomas Mann&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;"Règle d'or : laisser une image incomplète de soi..."&lt;/i&gt;&lt;b&gt; Cioran&lt;/b&gt;</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>280</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-286180451139176656</id><published>2011-11-10T02:41:00.011+01:00</published><updated>2011-11-10T16:46:37.964+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:cambria;"&gt;&lt;span style="color:#000033;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;«[…] et les  mégères informes, les rebuts de l’humanité assis sur le pas des portes  (l’alcool ayant causé leur perte) en font autant; on ne peut pas régler  leur sort par de simples décrets ou règlements, &lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;précisément pour cette  raison : ils aiment la vie. Dans les yeux des gens, dans leur démarche  chaloupée, martelée, ou traînante; dans le tumulte et le vacarme; les  attelages, les automobiles, les omnibus, les camions, les  hommes-sandwiches qui se frayent un chemin en tanguant; les fanfares ;  les orgues de barbarie : dans le triomphe et la petite musique et le  drôle de bourdonnement là-haut d’un avion, dans tout cela se trouvait ce  qu’elle aimait : la vie ; Londres ; ce moment de juin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; &lt;/i&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);font-family:cambria;" &gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;»&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mrs Dalloway&lt;/span&gt; - Virginia WOOLF&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Je marchais dans la rue avec mon ami G. et je ne sais plus ce qu'on se racontait  mais cela m'a fait sourire. Tout en même temps je regardais autour de moi, car discuter en marchant libère le regard et c'est comme si deux fils narratifs se déployaient parallèlement : celui de la vision et celui de la parole. Au même moment mon regard a heurté une série de rats suspendus en l'air dans la vitrine d'une boutique bizarre qui vend des animaux empaillés. J'aurais pu interrompre la discussion, mais dans ce jeu de forces qui s'opposaient, ville contre discussion, la discussion a pris le dessus. &lt;/span&gt;Ce n'est qu'une fois dans mon lit que l'image de mon sourire venant cogner sur les rats m'est revenue avec un halo d'irréalité.&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt; Paris grouille. Lors de mes promenades (je marche beaucoup à Châtelet en ce moment) j'y vois des choses très belles et  surprenantes, non pas tant surprenantes en elles-mêmes que par contraste avec ce qui arrive, ce qui précède, ce qu'on a derrière la tête, et ce qui surgit effectivement devant nous :  un homme sur un monocycle, un groupe d'abrutis déguisés en Teletubbies, des corbeaux près d'une poubelle, un groupe de filles incroyablement vulgaire, un slogan sur une boutique de vêtements "Le pyjama est mort, vive le pyjama !", des fous qui viennent me parler, le Forum des halles qui, ayant disparu, nous redonne un peu le ciel. Cela n'a l'air de rien comme ça, mais dans la solitude de la promenade on est attentif et affecté par ces choses-là; ce sont des images qui s'épanouissent, éclosent en nous comme des fleurs de couleurs différentes qui monopoliseraient nos organes. Quelque chose s'interrompt, une autre chose surgit, c'est un foutoir énorme qui vient piquer, pincer, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;enquiquiner &lt;/span&gt;la trame de nos pensées, finit de s'y infiltrer, crachant ses spots publicitaires entre deux états d'âme. Et l'on se demande comme tout ceci peut exister, ensemble, en même temps, car tout cherche à dissoner, à se contredire, et chaque parcelle de Paris coupe la parole à la suivante.&lt;br /&gt;Pourquoi ce n'est plus agressif ? Parce que nous faisons partis de la toile, que nous sommes la ville pour les autres, le passant, le piéton, le client, l'imbécile urbain. Nous pensions être d'une tonalité différente, éclairé autrement, or nous sommes fondus dans la grisaille fraîche et électrique, incapable de nous arracher à cette matière urbaine et gluante. Il y a toujours un peu de ville dernière nous, les gens nous regardent et embarquent dans leurs images un peu de cet arrière-plan instable.&lt;br /&gt;La ville n'est que l'envers de notre intériorité, ainsi j'oscille et me réjouis d'osciller entre l'anecdotique et le gravissime, quel sandwich acheter et que faire de sa vie et qui aimer en passant par "ces chaussures sont pas mal", l'intime et l'urbain, le visage d'un ami (comme le point reconnu, familier, à partir duquel se déplie l'étrangereté du monde) et une bande de rats morts imbéciles. Guillerets mais peut-être épuisés, nous nous engouffrons dans le métro comme pour échapper à la prochaine vague.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Virginia Woolf aurait adoré.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-286180451139176656?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/286180451139176656/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=286180451139176656' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/286180451139176656'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/286180451139176656'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/11/et-les-megeres-informes-les-rebuts-de.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-4224126808309472119</id><published>2011-11-02T02:24:00.031+01:00</published><updated>2011-11-10T04:04:35.534+01:00</updated><title type='text'>Cinéma</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.ecranlarge.com/upload/movies/images/movie10136/large_232836.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 608px; height: 341px;" src="http://www.ecranlarge.com/upload/movies/images/movie10136/large_232836.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Aux amis,&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.ecranlarge.com/upload/movies/images/movie10136/large_232836.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:100%;"&gt;"Minnie:  You know with me, it just seems like I get more so... I get more  aroused, more willing to give of myself. You know the world is just full  of silly asses that just want you body... I mean not just your body...  your soul, your heart your mind, everything, they can't live until they  get it. And then they get it... and they don't really want it.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Florence: They're just crazy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Minnie:  Yeah... you know in movie's its never like that. You know I think  movies are a conspiracy! They actually are because they set you up,  Florence! They set you up from the time you are a little kid! They set  you up to believe in... everything... ideals and strength and good guys  and romance and of course... love. Love, Florence!&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:100%;"&gt;&lt;span&gt;"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-family: arial;font-family:georgia;font-size:85%;"  &gt;&lt;span&gt;Minnie and Moskowitz &lt;/span&gt;- John Cassavetes&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Trop vu de femmes venant en couple et qui s'abandonnaient davantage à leurs hommes qu'aux films, je les ai toujours détestées pour cette façon qu'elles ont de nous faire sentir qu'elles auraient pu être autre part mais qu'elles venaient quand même ici pour nous embêter, nous qui ne pouvions être nulle part ailleurs. Elles ont le goût de ces fêtes qui se jouent sans nous, où se regarder face à face et se parler cordialement suffit à se dire que nous sommes tout à notre interlocuteur. Comme si la sincérité n'était pas un nécessaire désaccord, décalage, qu'il s'agissait d'assumer. Nous assumons le fait que nous rêvons. Nous ne laissons pas nos rêves nous distraire, nous les regardons en face, et ce que nous avons derrière la tête finit de coïncider avec ce que nous avons devant les yeux. Un rêve derrière, un rêve devant. C'est le cinéma.&lt;br /&gt;De pétulantes idiotes donc, dont la seule présence nous riait au nez, faisait de nos images du monde, de nos images-mondes, un monde d'images, ces objets gentils, ces objets caressant par dessus les caresses de leurs types. Elles &lt;span style="font-style: italic;"&gt;s'intéressent&lt;/span&gt; aux films, à l'histoire, elles ont un avis sur le cinéma italien en général. Je venais m'asseoir à côté d'elles,  démunie, c'est-à-dire disponible, et dès que la lumière s'éteignait, il s'agissait de  cueillir les questions qui étaient autant les miennes, les nôtres, que celles du film, et de confondre nos réponses, de se rassembler dans la réponse : le film, moi, les autres, le monde, elles aussi, si elles voulaient. De faire tout exploser, que tout déborde dans tout, que les larmes aient pris assez d'élan pour glisser jusqu'au cou, que les rires gênent le voisin, me gênent moi-même, bref, que le corps chauffe et déborde dans les limites imposées par le siège et le voisin et la civilisation en général. Contenir un débordement : voilà ce qu'on recherchait. Comme l'image se contient dans les limites de l'écran, mais ne tend qu'à se projeter sur une surface toujours un peu plus grande. C'est cette limite du siège qui nous incite à l'expansion.&lt;br /&gt;Pourtant il y a des jours où on a été ces autres femmes,  on est venus avec cet homme, cette femme, et on a beaucoup plus pensé à lui qu'au film. On l'a fait mais on a honte, c'était comme si on s'était servis d'un ami comme d'un moyen. L'espace d'une séance nous avons été ingrats, indignes, mais les sièges résistaient à notre envie d'en basculer les dossiers pour mieux faire chavirer les corps, et personne n'échappait à l'écran. Will Smith ou Jean Marais nous dévisageaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On les sent ces spectateurs à qui un mauvais film ou un bon film est une question de vie ou de mort, miser sur un film, miser sur la vie, c'est tout pareil, à chaque film on rejoue tout, on rejoue le goût qu'aura le trajet du retour et les pensées du métro et la tonalité des discussions avec les amis, on joue la journée, on joue l'humeur, personne ne dira le contraire : jouer ça c'est tout rejouer. Après un bon film on rentre chez nous plus prestement, on sautille presque, en fait on ne sautille qu'intérieurement, plein d'un secret qu'on s'impatiente de divulguer, de faire découvrir ou parfois, seul plaisir d'aller dire aux copains "moi aussi maintenant je le connais".&lt;br /&gt;Le cinéfou, il passe devant les cinémas avec cet air de fausse nonchalance, de faux "pourquoi pas un cinéma", encore un pas et il ne se serait pas arrêté paraît-il, et il regarde le programme, il regarde le programme de cet oeil qui se laisse tenter par un synopsis mais qui secrètement connaît par coeur ce programme. C'est qu'il doit entamer la petite danse du spectateur se laissant séduire ne serait-ce que  pour les quelques personnes alentours ou pour lui-même, pour se persuader qu'il y avait d'autres options que le cinéma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Minnie and Moskowitz &lt;/span&gt;de Cassavetes. Florence et Minnie reviennent d'un film avec Humphrey Bogart, se soûlent gentiment entre copines et parlent de cette brisure, brisure que tout cinéphile porte en lui : elles ont trop aimé la vie en aimant le cinéma, à travers le cinéma, et la vie n'est pas à la hauteur de cet amour. Pas assez à la hauteur pour qu'on puisse un jour avoir envie de se passer de cinéma et arrêter d'avoir envie de se passer de réel. "Les films sont des conspirations" qui nous ont fait croire à un idéal, aux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;good guys,&lt;/span&gt; à l'amour, en oubliant qu'on finirait par aller chercher ces trésors dans la vie même, qu'on ne les trouverait pas, qu'on finirait par haïr le cinéma. Trésor au pied d'un arc-en-ciel. Le cinéma a cru qu'il hisserait ce monde à la hauteur de sa réalité, sans penser que le monde n'arriverait un jour plus à suivre et que le cinéma ne serait que le référent à partir duquel se mesurerait l'écart. Le cinéma devait nous permettre d'identifier les Charles Boyer et Bogart de notre monde, on pensait qu'il nous disait "il y a des Charles Boyer, il y a l'amour, voilà à quoi ça ressemble", et on devait aller chercher tout ça, et quand Minnie et Florence y sont allées, elles n'y ont trouvé que des absences, des manques, des trous et des déceptions. Alors Cassavetes a fait un film sur un cinéma qui ne mentirait à personne, un cinéma partant d'un pessimisme, du visage-chagrin de Gena Rowlands, pour voir si à partir de prémisses sinistres mais magnifiques, on pouvait, en toute honnêteté, arriver à la joie, à l'amour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quarante ans plus tard ce sont les personnages de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sexe entre amis&lt;/span&gt; qui se plaignent d'avoir été bernés par le grand amour des films hollywoodiens. Leur cynisme semble n'être que l'effet d'un  romantisme déçu n'attendant que la bonne occasion pour se manifester. Mais les questions ne sont pas les mêmes, car les personnages de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sexe entre amis&lt;/span&gt; ont la vacuité des monstres et sont orphelins d'un cinéma qu'ils ne comprennent plus. Minnie aimait le cinéma, et le détestait de l'avoir trop aimé, on a beau dire, c'est un amour qui se construit toujours contre le monde. L'amour, elle en avait et elle y trouvait son écho dans le cinéma. C'était le monde qui était trop méchant, et on peut se passer de cinéma, mais pas d'un rapport au monde, alors le monde posera toujours problème.&lt;br /&gt;Les personnages de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sexe entre amis&lt;/span&gt; miment le manque de ce qu'ils ne comprennent plus, un manque qui est double : un manque qui les concerne et un autre qui concerne le monde, inutile de dire qu'à trop y réfléchir ils finissent par se confondre. Car le problème n'est pas tant de savoir si l'amour existe que de comprendre que pour qu'il puisse exister encore faut-il que nous puissions exister véritablement. Ici le cinéma constitue l'outil paradoxal  de nos existences en ce qu'il est un miroir d'un état de choses, de nos existences, et possibilité de leur dépassement qui se fait toujours &lt;span style="font-style: italic;"&gt;à notre image&lt;/span&gt; et dans les limites (robustes mais négociables) de cet état de choses, en tant qu'il reste miroir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe src="http://www.youtube.com/embed/jIq3r1zHB28" allowfullscreen="" width="420" frameborder="0" height="315"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-4224126808309472119?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/4224126808309472119/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=4224126808309472119' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4224126808309472119'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4224126808309472119'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/10/trop-vu-de-femmes-venant-en-couple-et.html' title='Cinéma'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://img.youtube.com/vi/jIq3r1zHB28/default.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2981088582896382013</id><published>2011-10-13T03:02:00.006+02:00</published><updated>2011-10-13T03:32:23.468+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>La dernière fois je me suis retrouvée à discuter de la vérité avec une connaissance amicale de la fac, il prononçait d'une façon si assurée ce mot, m'assurant que nous avions prétention, nous les étudiants en philosophie, à rechercher la vérité. Je ne sais pas ce qui m'a fait dire tout intérieurement qu'utiliser ce mot me paraissait tout à fait aberrant. Lisible oui, dix fois par pages, mais bon sang, imprononçable, vraiment. Ensuite il m'a fait lire un écriteau au loin, "agrégation externe de philosophie", il l'a lu en changeant "externe" pour "interne", je défendais que si nous étions deux à dire "interne" alors nous aurions vrai tant qu'une autre personne ne nous contredirait pas, il me disait que non et comme c'est un très bon rhéteur et qu'il est très loquace il me prouvait qu'il avait raison mais je ne me souviens de rien car intimement il me crispait, de cette crispation honteuse dont on sait qu'on ne devrait pas la ressentir pour des gens qui objectivement ne vous posent pas de problème, un tiers m'aurait dit "arrête il est trop sympa", mais il n'y avait personne.&lt;br /&gt;Si j'avais dû dire quelque chose de sincère j'aurais voulu lui demander s'il ne se sentait jamais trop fatigué ou trop triste pour parler de "vérité",  j'ai une nouvelle théorie selon laquelle nous ne sommes jamais dans notre état normal, par conséquent il nous faut  prendre en compte et assumer le filtre par lequel se donne la réalité : comme si nous portions continûment des lunettes à verres colorés, les couleurs changent mais il nous est impossible de les enlever, ce qui nous rendrait alors capable de parler de vérité, peut-être est-ce possible si nous réunissions quelques conditions : être seul dans une chambre au calme, ni fatigué ni excité, ni déprimé ni euphorique, préoccupé de rien, cette lucide tranquillité dans laquelle nous plongent parfois certains films ennuyeux mais pas mauvais&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. &lt;/span&gt;Je lui aurais demandé s'il n'avait pas l'impression que faire raisonner ce mot dans la cour de la Sorbonne vide pouvait peut-être lui sembler juste, mais il lui suffirait de le prononcer plus loin, au Monoprix ou au milieu du boulevard St Michel pour comprendre à quel point cela sonne faux, à quel point il y a des mots qui une fois posés se font engloutir par le monde, ils ne lui résistent pas.&lt;br /&gt;D'un autre côté, comme il m'arrive souvent, je n'étais pas sûre de pouvoir encore assumer mon approche des choses, cette force d'affirmation toute contenue en moi. Il avait donc peut-être raison, il mettait peut-être un mot sur quelque chose que je faisais sans jamais le dire : chercher la vérité, dépoussiérer les choses, les éclairer de cette lumière blanche de parking qui est celle de la vérité, revenir au fondement, réfléchir à partir des définitions. Et peut-être que, comme toujours j'étais son idiote à lui, celle qui en sait moins et qui ne sait pas pourquoi elle est là, un prof avait dû peut-être dire un jour ce qu'est la vérité et je n'avais pas été assez attentive. Bref ce qui m'embêtait c'était que je pensais pouvoir vivre en esquivant les questions trop fondamentales résolues chez moi dans des évidences inarticulées, et n'avoir à rendre compte à personne des motifs de mes études, à plus forte raison de mon existence, simplement avancer.&lt;br /&gt;De l'autre, j'étais persuadée d'avoir raison de ne pas être d'accord avec lui et qu'il fallait le combattre, peut-être même le haïr faute de lui en parler. Au fond ce qui me gênait c'était cette chose qui me crispe énormément: quand nous utilisons des mots vagues car frelatés et dont il semble que tout le monde se soit mis d'accord sur la définition sauf moi (c'est ce qui fait que je suis dans l'incapacité de discuter de façon trop élaborée, car j'ai toujours l'impression de ne pas comprendre la plupart des mots). Or nous devrions en décliner la définition à chaque fois que l'on en use, peu importe si elle est bonne, pourvu que nous partions sur une compréhension commune. Donc vérité, quoi comme vérité ? Je sentais que je n'avais pas à le lui demander, il entendait le mot en un sens absolu, une sorte de vérité apodictique, la version du monde véritable, totalisante, la lucidité suprême, j'aurais voulu lui dire que de ces vérités-là, une seule salle de cours de philosophie en contient des milliers, allons donc plutôt cultiver les nôtres, les renforcer.&lt;br /&gt;Je m'en suis voulu de ne pas avoir fait bifurquer sur les prémisses mal posées de notre discussion, ce "De quoi on parle là ?" qu'on aimerait pouvoir crier une fois sur deux. J'aurais dû avoir l'honnêteté et le courage de parler de ma version des choses, discussion qui se situe en amont : avant de postuler que nous avons quelque chose en commun à discuter, peut-être devrions nous d'abord nous renifler théoriquement, voir avec quel regard et avec quelle posture nous avançons dans ce foutoir infini, mais nous étions déjà trop loin dans la conversation pour que je puisse lui proposer de remonter plus haut, cela faisait déjà une heure que nous parlions,  le soleil me défonçait le crâne et j'avais faim; voilà qui est vrai.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2981088582896382013?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2981088582896382013/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2981088582896382013' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2981088582896382013'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2981088582896382013'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/10/la-derniere-fois-je-me-suis-retrouvee.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-4456952802397650725</id><published>2011-09-16T02:40:00.001+02:00</published><updated>2011-09-16T02:00:02.007+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Maintenant supposez qu'un personnage se trouve dans une situation quotidienne ou extraordinaire, qui déborde toute action possible ou le laisse sans réaction. C'est trop fort, ou trop douloureux, trop beau. Le lien sensori-moteur est brisé. Il n'est plus dans une situation sensori-motrice pure, mais dans une situation optique et sonore pure. C'est un autre type d'image. Soit l'étrangère dans &lt;/span&gt;Stromboli &lt;span style="font-style: italic;"&gt;: elle passe par la pêche au thon, l'agonie du thon, puis l'éruption du volcan. Elle n'a pas de réaction pour cela, pas de réponse, c'est trop intense. C'est cela, je crois, la grande invention du néo-réalisme : on ne croit plus tellement aux possibilités d'agir sur des situations, ou de réagir à des situations, et pourtant ce n'est pas du tout passif, on saisit ou on révèle quelque chose d'intolérable, d'insupportable, même dans la vie la plus quotidienne."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; Gilles Deleuze - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sur l'image-mouvement, Pourparlers&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m'apparaît parfois que je me fatigue et m'endors à force de désirer, mon sommeil est un chagrin mais le réveil est lumineux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En groupe, en soirée : c'est là que se trouve le vrai problème : non pas dans l'impossibilité d'une conversation, mais dans sa fragilité menacée de toute part, comme si elle ne pouvait jamais triompher d'une interruption, c'est-à-dire de ses blessures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus en plus, des moments de suspension où lecture et film ne pourraient que péniblement me distraire. Ce que je veux : rien d'autres qu'être allongée dans mon lit et tortiller ma bouche, froncer les sourcils, glisser ma main entre mon flanc et l'élastique de mon bas de pyjama, emprisonnant ma couverture entre mes jambes: car j'aime que dans ces moments tout soit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;calé&lt;/span&gt;, tout trouve sa place. Et je reste là comme une profonde idiote, je ne regarde rien puis je finis par me saisir en situation et je pense à ce plan de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Fat City&lt;/span&gt; qui imite si bien ma position et à l'ambiance d'oisiveté neurasthénique qui travaille tout le film. Je cherche ça, ou plutôt, je suis obligée de le chercher, puisque j'y suis, il n'y a plus qu'à faire adopter au corps la posture qu'il faut, à l'installer confortablement dans sa tristesse. Et pendant que je suis en train d'écrire cette phrase je me sens trop triste, tellement triste, pour la finir, je ne peux pas ne pas le dire, car il a toujours fallu croire un minimum en soi-même et à ses malheurs pour pouvoir écrire dessus, ici maintenant j'ai l'impression que je n'existe pas du tout ou que tout ceci n'a absolument aucun intérêt. Dès que je pense je touche sans médiation à l'immensité de tout ce qui n'est pas moi et je comprends cette immensité: je prends parti pour mon contraire, pour ce qui s'apprête à me nier, et cela me décourage jusqu'aux larmes. Je crois que c'est précisément ça : je ne suis plus de mon côté, je ne me&lt;span style="font-style: italic;"&gt; supporte &lt;/span&gt;plus, littéralement.&lt;br /&gt;Cela fait plusieurs jours que je couve une sorte d'énervement proche de la crise de nerfs contre moi-même, doublé du sentiment d'une totale impuissance à un moment où je devrais m'affirmer et agir avec une saine confiance en moi. Je me délite, je m'effrite, ce qui s'érige c'est mon néant qui trouve de quoi se nourrir en me voyant dans cette rame de métro bondée : et si je coïncidais avec cette image de moi, anonyme et sans génie ? J'ai l'impression de n'exister par rapport à rien, tout tient en apparence, les amis, les désirs et les ambitions n'ont pas changé, ils ont toujours la même peau, me rendent toujours aussi enjouée, sincère dans l'action. Je peux encore parler et avoir des idées, mais une fois que tout le monde part je suis effondrée, sans explication apparente, les effets sont orphelins de leur cause. Puisque je suis en train de me haïr, et que tout existe toujours par rapport à nous (le savoir, les lectures, les films, les personnes) alors plus rien n'existe, tout semble injustifiée, sans saveur : puisqu'il faut un sujet pour pouvoir goûter, et que goûter c'est toujours se goûter d'abord, alors je ne me goûte plus et les choses me jettent des cordes que je n'attrape plus. Cette semaine aurait pu être très belle, mais allez savoir pourquoi les pensées ont cet esprit de contradiction sinon de destruction qui n'agit jamais qu'après que les choses soient vécues. Je savoure la présence de mes amis, l'amitié dégoulinante d'un groupe de lycéenne à côté de moi au café, ces groupes d'étudiants effrayants de puissance qui marchent rue Soufflot, ce très bon film, ce beau visage en face de moi, cet événement inespéré, Emile qui me raconte sa journée, ce paquet de cigarettes que j'achète, je pense que j'arrive à me perdre, à m'envelopper tout à fait dans la toile de ces évènements-là et j'ignore ce qui se passe tout juste après mais leur seule remémoration, le simple fait de me dire "les bonnes choses continuent" ne suffit pas à me calmer, car ma tristesse est ailleurs, dans une façon de ne pas me sentir à la hauteur face à ces montagnes de vie, j'ai comme volonté de me pulvériser tout à fait, de m'atomiser dans l'espace; ne pouvant me rassembler, je finirai par &lt;span style="font-style: italic;"&gt;me&lt;/span&gt; perdre pour de bon. Mais dans cette atomisation toute intérieure il reste toujours un semblant d'atome de moi suffisamment grand pour que cela fasse encore mal.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-4456952802397650725?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/4456952802397650725/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=4456952802397650725' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4456952802397650725'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4456952802397650725'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/09/maintenant-supposez-quun-personnage-se.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-1650570154855117180</id><published>2011-08-30T16:46:00.016+02:00</published><updated>2011-08-31T04:32:53.278+02:00</updated><title type='text'>Cet obscur...</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img560.imageshack.us/img560/329/bunuel.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 672px; height: 384px;" src="http://img560.imageshack.us/img560/329/bunuel.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.atlantidezine.it/wordpress/wp-content/uploads/2011/05/fontana3.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 675px; height: 539px;" src="http://www.atlantidezine.it/wordpress/wp-content/uploads/2011/05/fontana3.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"&lt;/span&gt;Anywhere out of the world &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;- n'importe où en dehors du monde -, tel est le centre d'attraction&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size:85%;"&gt;autour duquel Baudelaire faisant déjà graviter tout désir. Lieu étrange à jamais car se définissant paradoxalement par l'absence de lieu : un lieu qui n'en est pas un, c'est-à-dire une utopie, un "non-lieu". [...] Inquiétude d'ordre théorique, chez Lacan, à entendre parler la chose même, interdite de parole selon la loi du désir, laquelle ordonne à tout objet d'apparaître comme désirable sous la condition expresse de son absence, et à jamais indésirable dans l'hypothèse contraire. Il est évident, par exemple, qu'un thème de science-fiction, tel celui des soucoupes volantes, n'a d'impact sur le désir que pour autant qu'il se dérobe à toute vérification : non que celle-ci risque d'infliger un démenti à la crédulité, parce qu'une telle vérification, pour être couronnée de succès, risquerait d'anéantir la charge de désir attachée à la croyance et au vague de son objet. L'objet du désir doit garder ses distances avec le réel, tout en réussissant à y affleurer ; mais sans y toucher, faute de quoi l'ailleurs dont il est investi s'effondrerait - et avec lui toute son efficacité symbolique - dans la morose reconnaissance d'un ici."&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L'Outre-monde, Propos sur le cinéma&lt;/span&gt; - Clément Rosset&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;Sur les coursives de la bibliothèque du Centre Pompidou des petites pancartes nous invitent "à ne pas jeter les cigarettes dans le vide", des cendriers sont à notre disposition, le ton est amical et nous invite à l'obéissance. En dessous de nous des points de touristes, des personnes qui vendent des babioles étalées sur des nappes foncées, l'air hébété et attentif, nous sommes d'une insolente tranquillité et scrutons ces crânes depuis nos coursives sans rien ne penser d'autre que "il y a des gens en dessous de nous", et nous aimons quand la pensée, tendant au repos, se borne à nommer les choses. C'est la fin août et il fait froid, mon nouveau trench (je veux dire par là que je venais de l'acheter il y a quelques heures, ayant brûlé avec ma cigarette le précédent) me serre doucement les hanches et cette légère pression me sécurise. On se sent pris au creux d'une transition, comme dans un non-lieu qui, ne sachant pas où prendre pied, finit de se construire en suspension dans ce paquebot immobile qu'est le Centre Pompidou.&lt;br /&gt;Fin août ne correspond à rien, aucune image ne vient parler à la place de nos souvenirs bégayants, c'est ce qui nous rend craintifs et doux. Nous élaborons nos propres souvenirs de ces étés dans la grande ville et si nous sommes comme un peu ivres et un peu perdus, stupéfiés de solitude et de désoeuvrement, suspendus au-dessus de Paris -le mot "vide" écrit en toutes lettres venant nous fortifier dans ce vertige- c'est que nous avons à prendre en charge tout à fait cette part de l'année qui nous regarde, qui est comme le fruit d'inattentions simultanées : dans un même moment tout le monde a oublié de s'occuper de nous et nos parents ne viendront plus jamais nous chercher. Alors, par cette liberté de mouvement qui nous appartient en propre mais dont on oublie de s'émerveiller, il se trouve que nous nous retrouvons suspendus au-dessus du parvis du Centre Pompidou, à se déplacer en fonction du dernier rayon de soleil qui nous casse le visage. Un homme passe qui scande un poème qu'il vient d'écrire, un autre danse, des filles bien habillées s'immobilisent pour mieux se laisser regarder tout en se disant qu'en marchant vite elles gagnent en "insaisissable", je serre un peu plus la ceinture de mon trench, détache l'élastique de mes cheveux. La journée il y a plutôt des lycéens qui parlent d'autres lycéens, le soir ils sont plus vieux, c'est toujours plus mondain que studieux mais j'aime ça, on se dit qu'il y a du bon à être à la bibliothèque un vendredi soir de fin août, que c'est comme si nous venions de répondre à la question "un endroit improbable à une date improbable" et que nous avions répondu "la BPI un vendredi soir, fin août". Ce sont les derniers jours de répit avant que la bibliothèque ne soit tout à fait envahie par les étudiants. Dans quelque jours, elle ne le sait pas encore, mais elle s'y rendra, intimement persuadée qu'aucune raison ne pousse les étudiants à s'y rendre, elle tombera sur une énorme file d'attente qu'elle se refusera toute sa vie à affronter, préférant partir au café, elle ne reviendra sûrement plus jamais ici car la file d'attente sera imperturbablement la même jusqu'en août 2012.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais à présent elle y est, il n'y a plus grand monde et notre, son intériorité semble avoir réglé ses problèmes comme on règle ses factures. De juin à août elle a su conquérir une forme préoccupée de tranquillité, se laissant imprégner par les problèmes qui naissent dès lors qu'elle n'est pas hors de soi mais macérant en elle-même, dans sa sauce transparente : non plus des problèmes bien précis, contextualisés, qui ont des visages et des noms, mais quelque chose de plus abstrait et de plus, disons, universel, des brèches à jamais présentes sur la surface de sa conscience, des choses qui poseront à jamais problème, dont on n'en finirait jamais, comme lorsque le professeur de philosophie écrit "Le désir" au tableau et que l'on a la soudaine impression d'être en face de la figure même du désir, qu'on touche à l'essence en touchant au fragment, sa pensée était libre de s'attacher à son thème, une pensée blanche. &lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une fois assise à sa place tout correspondait : il semblait qu'elle arrivait à bien mimer l'attitude affairée, concentrée, tout à son manuel et à son cahier, égoïstement pliée sur son travail. Un bloc de savoir immatériel s'était construit au-dessus de leurs têtes et auprès duquel montaient les esprits des étudiants, ce qui leur donnait ces visages concentrés presque inconscients, ni présents en eux-mêmes ni présents en ce lieu, mais auprès du bloc. Quelque soit la variété des matières qu'ils étudiaient: les mathématiques, le commerce, l'économie et l'histoire de l'art ne formaient plus qu'un même bloc. Insensiblement, ce calme intérieur se renversa en son extrême, un malaise commença sa musique et des noeuds se mouvaient au fond de son ventre : sans s'annoncer sa pensée venait de tomber sur l'image tremblante de cet homme, comme si le registre de sa pensée ne pouvait qu'ouvrir la page sur ce qui pouvait fissurer ce réel. Ces noeuds étaient tout ce qui en elle ambitionnait de s'épandre, de croître, de monter, c'était les noeuds du désir qui par manque de place pour s'étirer se recroquevillaient douloureusement dans son ventre à la façon d'une feuille qui brûle et dont les bords s'enroulent sur eux-mêmes. Son désir était si grand et venait s'écraser sur les murs de la bibliothèque, sortait des fenêtres, cherchant à se pulvériser contre les murs du monde. Des milliers de lignes de fuite fusaient  depuis son ventre, parcourant toute la surface de la bibliothèque, ondes chaudes et silencieuses, qui s'étendaient jusqu'au désiré pour buter contre lui et venir retomber et se fracasser sur elle. Comment pouvait-elle penser si&lt;span style="font-style: italic;"&gt; loin&lt;/span&gt; à propos de quelqu'un, elle qui était si jeune fille en apparence, et si monstrueusement désirante, avec cet espoir qui la tuait de honte et qui parce qu'il espère, pense pouvoir se rapprocher de son objet. Elle s'en voulait de ne pas investir la sincérité au travail des étudiants autour d'elle, ses pensées n'ont jamais fait que subvertir la solidité indiscutable de son présent: ne jamais à la possibilité d'être tout à une chose, elles l'emmenaient à son strict opposé, la joie se teintait alors de destruction, le calme lui donnait envie de crier, sa tranquillité ne saurait être autre chose qu'intranquille, et dans ce lieu de travail où il n'y avait rien à désirer, rien à vouloir, elle voulait, elle désirait, ne se repaissant pas de son seul travail (des cours de cinéma) qui l'ennuyait plutôt en ce qu'il semblait avoir résolu depuis longtemps la fragile question du désir.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cela avait commencé avec la cigarette sur les coursives avec Thomas et la discussion qu'ils aiment avoir sur les rencontres, soudain par le déclic d'un accès de lucidité, comme une zone de conscience qui, non contenu, embrasserait la totalité de son monde, elle avait approché comme l'issue finale de cette histoire : il était bien entendu que son désir ne ferait pas histoire, intrigue, frottement, mais qu'il serait condamné à rester suspendu au dessus de son objet; comme une chose que l'on signale dans un guide touristique, une chose à visiter, que l'on a projetée de saisir, que l'on a envisagée. Le désir envisage mais le "pourquoi pas" qu'il énonce est celui d'un douloureux caprice, d'un caprice persistant : j'ai eu ce choix de désirer et je suis ficelée à lui, elle se souvenait toujours du moment où elle avait dit "ce sera lui", en l'articulant d'une voix si faible que cela passait pour un désir qui s'était fait sans elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui au fond se jouait à chaque fois qu'il lui arrivait d'être pris dans les filets de la délicieuse indifférence d'un homme, c'est que ça n'allait pas sans son lot de blessures, de petites morts, de fatigue au milieu d'une promenade ou d'une nuit, ses joues se chauffaient souvent de tristesse au beau milieu de la nuit. Elle dénombrait les choses qu'elle aurait pu dire de lui, elle écrivait derrière son dos le roman de ses brillances, de ces endroits où lui même n'avait jamais regardé pour se dire "je suis désirable", le désir agit dans le dos de cette naïveté qu'il mettait à vivre, il regarde cette naïveté en priant pour ne pas qu'elle se tourne sur elle-même, pour qu'elle reste intouchée,  désirer était donc toujours regarder l'autre au grand jour par le trou d'une serrure, creusant la clandestinité. Elle parcourait obsessivement l'impensé de cet homme et élargissait cette zone d'impensé, jusqu'à la déraison. Elle avait donc la lucidité de le reconnaître, d'être au bord de son désir qui ne ferait pas histoire. Il manquait la base pour que l'histoire puisse s'écrire : des événements, des fluctuations, les variations de la couleur de son désir, or son désir était coincé, coincé dans son ventre, inamovible, d'un rouge fixe, et pour cela même douloureux. S'il y avait eu parfois intrigue c'était dans les nuances entre un plus grand espoir et un total désespoir, désespoir qui ne l'invitait pas pour autant à abandonner tout à fait; on ne saurait égarer intentionnellement son désir. S'il fallait abandonner, se désintéresser de son désir il faudrait que ce ne soit jamais assez pour ne pas perdre le goût du noeud, noeud auquel elle tenait pour ce filtre de gravité qu'il déroulait sur sa vie, cette couleur de roman qu'il instillait n'importe quand. Par exemple quand elle s'arrêtait au bord d'un passage piéton et qu'elle se saisissait dans un plan, se voyant s'arrêter au bord du trottoir comme si elle était un piéton juste en face et se disant d'elle-même "elle désire", se voyant coincer ses doigts entre son épaule et la bandoulière de son sac, se pensant dans l'agencement de la ville. Avec d'autres hommes il y avait eu la possibilité de divertir son désir par l'histoire de ses frustrations et de ses échecs, quelque chose avait lieu et c'était &lt;i&gt;déjà ça&lt;/i&gt;, une narration de l'échec, de l'indifférence, mais qui était la preuve qu'un rapport au désiré se poursuivait imperturbablement, un espoir qui avance et qui était à présent figé dans l'image d'un homme qu'elle voit peu, qui avait oublié de ramasser derrière lui son image.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sa pensée trempait dans un désoeuvrement qui autorisait à la lucidité, qui n'autorisait qu'à ça : nulle passion, nulle distraction, nulle distorsion du réel. Il lui était déjà arrivée de voir le monde plié selon ses désirs, c'était à ce moment là qu'elle s'était convaincue de la puissance de nos versions du monde, à ce moment où son désir était tel qu'un refus était pris pour un acquiescement, un rien était pris pour un signe, tout se pétrissait de signifiance. C'était absolument ridicule mais passionnant à vivre, lors de ces moments d'égarement, grossièrement elle se disait : le spirituel déborde le matériel, et malgré la honte qu'elle éprouvait elle se satisfaisait toujours de la puissance de son esprit malade, presque génial dans sa maladie. Elle pensait à sa vie, rien n'annonce la puissance du désir, rien ne prémunit contre, on a beau passer une vie à chuchoter, rien n'annonce et rien ne prépare à ça, à ce rapport malade et suppliant à l'autre : donne moi tout mais ne me le donne surtout pas, car le désir a ceci que d'expérience, même si nous ne nous l'avouons pas, son bonheur se trouve en lui-même, le bonheur d'une douleur qui n'attend pas sa résolution mais est la résolution problématique du rapport à l'autre, "c'est l'attente qui est magnifique", comme une droite qui ne tendrait qu'à se prolonger indéfiniment. Laisser résonner l'altérité à l'intérieur de son ventre étroit, réitérer le constat d'un non-savoir sur elle, non plus "je te connais depuis longtemps" mais "tu m'échappes depuis longtemps". Objectivement jeune et dressée dans son autonomie, elle se sentait subitement vieille, honteuse et dégoûtante, se disant "je désire comme un homme", comme il lui apparaissait parfois que les hommes désiraient, elle qui n'aimait rien d'autre que le raisonnable, l'indépendance, la mesure, son désir réclamait, palpitait, délirait,  tendait l'oreille à une réponse qui ne viendrait jamais et dont elle n'était pas sûre que la réponse en serait le seul assouvissement sexuel, il lui semblait que s'il fallait faire quelque chose de son corps, manger, dévorer cet homme conviendrait mieux à son désir, elle le voulait au creux de sa main.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;L'ambition de sa vie serait d'inverser le lieu du mystère et de prouver qu'il est possible de décrire un homme comme un homme décrirait le secret d'une jeune fille qu'il désire, à la description de son corps péniblement lisse et brillant répondrait celle de l'homme, qui est la description d'une vigueur, d'une objective virilité mais aussi d'une négligence toute masculine, négligence qui n'est autre que la traduction matérielle de "l'impensé". Elle consacrerait un chapitre à fixer dans les mots son visage palpitant, ce serait un travail harassant mais qui la bouleverserait. A la description d'un portrait "moral" de la jeune fille répondrait celui de l'homme, beaucoup plus foisonnant, ramifié, et qui serait la peinture d'une intelligence au monde, d'une rigueur, d'une lucidité colorée d'expérience, d'un mélange de renoncement et d'ambitions frétillantes de jeunesse, d'une discrétion qu'il mettait à vivre, à s'avancer vers elle, des pages seraient réservées à plonger dans les profondeurs de sa fatigue. A propos de la possibilité d'une rencontre qui serait comme un nouveau monde à parcourir, il lui laissait à elle la  charge de s'émerveiller pour deux. Ils partageaient un même langage, c'était ce qui l'avait frappé très vite, cette façon d'être en accord avec un phrasé et donc avec une existence, une façon de prendre les choses par la bonne phrase, la bonne gravité, ce réconfort là qui était le réconfort magnifique d'une vie vécue loin de vous et qui semble pourtant tremper dans un même monde - condition de votre magnétisme et donc de votre rencontre. Ils approchaient par la discussion un monde éthéré de préoccupations communes avant de retomber dans les particularités autistes de leur existence : sa vie d'étudiante, sa vie d'homme. Dans ce langage il ne cessait de travailler à se retrouver amicalement et elle ne savait plus très bien si c'était lui qui avait adopter son langage, pénétrer son monde où si c'était elle qui s'était rendue intelligible en parlant sa langue. Ils se quittaient sur une note de gratitude stupéfiée (elle en tout cas) à l'idée que deux étrangers puissent vivre le discret miracle d'une bonne discussion, elle sautillait toujours un peu en le quittant et marchait jusqu'à des stations de métro qu'elle n'avait jamais empruntées. C'est dans le réconfort de son intelligence à lui, dans la promesse d'une réponse modérée, à-propos et articulée dans les termes de leur langage partagé, qu'était né le désir de se perdre à tout jamais dans ce moment d'adéquation totale, de compréhension parfaite et mutuelle, elle le voulait à disposition pour lui arracher inlassablement cette jouissance-là. Son corps était le lieu de son esprit, son esprit le lieu de son corps puisque cette synergie des intelligences avait tout de sexuel et que son corps était cet impensé à investir, s'il savait seulement ce qui se tramait en son absence, grâce à son absence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thomas voulait aller aux toilettes, elle allait l'accompagner, retourner fumer dehors, peut-être aussi lui parler de ce qui se passait en termes vagues, elle s'arrêterait au milieu d'une phrase pour allumer sa cigarette avec ce petit "mmh" que l'on place quand on est soi-même en train de s'interrompre : "tu vois, mmh...(elle allume sa cigarette)", et il lui donnerait de ses conseils inutilisables mais qu'elle adorait, elle avait l'impression qu'elle lui parlerait toujours depuis sa laideur et depuis sa maladie et qu'il serait à tout jamais compréhensif et que les gens autour d'eux, les filles surtout, se demandaient ce que Thomas pouvait bien faire avec elle, elle pensait qu'elle tombait malade de désir et que pour lui désirer était une question d'hygiène. A la fermeture de la bibliothèque il l'emmènerait dans un bar, s'échangeront les paroles, les cigarettes, se partageront le feu, l'un des deux paiera un deuxième verre à l'autre, elle lui dira qu'elle a l'alcool dépressif, il lui parlera de boxe et elle ne s'ennuiera pas, elle avait accepté de moins parler que lui, c'était ce soir qu'ils auraient dû partir danser mais c'était tombé à l'eau, elle était tout à fait divertie de son noeud, il ressurgirait un peu plus tard, dans le long travelling du train de banlieue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-1650570154855117180?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/1650570154855117180/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=1650570154855117180' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1650570154855117180'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1650570154855117180'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/08/cet-obscur.html' title='Cet obscur...'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6022753108424370748</id><published>2011-08-14T03:42:00.008+02:00</published><updated>2011-08-14T11:26:21.795+02:00</updated><title type='text'>Cher Roman,</title><content type='html'>j'avoue je ne m'attendais pas à ce que tu m'écrives un message aussi gentil que celui que j'ai reçu de ta part, tu imagines bien quel genre de joie il y a à consulter une fois tous les deux ou trois jours sa messagerie sans espoir, d’avoir l’impression que l’on approche en août le vrai état des choses où tout le monde est rivé à sa vie, à ses vacances, et où l'on est forcé à la solitude et à l'hébétude par le seul fait qu'aucune contrainte ne nous oblige à côtoyer les autres, et de tomber sur un mail inattendu,  bienveillant, bien amical.  Je t'imagine à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Venise&lt;/span&gt; et me demande quel genre de touriste tu es, je t'imagine fatigué par le repos et le temps libre comme je l'aurais été moi-même. Je trouve trop dur d’essayer de s’élever au-delà de la condition touristique, je me retrouve vite fatiguée et finit par tomber sur ma propre incuriosité et mon indifférence. Tout m‘embête et si j‘entrevois le début d’un folklore vécu quotidiennement je m‘attriste de ne pas pouvoir plus, d‘être sans cesse projetée en arrière par la force centrifuge du quotidien des autres, condamné à ne rien comprendre de l'intérieur. Et c'est comme si je ne voyais aucune alternative au voyage triste, alors si tu en as une raconte moi tout.&lt;br /&gt;Tu as tout à fait raison de me dire que je devrais aller lire au café et je suis aussi persuadée que toi que c'est la meilleure chose à faire. Au fond je n‘aspire &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;qu&lt;/span&gt;‘à ça et le voyage, s‘il possède une acception idéale, ne veut à peu prés dire que ceci : s‘asseoir dans un café. Ici aussi au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Liban&lt;/span&gt; je ne demande qu'à reconstruire ce rituel autiste au monde,  comme je suis souvent prise dans des cercles, des groupes, la famille et son tumulte c’est important de travailler à reconstituer cet espace avec une tasse de thé, mes deux biscuits (&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;ok&lt;/span&gt; parfois cinq), et un livre. Ce n'est pas tant pour boire mon thé (&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;Lipton&lt;/span&gt; jaune de base)  que pour affirmer quelque chose, mais j'ignore encore quoi, essayons: quelque chose qui rassurerait comme si je prenais profondément racine en un point précis, en un lieu, et mettais en scène mon individualité par le soudain besoin d'un certain rituel et l'unité de chaque objet : une tasse, un livre, un sucre : j‘existe bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas comment t'expliquer qu'il est presque tout à fait impossible pour moi d'être une promeneuse au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Liban&lt;/span&gt; comme tu peux l‘être à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;Venise&lt;/span&gt;. Une marcheuse qui introduit un peu de distance entre elle et ses mauvaises vacances en faisant une de ces promenades qui nous ancre progressivement dans le monde. Leur plaisir est à la fois extrêmement dépendant du lieu où l'on se trouve et à la fois déclinable dans n'importe quel coin du monde, comme si l'esprit, à force de marcher finissait d'atteindre toujours ce même point universel de la pensée, comme si la marche physique avait sans crier gare parcouru une distance toute spirituelle. Ici la marche existe difficilement : les voitures sont reines, il n'y a pas de trottoir, pas de feux tricolores,  conduire et marcher y sont dangereux mais les libanais ont développé un tel point de folie et de vigilance dans leur conduite &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;qu&lt;/span&gt;‘une forme de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;normalité&lt;/span&gt; folle s‘est rétablie. Les routes sont extrêmement pentues et entre deux immeubles il n‘y a souvent rien que du bitume, souvent tu prends le risque de tomber dans le fossé à cause d’un énorme camion.&lt;br /&gt;Au mieux on peut se balader dans la capitale, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Beyrouth&lt;/span&gt;, entièrement reconstruite et dont la splendeur de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;plastoc&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;mondialisé-arabisante&lt;/span&gt; te donnerait la nausée. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;Hard&lt;/span&gt; Rock Café&lt;/span&gt; côtoie le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;Virgin&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Megastore&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, un peu plus loin, une énorme mosquée jouxte une église et des vestiges archéologiques fraîchement retrouvés. Sauf que pour s'y rendre il faut bien trente minutes de voiture et même la ville n'ouvre ses possibles qu'aux privilégiés, les palaces règnent tranquillement sur la ville et si tu marches assez longtemps tu es vite accosté par des femmes pauvres qui te demandent si tu n'as pas quelque chose pour leur fils et même si tu n'as rien, même si tu les ignores, elles te quittent en te disant "Que Dieu te bénisse" avec cet air qui te fait penser &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;qu&lt;/span&gt;’elles viennent de te maudire; les libanais sont très superstitieux. A &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;Beyrouth&lt;/span&gt;, si tu es un piéton tu finis dans une rue piétonne que l’on n’atteint jamais à force de marche et de hasard mais parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;qu&lt;/span&gt;' il n’y a rien d’autres. Le pays n’existe que par bouffées de construction, ici un supermarché à coté d’un immeuble, ensuite rien que des poteaux électriques et puis encore deux immeubles, plus loin, un supermarché. Bien sûr je te raconte ça en espérant que tu me connaisses assez pour savoir que je colore de mon insatisfaction tout ce qui me tombe sous les yeux. Dans « Des mots de minuit » spécial &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;Beyrouth&lt;/span&gt; des architectes discutaient de la laideur et de l’incohérence de la ville mais Le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;Clézio&lt;/span&gt; s’émerveillait de voir &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;Beyrouth&lt;/span&gt; ne jamais dormir, je ne vois pas en quoi cela en fait forcément un bon point. Ça devient profondément pesant de n’entendre plus que ce vocabulaire de « ville qui ne dort jamais » pour justifier de l’intérêt d’une ville comme si nous pouvions l’expérimenter dans un plan d’ensemble euphorisant qui nous ferait vivre à la fois LA nuit et LA ville, comme si ça voulait dire autre chose que « les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;night-clubs&lt;/span&gt; et leur ennui sont ouverts, des idiots alcoolisés n'ont rien à vous raconter » .&lt;br /&gt;Tu me demandes si une fille ne peut pas se promener seule, en fait le problème, après celui de l'impossible marche, est tout autre : ici l'unité la plus élémentaire c'est le groupe. L'observation de l'agencement des cafés suffit à le constater, ce sont des longues bandes de tables, il y a cinq à huit chaises autour, tu fais d'énormes commandes, tu demandes à fumer le narguilé, tu parles tu parles, tu manges des  cacahuètes, des pistaches, des noix de cajou. Depuis que je viens ici en été je ne vois que rarement des hommes attablés seuls avec leur téléphone posé devant eux comme une ouverture sur de possibles présences. Je n‘y croise jamais cette façon d‘être seul au café qui ne  cherche rien d‘autre &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;qu&lt;/span&gt;‘à atteindre une forme pure du présent et du regard sur la ville. A l’inverse, un guéridon de café parisien semble n'inviter qu'à l’émergence d’une solitude guillerette. Tu marches dans la ville et tu finis par te glisser avec fluidité entre le guéridon et sa chaise et ce n'est que difficilement et en embêtant le serveur que l'on s'attable à cinq. Souviens toi de la dernière fois avec &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;Juliette&lt;/span&gt; et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;Thomas&lt;/span&gt;, on se sentait en train de bousculer un ordre établi : deux chaises pour une table. L'espace restreint et le voisin que tu gênes te le font bien comprendre. La tradition ici ce sont les grands restaurants perchés dans la montagne où tu commandes une table pour vingt personnes et où tu picores des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;mezzes&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;J'y suis allée il y a juste deux jours : deux heures de trajet pour l'aller et une journée qui passe sans que tu aies fait autre chose que manger et insulter tout le monde dans la voiture; c'était tellement la merde que j'ai fini par passer une bonne journée. Donc pas de flânerie, mais des groupes et des voitures, s'il y a une culture de la solitude et de la rêverie solitaire elle n'existe que contre cette culture de groupe et n‘existe pas du tout en tant que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;besoin d'être seul &lt;/span&gt;à renouveler.&lt;br /&gt;Ma cousine plus jeune que moi de deux ans est en train de passer son permis, et hier je me disais, en pensant à mes amis de licence, qu'ici au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;Liban&lt;/span&gt; ce droit à la nonchalance on ne peut pas se la permettre : travailler mal, dire non au permis de conduire, faire des sciences humaines, ne pas se marier, ce n'est pas envisageable ou alors c’est vivre dans une marge qui n’est même pas souhaitable pour soi-même, autant voyager pour aller vivre ailleurs. Parfois j'ai tendrement honte pour toutes les libertés que l'on prend quand je regarde la vie réglée et éminemment familiale de mes cousines. Je pourrais facilement me moquer d’elles, écouter cette petite cellule en moi qui s'exclame "pour rien au monde autre chose que ma vie" mais la question bien sûr, ne se pose pas en ces termes et il faut alors se faire violence pour ne pas succomber à la comparaison de tout avec n'importe quoi, car nos modes de vie n’ont rien de comparables, ils sont aveugles et sourds l’un pour l'autre et autant justifiés l'un que l'autre.&lt;br /&gt;Quand je suis au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;Liban&lt;/span&gt;, mon mode de vie français me paraît presque irréel, en France, si je pense au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;Liban&lt;/span&gt; je me dis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;qu&lt;/span&gt;‘il est un point depuis lequel on me juge. Leur vie est une autre sorte de sagesse, la sagesse de se dire qu'il n'y a rien de bon à aller titiller les excès, les cimes du désespoir, les subtilités de dosage de la tristesse, les artifices de la solitude, cette façon que l‘on a de vivre en imposant si naturellement son individualité, ses exigences et ses cris. Ici on préfère passer des journées avec sa famille, discuter avec sa grand-mère, parler toute une soirée avec sa mère, regarder la télé avec sa sœur. Il y a un filet de sécurité et de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;socialité&lt;/span&gt; empêchant que les pensées n'aillent se perdre trop loin, dans cette angoisse sans forme, ces hoquets de narcissisme et d'ambition qui nous chauffent le cerveau, ses balbutiements de révolte, de cynisme, de haine qui sont notre quotidien - je dis ça en me rendant compte de ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;qu&lt;/span&gt;‘il y a de profondément passionnant à vivre comme ceci et je pense aux amis de la licence, a la façon dont ils imposent chacun leur monde. Ici tout le monde tend à se fondre dans le cosmos, comme ces petites maisons qui semblent être disposées comme si une main divine les avait saupoudrées sur les collines du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;Liban&lt;/span&gt;. Cela me rappelle cette phrase de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;Virginia&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_34"&gt;Woolf&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;qu&lt;/span&gt;’elle écrit dans son journal à propos de son homme, et dont je ne garde que le goût et jamais les mots exacts, heureusement je l'ai notée dans mon agenda alors je peux te la répéter &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"ma personnalité semble résonner au loin dans l'espace lorsque L. n’est pas là pour en enclore toutes les vibrations"&lt;/span&gt;. Et cette autre phrase de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;Woolf&lt;/span&gt; dans&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Voyage au phare "Le repos, d'après son expérience, jamais on ne le trouvait en tant &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_37"&gt;qu'individualité&lt;/span&gt;, mais en tant que coin de ténèbres. En abandonnant sa personnalité on abandonnait l'inquiétude, la hâte, l'agitation. »&lt;/span&gt; Ici se poser en tant que coin de ténèbres est difficile, et le repos s’exerce en famille qui a cette vertu lumineuse de te divertir de ces problèmes existentiels qui semblent, à l'inverse des soucis quotidiens, descendre sur nous depuis l'espace infini. Le foyer est cet espace clos imperméable à ces vibrations glacées. J’avoue parfois éprouver ce réconfort en rentrant chez moi après une soirée déprimante, parce que ma mère est en train de cuisiner et que sa simple ignorance de mes problèmes me fait dire que je n'en ai peut-être pas.&lt;br /&gt;Je t'imagine bien marcher les mains dans les poches et lire au café, c'est une vision plutôt rassurante, comme de penser à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_38"&gt;Juliette&lt;/span&gt; en train de travailler ou à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;Thomas&lt;/span&gt; avec son sac à dos en &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;Thaïlande&lt;/span&gt;, nous sommes reliés les uns aux autres par un fil d'une couleur insoupçonnée, dans bientôt un mois, peu importe la façon dont nous avons passé nos vacances, nous partagerons de nouveau un même mode d'existence. Vision rassurante aussi parce que j'ai l'impression que tu fais souvent ce que tu veux dans ta vie, que tes désirs se  frayent une place dans le monde, que cela est pour toi tout à fait la moindre des choses et que tu vis proprement, sérieusement et calmement. Je suis aussi comme toi, je n’ai pas à me plaindre d’un trop fort décalage entre ce que je vise et ce que j’atteins,  mais j‘ai l‘impression de devoir me battre contre un danger qui sont les forces obscures des mœurs libanaises. De façon plus large je crois que nous nous débattons tous contre cette version de notre vie qui semble courir après nous à pas feutrés et où nous serions bourgeoisement installés dans la vie en y  menant une existence d‘un « désespoir tranquille », comme dirait &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;Thoreau&lt;/span&gt;. Il est juste et justifié pour nous de chercher à vivre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comme personne &lt;/span&gt;même si les formes que cela prend chez certains me crispent au plus haut point. Il est tout aussi juste pour les jeunes libanais de chercher l‘inestimable réconfort de la conformité. Cette conformité chaude et qui pourtant symbolise chez nous le piège sur lequel on tombe à force d’essayer de s’en détourner. Je crois que je reste encore confortablement prisonnière de cette énorme tentacule qui s'appelle famille, qui plus est libanaise, alors que beaucoup d'entre vous à la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;fac&lt;/span&gt;, vous semblez ne plus connaître ça que dans les moments où cela s'impose obligatoirement à vous. Vous avez cette intelligence du détachement que je ne pourrais pas essayer de singer sans sentir que je fais fausse route, que cela n‘est pas moi. Ma vie est telle que je ne peux échapper à une discussion avec ma sœur, à des blagues avec mon frère, à une casserole de riz préparée par ma mère. Ma famille épie beaucoup ma façon de travailler à mon autonomie.&lt;br /&gt;Ici à l’hôtel j'avoue vivre dans un vacarme perpétuel à peu prés toute la journée, le matin &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;Chris&lt;/span&gt; mon cousin et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;Emile&lt;/span&gt; (il va avoir 15 ans, il est très mignon même avec de l‘acné) crient, se battent juste à coté de moi, à même mon lit qui se trouve à coté du salon, dans un espace ouvert. Ensuite je prends mon café en regardant la télé avec eux, aujourd'hui j'ai fermé le rideau et j'ai pu aller fumer sur la terrasse avec mon café, j'ai regardé le paysage en tentant d'éprouver quelque chose comme un vertige mais j'ai fini par me dire que je ne savais pas ce qu'était la nature (j’aime bien me poser des questions sur les définitions rudimentaires comme on t’apprend en cours de philo de terminale) et je suis descendue à la piscine.&lt;br /&gt;Ce vacarme ne me dérange pas parce qu'il est très peu présent quand je suis à Paris. Je laisse ici ce vacarme m'envahir tout à fait pour qu'il me rappelle la valeur de son exact contraire, le calme des lectures, les cinémas, les discussions avec les amis, le silence des soirées sans télévision. Depuis que les cours de la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;fac&lt;/span&gt; se sont terminés je n'ai jamais autant parler à ma sœur, à mon frère et à ma mère. En pensant pouvoir trouver du temps pour mes choses à moi pendant ces vacances c'est en fait eux que j'ai trouvé tout au bout. Et ce que je me dis ce n’est pas « j’ai perdu mon temps à discuter à propos de rien et à faire des  blagues» mais « ceci est plus que le reste la vie ».&lt;br /&gt;Ici ce que j’aime faire le plus c’est aller me baigner un peu et puis me sécher au soleil. J’ai l’impression d’être une ville après la pluie qui se sèche imperceptiblement au soleil revenu, peut-être alors &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_46"&gt;qu&lt;/span&gt;’un arc-en-ciel traverse mon corps, en tout cas je me  sens mêlée aux éléments, tout devient alors très concret : le soleil, l’eau et ma peau. Je pense à ce que deviendra cette goutte sur mon bras, le plus souvent elle glisse à l’horizontal et finit par s’écraser sur la serviette; quand je suis tout à fait sèche alors je peux ressortir mon livre.&lt;br /&gt;Ce n’est pas sans intérêt de vivre dans le microcosme d’une piscine et de ses transats, voir à quel point il devient normal de marcher toute trempée, les jambes découvertes, devant des familles inconnues, voir des femmes qui regardent comme des parties tout à fait indépendantes d’elles-mêmes, leur ventre, leur bras, leurs cuisses cuire dans leur huile solaire : la peau reprend ses droits. Là aussi je ne peux m’empêcher de comparer. La peau à Paris se révèle dans ses scintillements, elle est un espace d'imaginaire et de tremblement, elle est une question posée à notre monde qui est un monde recouvert, l'exhiber plus &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_47"&gt;qu&lt;/span&gt;’il ne le faut c'est faire fausse route, être dans l'erreur. J’aime que la ville soit pudique autant &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_48"&gt;qu&lt;/span&gt;’elle le peut, mais d’une pudeur non pathologique mais qui serait une des ramifications que prend la politesse et l’élégance. Ici autour de la piscine, la peau exhibée est pure matière, présence sans issue et qui perd son ambiguïté. Par exemple la peau des bras de mon prof de philo de terminale s’offrait banalement à moi au café en été, c’était pourtant la première fois que je les voyais et ils devenaient de se fait comme une sorte de sommet d’érotisme…sentant l’obscénité d’une telle vision mon prof a très vite fait de redescendre les manches de son polo. Cette scène serait impossible ici. J'ai vu les cuisses banales de femmes qui n'étaient rien pour moi, j'avoue donc être d'abord tout à fait opposée au concept de maillot de bain et finir par jouer le jeu parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_49"&gt;qu&lt;/span&gt;’il faut bien barboter dans la piscine. J’aime l'idée que les corps qui se montrent à nous soient des corps aimés et qu'ils se dérobent sévèrement aux regards qui pourraient leur témoigner de l'indifférence. J’aime que tout ce qui puisse s‘éprouver à propos d‘une peau ne soit l‘objet que d‘un esprit pathologiquement rêveur qui se suffit d‘un poignée, d‘une clavicule. Montrer son corps est un don inutile, que personne n'exige mais que le regard ne peut s'empêcher d'accepter comme &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_50"&gt;magnétiquement&lt;/span&gt; attiré vers lui. Comme l’érotisme lourd d’un décolleté trop généreux qui ne nous offre aucune issue vers un sens différent de celui de la concupiscence. Ceci est précisément le vulgaire : la clôture du sens, la matérialité étouffante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu veux j’ai un bon truc ici pour abîmer mes livres sans délai : ils se prennent souvent de l’eau de piscine et des pages deviennent un peu &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_51"&gt;craquantes&lt;/span&gt; comme des feuilles. J’ai un recueil de romans de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_52"&gt;Virginia&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_53"&gt;Woolf&lt;/span&gt; qui a pris la pluie à Paris, il pleuvait tellement que l’eau était entrée dans mon sac, je m’étais promis de ne jamais abîmer ce recueil, j’adore son papier, son odeur et l’épaisseur du volume, j’ai été traumatisée quelques minutes mais ça finit par passer, on se désintéresse de ce genre de faux problèmes. J’avais trouvé « Paris est une fête » décevant, presque anodin, je lui préfère « &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_54"&gt;Satori&lt;/span&gt; à Paris », beaucoup plus bref, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_55"&gt;Kerouac&lt;/span&gt; part à la recherche de ses origines françaises, je te le conseille malgré la couverture dégueulasse de l'édition Folio comme le sont la plupart de leurs nouvelles  couvertures. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_57"&gt;Perso&lt;/span&gt; je lis « &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_58"&gt;Lolita&lt;/span&gt; » que je n’ai jamais lu, je trouve que j’ai bien fait de négliger cette lecture pour ne la lire que maintenant, à un moment où je pense &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_59"&gt;qu&lt;/span&gt;’elle s’offre à moi dans tout son potentiel, résonne dans sa totalité et non pas partiellement faute d'expérience ou de je ne sais quoi. Je trouve &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_60"&gt;qu&lt;/span&gt;’il y a deux mémoires des livres et des films : une mémoire rationnelle qui se souvient de certains passages, de certaines phrases, de situations précises et des raisons pour lesquelles l‘œuvre est réussie, et puis la mémoire émotionnelle, proche du stade de l’oubli, où tout n’est que bouffées de couleurs, d’impressions et d’atmosphère, des choses tout à fait incommunicables, la mémoire des lectures d’enfance est principalement celle-ci et peut-être que les livres de notre enfance ne sont bons qu'à condition d'être saisis par  le filtre de cette mémoire.&lt;br /&gt;Ici il est deux heures du matin et il y a la rediffusion de « Comme si c’était hier » : des célébrités sont plongées dans le job &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_61"&gt;qu&lt;/span&gt;’elles faisaient plus jeunes ou que leurs parents pratiquaient, là il y a une ancienne Miss France qui fait l’infirmière, je sais pas pourquoi mais cette émission est, depuis mon séjour, l’une de mes préférées à tous les niveaux, elle me nourrit comme spectatrice lambda autant que  comme spectatrice critique: les « situations humaines » que l'émission s’efforce de provoquer finissent par vraiment marcher avec ceci de bancal que tout est prévu mais qu‘il reste une zone d‘impensé et d‘imprévisible qui fait émerger des choses un peu plus sales et intéressantes, des rapports de force où la célébrité aimerait crier "mec je suis une star, pas ton employée" ou cette façon qu'elles ont d'attendre d'être reconnues par les clients. J’admire aussi le zèle et l’assurance des célébrités qui osent tout &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sans se poser de questions&lt;/span&gt;, qui ont cette intelligence de l'action, cette idiotie de l'action. Il s’y joue aussi un subtil renversement qui fait que les célébrités se trouvent soudainement écrasées, ridiculisées et conscientes de l'être par des gens qui exercent de vrais métiers. Ceci est bien sûr d'un intérêt tout relatif et qui doit beaucoup à mon ennui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demain lundi au Liban c’est la Sainte-Marie, c’est une fête religieuse importante tu sais, tu fais des feux d’artifice dans ton balcon et tu vas à l’église et tout. Je rentre jeudi matin, et j’avoue c’est vrai que tu as quelque chose du Tadzio de « Mort à Venise » mais cette remarque a quelque chose de trop flatteur que je n’assume qu’à moitié. Vivement septembre, ces vacances sont interminables comme cette carte postale, et j'ai aussi besoin qu'un chargé de TD me corrige mes raisonnements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bisou,&lt;br /&gt;MURIELLE&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6022753108424370748?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6022753108424370748/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6022753108424370748' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6022753108424370748'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6022753108424370748'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/08/cher-roman-javoue-je-ne-mattendais-pas.html' title='Cher Roman,'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-9175902062561296394</id><published>2011-08-04T22:47:00.008+02:00</published><updated>2011-08-14T04:21:35.116+02:00</updated><title type='text'>Chère Juliette,</title><content type='html'>&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je suis bien arrivée au &lt;span id="SPELLING_ERROR_1" class="blsp-spelling-error"&gt;Liban&lt;/span&gt;, le repas de l'avion était assez bon même si je n'ai pas touché à mon dessert, j'ai dormi tout le trajet même si j'aurais bien voulu regarder "&lt;span id="SPELLING_ERROR_2" class="blsp-spelling-error"&gt;Limitless&lt;/span&gt;" ou "Source Code" mais les écouteurs ne tenaient pas bien dans les oreilles. Je pensais être étonnée, émue, ou ressentir un petit choc en revoyant le pays, en reconnaissant son humidité ou sa laideur particulières, mais j'avoue que sur le trajet de l'hôtel j'étais blasée comme si ça faisait un mois que j'étais ici, tout me glissait dessus, je suis plus émue quand je revois le Stade de France sur le trajet du retour que quand je vois défiler le &lt;span id="SPELLING_ERROR_3" class="blsp-spelling-error"&gt;Liban&lt;/span&gt; par la fenêtre. Comme chaque année ma grand-mère nous a accueillis avec un gros repas, il y a de moins en moins de monde et le dîner dure de moins en moins longtemps. Les gens se permettent de plus en plus de ne pas venir, cela prouve que les temps changent et qu'il est impossible qu'ils ne changent pas, même si c'est triste moi ça m'arrange, n'empêche avec les années je m'assouplis, les gens me trouvent plus gentille, plus serviable, je pose des questions, je suis bien obligée, je dois me montrer changée, adulte. Tout le monde ne parle encore que de moi dans les mêmes termes: mes livres "&lt;span id="SPELLING_ERROR_4" class="blsp-spelling-error"&gt;Murielle&lt;/span&gt; avec ses livres", un ami de la famille, César a trinqué à &lt;span id="SPELLING_ERROR_5" class="blsp-spelling-error"&gt;Murielle&lt;/span&gt; "et ses livres" parce que c'est la seule image de moi qu'ils pensent pouvoir invoquer sans se tromper. Ma tante &lt;span id="SPELLING_ERROR_6" class="blsp-spelling-error"&gt;Marianne&lt;/span&gt; a raconté une anecdote au milieu du repas : un soir je dormais chez elle et elle a vu la lumière allumée dans les toilettes très tard dans la nuit, elle s'inquiétait et en demandant qui était là et si ça allait je lui ai dis "c'est moi, je suis en train de lire", tout le monde a rigolé et ma mère a confirmé que je lisais aux toilettes. &lt;span id="SPELLING_ERROR_7" class="blsp-spelling-error"&gt;Mmh&lt;/span&gt;, ça devait être un peu gênant pour moi et dans d'autres circonstances ça m'aurait profondément énervée mais ma famille a besoin de ses histoires sans âge pour se raconter sa propre histoire, penser qu'elle maîtrise encore un peu la vie de ses membres éclatées : je n'ai jamais sentie aussi fortement le décalage entre toutes nos vies, et il devient de plus en plus difficile de faire passer quelque chose sur soi qui soit profondément nouveau, même si je sais qu'ils sont tous plus au fait de ma vie que je ne le pense : maman les tient au courant tout au long de l'année par téléphone. On pense toujours que ce genre de dîner sera le socle immuable de la vie de famille mais c'est en fait impossible, on pense avoir trouvé un rythme, une tradition, mais peu à peu, par un ensemble de choix individuels, l'essentiel finit par se perdre et ce dîner n'était que le spectacle mimétique de son modèle, de son apogée qui date d'il y a peut-être dix ans. A la fin du dîner je me suis retrouvée avec ma grand-mère et ma mère a nettoyé les plats dans la cuisine, je me suis sentie comme inscrite dans une lignée, intégrée à quelque chose qui était un peu hors de moi, un état de fait indestructible, c'était émouvant. Ma grand-mère a maigri, je ne sais pas ce qu'elle pense de moi, mais dans sa cuisine avec ses plats et ses casseroles sans âge je me sens à des années lumière de ma vie d'étudiante, de mes &lt;span id="SPELLING_ERROR_8" class="blsp-spelling-corrected"&gt;préoccupations&lt;/span&gt; et ça me manque un peu parce que ce sont des choses que j'aime vraiment, je n'ai pas besoin de les quitter, de faire une pause.&lt;br /&gt;L'hôtel est trop bien, aussi bien que celui de &lt;span id="SPELLING_ERROR_9" class="blsp-spelling-error"&gt;Prague&lt;/span&gt;, on a deux chambres énormes, une kitchenette, deux télés avec toutes les chaînes françaises, un petit salon, c'est un hôtel assez récent, avant il n'y avait que le club avec la piscine. Hier et aujourd'hui je suis allée à la piscine, en fait c'est toujours aussi chiant et après quelques heures je commence à approcher la crise de nerfs, tout le contraire de la détente qu'il est convenu de pratiquer dans ce genre d'endroits. Je sens quelque chose se nouer au devant de mon cerveau à cause de l'accumulation de stimuli : le bruit, la chaleur, les gens qui passent, l'employé qui décide de brancher la radio dans les &lt;span id="SPELLING_ERROR_10" class="blsp-spelling-error"&gt;hauts-parleur&lt;/span&gt; autour de la piscine, j'ai énormément de mal à lire pendant la journée alors je lis plutôt le matin ou la nuit et quand je suis à la &lt;span id="SPELLING_ERROR_11" class="blsp-spelling-error"&gt;piscine&lt;/span&gt; je reste accrochée au bord à réfléchir avec mon bonnet sur la gueule (au fond c'est moche mais &lt;span id="SPELLING_ERROR_12" class="blsp-spelling-corrected"&gt;hygiénique&lt;/span&gt;) et mes lunettes de soleil. J'ai toujours très bien réfléchi dans une piscine, je réfléchis à des choses de ma vie puisque je m'y sens tout à fait à sa marge, n'existant ici que très difficilement en tant qu'individu,je pense à des personnes, et ces &lt;span id="SPELLING_ERROR_13" class="blsp-spelling-error"&gt;choses-là&lt;/span&gt; me préoccupent plus que si je me trouvais à Paris, elles ne sont pas &lt;span id="SPELLING_ERROR_14" class="blsp-spelling-error"&gt;hors-sujet&lt;/span&gt; par rapport à mon environnement : c'est plutôt mon environnement qui l'est, lui qui pose problème. Mon cousin &lt;span id="SPELLING_ERROR_15" class="blsp-spelling-error"&gt;Chris&lt;/span&gt; vient tous les matins chez nous, on reste la matinée devant la télé, on regarde "Coeur Océan" ou les dessins animés et on descend ensemble à la piscine, le maître nageur nous a tous reconnus alors que ça fait quatre ans qu'on s'est pas pointés au Country &lt;span id="SPELLING_ERROR_16" class="blsp-spelling-error"&gt;Lodge&lt;/span&gt;. Sinon je lis "Voyage au phare" de &lt;span id="SPELLING_ERROR_17" class="blsp-spelling-error"&gt;Woolf&lt;/span&gt;, c'est bien beau, il y a quinzaine de pages qui retrace un grand dîner, c'est une lecture qui me demande de la concentration, j'aurais dû ramener des lectures plus légères. Ma soeur lit &lt;span id="SPELLING_ERROR_18" class="blsp-spelling-error"&gt;GQ&lt;/span&gt;, &lt;span id="SPELLING_ERROR_19" class="blsp-spelling-error"&gt;y'a&lt;/span&gt; une énorme interview de &lt;span id="SPELLING_ERROR_20" class="blsp-spelling-error"&gt;David&lt;/span&gt; Guetta, elle m'en raconte parfois des bribes. Sinon hier j'ai vu "Intérieurs" de &lt;span id="SPELLING_ERROR_21" class="blsp-spelling-error"&gt;Woody&lt;/span&gt; &lt;span id="SPELLING_ERROR_22" class="blsp-spelling-error"&gt;Allen&lt;/span&gt;, je te le conseille vivement si tu ne l'as pas déjà vu.&lt;br /&gt;&lt;span id="SPELLING_ERROR_23" class="blsp-spelling-error"&gt;Emile&lt;/span&gt; et &lt;span id="SPELLING_ERROR_24" class="blsp-spelling-error"&gt;Myriam&lt;/span&gt; s'emmerdent beaucoup, &lt;span id="SPELLING_ERROR_25" class="blsp-spelling-error"&gt;Emile&lt;/span&gt; ne va pas tarder à toucher aux livres que je lui ai ramenés, ma mère nous abandonne souvent à l'hôtel pour faire sa vie et quand elle revient on se précipite sur elle comme des chiots pour fouiller dans les sacs de course, lui demander pourquoi elle a tardé. Je leur ai promis de payer les cinquante dollars pour avancer la date de leur billet de retour. Je me dis que déjà quinze jours dans ma tête c'est dur pour moi alors eux qui ont le mois devant eux, ils ont certainement envie de se tirer une balle. Bien sûr ça fait à peine trois jours que je suis ici donc il ne faut pas prendre tout ceci pour un début de quotidien, peut-être que ça va s'améliorer ou empirer, on verra bien. Je suis assise dans le couloir de l'hôtel avec la porte ouverte pour chopper la connexion qui est très chère, les &lt;span id="SPELLING_ERROR_26" class="blsp-spelling-corrected"&gt;stewards&lt;/span&gt; de &lt;span id="SPELLING_ERROR_27" class="blsp-spelling-error"&gt;British&lt;/span&gt; &lt;span id="SPELLING_ERROR_28" class="blsp-spelling-error"&gt;Airways&lt;/span&gt; sont ici, ils viennent de passer dans le couloir, ma soeur dit que ça doit être des beaux gosses, elle s'est précipitée dehors, ma mère dit "franchement, si vous faites des rencontres ça vous égayerait un petit peu", elle dit qu'on doit les inviter à aller danser. Raconte moi si tu vas au cinéma et tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bisou bisou,&lt;br /&gt;&lt;span id="SPELLING_ERROR_29" class="blsp-spelling-error"&gt;MURIELLE&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-9175902062561296394?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/9175902062561296394/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=9175902062561296394' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/9175902062561296394'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/9175902062561296394'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/08/chere-juliette-je-suis-bien-arrivee-au.html' title='Chère Juliette,'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-4279081947879761050</id><published>2011-08-02T05:48:00.003+02:00</published><updated>2011-08-05T17:55:10.073+02:00</updated><title type='text'>Il n'est jamais trop tard</title><content type='html'>Nous ne voyons pas la gravité et l'importance dans les mêmes choses,  mais aussi, s'il nous arrive de leur conférer la même teneur et le même  goût, nous ne les leur prêtons pas au même moment. Il faudrait faire un  jour l'histoire impossible des rendez-vous manqués, de &lt;span style="font-style: italic;" class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;l'ir-réciprocité&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;  des sentiments, des actes, des volontés. Il arrive que nous témoignons  de l'importance à une chose et que l'autre en face n'en comprenne  l'importance que rétrospectivement, comme ces paroles, ces conseils que  nous ne comprenons &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;qu'après-coup&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;.  Une sorte de maturité consiste à ne pas comprendre ces paroles qui nous  sont adressées mais à mimer la compréhension et à réaliser ce qu'elles  supposent, on accorde alors toute confiance à cette personne qui vous  devance vous en tant que destinée.&lt;br /&gt;Il y a &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;l'irréprocité&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de personne à personne mais aussi celle qui a lieu entre une personne et une situation, cette &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;façon&lt;/span&gt; que nous avons de ne pas &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;être&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;prêt&lt;/span&gt; ou à la hauteur de ce qui nous arrive, de ne pas déchiffrer le langage d'une situation, de ne pas &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;être&lt;/span&gt; à l'écoute de ses exigences. Et bien plus tard, de se sentir &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;prêt&lt;/span&gt;  à cette situation qui est déjà passée : mais c'est une illusion  rétrospective que de croire que l'on aurait pu atteindre à cette  maturité au moment de la situation, nous exemptons nos maturités de leur  processus sans penser que la précédente est la condition de l'actuelle,  la vie est cet effort constant visant à mettre les choses à notre  hauteur ou disons, à monter vers elles, la bêtise est cette &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;façon&lt;/span&gt;  de les penser à notre hauteur, de les descendre fictivement à nous, il y  a aussi l'attitude qui consiste à les penser trop hautes, et à ne rien  toucher.&lt;br /&gt;De même que je remarque que lorsque je jouais au petit bac  je ne trouvais jamais les mots adéquats au moment où je devais les  trouver, par exemple un groupe de musique commençant par F, mais bien  après le jeu.&lt;br /&gt;Bref, les rendez-vous manqués, ceux qui, s'ils ont une réalité, ne l'ont que dans un temps qui est celui de la réparation, du &lt;span style="font-style: italic;" class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;trop tard&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;:  et si nous nous étions donnés au même moment à un même sentiment, à un  même désir, à un même projet, si nous avions compris ensemble la même  chose.&lt;br /&gt;L'un donne rendez-vous et l'autre y vient quand il n'y est  plus et il ne saura jamais que l'autre y était. Le raté est parfois  double : nous ratons quelque chose et nous sommes dans l'ignorance que  nous ratons et parfois je suis dans la nostalgie de ce raté ignoré parce  qu'il se remplit au gré de ma réflexion et que tous mes désirs y  passent.&lt;br /&gt;Et peut-être que le cinéma esquisse quelque chose comme un monde gouverné par la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;synchronicité&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, des corps, des paroles, des intentions, tout s'encastre merveilleusement bien, les objets et les corps se &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;complètent&lt;/span&gt;,  les corps tendent à se trouver, les questions renvoient à des réponses  qui se donnent dans la seconde d'après. Pas de différé, chacun est pris  dans un temps de sa vie intelligible au temps de l'autre. Le baiser de  cinéma a ce je ne sais quoi de trop parfait, une sorte d'adéquation  parfaite de deux profils, dont ne rend pas compte le baiser de la rue. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;Souvenons-nous&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de ces scènes où deux personnages commencent leur phrase précisément aux &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;mêmes&lt;/span&gt; moments et où la &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;scène&lt;/span&gt; nous &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;suggère&lt;/span&gt; qu'ils allaient se dire la &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;même&lt;/span&gt; chose, "non toi d'abord" signifiant ce point d'arrivée de la pensée atteint simultanément.&lt;br /&gt;La limite &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;extrême&lt;/span&gt; accordée à l'inadéquation est ces &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;scènes&lt;/span&gt;  de comédies romantiques où le héros réalise qu'il laisse partir la  femme qu'il aime et doit arriver à l'aéroport avant son vol. Le retard  est toléré qu'à condition qu'il soit rectifiable : je suis en mesure de  corriger mon erreur dans un temps bien défini mais cela me &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;coûtera&lt;/span&gt;  le prix d'une frayeur qui consiste à titiller la limite entre le raté  et la victoire, à me trouver le temps de ma course dans le temps de  l'incertitude. Ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;cinéma-là&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; propose un monde où l'on pourrait courir &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;après&lt;/span&gt;  la situation qui vient de s'échapper: on la rattrape, on y injecte sa version de nous-même appropriée. Tout ce  cinéma de la "deuxième chance" repose sur ce soulagement-là: la possibilité du "once &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;again&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;" là où triomphait le "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;never&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; more". Il n'est jamais trop tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Et en écrivant &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;ça&lt;/span&gt; je me dis que : le cinéma nous a fait surestimer la taille de nos bouches, la portée de nos baisers.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le  fait de jouer avec les possibilités d'un miroir de salle de bains à  trois facettes amovibles a toujours eu un effet de surprise qui ne cesse  de se réinventer. On apprend à connaître son vrai profil, ce qu'on vaut  pour les autres en tant que profil, ce qui n'est que partiellement  possible avec un seul miroir qui nous permet uniquement de nous saisir  du coin de l'oeil, en effectuant une acrobatie. Avec trois miroirs le  point de vue devient possible avec ce qu'il faut de confort et de  netteté pour avoir l'impression de porter sur soi le regard d'une autre  personne, d'un homme qui vous regarde de profil, de biais, comme ces  nombreux tableaux d'intimité où le peintre la saisit lorsqu'elle est  prise dans un moment n'ayant lieu qu'entre elle et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;elle-même&lt;/span&gt;,  les mains tout à sa chevelure. Notre profil donc, on découvre des  surfaces de peau insoupçonnées, on parcourt de ses doigts ses joues, ses  tempes en se disant qu'on a toujours négligé ses parties de visage, ses  parties de peau qui ne sont la surface de rien et qui de face sont  autant présentes &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;qu'absentes&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;,  dans une sorte d'entre-deux qui finissent de les rendre tout à fait  invisibles. Elles sont des transition entre la joue et l'oreille,  échappant à un visage se regardant de face. Autre possibilité du miroir à  trois faces : on peut se voir de dos, ce qui est très pratique  lorsqu'on se coiffe mais c'est aussi que nous pouvons saisir notre  "personnalité" de dos, une forme du crâne et de la chevelure qui  expriment autant qu'un visage et semble même l'annoncer dans un mystère  d'un autre type que le mystère du visage qui est le mystère d'une  clarté, de quelque chose qui se donne dans la lumière et s'expose sans  possibilité de dissimulation. C'est comme si toute l'expressivité d'un  corps de face n'était possible qu'à cause de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;l'inexpressivité&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; du corps de dos, pas de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;coulisses&lt;/span&gt;  du visage, puisqu'il est en charge de sa propre intériorité. Comme si  l'énergie ne pouvait ne se donner que dans une direction. Nous  appliquons pourtant les mêmes facultés d'analyse à un dos qu'à un  visage, et il est tout à fait possible de dévisager un dos, parce que  cela nous est plus autorisé. &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Être&lt;/span&gt;  derrière quelqu'un est toujours un répit, nous sommes absents à l'autre  et comme pour ne pas que le combat soit tout à fait inégal il nous  offre sa plus belle et sa plus objective indifférence qui a je ne sais  quoi de blessant et qui est d'autant plus blessant qu'on ne peut lui en  vouloir: il est simplement de dos. Il y a une sincérité totale du corps  vu de dos, je pense à mes amis,  à ses personnes que j'ai vu de dos,  discuter, fumer, j'essaye d'exprimer ce que veut dire pour moi de les  voir comme ça, de me voir m'approcher d'eux, à leur rencontre, et s'il y  a encore rapport, relation, avec un ami de dos. Le dos correspond  toujours à une attente, l'attente d'atteindre le face à face. Il y a de  rare fois où j'ai pu regarder et m'intéresser à des inconnus de dos sans  jamais les voir même de profil, cela correspondait à des embryons de  rencontre, fausses rencontres, mirages, en ce que le hors champ où se  trouve le visage ne peut &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;même&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; pas &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;être&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; imaginé, reconstitué mentalement puisque l'on a jamais été au courant de ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;visage-là&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;,  ne pouvant atteindre du regard ne serait-ce que leur joue ils  resteraient pour moi des dos à l'humanité douteuse. Il était trop tard.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-4279081947879761050?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/4279081947879761050/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=4279081947879761050' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4279081947879761050'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4279081947879761050'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/08/il-nest-jamais-trop-tard.html' title='Il n&apos;est jamais trop tard'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2750862967412917280</id><published>2011-07-15T14:59:00.003+02:00</published><updated>2011-07-15T05:39:40.135+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.thefifiorganization.net/wp-content/janus/images/brief_laura.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 450px; height: 343px;" src="http://www.thefifiorganization.net/wp-content/janus/images/brief_laura.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;"L'existence deviendrait intolérable pour certains si tout contact entre deux personnes entraînait le partage des épreuves, des soucis et des secrets personnels. C'est ce qu'illustre l'exemple d'un homme qui, désireux de dîner en toute quiétude, recourrait aux services d'une serveuse de restaurant plutôt qu'à ceux de son épouse."&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:85%;" &gt;La mise en scène de la vie quotidienne - Erving Goffman&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:85%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Dimanche&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;J'avais pour habitude de me mettre toujours au premier ou deuxième rang dans la salle de cinéma, je savais que, contrairement à ce que les gens pensent, on y voit très  bien, c'est calculé pour qu'on y soit bien, mais puisque les gens pensent qu'on n'y voit rien, qu'on n'a pas assez de recul par rapport à l'écran, ils ne s'y mettent jamais. Même quand une salle est pleine il y a toujours la garantie de trouver des places libres au premier rang et on est assurés d'y être tranquille, à portée d'aucun bruit, d'aucune gêne car on réduit le nombre de ses voisins : personne devant nous, parfois personne à notre gauche ou à notre droite, parfois personne ni à gauche ni à droite. Être plus au fond ou plus au milieu c'est obligatoirement prendre le risque d'être la victime d'un spectateur.&lt;br /&gt;Devant, on est submergé par l'image parce qu'on échappe tout à fait au cadre, on ne se situe pas en face de l'écran mais on y est comme à ses pieds et l'image naît par le bas, notre regard parcourt l'écran de bas en haut; placé au centre de la salle l'image naît par le milieu et se déploie des quatre cotés. Au premier rang les arêtes du cadre n'existe absolument pas, il n'y a que le champ, l'espace imaginaire, le regard ne connaît d'autres que limites que celles des contours estompés des objets et des visages, l'horizon de l'image ne se casse pas puisqu'il n'est pas dans le champ de vision du regard, on peut tout au plus en voir un.&lt;br /&gt;Étant arrivée en retard à une séance je n'ai pas cherché à m'aventurer à mon premier rang et suis restée très derrière. On y est très bien, il y a un vrai plaisir à l'idée d'être bien placé face à l'écran, l'image ne nous échappe pas et c'est beaucoup plus confortable pour l'aller-retour entre les sous-titres et l'image. Trop devant on nie le cadre et la salle entière pour entrer dans le champ, on cherche un rapport sans médiation. Une connaissance adepte du deuxième rang me disait que l'image arrivait avec du retard dans les derniers rangs. Au premier rang on ne veut pas échapper à l'image, on est dans une distance impliquée : c'est au premier rang que l'on jugera le mieux. Derrière on s'inscrit dans un agencement : la salle, les fauteuils, parfois même on peut se concentrer sur les rangées de siège, la forme des crânes et parfois, de biais, le mystère des visages impassibles ou vaguement amusés devant l'écran. Cela devrait être interdit de regarder un visage pris dans une histoire, il est ouvert et puisqu'il se donne à l'histoire nous en profitons pour nous infiltrer, pour qu'il se donne à nous sans qu'il sache qu'il se donne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Mercredi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Vu un mauvais film en pensant que Juliette me l'avait conseillé, nous sommes tellement habituées à user d'un ton ironique quand on se parle que je n'ai pas su me rendre compte qu'elle l'était en me parlant de la bande-annonce de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Trois fois 20 ans&lt;/span&gt;. Nous étions allées voir le film de Tom Hanks pour rigoler et elle a vu la bande annonce du film de Julie Gavras pendant que je me rendais aux toilettes, je me souviens avoir pris une porte de sortie qui m'empêchait de retourner dans la salle, je me suis retrouvée dehors à expliquer ma situation à l'employée, cela a duré une demi seconde puisqu'elle venait de vérifier mon ticket il y a deux minutes, sa mémoire immédiate pouvait encore convoquer mon visage et elle en riait avec moi; je pense que mon rouge à lèvres augmente mes chances d'être reconnue, augmente le temps de mémoire que les passants et employés de toutes sortes me consacrent. En revenant à ma place elle m'a dit que je venais de rater la bande-annonce du film, je lui ai demandé si ça avait l'air bien, elle m'a répondu "ouais trop". J'ai dû plaquer mon a priori favorable sur ce "ouais trop" ironique. Je suis allée le voir car je voulais échapper à la rue Champollion et il y avait aussi le plaisir d'aller voir un film non nécessaire dans une période où la programmation des cinémas est très riche, il y a au moins trois vieux films par jour à voir sans même chercher trop loin.&lt;br /&gt;Je venais de passer une heure chez Gibert, tout le monde me disait que c'était la bonne période pour chopper des livres de philosophie en occasion, je suis allée ensuite m'acheter un Coca que j'ai bu au Luxembourg, j'ai regardé mes achats, habitude bizarre, comme pour mieux me rendre compte qu'ils sont désormais à moi. A côté deux jeunes touristes suédoises à la mode se faisaient accoster par deux français un peu trop souriants qui m'ont dérangé plus qu'ils ne le faisaient objectivement. Il y a un moment où quand on est soi-même à mille lieux de la facticité parce que toute seule, on ne peut pas la supporter, on aimerait que tout le monde soit calmement assis avec son sac Gibert Joseph sur les genoux. J'imaginais les deux touristes se disant qu'elles étaient en train de faire une vraie rencontre avec des parisiens, que là tout de suite quelque chose comme une situation type était en train de se produire et qui est d'autant plus rassurante que les garçons sont deux et bien habillés, ils ne font pas peur, ils se sont tous bien trouvés et ils vont s'amuser; moi je suis toujours dans la crainte de me faire accoster par les désespérés du Luxembourg, j'ai la mauvaise habitude de répondre lorsqu'ils me parlent,c'est pour eux -attentifs aux signes trop rares donc attendus d'adhésion, d'acquiescement, bref à toutes formes de positivité- le début d'un consentement, peut-être même d'un amour.&lt;br /&gt;Je suis sortie avant la fin du film, je me suis retrouvée dans la rue que je n'aurais pas dû voir à cette heure de la soirée puisque je devais être dans la salle, cela m'a laissé un goût mental d'inachevé, de soirée avortée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Jeudi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Vu C. et B., cela faisait longtemps qu'on ne s'était pas vues toutes ensemble, mais il y a des raisons à cela, nous sommes toutes prises dans des intérêts différents, nous avons trouver notre voie dont il est entendu qu'on n'essaierait pas de la faire comprendre de l'intérieur aux autres. Il y a des choses qui comptent&lt;span style="font-style: italic;"&gt; à mort&lt;/span&gt; pour nous mais nous faisons l'effort évident de nous mettre à la hauteur de l'intérêt limité que nos amis ont pour nos préoccupations et nous traitons tous les sujets avec le même ton, la même absence d'implication. Nous tentons, pendant le temps que nous avons, de retourner à ces discussions très quotidiennes et concrètes qui étaient possibles lorsque nous étions ensemble tous les jours au lycée.&lt;br /&gt;Il y a toujours la crainte de ne rien avoir à se dire mais j'oublie toujours que je peux compter sur C., son bavardage, sa curiosité qu'elle entretient envers elle-même. Elle en vient même à couper la parole et je me retrouvais, pour ne froisser personne et sauver les apparences, à écouter B. tout en tendant une oreille à C. qui parlait en même temps, c'est en fait une situation impossible, l'impolitesse est insurmontable même par un excès compensatoire et acrobatique de politesse. Les conditions de possibilité du dialogue ne sont désormais plus assurées avec C. puisque sur deux heures (une séance de cinéma venait limiter notre entretien), sa vie en a mobilisé une heure trente. Cela prend des proportions tellement odieuses que je commence à avoir honte pour nous, honte des gens qui peut-être nous écoutent, qui me voit consentir à me faire écraser, à ne ménager aucun espace pour ma parole, mes histoires. Je n'ai raconté qu'une seule chose, fait que j'avais sélectionné pour ses effets et qui calmerait un peu C., lui ferait entrevoir un peu de ma vie, je lui ai dit que Monsieur Franck m'avait invitée au restaurant il y a quelques mois, elle était très étonnée, pensant peut-être que je n'existais pas assez pour qu'on m'invite au restaurant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je souffre de la voir avoir les mêmes intérêts que moi, vivre dans le même monde que moi, dans les mêmes cinémas, parfois les mêmes cafés, et en faire quelque chose de tout à fait monstrueux, de tout à fait incompatible avec ce que j'en fais, dans ce rapprochement physique de nos vies nous ne parlons pas la même langue, nous ne mettons pas le même sens à une même action, c'est un vertige continuel de devoir passer de sa compréhension d'une situation à la mienne. Alors que l'appréciation d'un film ne se donne jamais immédiatement et demande des heures et des jours, elle est déjà passée à autre chose en ramassant sa critique en une seule phrase qu'elle dégaine à tous ses amis qui lui demanderont son avis. Je ne l'ai jamais vu dire quelque chose sur un film qui ait le moindre intérêt, nous avons vu des centaines de films ensemble et à l'époque cela ne me choquait pas puisque j'étais encore loin de lui demander de discuter des oeuvres, je n'ai longtemps eu personne pour en parler sans que cela me manque, les films se réduisaient dans ma tête à des boules d'affects mêlés d'images. Toute sa culture ne semble tendre qu'à la constitution d'un moi solide, cultivé, infaillible, séduisant pour les garçons qu'elle côtoie mais  qui est au fond profondément dénué de toute réflexivité et ne prête jamais aux choses que ce qui pourrait les appauvrir. Triste donc, de voir qu'il est possible de vivre comme elle  vit, et si proche de la façon concrète dont je vis, sans aucune remise en question venant d'elle-même ou des autres. Elle plaît aux garçons, c'est une jolie fille qui a un joli corps, seule sa voix trahit sa laideur, ce n'est pas une laideur révoltante, juste une laideur triste, fatigante, comme un mauvais film qui vous suce toutes vos forces au lieu de vous inciter à vivre et créer puisqu'il y a comme une remise en cause de votre propre existence par l'existence de ce mauvais film, de cette mauvaise personne. C'est un conflit entre deux visions du monde qui ne peuvent décemment pas exister ensemble, on aimerait pouvoir dire : c'est lui ou moi, c'est elle ou moi; on est comme pousser à rester chez soi, à se restreindre à l'espace de son lit. Plus elle en sait, plus elle voit de films, plus elle lit de livres, plus sa vie sonne creux, plus sa pédanterie et ses forces narcissiques s'assurent une légitimité à ses yeux; elle existe, elle se gonfle, elle acquiert ce vernis qui lui confère l'aspect du plastique. J'aimerais qu'elle ait un secret qui expliquerait qu'elle soit perpétuellement en train de me le cacher par ses tonneaux de paroles creuses, j'aimerais qu'elle ait une vie qui soit un secret car pour le moment tout est profondément et désespérément clair quand je la vois. Je m'en veux de penser ça d'elle et je m'en veux de ne jamais lui poser autre chose que des questions qui l'incitent à parler encore plus, mais ma mauvaise curiosité m'incite à en savoir plus pour approcher d'une explication.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2750862967412917280?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2750862967412917280/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2750862967412917280' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2750862967412917280'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2750862967412917280'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/07/lexistence-deviendrait-intolerable-pour.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8567845998980233496</id><published>2011-07-05T01:47:00.004+02:00</published><updated>2011-07-05T03:59:41.454+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>c'est tout à fait rassurant pour moi de me lever tôt dans la journée avec comme programme celui d'un enchaînement de films dans des salles bien remplies mais autrement remplie qu'à l'ordinaire. Un public un peu plus &lt;span style="font-style: italic;"&gt;actif&lt;/span&gt;, plus fringant, plus adepte de la dimension&lt;span style="font-style: italic;"&gt; événement culturel&lt;/span&gt; du festival. Reste qu'il y a et qu'il y aura toujours la japonaise au chapeau habituelle du premier rang, le jeune homme brun qui marche sur la pointe des pieds en chaussons et le jeune homme japonais élégant du premier rang qui lit toujours un livre et sort assez fréquemment de la salle avant la fin du film. Ces personnes me rappellent  à ce qu'est mon rapport au cinéma, à ce genre de spectateur qu'ils sont et que je suis et qui  vient demander quelque chose, qui vient quémander douloureusement des réponses à un écran où les réponses risquent d'être mieux organisées, bref, nous n'avons que &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;très&lt;/span&gt; peu à voir avec les spectateurs occasionnels et parfois une lignée de &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;siège&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;s'avère&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;être&lt;/span&gt; une &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;frontière&lt;/span&gt; entre deux mondes. Ajoutons à cela cette ambiance de festival qui fait que l'on a l'impression que Paris n'est plus qu'un large circuit de cinémas, en tout cas pour moi.&lt;br /&gt;Le programme est tellement...programmé qu'à la fin d'une séance on est déjà dans le temps d'attente de la prochaine, le circuit est ainsi clos et la journée se passe bien, le temps n'est pas ouvert sur l'espace infini des vacances et on ne rentre que très tard chez soi, après avoir vu de bons films. On se laisse alors aller à une douce fatigue des jambes mais le corps en lui-même est en bonne santé, reposé, nourri, par contre mes jambes commencent à me faire mal quand je marche et j'ai la nette impression qu'elles sont tordues à force de rester assise des journées entières avec devant mes jambes un espace très exigu qui fait que je ne sais jamais où les mettre. Debout je ne me tiens pas non plus &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;très&lt;/span&gt; bien sur mes jambes et j'ai tendance, lorsque je suis immobile, à prendre appui sur "&lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;l'arête&lt;/span&gt;" extérieure de mes jambes et à ne pas poser la plante des pieds au sol.&lt;br /&gt; Dans les transports je n'ai &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;même&lt;/span&gt; plus le temps de lire, je prépare le meilleur programme possible pour le lendemain. Cet équilibre, que vient ponctuer les cafés avec &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Juliette&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; qui m'accompagne à mes séances, est tout à fait précaire mais amplement satisfaisant et rassurant, &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;même&lt;/span&gt; si sous l'organisation je sens sourdre l'univers obscur d'une oisiveté mauvaise et à venir et le monde encore plus sombre de tout ce qui n'est pas le présent et qui est ma vie, ses projets et son urgence non négociable à qui les meilleurs films laissent toujours une place importante. Au cinéma on n'est jamais trop loin ni trop subjugué, mais toujours honnêtement diverti, diverti de son moi dispersé et profondément ancré en &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;soi-même&lt;/span&gt; et en ce qu'on pense et ressent, si l'on est un bon spectateur devant un bon film on est sans cesse dans l'interrogation et l'étonnement, plongé dans le silence de notre attention portée à une image et à ses intentions.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8567845998980233496?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8567845998980233496/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8567845998980233496' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8567845998980233496'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8567845998980233496'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/07/cest-tout-fait-rassurant-pour-moi-de-me.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2373745682602619769</id><published>2011-07-01T02:09:00.000+02:00</published><updated>2011-07-01T23:06:37.660+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Je cherche un travail et je finis d'avoir peur d'avoir un travail, puis je ne cherche plus de travail et j'ai peur d'avoir trop de temps libre. La contrainte me prend aux tripes: me réveiller tôt pour une obligation me terrifie car je suis terrifiée de faire ce que je n'ai pas envie de faire. Mais c'est un peu plus que ça, et j'ai peur de ces moments où l'on tait sa conscience, où l'on n'existe plus qu'en tant qu'on produit quelque chose, comme lorsque nous allons chez le médecin et que nous ne faisons qu'exister médicalement et que l'on se sent intégralement patient mais jamais soi-même. Travailler c'est exister professionnellement et malgré nos pensées, on ne vous considérera et vous ne vous considérerez comme rien d'autre qu'un corps au travail, et ce qui m'effraie encore plus c'est d'être au service de quelqu'un et l'inconfort de la position que cela suppose : vous êtes capable d'une faute et vous n'êtes pas à l'abri d'un service que l'on vous demandera, il y a quelque chose de doucement tyrannique et qui se fait sentir dans le plus cordial des rapports de force.&lt;br /&gt;Je me suis toujours inquiétée de cette propension à ne vraiment pas vouloir faire ce que je n'ai pas envie de faire, je m'y plie, je le fais, mais je suis profondément triste de le faire et je me sens comme aliénée pour un temps. L'année dernière pendant un mois je travaillais trois heures par jour et la seule idée qu'il me fallait revenir le lendemain me &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;gâchait&lt;/span&gt; ma journée et je &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;m'enfonçais&lt;/span&gt; dans la tristesse. Je voulais aller au cinéma, profiter de ma journée innocemment et  vivre dans l'équilibre d'une journée de travail et de plaisir, mais je me levais fatiguée et poursuivais ma journée fatiguée. Fatiguée non pas tant parce que je ne dormais pas que parce que ce travail me contrariait assez pour me rendre fatiguée; quand quelque  chose me déplaît cette chose me fatigue.&lt;br /&gt;Mais il était hors de question pour moi de décider de dormir tôt, c'était comme la dernière de mes résistances pour ne pas que le travail ne m'avale tout. Je ne connais pas plus grande liberté que celle de pouvoir avoir une nuit à soi et plus grand bonheur d'avoir une journée à soi, une journée pour soi où j'avance solitairement dans le temps et l'espace du quotidien, où à aucun moment je ne me regarde vivre mais où s'enchaînent les plaisirs automatiques, ces choses qui à coup sûr me ravissent et me réconfortent. Ma vie est toute entière tendue vers ce but ultime : avoir des journées à elle. Peu importe ce que j'en fais, la seule perspective d'un temps qui m'appartient est mon grand bonheur. Pour certains la norme est la journée de travail, pour moi je trouve anormale une journée où je n'ai pas eu le temps d'aller au  cinéma, au café, et je me dis que je me rattraperai le lendemain.&lt;br /&gt;Je concède à la peuplade de travailleurs qui rentrent chez eux tandis que je me dirige vers le cinéma que oui ce mode de vie n'est que pour un temps, nos quotidiens connaissent des révolutions insensibles et insoupçonnées, un jour on se retrouve à ne plus avoir la même vie qu'il y a deux ans sans pour autant savoir par où cette révolution a commencé. Un jour je saurai me plier à l'obligation pour l'homme &lt;span&gt;d'être au monde et d'y être au travail&lt;/span&gt;. Je n'ai pas encore acquis cette lucidité là qui consiste à laisser le monde prendre l'avantage sur soi, à faire taire cet âge enfantin du&lt;span style="font-style: italic;"&gt; ce que je veux&lt;/span&gt;. Il y a une noblesse des femmes dans le train aux énormes sacoches d'ordinateur noires qui ne plient sous le poids de rien du tout, qui ne sont pas en train d'avoir le sens du devoir mais qui se dirigent sincèrement vers leur travail, portant sur le monde ni un regard triste ni indifférent, mais un regard ordinaire, lucide en même temps &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;qu'aveuglé&lt;/span&gt; devant ce trajet qui n'est pas leur monde. Noblesse de ces femmes qui n'existerait pas si je n'étais pas nonchalamment en train de les regarder sur le trajet de mes séances de cinéma.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2373745682602619769?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2373745682602619769/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2373745682602619769' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2373745682602619769'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2373745682602619769'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/06/je-cherche-un-travail-et-je-finis.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-1409313576668023191</id><published>2011-06-03T00:10:00.010+02:00</published><updated>2011-06-03T02:53:05.654+02:00</updated><title type='text'>L'argot du jour</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://storage.canalblog.com/47/48/110219/30805355.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 591px; height: 333px;" src="http://storage.canalblog.com/47/48/110219/30805355.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Il est trop tard &lt;/span&gt;pour apprendre&lt;span style="font-style: italic;"&gt; l'hébreu, comprendre l'argot du jour est  bien plus important."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:85%;" &gt;&lt;span&gt;Henry &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:85%;" class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0" &gt;David&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:85%;" &gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:85%;" class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1" &gt;Thoreau&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Ici &lt;/span&gt;particulièrement&lt;span style="font-style: italic;"&gt;, il convient de rappeler que si la croyance au monde et à sa permanence se délite, au point de convertir le voyage non en une aventure mais en un certificat de garantie, ce n'est certainement pas la confiance en autrui qui peut restaurer cette foi."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"L'aura de la perte définitive de l'aura."&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Bruce&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Bégout&lt;/span&gt; - &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Lieu Commun&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai étendu la fidélité jusqu'à mon mode de vie : il serait pour moi intolérable de ne pas aimer son quotidien et de se trahir, de le trahir par le voyage. Pour moi aller m'acheter des livres et aller au cinéma recèlent plus de promesse que de partir en voyage. Ma disponibilité elle se dirige vers le minuscule et n'est pas dupe face aux majuscules du voyage. Comme disait &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;Pessoa&lt;/span&gt; il faut réduire de plus en plus le terrain, finir par ne prendre qu'un même chemin, et préférer au parcours de grandes surfaces, la recherche de la profondeur de ce même chemin. Aimer son quotidien, faire montre d'une acuité des sens et de l'intelligence là où tout vous réclame de baisser la garde, il n'y a rien de plus beau que d'embrasser du regard toute une cuisine, tout une rame de métro, tout un café qui baisse la garde et enfonce le présent dans un tel degré de particularités, d'improbabilités et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;d'insignifiance&lt;/span&gt; que l'on finit par être pris de vertiges. Cette &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;situation-ci&lt;/span&gt; porte en elle les siècles passés qui la permettent et ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;présent-là&lt;/span&gt; aussi moche &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;soit-il&lt;/span&gt; écrase victorieusement tout passé, il en est son héritier, son fils prodigue. Pour vivre cette situation nous avons dû attendre une constellation d'évènements:  la création de l'acrylique, de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;l'Iphone&lt;/span&gt;, du métro, la naissance de tel écrivain que cet  homme lit, ainsi que la naissance de cet homme qui lit, telle marque de chaussures italiennes, et cela est sans fin. Les objets renvoient à leur histoire, les visages au secret de leurs vies, et dans cette profusion de sens, de signes il devient impossible de reprendre le métro en faisant fi de tout cela car c'est dans ce réseau de sens inhérent à toute situation que se trouve sa vérité, sa raison d'être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien de boutiques pour habiller les hommes, pour satisfaire leur goût et dont l'élégance ne mène pas plus loin qu'eux-mêmes et que l'instant de leur passage devant mes yeux. Remarquer l'élégance d'une personne c'est entrer dans le même rapport d'ensemble, ("ceci va avec cela, ceci forme donc un tout") que la personne possède avec ses vêtements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai l'impression d'avoir peur de tout, peur d'aller chez le dentiste et qu'il me fasse mal, qu'il me fasse des remarques méchantes, peur d'aller déposer un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;CV&lt;/span&gt; et que cela offense la vendeuse qui le prendra, peur des serveurs dans les cafés et de ne pas être assez spontanée dans ce que je vais commander, peur quand je vais chez le pharmacien, peur de sa compétence, peur parfois de voir mes amis, de ne rien avoir à leur dire, peur chez &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;l'ophtalmo&lt;/span&gt;, avec le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;dermato&lt;/span&gt;, peur de parler en même temps que lui, de ne pas être assez polie, peur des caissières de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;l'Action&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Christine&lt;/span&gt;, de l'ouvreuse à qui il faut donner un pourboire dans un geste souple, peur d'aller au secrétariat de ma &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;fac&lt;/span&gt;, on remarquera que la peur est ici toujours peur et appréhension dans le rapport à l'autre, la peur d'une présence injustifiée, la peur de perturber la sérénité de sa vie sans moi, la sérénité de ma vie sans lui, elle, la honte d'un rapport si bref et si utilitaire et qui s'assume comme tel, peur du face à face de mon incompétence face à une compétence, à une fonction, à une offre, à une demande, peur du rapport d'emblée inégal d'un côté ou de l'autre, soit je suis en train de m'excuser d'être en possession du "plus" soit d'être en possession du "moins". Des peurs ponctuelles, qui s'insinuent dans les petites capillaires du quotidien et qui finissent de défaire étape par étape le lien fragile qui me rattache à un monde solide. J'ai toujours eu l'impression qu'il serait possible un jour que les peurs prennent tellement le pas sur ma vie qu'elles finissent par m'immobiliser tout à fait, toutes joies supposent un peu de monde et de mouvement. On ne saurait faire semblant d'aimer son lit indéfiniment, le lit ne prend d'ailleurs de l'importance qu'à force de côtoyer un monde méchant, encore &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;faut-il&lt;/span&gt; avoir l'occasion de le côtoyer afin d'avoir de très bonnes raisons de retourner dans son lit, le réconfort est toujours un &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;deuxième&lt;/span&gt; moment. Je pensais alors que pour ne pas me réveiller subitement immobilisée il me fallait agir au jour le jour, peur par peur, ponctuellement me faire violence plutôt que de me laisser aller à un état enfantin où je refuserais de faire  ce qui me déplaît. État qu'il est tout à fait possible d'atteindre, une sorte de doux déclassement, ne pas aller là, ne pas se présenter ici, finir par se promener toute sa vie comme pour ne pas toucher aux choses ni aux personnes, simplement les effleurer pour qu'elles nous effleurent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-1409313576668023191?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/1409313576668023191/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=1409313576668023191' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1409313576668023191'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1409313576668023191'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/06/je-suis-une-creature-du-quotidien-et.html' title='L&apos;argot du jour'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-570140639081925881</id><published>2011-05-20T02:57:00.010+02:00</published><updated>2011-05-21T01:00:22.943+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" style="font-style: italic;" href="http://imageshack.us/m/854/3149/vlcsnap2011050201h22m36.png"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 640px; height: 480px;" src="http://imageshack.us/m/854/3149/vlcsnap2011050201h22m36.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Lorsqu'il entrait à la bibliothèque ou dans sa petite chambre, il s'isolait totalement de la lutte; personne ne lui contestait son bonheur, il ne demandait rien à personne. Mais voilà qu'aujourd'hui, ces partisans de la lutte qu'il avait toujours méprisés, l'avaient attiré parmi eux et, sans la moindre résistance, il avait éprouvé leurs désirs, adopté leurs armes."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Italo&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Svevo&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Une vie&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Toucher le fond c'est &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;coïncider&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;avec son essence."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:85%;" &gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Bruce&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Bégout&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lieu commun&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;La nappe était volontairement froissée, c'était son modèle, pas vraiment froissée, mais plutôt recouverte d'une multitude de faux plis sur lesquels j'appuyais pour essayer de les aplatir comme un jeu sans espoir. Si j'avais pu fumer à l'intérieur j'aurais tout de suite cessé de m'intéresser à cette nappe. Quand on n'a pas de contenance la meilleure façon de le cacher n'est surtout pas de se donner une contenance mais peut-être de s'immobiliser, dos droit, regard fixe, tête levée, mains vides,&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; assumer le fait qu'ici et maintenant il n'y a plus rien à dire et plus rien à faire&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;. La tasse de café était recouverte sur un coté d'une lignée de fleurs noires, c'était un café turc, noir comme le café libanais, servi avec des petits bouts de loukoum à l'eau de rose, je me souviens de la pâte molle et farineuse que cela formait dans ma bouche, je me souviens avoir pensé que servi en très petite quantité le loukoum pouvait être bon et que c'était la première fois que j'appréciais son goût, il est une &lt;span&gt;nourriture de contraste&lt;/span&gt; et qui ne prend sens ici que par le contraste qu'il forme avec l'encre du café. On peut dire que j'avais certainement et objectivement bien mangé mais que mon centre d'attention n'était pas là où il devait être lorsque l'on va au restaurant, ce qui a fait que je n'ai pas apprécié le repas comme il le fallait. Manger demande de la concentration, ce que l'on mange peut très vite nous échapper, manger devrait être plus souvent l'objet d'une joie mais une bonne discussion fait qu'on regarde son assiette sans vraiment la regarder, que les aliments filent on ne sait où, quelque part dans la bouche.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;J'avais magiquement échappé au dérisoire du vendredi, mais j'étais consciente de la fragilité de la chance &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;empêchant&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; que je ne sois effondrée dans une salle de cinéma, dernier recours des mauvais jours, le cinéma c'est l'envie des jours où il n'y a plus d'envie. Quand le présent est trop gratifiant, trop beau, le problème est que le présent ne suffit plus et ce qu'il nous faut c'est la promesse que cela dure. Le fait d'être au restaurant avec Monsieur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Franck&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; (mon prof de philo de terminale) ne suffisait plus, vertige mélancolique, jalousie pour moi-même, celle que je suis maintenant tout de suite, avec ces vêtements et les cheveux coiffés comme cela et qui répond ceci et pas autre chose, bref, celle qui a le privilège d'apparaître devant ses yeux. Le reste de ma vie n'existe pas pour lui, je ne lui parle jamais, cela fait deux ans que je ne lui ai pas dit ce que j'aurais voulu lui dire. Quand je pense à justifier tout ce que je fais et ma manière de vivre je rêve de me justifier auprès de lui. Intimement il sait tout ce que je fais car je porte en moi son possible regard sur ma vie. Ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;soir-là&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; ma vie pour lui n'est pas ailleurs, il n'y a pas un en dehors de ma parole, de ce que je décris, c'est pour cela même qu'il faut &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;assurer&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;, c'est-à-dire restituer les grandes&lt;span style="font-family:arial;"&gt; &lt;/span&gt;atmosphères qui parcourent ma vie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Il y avait eu peut-être eut un moment où je coïncidais toute entière avec le présent, où j'étais écoute, où j'étais parole, verre de  vin, nappe, chaise, besace en cuir, fourchette, plat turc - le riz, l'aubergine, la serviette bordeaux, mais à présent, sous le squelette des contextes, la tristesse primordiale. Ce &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;jour-là&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; ne devait pas déborder le sentiment que l'on a d'un jour qui passe sans faire de bruit, d'un jour comme une transition inutile de la vie à la vie. Le matin en me levant, ayant pris l'habitude de consulter mes messages électroniques à même mon lit avec mon portable, je reçois un message inespéré de &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;MF&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; m'invitant à le voir à la fin de son cours d'histoire de l'art. Les journées indéterminées me plaisent énormément a priori alors que sur le moment elles me terrorisent, elles sont comme ce que les animateurs du centre aéré appelaient le "quartier libre", ce moment où nous pouvions disposer de notre temps à notre guise, c'était l'ouverture des possibles, l'ouverture à toutes les activités que l'on souhaitait, peu importe si nous finissions par toujours faire la même ou par &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;être&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; paralysé à force de liberté.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Poser un projet, un rendez-vous, au milieu d'une journée indéterminée : les heures finissent par s'agencer en cercle autour de ce projet, comme une chair de temps autour d'un noyau. Ce rendez-vous me rendait profondément heureuse et me paniquait tout autant: j'avais dressé des plans négatifs: ne rien faire, m'autoriser un mutisme du désespoir car je me sentais incapable de raconter quoique ce soit d'intéressant, un peu comme cette connaissance rencontrée il y a quelques jours au cinéma et me demandant "ce que je devenais", je n'ai rien su répondre en dehors de "bah toujours étudiante en deuxième année de philosophie, voilà, c'est tout", et je jure que je trouvais que cela suffisait, que cela voulait déjà beaucoup dire de moi, de comment je passe mes journées et de ce qui me préoccupe. Quelqu'un qui se tait c'est quelqu'un qui réellement ne joue plus, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;même&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; plus à sauver les apparences.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Les heures de ce vendredi se distendaient, il n'était jamais l'heure d'aller se préparer, on ne pouvait que traîner dans l'attente de se préparer et se préparer dans l'attente d'aller au rendez-vous. J'allais devoir m'affairer à être quelqu'un d'autre, à être la &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;Murielle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; qu'il s'attendait de voir et puis&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; dire les bonnes choses, et être obsédée par la question "est-ce qu'il passe un bon moment? Est-ce qu'il pense à être autre part?". La discussion ne se laisse pas corrigée par des notes de bas de pages, revenir à la discussion après qu'elle ait eu lieu ce n'est déjà plus la discussion, les forces de la discussion doivent oeuvrer pour le présent. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Je n'ai jamais eu autant conscience que j'allais devoir me transformer en moi-même,  en mon imposture présentable, cacher l'obscénité de la paresse, du  découragement, du renoncement, du teint blafard, du pyjama  dépareillé. Rien qui n'ait le goût  de grandes luttes intérieures, seulement et uniquement la tiédeur grise  de la quotidienneté qui émousse tous les enjeux en donnant à la vie un  point de vue au ras du sol, fragmentant le temps en journées qui ne nous permettent pas de penser l'existence dans une vue synoptique et effrayante.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;Ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;jour-là&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et les jours d'après j'avais comme renoncé à moi-même et je me laissais porter par les présents successifs. J'appartenais aux moments, au livre que je lisais, aux passants devant le café, non plus repliée sur mes projets mais, pour dire exactement le contraire, dépliée et éjectée hors de moi parce que toute emplie de ma nullité et de mon humilité, emplie de vide et d'un renoncement à vivre qui ne peut être que temporaire; je m'accordais simplement des vacances dans la tristesse. Parfois je me pensais folle, et ne comptais demander d'aide à personne, j'irai la chercher moi même sans que personne ne sache que je suis en train d'arracher de l'espoir aux visages. J'avais et j'ai l'impression de ne rien savoir, de la vie pratique, de l'art, de la philosophie, des choses concernant les gens, les choses humaines ou inhumaines, rien de rien, et le plus souvent je me suis sentie bercée par la certitude que je savais et j'ai pu croire un moment que savoir et aimer apprendre serait une façon de se consoler quand on ne sait pas vivre. Se sentir ne pas savoir, jouer l'ignorant c'est retrouver par le bas un peu de la sérénité de celui qui sait.&lt;br /&gt;Les grandes questions je les pose toujours à un jour vide, à un jour de mariage princier que j'ai fini par regarder et apprécier d'un bout à l'autre comme pour m'agripper à ce qu'il y avait de plus extérieur à ma vie, comme on se perd dans un conte raconté à deux milliards de spectateurs et à la joie simple et diffuse que cette histoire suscite; joie qui parcoure le monde comme un flux d'amour qui ne veut rien dire. J'ai toujours eu tendance à faire en sorte que la distance par rapport à une situation rejoigne et réinvestisse son extrême opposé qui est le premier degré: prendre au sérieux ce qui nous fait d'abord rire, ce qui est pour les autres, le prendre pour soi, ça nous concerne aussi, qui sommes nous pour dire : ce mariage princier ne nous regarde pas? Je fais confiance aux deux milliards de spectateurs car je ne suis personne et ils savent &lt;span style="font-style: italic;"&gt;parfois&lt;/span&gt; mieux que moi ce qui est digne &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;d'intérêt&lt;/span&gt;, ce qui est bon et doux pour moi. Bien sûr l'argument du nombre ne vaut absolument rien mais il faut savoir parfois être à court d'objections.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Il y avait quelque chose de salvateur pour moi dans cette absence totale de façade que j'offrais à Monsieur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;Franck&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;,  le désespoir fait qu'on n'a pas la force de faire semblant, qu'on est dans la sincérité convalescente. Je me sentais à ras de moi-même, face à moi même comme devant un constat. Que présenter de soi dans sa nullité? J'étais très à l'écoute, toute à ses histoires qu'il me racontait et dont j'espérais très secrètement qu'il ne les racontait pas volontiers à n'importe quel ancien élève mais que j'étais selon lui apte à les écouter, que je saurais les écouter. C'était des histoires bouleversantes, c'est-à-dire les histoires d'une conscience et de ses étincelles : les histoires les plus importantes. A la fin de l'une d'elle il m'a dit "cela vous laisse incrédule" d'une voix plus douce que celle qu'il avait prise pour raconter son histoire, comme pour ne pas faire obstacle à ce qu'il sentait qui se passait en moi et qui se frayait un chemin jusqu'au cerveau. J'ignore le visage que j'avais mais de l'intérieur de mon visage j'ai pu sentir juste ce qu'il faut d'eau dans les yeux pour ne pas que cela coule, j'étais dans une rétention à la limite de l'écoulement comme si l'émotion s'était immédiatement ressaisie, prenant conscience d'elle-même pile au moment où elle tendait à s'épancher.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Si je suis là, face à lui, même après seulement deux ans, c'est que peut-être j'ai grandi, quand une situation vous rappelle à de lointains espoirs, réalise ce qui était espéré, c'est que quelque chose a changé tout à fait, car si rien n'avait changé alors cette situation inespérée n'aurait pas eu lieu. Donc tout a  changé puisque je suis digne d'être invitée au restaurant comme les adultes, digne de réaliser ce qui a priori ne devait plus me tenir à coeur : c'est parce que j'y tenais trop que cela n'arrivait pas, et c'est quand on renonce que cela arrive.&lt;br /&gt;Ce rendez-vous, à force d'avoir été &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;obsessionnellement&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; orchestré dans l'imagination, une fois devenu réalité c'est comme si cette réalité tremblait en filigrane par-dessus le rêve. Prenons l'image très concrète de Monsieur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;Franck&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; devant moi au restaurant, nos jambes sous la table très proches, lui tout à ce que je raconte, moi toute à ce qu'il raconte, plus d'intermédiaire sinon la parole nue, le visage nue et la nudité de notre rapport, de notre face-à-face parfait, bref, ce face-à-face a gardé quelque chose de la facticité de mes rêveries, ce côté trop bien construit qu'ont les rêves et que n'ont que rarement les situations qui viennent leur correspondre. Ce que je sais c'est qu'il n'y a que trop rarement de jouissance du présent, parce que sa jouissance est réflexive et par là elle ne cesse de taper à coté comme si la réflexion ne pouvait être qu'un futur -jamais un présent- dans son recul par rapport à l'immédiat. Nous sommes toujours un peu au-devant de notre présent, déjà en train d'y mettre les mots du passé et du souvenir. La jouissance est fraîche, elle n'est jamais l'objet dédoublé de la pensée de l'objet mais l'objet qui coïncide avec sa pensée: comme une balle qui rebondirait deux fois exactement au même endroit. Une image réflexive est dédoublée donc floue, un présent qui serait jouissance serait d'une netteté incroyable. Il y a un tremblant des visages propres au souvenir. La vie tremble à la recherche de sa netteté,  point équidistant entre le réel anticipé (le rêve éveillé, le souhait, le fantasme) et le réel réalisé, comme une image de cinéma. &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-570140639081925881?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/570140639081925881/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=570140639081925881' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/570140639081925881'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/570140639081925881'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/05/la-nappe-etait-volontairement-froissee.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8713730622551968784</id><published>2011-04-19T03:25:00.005+02:00</published><updated>2011-04-20T01:32:08.141+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Se trouver laide c'est pouvoir, au détour d'un bon jour, d'un miroir, se surprendre à être belle, se dire idiote c'est pouvoir se découvrir intelligente. Alors que se dire intelligente c'est pouvoir se découvrir idiote, etc.  Petite ruse de la haine de soi et qui marche à tous les coups - l'impression de l'avoir expérimenté toute ma vie et de n'y mettre les mots que maintenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un ami est quelqu'un avec qui parler devient réel face à face non fuyant : la parole libre se distribue naturellement de sorte à produire un échange rythmé, l'échange du dialogue de cinéma ou phrase après phrase nous nous répondons, pas de parole perdue. Ce que je dis correspond à une parole ambiguë, à la fois réaction conditionnée à ce à quoi elle répond tout en étant pure spontanéité de ce que je tenais à te dire et qui sort "comme ça" tout en venant à-propos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment une femme en vient à se focaliser sur ces cils ou à se french-manucurer les ongles de pied? La féminité est à son degré le plus élevé obsession du microscopique, la partie  prise et soigner (jambe, bras, ongle, main, cou, cils, bouche, pied, ventre, sein) prise comme un tout autonome, une anatomie à part entière, fétichisme, narcissisme fragmenté, compartimenté et exacerbé : non pas culte du corps mais culte de chacune de ses parties comme si elles étaient en elles-mêmes un corps, un cosmos, je pense aux pubs l'Oréal où la lèvre bave du sirop de grenadine pendant que les cils ont une érection, ce qu'on appelle aussi "volume extrême" ou je ne sais quoi, ça veut dire : mes cils ont une existence à part entière, mon regard de braise se détache de mon corps, il en est son milieu.&lt;br /&gt;Si je prête une égale attention monomaniaque aux parties l'ensemble brillera comme une image : je ne néglige rien, j'annonce aux autres que "je suis passée par là", mettre un bracelet de cheville, (comble du vulgaire, Billy Wilder l'a dit dans deux films)  c'est dire "j'ai bien vu ma cheville, je l'ai marquée de mon passage", il y a une façon d'exister qui consiste à nier que l'on a une cheville, à vivre comme un peu à coté de son corps, à n'avoir d'autre rapport avec lui qu'un long soupir, un long "oh vous savez...", le donner à voir à contre-coeur et jamais volontiers.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8713730622551968784?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8713730622551968784/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8713730622551968784' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8713730622551968784'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8713730622551968784'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/04/se-trouver-laide-cest-pouvoir-au-detour.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5649457382906191639</id><published>2011-04-12T00:38:00.007+02:00</published><updated>2011-04-20T01:25:14.074+02:00</updated><title type='text'>Jeune et innocente</title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"L'air qu'on respire a comme un &lt;/span&gt;goût&lt;span style="font-style: italic;"&gt; mental.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les hommes &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ressemblent aux idées qui longent un esprit.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;D'eux à moi, rien ne cesse &lt;/span&gt;d'être&lt;span style="font-style: italic;"&gt; intérieur; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Rien ne m'est étranger de leur joue à ma joue,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et l'espace nous lie en pensant avec nous.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;J'ai beau vouloir, je suis minuscule. Jamais&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je ne pourrai grandir mon unité vivante&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jusqu'à ce que l'énorme dehors entre en elle."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Vie Unanime&lt;/span&gt; - Jules Romains &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'arriverai certainement jamais à demander du feu à quelqu'un dans la rue. Je passe devant les terrasses de café et d'un oeil, derrière mes lunettes bien noires, j'observe les briquets posés négligemment sur les tables, si proches et pourtant si loin; fou à quel point le monde se peuple tout à coup de ce que l'on cherche, je finis par voir des briquets partout,  le gens ne sont pas des steaks, ils ont des têtes d'allumette. Ce qui m'éloigne de ce briquet ce sont ces mots de politesse simple que je n'arrive pas à articuler, cette façon de se couler, de se glisser auprès de la table et de couper la conversation, de forcément couper la conversation. Impossible de ne pas nuire, impossible de ne pas déranger, même si l'autre m'accueille et me prête son feu volontiers, je sais ce qu'il pense, je sais ce qu'il ressent, il pense que je suis indifférente à sa vie, que je suis obsédée par son briquet, que je ne pense qu'à moi. Et je suis censée assumer le fait que je ne m'adresse à lui que pour son feu, que pendant quelques secondes il n'a été pour moi que "L'homme qui ne m'intéresse pas mais qui a un briquet", mais comment assumer ça? C'est trop moche, cela demande une confiance en soi surhumaine, une insolence inhumaine. Il faudrait se lancer sans réfléchir, mais penser à ne pas réfléchir c'est déjà réfléchir et j'ai peur de balbutier, que la phrase préfabriquée ne sorte comme il faut, ou avec une voix bizarre, parfois les mots restent dans la gorge; on complexifie infiniment la chose à force de penser à sa simplicité. Je préfère encore aller m'acheter des allumettes à vingt centimes, mais c'est comme si c'était pire: j'ai l'impression de ne rien acheter, je tends vingt centimes au caissier, il n'y a pas plus offensant, j'ai l'impression qu'il est capable de ne pas me les donner et de prétexter qu'on entre pas ici pour n'acheter que pour vingt centimes, il aurait préféré me les donner, mais on lui a dit que ça coûtait vingt centimes, je dois certainement être sa plus mauvaise cliente de la journée. Il a suffit d'une cigarette pour m'entourer d'une atmosphère malveillante, j'ai l'impression d'avoir déranger toute la rue en pensée, mais ma cigarette est allumée et je la tète comme pour me consoler de la timidité que je mets à vivre, ma faiblesse sans limites dès lors que je suis seule dans la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rencontrer et discuter avec plus âgé que soi c'est devoir à chaque instant s'excuser d'être ce jeune et étrange animal et d'avoir à réfléchir conformément à son âge, c'est-à-dire s'excuser de croire encore à quelque chose, s'excuser de ne pas être encore tout à fait cynique, se moquer de soi-même comme d'une personne absente, réduire la distance entre lui et moi à une question de temps. Je ne me doute de tout ce qu'il a pu vivre, il ne se doute de tout ce que je peux vivre par la seule pensée : en deux secondes je suis capable de traverser la vie de façon crédible et rigoureuse, mais personne ne me croit alors je sirote mon coca et me cantonne à mon rôle.&lt;br /&gt;Au final je lui ai dit que je comprenais bien toute la charge de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;négativité&lt;/span&gt; et de lassitude qui était en lui, que je n'étais moi-même potentiellement que ça, mais que je ne pouvais pas me le permettre, que j'essayais parfois de correspondre à la fiction enthousiaste qui correspond à mon âge. Il y a des chagrins qu'on ne peut pas encore se permettre à mon &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;âge&lt;/span&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5649457382906191639?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5649457382906191639/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5649457382906191639' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5649457382906191639'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5649457382906191639'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/04/je-narriverai-certainement-jamais.html' title='Jeune et innocente'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2138946383552180906</id><published>2011-04-01T15:07:00.004+02:00</published><updated>2011-04-04T03:15:16.930+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-GDxSsCffdK0/TYtMNnK1k5I/AAAAAAAAHSc/qVFEI6T6vI0/s1600/a%2Bplace%2Bin%2Bthe%2Bsun.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 500px; height: 429px;" src="http://1.bp.blogspot.com/-GDxSsCffdK0/TYtMNnK1k5I/AAAAAAAAHSc/qVFEI6T6vI0/s1600/a%2Bplace%2Bin%2Bthe%2Bsun.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;"pourtant j'éprouve une satisfaction à gesticuler dans tout mon microcosme de façon aussi macroscopique que possible."&lt;/i&gt; &lt;b&gt;&lt;i&gt;La Reprise&lt;/i&gt; - Kierkegaard&lt;/b&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;"Monotoniser la vie, pour qu'elle ne soit jamais monotone. Rendre anodin le quotidien pour que la plus petite chose nous devienne une distraction."&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;i&gt;"Chaque visage, même celui d'une personne rencontrée la veille, est différent d'aujourd'hui, puisqu'aujourd'hui n'est pas hier. Chaque jour est le jour présent, et il n'y en a jamais eu de semblable au monde. C'est dans notre âme seule qu'il y a identité - identité que l'âme éprouve, quoique de façon trompeuse, avec elle-même, et par laquelle tout se ressemble et tout se simplifie. Le monde est choses séparées et arêtes diverses; mais, si nous sommes myopes, c'est un brouillard insuffisant et continu."&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Le Livre de l'intranquillité &lt;/i&gt;- Pessoa &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;Réinvestir la vie, sa joyeuseté fondamentale, creuser vers le haut, recueillir de la vérité dans le plus anecdotique, prendre un bain d'humanité dans la sensation la plus fugitive et la plus lumineuse, la plus sienne. Eprouver cette sorte de contentement qui n'engage pas seulement le désir satisfait, le bien-être, mais qui met aussi en branle, un contentement en mouvement de la sensation qui s'éprouve à la fois remplie, contentée, et débordée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt; Se rendre compte que l'on se souvient trop précisément de ce qui &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;aurait dû passer sans laisser de trace, se souvenir d'un sandwich toasté dont le beurre tartiné sous les ingrédients &lt;i&gt;faisait la différence &lt;/i&gt;et justifiait le prix, et le café derrière le jardin du Luxembourg, N. allant chercher des allumettes et revenant avec des sucettes qui ont elles aussi fait &lt;i&gt;toute la différence. J&lt;/i&gt;'ai pu choisir mon goût (autrement dit, deviner ce que N. préférait entre les deux pour la lui laisser) et j'ai aimé cet itinéraire d'après-midi ponctué de choix sécurisés, celui que l'on fait entre un sandwich toasté ou non toasté, une sucette cerise ou fraise, un crumble aux myrtilles ou un éclair au chocolat, un café ou un coca light. Nous allumons nos cigarettes avec des allumettes, nous tournons les pages d'un vieux livre de poche relié, je lis un passage à voix haute dans la rue apaisée, les gestes se font précis, les doigts salivent d'avoir tant à faire, tant à toucher, le monde des sensations est un monde agile comme les doigts. Il y a des enfants bien habillés qui passent près de nos pieds, et des mamans joyeuses qui marchent derrière eux, nous stationnons en silence, les doigts traçant des formes avec le sucre sur le guéridon, stupéfiés par ce fragment de temps et d'espace qui semble les contenir et les invoquer tous et qui chaque jour semble se répéter mais d'une répétition fragile comme un tremblement, cela aurait pu s'organiser tout à fait autrement et j'aurais pu ne pas être émue, alors mon émotion se double de gratitude pour le hasard. C'est cette fragilité de l'instant et &lt;i&gt;ce je ne sais quoi&lt;/i&gt; qui lui confère une évidente éternité, une force immuable, qui nous fait déborder d'émotions sobres. Ces enfants qui passent, il ne tient à rien pour que demain ils empruntent un autre chemin ou rentrent plus tôt de telle sorte qu'on les raterait, et les places sur cette terrasse de café seront peut-être toutes prises, nous empêchant d'assister convenablement au spectacle, il pourrait pleuvoir. Je pourrais aussi ne pas être aussi disponible à la sensation; au fond c'est plutôt ça la vérité : tout vient de moi, peu importe comment les choses arrivent, peu importe leur désordre, c'est moi qui dois être &lt;i&gt;prête&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt; Ca semble se répéter mais ça ne se répète pas, alors on a raison d'aimer ce moment et cet agencement précis, on a raison d'en être déjà nostalgique parce qu'il ne reviendra jamais. Un obsessionnel du détail ne verrait que changement et assisterait chaque jour au spectacle d'un monde différent. Il y a quelque chose qui a changé, la nouveauté s'est perdue, les acteurs (mamans, enfants, passants, garçon de café) y mettent moins d'entrain, deviennent plus conscients de leur jeu et perdent de cette naïveté qui les rendent si désirables. Nous les désirons parce que nous voulons vivre à leurs côtés ou alors vivre à leur place, on ne sait plus très bien. Savoir ce que ça fait d'être une maman qui marche jusque chez elle, savoir ce que ça fait d'avoir toujours à portée de pensée une liste longue de choses acquises: un mari, un foyer, une situation, est-ce que c'est ça qui la rend comme ça? Elle rigole parce qu'elle peut rigoler, parce que posséder c'est pouvoir être assez léger pour rigoler? Ou alors devenir ce petit garçon, cette bulle de conscience qui porte sa vie dans son sac de goûter, raconter n'importe quoi, ne rien savoir mais être aimé, porter des vêtements colorés et tout petits, une jambe grande comme un avant-bras, et manger, apprendre des choses (non pas travailler mais seulement apprendre), ne pas encore se préoccuper pour l'avenir mais incarner un balbutiement de possibles, se situer même avant toute possibilité, avant tout choix, être pris dans l'enfance la plus totale.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;On ne peut rien vivre de plus intense qu'une situation paisible, une situation arracher au quotidien, elle laisse toute la place aux affects pour se déployer, elle n'est pas intimidante, paralysante comme un chef-d'oeuvre, nous n'hésitons pas à l'investir parce qu'elle est justement intouchée, personne n'en veut de ce moment, alors nous le récupérons. L'esprit mange tout, la réalité lui semble malléable, il la sature, la pétrie d'affects, la gonfle de sa sensibilité; il y voit ce que personne n'y trouve parce que personne ne sait ce qu'on peut y chercher. Un adulte du point de vue des sensations est quelqu'un qui sait se rendre autonome en reprenant à son compte une situation banale, s'irritant d'elle un jour, pleurant pour elle un autre jour, ressentant de l'indifférence un troisième jour, un vertige existentiel un quatrième jour, de la tendresse au cinquième jour, écrivant sur elle le sixième jour, et le septième, ne pensant pas en avoir fini avec elle mais la mettant de côté pour plus tard.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2138946383552180906?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2138946383552180906/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2138946383552180906' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2138946383552180906'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2138946383552180906'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/04/pourtant-jeprouve-une-satisfaction.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-GDxSsCffdK0/TYtMNnK1k5I/AAAAAAAAHSc/qVFEI6T6vI0/s72-c/a%2Bplace%2Bin%2Bthe%2Bsun.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2112222367896686783</id><published>2011-03-13T17:49:00.013+01:00</published><updated>2011-03-13T19:21:57.496+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Il y a la lourdeur rigide des pages inexplorées du livre que je tiens entre les mains, dans l'imperceptible espace qui sépare une page d'une autre je peux entendre comme une promesse de langage et de compréhension. Le bruit transparent d'une page qui se tourne, qui s'aplatit au son d'un battement d'aile de papier, et la tablette de mon bureau qui craque sous le poids de mes avant-bras au bout desquels se trouvent des mains studieuses, plus studieuses et affairées que mon regard qui semble avoir déplacer sa précision et son intelligence aux bouts de mes doigts gonflés de sang, vaguement moelleux et très alertes. L'autre jour je pensais à la grande précision et agilité des doigts et dont la caresse en figure l'un des moments de son intelligence en acte. Les mains sont le dernier espoir: même chez quelqu'un de tout à fait abruti on est contents de pouvoir quand même trouver une lueur d'humanité dans l'agilité évidente, commune à tous et également partagée, de ses mains. On dirait que les mains se désolidarisent du visage pour en créer un autre. Les mains ont leur visage propre et c'est pour cela qu'elles peuvent émouvoir, elles sont, comme le visage, trop intelligentes pour le reste du corps, comme une heureuse excroissance. On peut ne pas supporter le visage d'une personne mais on pourra toujours supporter des mains, elles appartiennent en grande partie ( environ 70%) à l'humanité, à ce qui  rend la personne commune aux autres, plutôt qu'à l'individu lui-même et à ce qui le singularise.&lt;div&gt;La main gauche est toute pliée sur son stylo, penchée sur la page dans ce geste tendue propre au gaucher et qui a tout d'anti-naturel; les droitiers aiment à nous surprendre dans l'intimité de l'écriture (en fait ils ne font que nous ennuyer) en s'exclamant "t'es gaucher!?", nous évoquant la nostalgie du silence intelligent où gauchers et droitiers vivaient encore égaux. Dans ce moment de travail conscient de lui-même je me suis sentie en exacte adéquation avec mon environnement dans toute sa matérialité, dans tous ses petits bruissements fonctionnels, dans cette page qui ferme l'espace sur elle, ce bureau qui craque, la petite tasse de café qui a ce je ne sais quoi de docile et de malicieux, et ces livres posés à côté de moi, ce ticket de cinéma, ce stylo, ce mouchoir, ce disque sans boîtier, ce chapeau de laine, ces objets travaillés et qui sont&lt;i&gt; à moi&lt;/i&gt; maintenant sans qu'à aucun moment je ne me sois dit "ceci est à moi"; on ne se le dit que lorsque l'on prête ou que l'on se fait voler. Cela me fait penser à une chose: puisque dans certains amours la peur du vol est certainement constante, il y a parfois cette obligation d'être au clair concernant ce rapport de possession, de penser intimement que cette personne est à vous tout en lui assurant le contraire, puisque la logique monstrueusement égoïste est incompréhensible aux yeux de la logique civilisée du couple mieux vaut donc taire ce que nous avons de plus précieux en nous, cet égoïsme énergique et fatigant, cette volonté de tirer vers soi la peau de l'autre, de la couvrir et de se couvrir avec dans un même mouvement.&lt;br /&gt;On ne saurait remonter à la cause précise de ce désordre dans ma chambre puisque je n'en suis pas tout à fait responsable, ce sont les objets qui s'expriment: à travers ma négligence ce sont les objets qui m'ordonnent de les poser ici plutôt que là. Dans ce moment de travail donc, il m'a semblé que la lourde et rassurante matérialité des objets, leur naïf agencement, me faisaient accéder à une joie toute spirituelle, toute intérieure, à la calme certitude d'être bien là, parmi eux, dans un quotidien sans enjeux ni prétention, ce présent qui a pour arrière-pensées rien d'autre que le présent lui-même, et ce n'était pas moi qui confirmait la présence des choses mais elles qui, posées là où elles désiraient être posées, acquiesçaient sereinement à ma vue.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2112222367896686783?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2112222367896686783/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2112222367896686783' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2112222367896686783'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2112222367896686783'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/03/il-y-la-lourdeur-rigide-des-pages.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6136021679036938492</id><published>2011-03-06T01:46:00.003+01:00</published><updated>2011-03-08T01:35:58.746+01:00</updated><title type='text'>Une chambre en ville</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;u&gt;&lt;br /&gt;&lt;/u&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://www.weblogart.info/images/salon-festival/nan-goldin.jpg"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;img src="http://www.weblogart.info/images/salon-festival/nan-goldin.jpg" border="0" alt="" style="display: block; margin-top: 0px; margin-right: auto; margin-bottom: 10px; margin-left: auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 480px; height: 305px; " /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;"[...]&lt;i&gt;Tout à l'opposé de la connaissance qui est suppression de l'altérité, l'altérité et la dualité ne disparaissent pas dans la relation amoureuse. L'idée d'un amour qui serait confusion entre deux êtres est une fausse idée romantique. Le pathétique de la relation érotique, c'est le fait d'être deux, et que l'autre y est absolument autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ph. N. - Ce serait le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;ne-pas-connaître-autrui&lt;/span&gt; qui ferait la relation?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;E.L&lt;/span&gt;. - Le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;ne-pas-connaître&lt;/span&gt; n'est pas à comprendre ici comme une &lt;/i&gt;privation&lt;i&gt; de la connaissance. L'imprévisibilité n'est la forme de l'altérité que relativement à la connaissance. Pour celle-ci, l'autre, c'est essentiellement, ce qui est prévisible. Mais l'altérité, dans l'&lt;/i&gt;éros&lt;i&gt;, n'est pas synonyme d'imprévisibilité. Ce n'est pas comme un raté du savoir que l'amour est amour."&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Ethique&lt;/span&gt; et Infini&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt; - &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;Emmanuel&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Levinas&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;Il a air renfrogné de l'enfant, toujours à consoler, toujours à contenter, toujours fatigué par ces activités d'adulte qui lui échappent, dont il ne veut pas. Toujours absent, toujours ailleurs, jamais là. Son visage a le ton du chagrin, et il est inconsolable, souvent dissipé, agité comme un enfant, il joue avec les glaçons de mon coca &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;light&lt;/span&gt;, il m'en met un dans la manche de mon pull, il glisse sur les rampes des escaliers et des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;escalators&lt;/span&gt;, il saute par dessus les bancs, il dessine le contour de mes veines au stylo feutre, il jette ses déchets dans les sac des filles, il me tend un livre puis l'éloigne dès que je veux le prendre, il fait ça plusieurs fois, il fait des grimaces, il me colore les joues avec la framboise d'une tarte, il enfile ses &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;rollers&lt;/span&gt;, il a un paquet de bonbons dans ses poches, il m'en offre un Gare &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Montparnasse&lt;/span&gt; à un stand &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;Haribo&lt;/span&gt;, il pousse les portes avec ses pieds, il aime que je lui brosse les cheveux, il a gardé la dépêche d'un journal qui parlait des baleines, à la bibliothèque il parcoure un atlas, ce livre trop grand pour ses bras, il regarde les fleuves, me lit à voix haute des informations sur le soleil  (je fais mine de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;m'effondrer&lt;/span&gt; morte sur ma table pour lui faire comprendre que ces histoires de soleil m'ennuient), il prend plaisir à ce petit savoir concret, celui que les enfants curieux apprécient, les propriétés spectaculaires des animaux, le soleil gigantesque "imagine une pièce plus grande que la France, et que &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;l'Europe&lt;/span&gt;, et que le monde", il aime que je lui fasse la lecture, il dit que même en faisant de la philosophie on ne vit toujours pas bien et qu'on ne peut pas travailler si on a des problèmes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt; L'autre fois je l'ai senti capable d'une grande faculté d'immobilité, cette façon qu'il avait de rester assis au bord du lit sans rien faire, stupéfié par sa puissance d'agir que lui évoquait le fait de seulement s'asseoir au bord du lit pour faire commencer une journée, mais sans vouloir se lever, comme s'il hésitait à commencer tout de suite. Sonné par sa liberté, stupéfié par le monde dans lequel il désire faire beaucoup de choses. Désireux de travailler, studieux en puissance, en pensée, plein de bonne volonté et lucide quant à cette idée qu'il faut travailler beaucoup pour y arriver mais n'ayant pas encore tout à fait l'intelligence de l'action, celle qui se décide à lâcher le discours pour l'action. En pensée on dirait que tu as tout été et cela t'a fatigué, depuis tu vis sur cette contrariété insurmontable, cet écart entre tes projets et ta vie. Cette immobilité dans ta chambre en ville, ta chambre qui donne sur cette rue pleine de lumières et de bruit, c'est aussi ta sagesse, ta dernière résistance.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Quelle idée de sortir de cette chambre, on aurait très bien pu y rester jusqu'à 18h, à deux je nous sentais capables de caresser le néant, l'affaissement, la pointe extrême de la paresse, je nous sentais dotés d'une force dangereuse, je me réglais sur ta façon de faire, tu restais allongé ça voulait dire que c'était la chose à faire. Mais on peut difficilement nier cette pression qui s'abat sur nous, doucement le monde nous ordonne de nous lever, de faire quelque chose. On ne désobéit pas comme ça à l'ordre des choses, il nous héberge et nous lui devons un semblant d'activité, ne serait-ce que se brosser les dents et faire du café. Combien de jours on aurait tenu dans cette chambre si je n'avais pas dû partir?&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt; A nos âges si sérieux paresser c'est mourir, moi je me sentais proche de l'illégalité, on se cache pour dormir. J'ai eu un mouvement déterminé, j'ai préparé les bols de céréales, j'ai dit "bon", celui qui annonce la rupture, le mouvement, je me suis habillée comme une grande loin de chez elle et qui sait s'occuper d'elle, pliée sur mon corps, travaillant à le vêtir, à l'arranger, la frange comme ça, l'eau sur le visage, la crème sur le visage, les affaires rangées, docile, obéissant à l'horizon affairé, au film qui dehors à déjà commencer et dans lequel on entre à pas feutrés.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;J'y pense et c'est au fond toujours comme ça, il y a eu la surprise de te penser comme un jeune homme fort, un peu blasé, sachant quoi faire, je t'ai cueilli dans ta force, je t'ai pensé invulnérable parce que tu étais étranger et que c'est ma faiblesse qui voulait te parler. Je commence par avoir l'intelligence de ta personne, tu m'es devenu&lt;i&gt; intelligible&lt;/i&gt;, je comprends peu à peu la cohérence qui est la tienne, celle de tes attitudes et de tes paroles. A force de te &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;côtoyer&lt;/span&gt; tu me deviens non prévisible mais familier : je te reconnais sans te prévoir, ce que tu t'apprêtes à faire je vois bien que c'est toi, je te &lt;i&gt;reconnais bien là&lt;/i&gt;. Maintenant j'ai percé un peu plus loin que la façade que tu offres aux autres, je te devine plus que je ne te connais, et je te devine dans tes faiblesses, je ne cherche plus ce qui te rend trop grand pour moi mais je cherche ce qui te rend à ma taille. On a largement dépassé la pudeur craintive des premiers instants, celle qui consiste en la peur de dévoiler par saccades notre profonde banalité: on mange, on dort, on travaille, on aime le cinéma, on a des idées restreintes sur les choses, on pense à soi tout le temps, bref on pourrait finir par être dégoûté de tout ce qu'implique le fait d'être quelqu'un, d'être un étudiant à Paris, cette fatigante répétition des modes de vie et qui semble ne receler aucun secret d'ordre spirituel. La séduction est malhonnête mais elle n'est que l'enfance du rapport à l'autre; le premier moment vite dépassé, la complicité apaisée, non dévoratrice, comme deuxième moment n'est pas à redouter. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Ces rendez-vous qui se contredisent dans les intentions: nous rêvons de toujours nous voir sous le jour de la nouveauté sans cesse recommencée, toujours surpris par le mystère de l'autre, son opaque manière d'être, sa façon de vivre sans avoir besoin de nous, d'une présence toujours sur le départ, et à la fois se voir si souvent, se parler autant, nous mènera nécessairement à dissiper et surmonter le mystère. Tu deviendras cette présence qui a été plus forte que les autres, ce corps qui contrastait, et qui désormais vient se fondre parmi les autres. Tu avais une taille affective que je te conférais et qui te rendait géant, plus coloré que n'importe qui, tu finiras bien par la perdre, car au fond nous ne cherchons qu'à épuiser l'autre, qu'à lui sucer le sang pour enfin se retirer en pensant qu'on peut en finir avec une personne.&lt;br /&gt;J'ai fermé la porte sur ton petit studio, tu étais en chemise rose et jogging &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;adidas&lt;/span&gt;, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;Lévinas&lt;/span&gt; ouvert entre tes mains par dessus la couverture, tu avais ce petit air d'enfant méticuleux en train de lire qui se foutait totalement que je m'en aille, air qui finissait de réchauffer toute la pièce, parmi tes choses à toi, dans cette vie personnelle, fermée sur elle-même, que j'ai le droit d'épier en silence. Ton studio est une poche chaude et mordorée, un désordre qui est non pas le fruit de ta négligence mais les traces comme irréversible de tes gestes, l'histoire de tes gestes, cette manière d'être et de faire quand tu te dérobes à la société, aux regards des autres. Au fond nous ne sommes sûrs de rien et cela peut être fatigant à la longue, mais à ce moment précis il était certain que ce studio te protégeait.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6136021679036938492?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6136021679036938492/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6136021679036938492' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6136021679036938492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6136021679036938492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/02/une-chambre-en-ville.html' title='Une chambre en ville'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5420132996799401308</id><published>2011-03-04T01:50:00.005+01:00</published><updated>2011-03-04T03:09:58.204+01:00</updated><title type='text'>Mourir à 17 heures</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img199.imageshack.us/img199/770/ventdelanuit3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 1024px; height: 436px;" src="http://img199.imageshack.us/img199/770/ventdelanuit3.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dix sept heures, on a atteint depuis longtemps (généralement cela commence vers 14 heures) ce point où la journée n'avance plus, ce point où elle divague. On ne saurait dire comment se déroule le temps l'après-midi, il fait peut-être des sortes de demi-tours, ou alors ce serait une sorte d'imperceptible camaïeu dont on ne verrait pas la subtile différence entre deux tons, entre 15 heures et 16 heures, et l'on pourrait penser qu'à l'extérieur, l'après-midi, il ne se passe rien en dehors d'une vieille dame qui se dirige vers la Poste, de cette vendeuse dans son magasin, avenante en puissance, portant déjà aux bords des lèvres son "Bonjour Madame", parmi des pulls qui ne demandent qu'à être habités et qui même sur un cintre évoque quelque chose qui ressemble à l'humain, une semi-présence, une femme qui arrive. Ou encore cette femme au bras de son mari qui porte un sac Eres et se trouve dès lors presque nue devant nous, du fait qu'elle suggère la présence de son corps uniquement en tenant le sac d'un magasin de lingerie. &lt;div&gt;Mais peut-être que ce qui se passe quand rien ne se passe, c'est déjà beaucoup, c'est déjà beau, ce ne sont pas des crimes, des attentats, des bagarres et toutes ces bêtises, mais c'est la paix dans le monde, l'indifférence organisée mais joviale qui se déplie, se réinvente sous nos yeux. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;A 17 heures tout devrait être prévisible, les êtres humains sont&lt;i&gt; rangés &lt;/i&gt;dans des lieux, dans des bureaux, des activités, des salles, des commerces, des hôpitaux, des idées, l'imagination n'est pas débordée et mourir à 17 heures serait trop anecdotique, ce serait même ne pas vraiment mourir, on aurait droit à une deuxième chance pour mieux mourir, plutôt vers 20 heures. &lt;div&gt;Depuis le bus 91 je scrute la rue de Rennes, je scrute les silhouettes à travers les vitres des magasins de chaussures, cherchant à savoir qui peut bien y être à une heure pareille, un jeudi, début mars, 2011, avec tout le poids des siècles passés que semble charrier avec lui n'importe quel geste aperçu depuis la fatigue. J'ai l'impression qu'on ne peut rien désirer à cette heure, rien désirer, rien dire, rien acheter. Il n'y a pour moi plus de projets, plus d'enjeux, plus d'urgence, les choses dites importantes, les vies personnelles sont aperçues sous leur jour véritable, cette lumière abricot, naïve et généreuse, les éclaire et les désarme, les ridiculise affectueusement. Tous les interstices sont éclairés, il n'y a pas d'angle mort de la pensée ou de la rue, on se sent précisément &lt;i&gt;tous dans le même bateau. T&lt;/i&gt;out est là, très clair, et rien ne fait plus peur puisque le &lt;i&gt;grave &lt;/i&gt;n'existe plus; les soucis pratiques sont au même niveau que les soucis existentiels, tout redevient humain, envisageable, puisque tout reprend taille et forme humaines, tout est à la mesure de l'homme quotidien, de l'homme debout sur le trottoir, épais et vivant sur le trottoir.&lt;div&gt; Pour se trouver dans une boutique de chaussures, jeudi, à cette heure-ci, alors qu'il ne fait pas encore beau pour avoir idée d'aller acheter des chaussures d'été, il faut être en mesure de fournir un prétexte &lt;i&gt;béton&lt;/i&gt;, mais à qui? Il faudrait inventer une police des prétextes pour nous éviter ce genre de pensée dérangeante, déstabilisante qui consiste à se demander pourquoi une femme a envie de chaussures maintenant, pourquoi elle n'attend pas que&lt;i&gt; ça&lt;/i&gt; passe comme moi, sans rien faire sinon prendre un bus; il y en a plein et ils voyagent partout. C'est si peu de choses cette femme, mais par son geste c'est sa vie qu'elle dévoile, sa coquetterie, sa féminité, son amour de soi, le fait qu'elle ait du temps libre et tout ce que l'imagination fatiguée peut recomposer. Les gens sont libres, ils sont et font ce qu'ils veulent, imperturbablement, malgré le vertige que cela peut occasionner chez qui s'arrête pour les regarder et les comprendre. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Rue de Rennes, ces dégaines que je n'arrivais pas, pour une fois, à faire seulement passer pour des passants, des figurants. Ce qu'on sait c'est que le figurant vaut moins que l'acteur principal, il est moins payé, moins bien traité et se sait figurant, mais celui que j'appelle passant vaut précisément autant que moi et ne se sait pas passant. Il est lui-même, le corps dans sa vie, tout à son point de vue, et c'est ce décalage entre ce que je suis, et à quel point je compte à mes yeux, et à quel point j'aurais tendance à dire que ce passant ne compte pas, qui me saisit depuis mon coin de bus. A ses yeux il est tout, il est tout de la même manière que je suis tout pour moi, le passant n'a jamais été un passant. Le passant était pratique jusque là, c'était celui qui entrait et sortait du cadre, or personne ne sort ou n'entre dans le cadre, il n'y a pas de cadre, et finalement, c'est bête mais &lt;span style="font-style:italic;"&gt;tout compte &lt;/span&gt;&lt;span&gt;et du même coup, pour que tout compte il faut que je ne compte plus. Pendant que le monde compte je me dilue dans les objets, les gens, les transports, les tickets de métro, les séances de cinéma en plein après-midi, les discussions, les vêtements, les bijoux, les chéquiers, les distributeurs de billets, les sacs et leur contenu, les vitrines, les objets entassés dans le ventre des appartements, les objets qui ne se vendront pas dans les magasins, je suis avec ce léger tintement de clé à travers le cuir du sac de cette femme, je suis avec le bruissement plaintif du papier journal que personne n'écoute jamais, ce bruit déjà parasite, je suis avec le verre de soda posé sur un guéridon dans un coin de la ville, le verre de soda auquel s'accroche la fille timide devant ce garçon, le verre qui est tout pour sa main et qui n'est rien pour la ville. Tout ne peut pas compter en même temps, ce serait insoutenable, on serait tous en larmes dans les rues, mais cette joie évidente, ce sourire dans le ventre, l'oeil qui s'humidifie gratuitement, il y a un moment où je ne peux pas le nier et où je me rends disponible, où j'ai l'impression que c'est le signe d'une clarté, d'une lucidité spéciale, mystique mais sans chichis et qui se dérobe bientôt à moi, qui va retomber comme toute euphorie secrète retombe toujours, à ce moment là, dans ce coin de siège qui est un coin de bus, de rue, de ville, de monde, à ce moment là je crois bien que presque tout a compté.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5420132996799401308?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5420132996799401308/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5420132996799401308' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5420132996799401308'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5420132996799401308'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/03/mourir-17-heures.html' title='Mourir à 17 heures'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-7490773453797206993</id><published>2011-02-14T03:18:00.013+01:00</published><updated>2011-02-14T04:31:43.743+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img31.imageshack.us/img31/9149/state4.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 1021px; height: 571px;" src="http://img31.imageshack.us/img31/9149/state4.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img109.imageshack.us/img109/7520/state5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 1016px; height: 573px;" src="http://img109.imageshack.us/img109/7520/state5.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;Je pensais &lt;i&gt;en avoir fini &lt;/i&gt;avec Monsieur Franck mais renoncer n'est pas une façon d'en finir avec quoique ce soit, renoncer c'est user de la voix active pour parler d'une chose qui se fait sans nous, d'une chose qui s'éloigne de nous. J'ai transformé cet échec (je cherchais la réciprocité, je voulais qu'il me reconnaisse, qu'il m'aime) en quelque chose qui ressemble à une victoire : je me suis détachée de lui non par lassitude mais par oubli, parce que la vie avance, on avance pour survivre proprement et on se perd loin des choses qu'on aimerait près de soi. C'est la vie qui vous sort de votre pulsion première de repli, d'immobilisation, cette façon d'être en suspens auprès des choses et des rêveries que vous aimez, ce n'est pas tenable. Vous devez sans cesse vous relancer dans le monde et tout rejouer, infatigablement, et en délaissant de jour en jour un peu de vos idées préférées, de vos souvenirs, de vos principes, de vos valeurs, par petits morceaux, jusqu'à la transformation, guéri d'une version de soi-même, malade d'une version neuve. &lt;br /&gt;Depuis que je le connais, Monsieur Franck a toujours été mon principe, la norme contre ou avec laquelle il fallait me poser dans la vie. J'ai longtemps agi de sorte à ce qu'il soit fier de moi, non pas qu'il était au fait de ce que je faisais, il suffisait que je sache qu'à ce moment précis il le saurait pour être satisfaite de moi-même. Et peut-être que ça a été un soulagement incroyable ce détachement possible, le fait de se rendre compte qu'il ne comptait presque plus, qu'il ne me manquait plus, qu'il ne manquerait plus parce qu'il m'a eu à l'usure et que j'ai presque approché une forme d'oubli. Je l'ai oublié et en oubliant j'ai trahi, car je pensais que dans tout le fatras des choses qu'on pense pouvoir ne jamais oublier et que l'on oublie subsistait l'espoir qu'il soit le vrai et l'unique inoubliable. Ne pas oublier c'est rester fidèle, c'est soutenir une croyance encore et toujours, sans effort, évidemment.&lt;br /&gt;Ce soir il se fait décoré en tant que professeur de philosophie, il porte un beau costume gris et écoute les discours des proviseurs des lycées où il a enseigné et enseigne toujours. Son visage est coloré de gêne de timidité de fragilité, en représentation devant la centaine de visages qui le dévisage à la recherche de l'émotion produite par les éloges des discours qui précède le sien. A chaque phrase un aller-retour du discours à son visage,  "est-il touché?". Le plus souvent il ne fait que manifester ce léger haussement de sourcils ironique, celui qui exprime son mépris le plus sincère et le plus impitoyable; il ne pardonne jamais, même dans l'euphorie de l'instant. I&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;l ne s'est jamais senti dans une situation aussi inconfortable et tout le monde éprouve avec lui cet inconfort, tout le monde désire revenir à la vie, la vie inconsciente où le prof de philo décoré ce soir est au coeur de l'action, où il ne pense pas aux honneurs, où il enseigne jour après jour, dans le pli du quotidien, sans jamais s'arrêter pour faire ses comptes, voir où il en est de ses bonnes actions. Jamais l'idée de passer à la caisse ne lui effleure  l'esprit, il sait que tout se joue et se rejoue dans l'instant, ponctuellement, et que l'on a tendance à enrober la somme d'un parcours dans un halo d'illusions volontaires, on ne parvient jamais à décrire proprement les choses, c'est toujours n'importe quoi. Aujourd'hui tout ceci lui explose à la figure, on ne parle que de lui, on fait les comptes, on retrace le parcours plein du désir d'enjoliver. On ne regarde que lui, et ça touche à l'obscène, toutes ces personnes qui sont comme dévitalisées, dépersonnalisées, parce que seulement là pour lui.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;Ce soir je n'ai pas l'impression que la moindre parole puisse faire qu'il me comprenne ou m'entende et comme pour inaugurer cette incompréhension je n'ai su que lui dire "alors c'est le grand soir?" avec ce ton factice qui se sait en train de cabotiner et qui de ce fait devient distance, façon de dire "on ne pourra pas aller plus loin que cette phrase ce soir". Il est déjà ailleurs, parmi ces vrais amis qui ne perdent pas leurs moyens et qui le comprennent à demi-mot. J'ai toujours eu l'impression qu'il me toisait du haut de sa moralité moralisatrice, qu'il toisait cette façon que j'ai de me débattre devant lui, avec mes questions toutes ramenées à moi, mon amour-propre, mon souci de moi-même, tout ce qu'il a depuis&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt; longtemps dépassé et qu'il ne supporte pas de voir si bien incarné devant lui. Ses problèmes il les surmonte dans cette manière de se donner aux autres, d'inspirer l'exemple et l'idôlaterie. Ce soir encore, je ne suis là que pour mesurer la distance, le chemin à parcourir jusqu'à lui pour être comme lui, et qui ne sera jamais parcouru, je n'y arriverai jamais: je me connais jusqu'à mon avenir. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;Jeune garçon endimanché, qui ne sait plus très bien pourquoi il est là, cette récompense est comme l'occasion d'un vertige, du vertige du chemin parcouru, vertige qu'il ne saisit pas au vol, qu'il laisse aux autres parce qu'il se connaît et qu'il se doit de nous rappeler sans cesse dans son discours la mascarade qu'incarne cette cérémonie. En tant que professeur il s'avance masqué dans l'ordre des choses, entre les rangées de tables, et il fait tout explosé sourdement, mais une explosion comme une éclosion: une explosion lente, progressive, à l'intérieur des corps. La majorité des personnes présentes ignore tout du Monsieur Franck professeur et de ce qui se déroulait le matin dans la salle 10, du bonheur que c'était les matins avec lui, marcher vers le lycée, les idées molles comme un oreiller, les trousses sur les tables, on s'éveillait avec son cours, il enseignait volontiers à des élèves qui n'étaient rien. Et ça c'est son secret entre lui et ses élèves, les adultes doivent aller jouer ailleurs, la porte était bien fermée, c'était notre cours. Il a invité beaucoup de personnes, pour la plupart des collègues de travail, quelques anciens élèves mais peu, autrement dit ce soir je ne suis personne pour lui et je n'ai aucune idée de leur rapport intime, caché, à Monsieur Franck; et ils n'ont aucune idée du mien, de mon amour, de cet amour que ce soir je réinvestis &lt;i&gt;pour de bon&lt;/i&gt; : je l'aimerais toute ma vie d'un amour raisonné, stable, ni délirant ni hystérique. Je ne pense pas aux autres en écoutant ses discours, c'est trop de travail, ce soir je ramène tout à moi et je n'ai que les images de tout ce que j'ai vécu à côté de lui qui me roule dans la tête, comment il m'a appris les choses les plus importantes sans jamais s'adresser à moi mais à une classe, mes cahiers bien tenus, mon amour docile, toutes les choses auxquelles je n'ai pas pensé quand je pensais à lui, toute la place qu'il prenait, tous mes manques qu'il a pointé du doigt par le seul fait d'exister. C'est assez agréable cette évidence qu'il y a à se dire que je lui dois tout, cette façon de déposer tout ce que je suis à ses pieds, sans jamais hésiter, sans se dire "non ça ça vient de moi", le plaisir qu'il y a se recueillir près d'une force concrète, sanguine, humaine, chaude.&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Nous sommes autour de lui, nous l'avons connu et nous l'interrogeons du regard, cherchant dans son discours le secret de sa force, de ce qui lui donne la cohérence de sa moralité et cette façon qu'il a de s'en foutre éperdument, il ne comprend pas ce qu'on dit de lui, tous ses compliments, il n'a jamais été que lui et c'est comme si on le récompensait de l'effort d'avoir été lui-même. Ce soir a été amer, le soir du constat: il reste imperturbablement sans portes ni fenêtres, fermé sur son mystère, indifférent à tout ce que je suis. J'ai pu penser un instant approcher un semblant de vérité, penser me faufiler dans une brèche où j'avais pu le parcourir derrière son dos mais mes investigations n'ont été qu'une manière de lui tourner autour à la recherche d'une issue et c'est en fait moi que je parcourais, moi et mon imagination malade et performante.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt; Dès lors qu'il ouvre la bouche pour prononcer son discours c'est l'espace de la salle qui se réorganise, une nouvelle syntaxe qui se fait entendre. On est peu habitués à cette façon d'entendre raisonner les mots si intelligemment, à cette manière qu'il a de n'emprunter que son chemin dans la parole, de bout en bout de son discours c'est seulement lui qui parle, qui se parle, qui parle des choses. C'est sa pensée, c'est sa rigueur et c'est dans cette absence de toute rhétorique, de désir d'émouvoir qu'il est encore possible de m'émouvoir et qu'il réussit à me faire pleurer gentiment, docilement, sans grande raison, peut-être parce que je désirais pleurer, parce que&lt;i&gt; j'avais envie de larmes &lt;/i&gt;et que je creusais son discours à la recherche d'une brèche où y déposer cette puissance impuissante, les larmes, qui caractérise le mode sur lequel j'existe devant lui. Sur le moment j'avais vraiment l'impression d'être au coeur de l'épilogue d'un roman intérieur, à l'extrémité de quelque chose qui allait se refermer après cette soirée. J'ai terminé abrutie sur un canapé avec mes amies, me servant de tout ce que venait nous proposer les serveurs, j'avais faim et c'était bon. Je n'arrêtais pas de penser à la fille qui avait autant cuisiner pour cette réception, ça me dérangeait de manger ses trucs délicieux sans états d'âme et de manière si gratuite, si naturelle, la nourriture devrait toujours s'adresser à un destinataire précis à qui l'on cuisine, et seulement à lui; les buffets des réceptions c'est toujours un peu immoral. Monsieur Franck est venu nous servir du champagne et m'a demandé d'incliner ma flûte en plastique.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-4315249"&gt;Elliott Smith - Between the bars&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-7490773453797206993?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/7490773453797206993/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=7490773453797206993' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/7490773453797206993'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/7490773453797206993'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/02/je-pensais-en-avoir-fini-avec-monsieur.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-4303435427934769511</id><published>2011-02-06T15:05:00.009+01:00</published><updated>2011-02-06T16:07:00.109+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img201.imageshack.us/img201/5325/state3.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 1017px; height: 570px;" src="http://img201.imageshack.us/img201/5325/state3.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; background-color: transparent; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium; "&gt; &lt;span id="internal-source-marker_0.6256605945527554" style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;“Dans la mesure même où j’ai pu m’abandonner durant plusieurs jours à l’idée&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt; a priori&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt; purement  séduisante que je puis être en quelque sorte attendu, voire cherché, par un être auquel je prête tant de charmes, le fait que cette idée vient de se découvrir des bases réelles ne peut manquer de me précipiter dans un abîme de négations. De quoi suis-je capable en fin de compte et que &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;ferai-je&lt;/span&gt; pour ne pas démériter d’un tel sort? [...]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;&lt;i&gt;Je me perds presque de vue, il me semble que j’ai été emporté à mon tour comme les figurants de la première scène. La conversation qui, tant que ma trop belle interlocutrice est demeurée assise en face de moi, glissait sans obstacle d’un sujet à l’autre, n’effleure plus maintenant que le masque des choses. Je me sens avec effroi la conduire à sombrer malgré moi dans l’artificiel.” &lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L’amour fou - &lt;/i&gt;André Breton&lt;/b&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; background-color: transparent; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; white-space: pre-wrap;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; background-color: transparent; "&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; text-decoration: none; vertical-align: baseline; "&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="background-color: transparent; "&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; "&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 15px; white-space: pre-wrap;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;Vous êtes passés ensemble devant la vitrine du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Sephora&lt;/span&gt;, mais lui n’a pas vu ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;qu&lt;/span&gt;’il y avait de marqué, peu importe, vous avez décidez de récolter les signes sans les prendre au sérieux, il était écrit “êtes vous faits l’un pour l’autre?” cela n’a aucune sorte d’importance mais vous relevez la phrase, c’était comme si la rue vous apostrophait, mais la question est mal posée, et vous poursuivez votre marche sans y répondre. On dépasse assez vite le stade publicitaire du discours amoureux même si tout nous tire vers lui, toute la manière &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;qu&lt;/span&gt;’on a de penser l’amour et la manière dont les autres le pensent pour vous. Il semble que les pubs pour parfum gagnent en justesse concernant les sentiments &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;qu&lt;/span&gt;’elles dépeignent, certains doivent tomber dans le piège, vous jurez que pour vous ce n’est pas le cas. Peu de domaines de l'existence échappent à la parole qui parle pour vous, l'amour est ce possible domaine de résistance par le langage où il est possible de recréer une syntaxe, donc son propre sentiment, donc sa propre relation à l'autre, et c'est cette nouveauté qui éblouit, qui aveugle, que les autres n'arrivent pas à saisir ou saisissent en l'amoindrissant, ils ne sont pas au courant de vos mots, donc ils ne sont au courant de rien. Il y a bien sûr les couples qui s'affalent dans le prêt-à-parler des magazines féminins, pub de parfum et dans cette version de l'amour si pauvre et si autiste. Un autisme à deux, comme c'était écrit dans un livre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;Réinventer la parole: il suffit de ne rien dire qui vous paraisse évident, de bannir de votre discours certaines phrases, certains mots, comme “séduction” et même “tomber amoureux”, ni voir entre vous deux quelque chose comme une lutte des sexes&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial; font-size: 15px; white-space: pre-wrap; "&gt; telle qu'elle se joue quotidiennement entre les individus, un affrontement qui pourrait avoir une fin heureuse, c'est-à-dire où les deux personnes se mouillent juste assez pour ne pas perdre leur intégrité. Très naïvement vous donnez beaucoup, sans grand espoir mais avec l'émerveillement de la facilité, la facilité qu'il y a a beaucoup consacrer à un être nouveau, pas comme vous ou alors trop comme vous.&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Arial; font-size: 15px; white-space: pre-wrap; "&gt; Il n'est donc pas n'importe quel homme, il est très lui-même, parce que vous le voyez &lt;i&gt;lui&lt;/i&gt;, il a fait exploser vos grilles de lecture, et dans ces investigations vous êtes vraiment vous, même si vous ne voyez plus très clair vous concernant, car vous êtes prise dans son regard et que c'est par ce prisme que désormais vous désirez vous approcher, sauf qu'il ne dit encore rien de vous. Vous êtes autant &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;que&lt;/span&gt; possible la principale créatrice de votre &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;logorrhée&lt;/span&gt; amoureuse, de votre propre mythologie, de vos propres fétiches, bien sûr avec l'aide de ce qui vous nourrit, des livres que vous aimez, des films que vous chérissez, des chansons qui ont tout dit. Vous travaillez à dire ce que vous éprouvez et que personne ne dira pour vous, on ne peut pas compter sur le monde pour qu'il nous parle fidèlement, c'est nous qui devons le parler. Ce sentiment qui attend d’être parlé par vous et qui est unique, parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;qu&lt;/span&gt;’il est unique et que si vous faites bien les choses conformément à ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;qu&lt;/span&gt;’il est votre regard sur lui sera tout aussi unique. Attention, il n’est pas unique au sens d’exceptionnel mais simplement lui-même, en long en large et en travers, de part et d’autre de la journée, fidèle à lui-même, fidèle à son visage, son visage comme une norme à laquelle il ne contrevient jamais, il agit toujours en fonction d’elle, il ressemble à son visage. Quant à vous votre mot d’ordre c’est la prudence, la prudence c’est la forme que prend vos impulsions, elles se déguisent, s’apprivoisent, et au lieu de dire “on passe la journée ensemble?” vous proposez un café à lui et à ses amis.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; background-color: transparent; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Ca&lt;/span&gt; a d’abord commencé cet été au cinéma, vous aimez regarder les gens qui viennent au cinéma et qui seront dans votre salle, il était là et à sa seule allure, à son seul &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;look&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;, à son seul visage vous l’avez&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;vu,&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;c’est-à-dire &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;qu&lt;/span&gt;’on ne voit pas tout le monde, on traverse du regard les apparences, on ne retient pas une dégaine, mais lui bizarrement si, parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;qu&lt;/span&gt;’il est jeune et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;qu&lt;/span&gt;’il va seul au cinéma en plein été, c’est un dandy à votre taille, mais vous n’espérez absolument rien. Attention, il ne faut pas non plus tomber dans l’illusion rétrospective, vous ne vous êtes pas dit grand chose en le voyant si ce n’est quelques mots, “dandy, beau gosse, seul”, ce n’était pas plus compliqué, votre pensée n’écrit pas encore à ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;moment-là&lt;/span&gt;. Vous ne savez comment il s’est retrouvé à côté de vous au premier rang à la séance, c’était &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;M le Maudit &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;avec un type qui venait parler à la fin du film, vous n’êtes pas sûre mais il vous semble &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;qu&lt;/span&gt;’il vous a demandé de garder sa place le temps &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;qu&lt;/span&gt;’il aille aux toilettes, et vous avez dit “bien sûr” parce que vous dites toujours “bien sûr”. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;Juliette&lt;/span&gt; était avec vous et vous n’aviez pas encore l’occasion de lui dire que ce garçon aperçu dix secondes était très bien, on tait ces &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;choses-là&lt;/span&gt; de peur de paraître volage, amoureuse pour un rien, de peur de sembler négliger la personne qui est avec vous au profit d’un inconnu, bref, on ne s’intéresse pas aux garçons quand on est avec une amie, vous le savez pertinemment, vous êtes toute à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;Juliette&lt;/span&gt; et elle est toute à vous, et elle devait porter une de ces longues jupes un peu hippie, cet été avait ses sensations.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; background-color: transparent; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt; Rien ne se trame souterrainement, il ne pense pas à vous, mais quand même il y a des inconnus qui ne vous laissent pas en paix, et ça vous désole de devoir dire &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;qu&lt;/span&gt;’au seul physique vous savez qui vous intéresse, mais c’est comme ça, vous êtes ce genre, votre regard glisse sur des visages et vous savez tout, c’est un fait odieux certes, mais c’est comme ça depuis toujours. On pourrait spiritualiser cette attirance honteuse en disant que ce n’est pas le physique qui vous plaît mais le visage, et son visage vous ne l’oubliez pas, c’était la tristesse, une de ses manifestations, elle était diluée dans le regard, et puis vous aimez les garçons bien bruns et naïvement échevelés, il n’avait pas encore sa barbe, ça viendra plus tard. Vous pensiez sortir en même temps que lui après le petit cours de l’historien du cinéma, mais il est parti juste avant la fin et intérieurement un mouvement s’est fait sentir, vous étiez doucement triste mais rien sur vous ne le disait, c’était un mouvement anodin et qui n’intéressait personne; vous n’aviez absolument aucun droit sur lui, vous ne pouviez rien réclamer, il n'aurait pas compris. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; background-color: transparent; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;On ne s’explique pas ce genre de bêtises, et surtout on en parle pas, cela a quelque chose de trop hâtif, et peut-être que ça arrive bien trop souvent pour être sérieux, vous trouvez beaucoup de monde beaux, vous êtes intimidée par la plupart des gens, rien ne vous attache à eux sinon le fait que, obligée de rien à leurs égards, vous aimeriez être capable de tout pour eux parce que vous agiriez librement, parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;qu&lt;/span&gt;’il vous semble &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;qu&lt;/span&gt;’on devine tout d’une personne par sa seule présence. Il est donc sorti de la salle quelques minutes avant la fin de l’intervention, mais lorsque vous êtes sorties, vous l'avez vu en train de fumer devant le cinéma, sans raison, car il n’attendait personne et il était bientôt minuit. Il vous attendait, vous avez pensé ça, et c’est tellement honteux de le penser, de tout ramener à soi publiquement. Sur le chemin vers le métro vous parliez du film avec &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;Juliette&lt;/span&gt; toujours de manière très sérieuse, comme toujours, il faut tout dire avant de se séparer car peut-être &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;qu&lt;/span&gt;’on en reparlera plus. Vous descendez le boulevard &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;Saint-Michel&lt;/span&gt;, vous ne pensez plus du tout à lui, ou alors vous saviez que ça passerait, vous parlez à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;Juliette&lt;/span&gt; avant &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;qu&lt;/span&gt;’elle ne s’engouffre dans le métro, immobilisées devant la bouche du métro ligne 10, l’analyse était pas mal mais le mec s’embourbe dans ses références, ses détails qui n’intéressent que lui, qui ne disent rien du film ni du cinéma, vous étiez d’accord, vos jugements s’ajustent l’un à l’autre et vous finissez par avoir le même avis, il vous semble que c’est peut-être à ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;moment-là&lt;/span&gt; que l’idée d’un blog cinéma a germé entre vous deux. Le garçon passe devant vous, elle ne le voit pas car elle est de dos, peut-être que vous avez croisé son regard, vous ne vous en souvenez pas. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 11pt; background-color: transparent;"&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;Le lendemain vous retournez au cinéma à l’Action &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;Ecoles&lt;/span&gt; cette &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;fois-ci&lt;/span&gt;, vous ne vous souvenez plus de votre film mais vous le retrouver lui, encore assoiffé, encore prêt pour du cinéma, et vous êtes toujours avec &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;Juliette&lt;/span&gt;. Vos regards se touchent, vous pensez &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;qu&lt;/span&gt;’il vous reconnaît, vous le jurez sur votre propre vie. Vous portiez un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;trench&lt;/span&gt; et un foulard fleuri, peut-être que vous vous en souvenez parce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;qu&lt;/span&gt;’il vous a regardé et que vous aviez dû vous demander ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_34"&gt;qu&lt;/span&gt;’il avait bien pu voir en vous voyant &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;vous&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;, s’il vous avait trouvé bien habillée peut-être; à travers votre tenue toujours en mémoire c’est son regard qui est mémorisé. Il allait voir un film de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;Capra&lt;/span&gt; ou de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;Hitchcock&lt;/span&gt;, mais le fait de l’écrire fait que vous n’en n’êtes plus très sûre,  reste que vous aviez pensé quelque chose à propos du film &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_37"&gt;qu&lt;/span&gt;’il allait voir, vous étiez légèrement déçue de son choix et déçue du fait que vous n’alliez pas être dans la même salle, peut-être que votre film était un John &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_38"&gt;Huston&lt;/span&gt;? &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;Reflets dans un oeil d’or&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;? C’était un peu l’époque des John &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;Huston&lt;/span&gt; avec &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;Juliette&lt;/span&gt;, c’est fort possible. Il portait autour de son cou un appareil photo, il avançait vers le cinéma les mains dans les poches, il semblait revenir d’une promenade tranquille, confiante, sa nonchalance et sa solitude le rendaient tout-puissant, c’était une apparition fugitive mais vous vous en souvenez très bien et vous ne vous expliquez pas cette mémoire des détails concernant un inconnu, il vous semble que le désir est avant tout mémoire et que c’est ça qui &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;assoiffe&lt;/span&gt;, qui dérange, l’obsession c’est ce morceau inamovible de la mémoire où tout peut y rentrer arbitrairement. Une fois dans la salle vous avez tout expliqué à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;Juliette&lt;/span&gt;, ou c’était peut-être juste devant le cinéma avant de rentrer? Ce mec était là hier au cinéma, et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;aujourd&lt;/span&gt;’hui il est avec nous encore au cinéma, c’est marrant, vous avez sûrement dit quelque chose à propos de sa beauté sur un ton &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;évaluatif&lt;/span&gt; et désintéressé, du genre “il est vraiment très beau”.  Des mois sont arrivés et il n’a plus jamais été question de le revoir au cinéma, ni de penser à lui, on ne pense pas longuement à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;quelqu&lt;/span&gt;’un s’il n’y a pas l’espoir de pouvoir faire autre chose que de penser à lui, on préfère oublier, le corps préfère oublier, la condition de son souvenir serait sa présence. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;Vous avez débuté votre deuxième année de licence et vous vous souvenez très bien du jour, vers la fin du semestre, où votre regard d’abord passeur, flâneur, s’est fixé sur un garçon en cours avec vous et du jour où vous vous en êtes fait une sourde préoccupation, où vous vous êtes mise à l’attendre en cours, à en parler, à le fixer de dos, à construire le sentiment et ses produits dérivés. Vous le revoyez en mouvement, en train de se lever de sa chaise. Il portait du rose pâle et du marron, et vous vous êtes dit &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_46"&gt;qu&lt;/span&gt;’il était bien beau, c’est-à-dire bien pour vous, parfait pour vous, son visage se mariant de façon évidente avec le votre, vous faisiez déjà couple et il fallait le lui expliquer. Il avait une bonne tête mais il entrait encore doucement dans la catégorie des présences fantomatiques qui sont en cours avec vous et à qui vous n’accordez pas une once d’intelligence : son physique lui échappait, il était beau &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;sans lui&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;, c’était comme une anomalie, son visage ne parlait pas pour lui, son visage ne le suivait pas, vous ne pouviez pas croire &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_47"&gt;qu&lt;/span&gt;’il était son visage. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_48"&gt;Ca&lt;/span&gt; reste incroyable de se dire ça, d’accorder si peu d’humanité à ce sur quoi vous n’avez aucune emprise, c’est peut-être la condition d’un rapport un tant soit peu apaisé avec le monde et ses habitants, une façon de se prémunir de “coups de foudre” intempestifs. Vous avez appris à ne pas voir des humains partout, sinon ce serait trop compliqué, vous seriez paralysée. Tout était dans votre tête, rien n’était encore sérieux, vous savez que les choses deviennent sérieuses lorsqu’elles sont communiquées, ne pas l’exprimer c’est la faire taire, l’exprimer c’est répartir un peu de son poids, de son sérieux, entre tous vos amis: une fois réparti il est difficile de réclamer le sérieux disséminé pour le détruire, les gens y croient pour vous. Parfois exprimer n’est pas résoudre, c’est plutôt même l’inauguration des problèmes. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_49"&gt;Juliette&lt;/span&gt; a su, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_50"&gt;Thomas&lt;/span&gt; a su, vous vous souvenez parfaitement de la discussion, vous cherchiez à coller au plus près de votre sentiment, qui n’avait aucune justification raisonnable, vous vouliez vous expliquer et vous avez dit “je trouve &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_51"&gt;qu&lt;/span&gt;’il a un physique moral”, et c’était comme si la formule disait tout, comme si vous pouviez vous cacher derrière pour tout expliquer : son visage le dévisage, son visage dit tout, son visage c’est lui, intempestivement, tout y est manifesté et ça vous attire, et plus vous en parlez et plus vous êtes emballée, plus vous le répétez et plus c’est vrai et plus vous croyez en votre désir mais vous n’êtes pas dupe des artifices usés pour y parvenir, des tours et des détours du langage. C’était aussi le moment d’une discussion sur le fait &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_52"&gt;qu&lt;/span&gt;’il est impossible d’aborder une personne sans prétexte valable, autant le garçon peut s’y aventurer,  agir selon son désir, autant la fille n’a aucun droit, elle peut bien sûr essayer, tout est finalement possible, tout est très possible, mais dans les faits c’est absolument proscrit, déplacé, mal vu, on peut ne pas tenir compte des jugements mais ce genre de détails comptent, cela compte de faire bonne impression. Donc une fille doit attendre et vous n’avez jamais trouvé aucun prétexte pour lui parler. Vous ne connaissiez pas encore son nom, vous en avez imaginé quelques uns dont le vrai, c’était même votre dernière proposition, vous aviez trouvé. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; background-color: transparent; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium; "&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;Il semble que votre cerveau préparait ce coup depuis longtemps, la mémoire travaillait à vous remémorer l’impossible, elle tentait de lier ce qui était injoignable : un visage présent, collé au fond de vos yeux, et un souvenir anodin de votre été, le pont fait entre le garçon de cet été et celui de cet hiver. Qu’est-ce qu’on pourrait dire à propos du dandy de cet été, qu’est-ce qu’il pouvait bien rester? Franchement rien, sinon l’appareil photo autour du cou, le vague effet qu’avait produit sur vous son visage, l’effet donc, mais pas son visage à proprement parler, au mieux une aquarelle de son visage, un flou liquide, et un important air de famille avec ce N. qui était avec vous en cours. Rien ne pouvait confirmer cela, c’était une intuition comme un caprice, des retrouvailles à sens unique, vous le retrouviez sans qu’il vous retrouve, et c’était peut-être faux, mais du visage du premier c’était un &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;air &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;qui vous restait, et de ce deuxième c’était cet air que vous retrouviez. Qu’est-ce que l’air d’une personne? Son masque spirituel, le parfum de son visage au sens où le parfum est l’essence d’une chose, l’essence de vanille rend toute entière présente la vanille, l’air d’une personne c’est ce qu’il reste de sa présence quand elle est absente, la présence de son absence, ça n’appartient qu’à elle, c’est unique, et en même temps ça n’appartient qu’à vous, c’est votre construction, vous entremêlez ça de sentiments, de choses à vous, qui viennent de votre sac, c’est une &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: italic; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;arréalité&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 11pt; font-family: Arial; color: rgb(0, 0, 0); background-color: transparent; font-weight: normal; font-style: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline; white-space: pre-wrap; "&gt;, une réalité de l’air, car l’air a une réalité, vous avez appris ce mot récemment dans un livre. Il n’y avait plus qu’à lui demander si c’était bien lui ce soir-là au cinéma, mais à vos yeux ça ne suffisait pas à faire prétexte.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-4303435427934769511?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/4303435427934769511/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=4303435427934769511' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4303435427934769511'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4303435427934769511'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/02/dans-la-mesure-meme-ou-jai-pu.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5555139757388651233</id><published>2011-01-26T18:42:00.012+01:00</published><updated>2011-01-27T23:43:34.315+01:00</updated><title type='text'>Identification d'un homme</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img148.imageshack.us/img148/2961/state6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 1020px; height: 567px;" src="http://img148.imageshack.us/img148/2961/state6.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelquefois dans les personnes ou dans les choses un charme invisible,&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;une grâce naturelle qu’on n’a pu définir, et qu’on a été forcé d’appeler le je ne sais&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;quoi. Il me semble que c’est un effet principalement fondé sur la surprise. Nous&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;sommes touchés de ce qu’une personne nous plaît plus qu’elle ne nous a paru&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;d’abord devoir nous plaire ; et nous sommes agréablement surpris de ce qu’elle a&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;su vaincre des défauts que nos yeux nous montrent, et que le coeur ne croit plus.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;Les grâces se trouvent plus ordinairement dans l’esprit que dans le visage : car&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;un beau visage paraît d’abord, et ne cache presque rien ; mais l’esprit ne se montre&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;que peu à peu, que quand il veut, et autant qu’il veut ; il peut se cacher pour paraître,&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;et donner cette espèce de surprise qui fait les grâces. [...]&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;Les grâces se trouvent moins dans les traits du visage que dans les manières ;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;car les manières naissent à chaque instant, et peuvent à tous les momens créer&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;des surprises : en un mot, une femme ne peut guère être belle que d’une façon ;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;mais elle est jolie de cent mille. [...]&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;Lorsque vous dites des choses qui vous ont coûté, vous pouvez bien faire voir&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;que vous avez de l’esprit, et non pas des grâces dans l’esprit. Pour le faire voir,&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;il faut que vous ne le voyiez pas vous-même, et que les autres, à qui d’ailleurs&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;quelque chose de naïf et de simple en vous ne promettait rien de cela, soient doucement&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;surpris de s’en apercevoir.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;Ainsi les grâces ne s’acquièrent point : pour en avoir il faut être naïf.Mais comment&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;peut-on travailler à être naïf ?"&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Essai sur le goût -&lt;/i&gt; Montesquieu&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;"Aujourd'hui encore je n'attends rien que de ma seule disponibilité, que de cette soif d'errer à la rencontre de tout, dont je m'assure qu'elle me maintient en communication mystérieuse avec les autres êtres disponibles, comme si nous étions appelés à nous réunir soudain. J'aimerais que ma vie ne laissât après elle d'autre murmure que celui d'une chanson de guetteur, d'une chanson pour tromper l'attente. Indépendamment de ce qui arrive, n'arrive pas, c'est l'attente qui est magnifique."&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i style="font-weight: bold; "&gt;L'amour fou -&lt;/i&gt;&lt;span style="font-weight: bold; "&gt; André Breton&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-weight: bold; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;"Sublimer n'est pas idéaliser l'autre, comme il est, avec ses défauts, gigantesques, vous voyez quels ils sont - la laideur, chez l'autre, et c'est pourquoi il prend les devants, elle les prend, c'est ce qu'il y a de plus facile à mettre, dans l'amour, en exergue. [...] Sublimer, c'est très simple à comprendre, c'est jouir le plus, de tout, sans avoir à satisfaire, physiquement, le "besoin" dit "sexuel" - c'est ça sublimer. Pourquoi alors votre histoire a-t-elle tourné à l'aigre? Excellente question. Parce que c'est pareil. La catastrophe et l'hystérie amoureuses sont le même problème que la sublimation - qui est celui de l'éternisation de la jouissance. Cette dernière est la définition de l'amour. Il s'agit de ne pas comprendre de travers: éterniser la jouissance, c'est là où ça devient épineux, c'est en soi impossible: donc plus il y a de "jouissance" repérée, plus il y a de l'amour, et plus elle est presque impossible à éterniser. C'est pourquoi l'amour ne marche presque jamais, dans la plupart des cas. L'amour est ce qui ne se répète pas. Il est le contraire, à ce titre, de la jouissance, qui est ce qui, étant précaire, se répète cependant, exige la répétition, veut se répéter, tellement c'est "bon". L'amour est une jouissance qui ne se répète pas." &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'essence &lt;/i&gt;n&lt;i&gt; de l'amour&lt;/i&gt; - Mehdi Belhaj Kacem &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;br /&gt;Une fois le cours terminé (vous finissez par les trouver tous ennuyeux) votre corps est craché rue de Tolbiac et il vous reste à vous mouvoir par vous même, préoccupée par votre inoccupation. Il y a le cinéma et la lecture, c'est absolument tout ce qu'il vous reste, et dans votre tête, une fois jetée dans la ville (vous êtes une bille de&lt;i&gt; flipper&lt;/i&gt;) vous ne pensez plus qu'en ces termes "ciné/livre?" c'est même plus rapide que ça, vous vous visualisez la rue Champollion = cinéma ou le Sorbon ou votre lit = la lecture. Le seul projet commun auquel vous vous attelez avec vos amis restent vos innombrables discussions, ça c'est encore possible, ça peut s'improviser, vous êtes une incapable mais il est encore possible que vous fassiez preuve d'enthousiasme pour faire tourner une conversation, c'est encore l'unique lien, l'unique et authentique interaction qui subsiste entre vous et les autres, la discussion est fondamentalement consolation. En dehors de ça vous êtes fâchée avec absolument tout. Sentir que tout est tragique dès quatorze heures c'est en quelque sorte être perdu, et de même que l'on demande "est-ce que tu sais nager?" il faudrait pouvoir demander "est-ce que tu sais vivre?", parce que vous ne comprenez pas trop comment ça marche, cette simplicité élaborée du quotidien vous sidère. Petite, être adulte se résumait à avoir son permis de conduire, apprendre à gérer la paperasse, car le monde des factures et des enveloppes impersonnelles avait l'air mystérieusement compliqué, acheter de l'électroménager, avoir des amis comme on a des évidences, et puis les noms pour les enfants, les visites médicales, faire ses propres courses, bref tout ce que maman et papa pouvaient faire et que vous ne faisiez pas il suffisait de noter cet écart. Tout semblait être une pente douce et inexorable vers l'âge adulte, à présent tout se résume en une série de choix qui vous éloignent un peu plus tous les jours du reste du monde, de l'adulte comme vous l'envisagiez au départ. Vous avez choisi un certain type de vie extrêmement identifiable et qui laisse toute sa place à la souffrance. Vous vous faites l'effet d'un être humain, d'un être adulte tronqué, amoindri, faible et incapable de rien d'autres que d'avoir des pensées sur les choses, un &lt;i&gt;point de vue&lt;/i&gt;, une conscience qui mange de tout et qui souffre de tout parce que vous y avez travaillé; mais attention, peut-être que c'est déjà pas mal. Il reste peut-être une chose à laquelle vous pouvez toujours essayer de croire: au fait que N., ce jeune homme que vous&lt;i&gt; aimez bien&lt;/i&gt;, risque de sortir fumer dehors, qu'il est là à la fac en même temps que vous, voilà ce qui vous galvaniserait, vous en êtes à ce genre de détails-là, vous vivez sous l'empire des &lt;i&gt;petits plaisirs &lt;/i&gt;frénétiques, répétés jusqu'à plus soif. Voilà ce qui &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;i&gt;vous dit&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt; encore, à 19 ans, un mercredi à la fac, voilà la question que vous aimeriez sortir de vos lèvres "qui es-tu N.?" et le laps de temps qui vous sépare des moyens par lesquels vous arriverez à avoir votre réponse vous parcoure le corps d'un tremblement électrique, le tremblement impatient de l'attente, l'attente comme étant le refus d'attendre plus longtemps mais vous sentez bien ce qui se trame sous la peau de l'attente: au fond vous ne rêvez que d'attendre. Pour le moment son opacité vous agresse mais vous adorez ça, vous adorez le fait de ne pas encore savoir par où on y rentre et par où on en sort, vous adorez le fait de ne pas encore le mépriser, vous vous étonnez d'être encore capable d'émerveillement puérile, vous pensiez être morte et en réalité vous êtes une groupie. &lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;Vous aviez réduit pas mal de personnes à un certain rôle, c'est plus commode et c'est la condition de votre santé mentale. Il y a vos amis que vous aimez beaucoup, qui font la liaison entre vous et le monde, et &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;i&gt;le reste &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;dont vous vous méfiez. Mais lui, dès le début, s'est présenté à vous comme un genre de promesse bien précis, vous la reconnaissez, c'est toujours la même, c'est un ailleurs qui ne dit pas son nom, qui prend les traits d'un jeune homme discret, et qui vit normalement, dans cette normalité bouffée par la grâce. Ce qui vous bouleverse ce sont les gens qui sont &lt;i&gt;à leur place&lt;/i&gt;, qui vivent élégamment d'une existence riche et sobre, comme l'on vivrait sur la pointe des pieds pour ne réveiller personne surtout pas l'ordre du monde. Sa discrétion, son absence d'exubérance était la condition de votre rencontre, cela a demandé du temps mais vous l'avez cueilli à même sa place&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;Habituellement vous ne croyez pas à ce que crient les corps et les visages: ils crient leur singularité, rebelles à vos moules conceptuels, mais vous avez depuis longtemps tout nivelé. Là c'est différent, depuis le temps vous êtes consciente que ce béguin est un choix, vous avez choisi la surprise, vous vous ennuyiez en cours et vous l'avez remarqué comme on dirait "pourquoi pas".Vous avez appris à jouir de sa seule présence, vous vous figurez mentalement le poids de son existence, qui hier ne pesait rien. Un jour il est venu vous parler, sortie de partiel d'informatique, vous étiez les premiers à sortir et il est venu vers vous sans prétexte vous parler, c'était la première fois que ça vous arrivait, ce "je vais te parler, à&lt;i&gt; toi&lt;/i&gt;, et pas pour te demander du feu", vous vous souvenez des détails, c'était d'ailleurs une série de détails: il marchait nonchalamment devant vous et vous aviez décidé de le fixer, de soutenir son regard à titre d'invitation. Votre timidité, cette incapacité à rentrer dans le vif du sujet (autant les couples dans les films y entrent trop précipitamment autant vous n'y entrez jamais), vos propos n'étaient rien d'autres que le mode sur lequel s'énonce votre timidité, votre absence d'habitude à entrer dans ces jeux-là, c'était votre solitude, la plus inavouable, qui essayait d'articuler des mots: tu te racontes, je me raconte, chacun son tour, nous trouvons notre rythme, le rythme de la jouissance parlée, la dévoration corsetée. Plus vous y pensez plus vous avez le sentiment que la promesse N. est angoissante: il n'y a pas l'once d'un renouveau, c'est la même pâte médiocre que vous malaxez, vous en avez le pressentiment mais vous détournez le regard. Vous poursuivez la mascarade (N. et vous) dans la mascarade (votre vie en général) vous décidez de figer l'attente et vous en avez fait l'objet de votre exaltation, vous n'attendez rien d'autres qu'encore et toujours plus d'attente, une gradation dans l'attente, un bouquet de subtilités dans les manières qu'elle aura de vous affecter. L'amour est chez vous un cannibalisme se rendant présentable, mais si vous êtes un tant soit peu honnête avec vous-même il vous apparaît que tout ce que vous avez fait et ressenti jusque là, pour les autres et pour les choses, ne vous a rien enseigné d'autres qu'un humble retour à la tristesse.&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5555139757388651233?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5555139757388651233/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5555139757388651233' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5555139757388651233'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5555139757388651233'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/01/il-y-quelquefois-dans-les-personnes-ou.html' title='Identification d&apos;un homme'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-130794447139824579</id><published>2011-01-16T22:59:00.023+01:00</published><updated>2011-01-17T00:05:12.204+01:00</updated><title type='text'>Au café</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://therepublicofless.files.wordpress.com/2010/06/dian-arbus-couple-and-coffee.jpg"&gt;&lt;i&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 512px; height: 342px;" src="http://therepublicofless.files.wordpress.com/2010/06/dian-arbus-couple-and-coffee.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px; border-collapse: collapse; "&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;"      Le cabaret, ou le café, est devenu partie intégrante et essentielle de la vie moderne, qui est peut-être "vie ouverte" surtout par cet aspect ! Une ville inconnue où nous arrivons et qui est sans cafés nous semble fermée. Le café, c'est la maison ouverte, de plainpied avec la rue, lieu de la société facile, sans responsabilité réciproque. On entre sans nécessité. On s'assied sans fatigue, on boit sans soif. Histoire de ne pas rester dans sa chambre. Vous savez que tous les malheurs viennent de l'incapacité où nous sommes de rester seuls dans notre chambre. Le café n'est pas un lieu, c'est un non-lieu pour une non-société, pour une société sans solidarité, sans lendemain, sans engagements, sans intérêts communs, société du jeu. Le café, maison de jeux, est le point par où pénètrent le jeu dans la vie et la dissout. Société sans hier et sans lendemain, sans responsabilité, sans sérieux - distraction, dissolution.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px; border-collapse: collapse; "&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;Au cinéma, un thème commun est proposé à l'écran, au théâtre, sur la scène; au café, il n'y a pas de thème. On est là, chacun à sa petite table, auprès de sa tasse ou de son verre, on se détend absolument au point de n'être l'obligé de personne et de rien; et c'est parce qu'on peut aller au café se détendre qu'on supporte les horreurs et les injustices d'un monde sans âme. Le monde comme jeu d'où chacun peut tirer son épingle et n'exister que pour soi, lieu de l'oubli - de l'oubli de l'autre -, voilà le café."&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px; border-collapse: collapse; "&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;div style="font-style: normal; display: inline !important; "&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal; "&gt;&lt;div style="display: inline !important; "&gt;&lt;b&gt;Judaïsme et Révolution : Du Sacré au Saint. Cinq nouvelles lectures talmudiques - Emmanuel Levinas&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: arial, sans-serif; font-size: 13px; border-collapse: collapse; "&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal; "&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="il" style="background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: rgb(222, 202, 255); color: rgb(34, 34, 34); background-position: initial initial; background-repeat: initial initial; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal; "&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="il" style="background-image: initial; background-attachment: initial; background-origin: initial; background-clip: initial; background-color: rgb(222, 202, 255); color: rgb(34, 34, 34); background-position: initial initial; background-repeat: initial initial; "&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;Aller seul au café peut nous enseigner une certaine forme d'immobilisme rare et précieux: l'immobilisme en société. J'estime facile et banal le fait de pouvoir se tenir immobile seul dans sa chambre, les moments d'absence où l'esprit se distrait de son enveloppe existent et ne manquent pas, mais en société, entouré d'autres hommes, c'est une chose qui s'apprend, se répète et ne s'improvise pas. Car se sentir regardé c'est se sentir obligé de jouer au vivant, à l'affairé-oisif, celui qui ne fait que passer, qui repart tout de suite, qui à des choses à faire et qui est pourtant là. Etre au café &lt;i&gt;seul &lt;/i&gt;c'est se sentir la nécessité de reproduire un mouvement, tenter de reproduire à soi tout seul le mouvement de la vie, de mimer une chose qui peut être atteinte et exister en étant mimée: c'est-à-dire le mouvement inconscient de quelqu'un de vivant mais qui est d'autant plus vivant qu'il oublie qu'il l'est.&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt; On ne sait pas se tenir seul assis dans sa chambre, et peut-être qu'il est aussi difficile de se tenir seul assis dans un café, parce qu'on y est forcément en représentation, vulnérable par nos lacunes concernant la mise en scène et le jeu d'acteurs, pas forcément regardé ou observé mais jamais à l'abri des regards. Bref, le café terrifie par cet écart : une apparente absence de règles et une fois qu'on le pénètre cette absence de règles apparaît pourtant très réglée, s'asseoir au café est une chose infiniment compliquée. Il y a des choses à faire : commander, sucrer son café, payer l'addition, lire son journal ou son livre, parler au téléphone, mais très vite on se retrouve oisif  et on oublie ce qu'un inoccupé doit faire de son corps.&lt;br /&gt;On est au café comme on serait dans la négation d'un lieu, y être c'est dire que l'on est pas au travail, pas au lycée, à la fac, ni chez soi, ni avec ses amis, ni au cinéma, mais juste au café, comme l'on voudrait être nulle part et avec personne, ou partout avec tout le monde et qu'on ne sait pas choisir?, comme l'on voudrait disparaître un peu. Disparaître en tant qu'on est un personnage bien précis aux yeux des autres et qu'on n'est plus qu'une personne impossible à résumer aux yeux des clients du café, aucun discours sur soi n'est possible quand on est au café.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;Essayez de sortir fumer votre cigarette en laissant tout ce que vous pouvez avoir de distraction à l'intérieur du café, vos poches sont vides et vous ne pouvez que fumer votre cigarette immobile, devant le café. Il n'y a aucun mouvement à prétexter, vous pouvez jouer au tourmenté mais au fond rien ne vous tracasse et c'est bien cela qui vous tracasse. Vos pieds restent joints, vous n'avez pas de portable, c'est d'abord très pénible, cette absence de décor, d'interlocuteur, de prétexte à une gestuelle, pour la première fois vous êtes débarrassé de tous vos déguisements, vous êtes vous-même à même la rue. Après entraînement vous finissez par vous accoutumer à la situation et par fixer un point devant vous sans vraiment le regarder, vous regardez quelque chose un peu au-devant, qui n'est rien d'autre qu'un point de vos pensées, l'écran sur lequel se projette devant vous un point intérieur.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Il faut faire attention à cette sorte de client particulièrement sournois et faussement solitaire qui passe quinze voire trente minutes seul au café mais avec toujours dans l'idée qu'il n'est pas seul puisque sur le point d'être rejoint par un ami qui arrive. Vous vous sentez trahi par celui qui était votre voisin, votre égal solitaire et silencieux, et qui recouvre la parole (discussion forcément oiseuse) en même temps qu'il perd le secret de son charme.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;photo : Diane Arbus&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-130794447139824579?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/130794447139824579/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=130794447139824579' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/130794447139824579'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/130794447139824579'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/01/le-cabaret-ou-le-cafe-est-devenu-partie.html' title='Au café'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8730985548227679966</id><published>2011-01-08T09:16:00.001+01:00</published><updated>2011-01-08T05:47:02.794+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img407.imageshack.us/img407/7981/fmouvement.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 639px; height: 360px;" src="http://img407.imageshack.us/img407/7981/fmouvement.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;"Le problème est insoluble. Le corps est attelé à un cerveau. La beauté va de pair avec la stupidité. Elle était là à regarder le feu comme elle avait regardé le moutardier brisé. Il éprouva un violent désir de retour vers la société masculine, les chambres cloîtrées, les oeuvres des classiques; une folle envie le saisit de s'en prendre à celui, peu &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;importe son nom, qui avait ainsi ficelé la vie.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;Alors Florinda lui posa la main sur le genou.&lt;br /&gt;Après tout, elle n'y était pour rien. Mais cette pensée l'attrista. Ce ne sont pas les catastrophes, les meurtres, la mort, les maladies, qui nous vieillissent et nous tuent: c'est l'expression des gens, leur façon de parler et de grimper dans le bus.&lt;br /&gt;Pour une sotte, n'importe quelle excuse fera l'affaire. Il lui dit qu'il avait mal à la tête.&lt;br /&gt;Pourtant, quand elle le regarda, sans rien dire, devinant à moitié, comprenant à moitié, s'excusant peut-être, disant en tout cas, comme il l'avait dit, "Je n'y suis pour rien", droite et belle de corps, le visage comme un obus dans sa capsule, alors il comprit que cloîtres et classiques ne servent strictement à rien. Le problème est insoluble."&lt;br /&gt;&lt;b&gt;La chambre de Jacob - &lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;b&gt;Virginia Woolf&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;on vit toujours la soirée et on s'endort toujours avec l'idée du jour suivant, on a toujours eu une idée du jour suivant. En terminale j'adorais et j'attendais le mardi et le mercredi, donc le lundi soir et le mardi soir se passaient bien, aujourd'hui je vis tranquillement le dimanche, tous les lundis de ma scolarité étaient pénibles. Chaque journée est hantée par celle qui suit, qui la regarde, l'enveloppe dans son atmosphère, la met au défi.&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Je me suis réveillée à 5h30, comme ça, on ouvre les yeux sans atermoiements, on est très éveillé, très conscient, déjà là déjà soi-même, comme un acteur qui se réveille à la seule prononciation de son nom dans les films &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia; "&gt;"- Kattie? - oui? ". &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia; "&gt;J'ai essayé de remonter aux causes de ce réveil, c'était peut-être mon père qui se préparait à aller chercher ma mère à l'aéroport mais il était plutôt discret et silencieux, et je ne voulais pas l'accabler, même en pensée. Je me suis dit que je devais vraiment être travaillée par un problème pour être aussi peu capable de dormir, ce problème devait vraiment m'intéresser. Je n'ai pas réussi à me rendormir, j'ai fait comme si j'en étais capable mais j'avais la tête dans la rue, mille pensées pour mille personnes. Tout peut arriver, on peut se réveiller au milieu de la nuit et vivre, entendre, penser ce qu'on aurait jamais pensé en se réveillant trois heures plus tard. On peut empiéter sur le terrain des autres, on pense que le temps appartient à tout le monde, c'est faux, il y a des plages horaires méticuleusement réparties selon les catégories de personne. Par exemple à partir de 18h le Monoprix appartient aux hommes qui sortent du travail, père de famille, célibataire actif. J'empiétais sur le temps des travailleurs, ceux qu'on croise le dimanche matin en rentrant de soirée et qui vous renvoie votre propre image un peu piteuse, temporairement misérable, démunie, fatiguée plus que tout, sans avenir immédiat. Un vertige vous prend à la simple idée de penser à tout ce qu'on fait tous de différent à un même moment. J'étais d'une humeur incroyable, excessivement enjouée, un matin comme une naissance, comme la réponse à mon humeur déclinante, sinistre des derniers jours, comme si les circonstances m'avaient réveillée pour que j'éprouve la&lt;i&gt; bonne humeur &lt;/i&gt;inhérente au matin, que je la vive de ces débuts jusqu'à la fin (midi), ses fluctuations, sa progression, son ralentissement, qui n'est que la fin d'une accélération mais pas du mouvement. Cette bonne humeur, celle qui est aussi entêtée que la mauvaise: on ne peut rien faire contre, elle est là et si elle doit décliner ce sera doucement, en fin d'après-midi ou un peu avant, en attendant elle n'existe que toute puissante, elle ne partage rien.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;J'ai poursuivi ma lecture saccadée de &lt;i&gt;la Chambre de Jacob. &lt;/i&gt;Il est possible de pleurer en lisant l'extrait qui suit, ou d'en rire comme s'il s'agissait d'une bonne blague "ah ah, se lever à 5h30, prendre négligemment le livre pour tomber &lt;i&gt;comme si de rien n'était&lt;/i&gt; sur une chose aussi nécessaire" : &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;"Les autobus étaient bloqués. Mr Spalding, qui se rendait à la Cité, regardait Mr Charles Budgeon, en route pour Sheperd's Bush. La proximité des autobus donnait aux voyageurs de l'impériale une occasion de se dévisager. Peu en profitaient, pourtant. Chacun avait en tête ses propres affaires. Chacun gardait son passé confiné en lui comme les feuillets d'un livre connu de lui par coeur; et ses amis n'en pouvaient lire que le titre, James Spalding, ou Charles Budgeon, et les voyageurs allant en sens inverse, ne pouvaient rien lire du tout -si ce n'est : "un homme à moustache rousse", "un jeune homme en gris fumant une pipe". Le soleil d'octobre se posait sur ces hommes et ces femmes, tous condamnés à l'immobilité; et le petit Johnny Sturgeon prit le risque de dévaler l'escalier tournant, chargé de son gros paquet mystérieux; et en se faufilant en zigzag entre les roues, il gagna le trottoir, se mit à siffler un air et fut bientôt hors de vue - à tout jamais. Les autobus redémarrèrent par saccades et chacun éprouva du soulagement à se rapprocher un peu de la fin du voyage, même ceux qui se berçaient, au-delà de l'obligation immédiate, de la promesse de plaisirs - tourte aux rognons de boeuf, boisson, ou une partie de dominos dans l'encoignure enfumée d'un restaurant enfumé de la Cité. Ca, oui, la vie humaine est très supportable sur l'impériale d'un autobus, à Holborn, lorsque l'agent de police lève le bras et que le soleil vous cogne le dos, et s'il est permis d'imaginer l'existence d'une coquille sécrétée par l'homme pour s'ajuster à l'homme lui-même, c'est ici qu'on la trouve."&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le lis en édition de La Pochothèque, une sorte de Pléiade bon marché, avec plusieurs romans et des nouvelles inédites, le papier est très fin et sent bon l'odeur d'une pâtisserie encore méconnue, la police est très belle, le livre fait 1200 pages pour 23 euros, vendu dans son étui. Il ne faut pas être très maniaque avec ce genre d'édition, j'étais d'abord dans la crainte de la moindre tâche, refusant même de lire ce livre, mais très vite les pages lues sont plus froissées que les autres, et il y a une usure générale de tout le livre, on finit par apprécier cela, la façon dont il s'abîme plutôt que sa conservation impossible.&lt;br /&gt;J'ai fini par aller prendre mon petit-déjeuner, il était sept heures, j'avais dit à Emile de me réveiller pour qu'on prenne notre petit déjeuner ensemble mais il allait se réveiller dans une heure, c'était pénible à attendre, et au pire je ferai mon café tout à l'heure.Ma mère est revenue, j'ai pu entendre sa discussion avec ma soeur qui rangeait le salon qu'elle avait investi en son absence. Elle demandait à ma mère si on avait donné la Sega Megadrive et lui annonçait qu'elle voulait en racheter une, je me suis demandé ce qui devait lui passer par la tête pour croire que ça pouvait intéresser ma mère à un moment ou à un autre de sa vie - surtout celui-ci. Myriam est venue nous dire que notre oncle nous a offert chacun deux boîtes de Kinder avec l'enfant nazi dessus. J'ai dit à Emile "allez Emile, on se réveille, la chenille va-t-elle sortir de sa chrysalide?", il ronchonnait, enfin ça se rapprochait du miaulement. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Il&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: georgia; "&gt; programme son réveil sur sa Nintendo DS une heure avant l'heure à laquelle il doit se lever, puis trente minutes avant juste histoire de se réveiller, de constater qu'il lui reste une heure à dormir, puis se rendormir. J'admire sa détermination, l'effort produit en vue du seul plaisir, effort que toute autre personne n'aurait jamais fourni. Il y a une sorte de maturité dans ce geste, comme s'il agissait là où nous n'aurions fait que raconter que nous aimons nous rendormir après avoir constaté qu'il ne fallait se lever que dans longtemps. Le nombre de choses dites, d'idées bonnes et oubliées et qui par accumulation construiraient autre chose que de l'anecdotique, mais un nouveau monde. J'avais des idées dans mon adolescence, je trouvais des solutions créatives à beaucoup de choses, je me promettais de les appliquer quand j'en aurai les moyens, et les adultes m'apparaissaient comme ennuyeux, étant passés à côté de la créativité, de la poésie. Ils ne faisaient que discuter au salon avec mes parents, les jambes croisées, buvant des verres, mangeant des parts de, ces formules de politesse, avant, après, jusqu'à ce que les couples étrangers pénètrent l'ascenseur et qu'on puisse réinvestir le salon, la cuisine pleine d'assiettes sales de miettes et de fonds de verre jaunis par le jus d'orange, et ils semblaient se contenter de ça, mesquinement. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Tout de suite après son retour du Liban maman est retournée au travail, nous avons eu le temps de discuter avant qu'elle ne parte. Quand tout le monde était bien levé et qu'il ne restait plus que ma soeur, mon frère et moi on a pu mettre de la musique dans la chambre, et nous avons dansé dans le couloir sur les Modern Lovers. A 8h45 Emile est parti au collège, Myriam s'est endormie peu après sur la musique pourtant forte, je me suis dit qu'il était possible de s'endormir sur du bruit dès lors que celui-ci vous accompagne dès les premiers instants de votre somnolence, il fait partie intégrante de l'environnement dans lequel vous vous êtes senti fatigué. J'ai alors commencé à écrire avant de partir pour la faculté.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8730985548227679966?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8730985548227679966/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8730985548227679966' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8730985548227679966'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8730985548227679966'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/01/le-probleme-est-insoluble.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-29598167019977155</id><published>2011-01-02T07:59:00.003+01:00</published><updated>2011-01-02T22:49:40.045+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img75.imageshack.us/img75/605/wenders3533579de0.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 608px; height: 448px;" src="http://img75.imageshack.us/img75/605/wenders3533579de0.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;"Nous bavardons et nous avons des "copains" de bavardage. Les copains, tous les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;accros&lt;/span&gt; du bavardage le savent, vont et viennent - mais on en trouve toujours qui ont hâte de noyer le silence dans les "messages". Dans une relation de type "deux bons copains", ce ne sont pas les messages en tant que tels, mais le va-et-vient de messages, la circulation des messages, &lt;/i&gt;qui est le message&lt;i&gt; - peu importe le contenu. Nous appartenons au flot régulier des mots et des phrases inachevées (certainement abrégées, tronquées pour accélérer la circulation). Nous appartenons aux paroles, et non à ce dont on parle. [...]&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt; Un commentaire s'impose: cette "interaction", bien que frénétique, ne semble peut-être pas si frivole que cela, après tout, une fois qu'on a compris le fait que le but - son seul but- est d'entretenir le bavardage. Ces unions ne reposent sur rien d'autres que nos bavardages et nos messages; elle ne va pas plus loin que les paroles et les messages. Cessez de parler - vous voilà exclu. Silence égal exclusion.&lt;/i&gt; Il n'y a rien en dehors du texte&lt;i&gt;, en effet - et pas seulement comme le pensait &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Derrida&lt;/span&gt;..."&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'amour liquide &lt;/i&gt;- Zygmunt BAUMAN&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;- On ne parvient jamais à une évaluation objective de sa propre situation, est-on un perdant ou un gagnant? Pour nous-même et pour nos proches la question ne se pose pas, rien n'est jamais binaire dans la vie et tout est très compliqué. Mais il semble que pour les autres, ceux qui entrent sommairement en contact avec vous  cela a l'air de compter, il vous scrute comme pour chercher la réponse dans l'un des plis qu'aurait pris votre visage à force d'habitude&lt;i&gt; &lt;/i&gt;à &lt;i&gt;avoir ce que vous voulez &lt;/i&gt;ou à&lt;i&gt; ne pas l'avoir.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;- Il n'y a plus de rencontres, rencontrer finit par signifier : vouloir que les autres nous rencontrent, et lorsque les autres nous rencontrent on se rencontre soi-même, on en apprend sur soi-même. Le discours sur soi doit se tourner vers un autre pour mieux revenir vers soi, on y croit plus quand on procède par ce détour. Les pensées pour soi-même ne suffisent plus à se persuader que l'on existe et que l'on est assez&lt;i&gt; intéressant&lt;/i&gt; pour continuer d'exister, il faut s'objectiver, se dépeindre pour les autres afin de mieux se peindre pour soi-même.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;- Il me semble parfois que je suis à la limite de l'évaporation. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;Sociabiliser&lt;/span&gt;, ne serait-ce qu'en s'affichant, en rouvrant un compte sur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;xxx&lt;/span&gt; (à remplir) pour dire assez simplement "je suis là", je n'ai plus la patience ni la force, c'est trop dur, c'est un acte qui veut dire trop de choses, qui dit tout de notre insuffisance et de notre &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;esseulement. Et puis de toute façon je ne suis plus là et parfois je suis à quelques centimètres de penser que je n'existe pas, je suis dans une solitude rêveuse en ce que je me laisse guider par l'intrigue que les jours m'imposent, je suis choisie par les choses. Je peux passer des journées à recevoir des informations, toujours en phase de réception et en n'exécutant que des actes que les autres auraient pu faire, ma subjectivité étant en jeu à un degré ridicule. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;S&lt;/span&gt;'inscrire à, jouer le jeu c'est se trahir,  autant parler &lt;i&gt;vraiment&lt;/i&gt; tout seul plutôt que de simuler un semblant d'interaction, de sens, de contenu, d'intérêt pour autrui. Je ne sais pas comment font les autres, mais peut-être que si tout le monde fait "comme si" alors le "comme si" devient la norme. C'est pour ça que dans deux trois ans, puisqu'avec le temps cela empire, je finirai bien par m'évaporer à force de n'avoir aucune idée de ce que je suis et de me sentir rétrécir. Je manque de détour, parce que par orgueil je refuse de jouer un jeu doucement immonde, mais ce manque me fait souffrir et peut-être qu'il vaut mieux jouer. C'est par une série de petites actions que j'en viens à présent à me rendre compte que c'est clairsemé autour de moi. J'ai voulu mettre fin à des relations ou la personne en question l'a fait pour moi (car je suis dégoûtée autant que je dégoûte), je n'ai pas su en entretenir d'autres, j'ai tout laissé pourrir et je referais -à quelques exceptions près- exactement la même chose aujourd'hui: faire pleurer Céline au collège en lui disant que je ne veux plus être son amie, etc.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;- L'autre jour dans ce film (&lt;i&gt;Faux mouvement&lt;/i&gt; de Wenders), il disait que la solitude n'était qu'un sentiment théâtral : je suis assis seul, je vois passer un groupe et je me mets à penser qu'ils doivent se dire que j'ai l'air bien seul.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt; Et si le groupe ne passe jamais (même en imagination)? &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;Alors la solitude n'existe plus.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-29598167019977155?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/29598167019977155/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=29598167019977155' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/29598167019977155'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/29598167019977155'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2011/01/nous-bavardons-et-nous-avons-des.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3744214396410082365</id><published>2010-12-25T15:47:00.000+01:00</published><updated>2010-12-25T05:49:48.871+01:00</updated><title type='text'>La concentration</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;"A cause de cet abandon répété du présent ainsi livré au passé et au futur, les moments heureux d'une expérience alors totale, puisqu'elle absorbe en elle le souvenir du passé et l'anticipation du futur, en viennent à constituer un idéal d'esthétique. Ce n'est que lorsque le passé cesse de le troubler et que les anticipations pour le futur ne le perturbent pas qu'un être se trouve en union totale avec son environnement et qu'il est par conséquent pleinement vivant."&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'art comme expérience&lt;/i&gt; - John Dewey&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Il y a plein de thèmes décisifs et pourtant délaissés, de thèmes qui ne sont pas assez généraux pour faire un jour l'objet d'un GF corpus, il y a l'amour, l'amitié, la conscience, le désir, mais il y a aussi l'admiration, la complicité, le manque, qui ne disent pas tout à fait ce que disent leurs synonymes mais qui ne seront jamais autre chose que des interstices entre les "vrais mots". On dira d'un livre ou d'un film qu'il est cette grande oeuvre qui parle du désir ou de la solitude sans jamais se risquer à être plus précis de peur de ne pas intéresser les gens, il faut de l' universel. &lt;/span&gt;Le terme qui m'intéresse un peu en ce moment fait partie de ces mots qu'on pense peut-être sans ressources pour la pensée: la concentration, mot qui pourrait se retrouver dans un livre se préoccupant d'un thème comme le présent. On pense la concentration comme une vertu scolaire et je me dis qu'il serait peut-être temps de la redéfinir et de lui accorder toute son importance dans nos vies, de la considérer comme la condition de toute véritable expérience, de tout bonheur, de toute satisfaction. La concentration est un mot plus austère pour "extase", une façon de sortir de soi pour se donner à autre chose (le travail, l'amour, la discussion, l'expérience esthétique) et pour mieux revenir à soi; c'est un détour, jamais une fuite.&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;La concentration est ce qui doit être visée dans chaque expérience de nos vies, par elle seule il nous est possible de vivre le présent. J'ai pensé à la concentration en songeant aux nombreuses discussions que j'ai pu avoir au restaurant et durant lesquelles j'étais tellement concentrée qu'après coup je me rendais compte que j'avais mangé mon plat sans en profiter, avec indifférence, j'étais ailleurs, j'étais &lt;i&gt;impliquée&lt;/i&gt;. Je crois qu'on peut se faire une religion de ce sur quoi nous arrivons à nous concentrer, ce serait une sorte de pis-aller d'un haut niveau, faute d'arriver à s'enchanter pour des choses plus grandes que soi, des valeurs occultes. &lt;/span&gt;Il est donc peut-être temps de se tourner du côté de la vie et de ce qu'elle nous offre jour après jour. La concentration nous arrange, elle est individuelle et individualiste, elle peut être notre valeur et nous pouvons l'appeler indifféremment : transe, extase, inspiration, enthousiasme.  &lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est ce qu'ont compris sans le savoir les couples, les étudiants trop souvent dans les bibliothèques, les gens qui écrivent, les gens passionnés par ce que vous voulez; ils comprennent que quand il n'y a pas extase, implication, la vie ne s'affirme pas et nous vivons mollement, dans une sorte de canapé de la pensée. Il serait nécessaire d'affiner un peu plus notre définition de la concentration pour que certaines choses indignes d'elle n'y figurent pas et qu'on ne déborde pas non plus du côté du divertissement. Le divertissement est une façon de sortir de soi pour mieux errer alors que la concentration nous sort d'un soi indésirable, celui de la quotidienneté lourde et pâteuse pour nous ramener, nous "concentrer" vers un soi plus exigeant, plus à la hauteur de ce que nous devons et pouvons être. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Etre concentré c'est être en condition de produire ce qui serait impossible pour nous de produire tous les jours, c'est produire de l'inhabituel donc de l'étrange, et nous nous sommes déjà perçus comme étranges parce que soudainement nous étions trop bien. Je pense avoir toujours été médiocre lorsque je n'étais pas concentrée, toute à ce que je faisais, toute à autre chose qu'au présent. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3744214396410082365?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3744214396410082365/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3744214396410082365' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3744214396410082365'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3744214396410082365'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/12/cause-de-cet-abandon-repete-du-present.html' title='La concentration'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8252427386357744369</id><published>2010-12-02T01:44:00.005+01:00</published><updated>2010-12-02T02:06:12.295+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;img src="http://img59.imageshack.us/img59/9784/georgia5.jpg" style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 630px; height: 341px;" border="0" alt="" /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img715.imageshack.us/img715/9971/georgia6.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 630px; height: 340px;" src="http://img715.imageshack.us/img715/9971/georgia6.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;sortir du cinéma, éblouie par la nuit, le monde s'adapte et s'affaisse, les corps se diluent, la nuit étale du bout des doigts nos silhouettes de crayon,  moins de place pour les corps plus de place pour nos versions à nous des choses, nos versions clandestines, il est dix-huit heures et l'activité est toujours la même sous le ciel couleur minuit, on rentre chez soi et il n'y a pas de place pour celui qui sort du cinéma un mardi, on est dans cette parenthèse où chacun retient son énervement et son souffle jusqu'à ce qu'il arrive chez lui, on rentre du bureau, peut-être qu'on s'en fiche de rentrer du bureau ou peut-être que chaque jour on se demande si c'est intolérable, plusieurs niveaux de fatigue cohabitent, mais ce n'est pas mesurable, rien n'est mesurable ici dans la ville, tout cohabite et ça tient, encore une fois ça tient, ça tient comme on dit d'un maquillage qu'il tient: ça ne devrait pas tenir, le boulevard Montparnasse dans la nuit et dans la fatigue, je dois aller voir ce film, un deuxième film, parce que demain il ne sera peut-être plus en salle, mais je suis fatiguée et tout me tire vers chez moi, mais il est dix-huit heures et il faut laissez passer du temps avant que les métros désemplissent, laissez passer du temps en allant au cinéma, mais d'abord un café, mais où? si possible près du cinéma, près de l'Arlequin, tu sais qu'il y a plein de cafés dans le coin mais tu n'oses pas parce que c'est le genre de café pour les amis, c'est les cafés des forts, les cafés du samedi, et les gens sans te le dire te poussent du regard vers la sortie si tu es seule, mais aujourd'hui tu vas y entrer, tu vas faire comme si ce café était pour toi, comme à chaque fois que tu entres dans un nouveau café, tu vas faire comme si c'était naturel, tu ne diras rien d'autres que "j'entre dans un café" quand tu entreras dans le café, tu diras bonsoir, tu enlèveras ton chapeau au moment pile où il faut l'enlever, toute cette chorégraphie, cette mise en scène de soi qui consiste à ne pas se mettre en scène, tu choisiras ta table, tu hésiteras confortablement, tu hésiteras avec assurance, sans peur, ni crainte de ne pas trouver, on peut hésiter sans trouver et repartir, mais tu te trouveras une place, "ceci est ma place", près de la baie vitrée, voilà, avec des gens ni trop loin ni trop près, et cette baie vitrée comme une pupille ouverte sur le monde et les gens qui passent si près de toi, être d'un côté de la vitre au chaud, et cet homme tout prêt tout prêt, au froid, toi assise, lui debout il marche, assise tu mimes quelqu'un qui lit et tu lis comme si tu ne voulais faire que ça et comme si tu ne voulais être que là, les gens te regardent comme une vitrine de Noël, ceux qui passent dehors, ils regardent ce que tu représentes, un certain type de tranquillité travailleuse, un moment que l'on s'aménage pour soi, la nécessité d'une solitude, tu fais attention au temps, c'est toujours un peu dangereux d'aller au café sans être limité dans le temps, on peut y rester quatre heures on peut s'y épuiser, là tu as environ quarante minutes, ensuite tu traverses le trottoir et tu demandes une place pour "Le dernier voyage de Tanya", tu as fait le trajet dans ta tête pour savoir à quelle heure il faudra partir du café, ça ne prendra pas plus d'une minute, il est impossible que tu sois en retard. tu lis ton journal et tu lis ton livre, et il t'amène le café dans une tasse plus longue que large, assez moderne, et une petite carafe avec un petit verre pas plus grand que la tasse, tout se fait du bout des doigts: ouvrir le sucre, tourner la cuillère, c'est un rituel qui a tout du naturel, du cela-va-de-soi, mais qui est profondément construit, tu t'en rends compte par les artifices à travers lesquels ça passe: pourquoi toutes ces choses miniatures et raffinées parce que miniatures, as-tu vraiment intériorisé ce monde d'adultes? même après deux cents, trois cents cafés tu n'en es pas sûre, tu as toujours voulu commander un mug de café et qu'une serveuse pulpeuse et blasée te le serve en te le versant négligemment, il y a aussi les beignets sous une cloche. tu ressors, tu sors dans le froid rigide, les gens suivent des lignes droites allant de Montparnasse à Saint-germain-des-près, et les gens sont touchants quand ils n'ont plus que leur corps, leur corps qui reste éloigné d'eux sous les couches de tissus et les tas de pensées, il ne reste plus que les visages mais déjà les yeux appartiennent depuis longtemps à la ville, on ne les récupèrera jamais, ils brillent depuis trop longtemps, ils brillent hors du corps, et la bouche susurre des choses à l'écharpe pendant que le nez essaye d'écouter par à-coup, des paires de joues défilent devant toi, tu les prends mentalement entre tes paumes, tu penses que l'esprit se trouve dans les joues, tu aimerais passer une main sur une nuque, une main sur la hanche, entre le manteau et le pull, une main sur la clavicule, pour voir si c'est vraiment chaud et si c'est vraiment fragile comme on le dit, tu aimerais passer à une sphère intime, au microscopique à même le macroscopique, comme on passe du petit café raffiné à même le grand café bruyant, mais tu restes pétrifiée par ton amour soudain, déchirant, assoiffé et inassouvi pour tout ce qui est humain et qui marche boulevard Montparnasse, tu te dis "je frôle l'évanouissement" mais tu te le dis seulement, tu restes lucide, tout ça est dans ta tête et la haine revient plutôt vite.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;images : &lt;i&gt;Georgia &lt;/i&gt;d'Arthur Penn&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8252427386357744369?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8252427386357744369/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8252427386357744369' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8252427386357744369'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8252427386357744369'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/12/sortir-du-cinema-eblouie-par-la-nuit-le.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-941533814970284389</id><published>2010-11-24T02:55:00.002+01:00</published><updated>2010-11-24T03:03:57.760+01:00</updated><title type='text'>Les choses</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img442.imageshack.us/img442/9062/vlcsnap2010101018h18m56.png"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 640px; height: 351px;" src="http://img442.imageshack.us/img442/9062/vlcsnap2010101018h18m56.png" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-large;"&gt;&lt;a href="http://des-tranches.blogspot.com/p/les-choses.html"&gt;&lt;br /&gt;4) Le Briquet, ici&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-941533814970284389?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/941533814970284389/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=941533814970284389' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/941533814970284389'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/941533814970284389'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/11/les-choses.html' title='Les choses'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-146798536403781534</id><published>2010-11-22T23:01:00.009+01:00</published><updated>2010-11-23T01:44:12.978+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;Il est bientôt seize heures&lt;br /&gt;j'ai un unique cours de deux heures&lt;br /&gt;on se demande si le prof va rendre les copies&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; ce sera notre première note du semestre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; il y a quelque chose d'électrique dans l'air&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; parce que c'est Paris&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; et que nous sommes jeunes&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; et que la journée commence à seize heures un lundi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;personne n'a jamais vu ça&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;il fait bien bien froid&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;il y a deux mois je me souviens, on se plaignait de la chaleur&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;le monde avait l'air de se vautrer, les choses étaient abruties, on ne pouvait plus réfléchir&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;aujourd'hui on a oublié qu'on a attendu l'hiver, qu'on la souhaité pendant des heures&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;mais on finit toujours par oublier ce qu'on a souhaité&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et le froid délimite bien les corps, alors que l'été tout marine dans la même soupe autiste&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;nous prenons si peu de place, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et pourtant nous éprouvons notre corps, comme si nous étions tout pour nous&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;enroulés dans des bouts de tissus, comme un objet fragile dans du papier journal&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;une fois en cours nous nous délestons de nos différentes couches sans trop y penser&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;comme si nous maîtrisions l'insoutenable fragilité des corps et ses souffrances à venir&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;nous pensons nous diriger et nous pensons choisir&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;nous nous habillons d'une manière jeune et élégante pour fêter la joie d'être en vie et la liberté&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;il disait bien que la superficialité était le propre de l'homme&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;un animal ne regarderait jamais ses nouvelles chaussures comme je suis en train de le faire, voilà l'esprit&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;mais je me suis déjà faite renverser et je sais que tout concourt à s'emparer de ce contrôle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;pas seulement les voitures cruelles mais aussi les passions &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;tout est objet de haine autant qu'objet d'amour&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et je pourrais regarder cet étudiant et me dire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;"toi je vais t'aimer"&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et pendant cinq minutes, concentrée, je lui trouverai de l'indispensable&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;je dis ça mais c'est peut-être faux, je dois en être incapable&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;au fond je ne pense qu'à moi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et quand je fume devant la fac je ne regarde pas les autres&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;je me regarde fumer&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;mais je peux penser à autre chose et je me concentre sur l'étudiant du 22ème étage, une sorte de soldat inconnu, cristallisant un certain type d'ennui, un certain type de rapport au monde&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; je lui envoie un peu d'espoir et de distraction&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;lui dit qu'il y a pire qu'un cours&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;qu'au fond tout est absolument pire qu'un cours&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;et que l'on doit se réjouir du moindre mal qui frappe nos jeunes têtes endolories par des fantômes de soucis, nos combats sont dans nos têtes, ce sont simplement des désirs qui se contredisent, l'un finira bien par politesse par céder la place à l'autre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;mais voilà qu'arrive des amis, et l'exercice télépathique prend fin &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;de toute façon je ne pense pas qu'il m'écoutait&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;ils ont des livres dans leur sac, un peu d'argent et leur ordinateur&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; studieux par goût et par devoir; glacés comme la ville&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; nous nous saluons après ce week end passé dans une autre vie que celle-ci&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;nous apprécions notre présence et nous ne souhaitons pas notre mort&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;nous aimons discuter et nous nous rendons des services&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;nous aimons souvent les mêmes choses pour les mêmes raisons&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt; nous voilà bien des amis&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;j'ai bien envie d'un thé mais elle me dit que je le prendrai à la pause&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;je me suis alors sentie capable de remettre cette envie à plus tard&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small;"&gt;car le cours allait commencer&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-146798536403781534?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/146798536403781534/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=146798536403781534' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/146798536403781534'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/146798536403781534'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/11/il-est-bientot-seize-heures-jai-un.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8656701518279544314</id><published>2010-11-14T07:05:00.008+01:00</published><updated>2010-11-14T18:22:03.910+01:00</updated><title type='text'>"Il y aura toujours quelque chose de différent..."</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img263.imageshack.us/img263/7514/mildred5.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 572px; height: 422px;" src="http://img263.imageshack.us/img263/7514/mildred5.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal; "&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;"ainsi que l'assure Sir George Thomson :&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small; "&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;"Il y aura toujours quelque chose de différent...Quand vous dites que vous répétez  une expérience, vous répétez que sont pertinents tous les paramètres d'une expérience déterminée par une théorie. En d'autres mots, vous répétez l'expérience comme exemple de la théorie. [...] On pourra ensuite dire que les choses "continuent de la même manière" ou non, suivant ce qu'on considère comme étant la même manière. [...] L'uniformité de la nature dont nous nous émerveillons ou l'irrégularité à laquelle nous protestons font partie d'un monde que nous faisons nous-mêmes."&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Manières de faire des mondes &lt;/i&gt;- Nelson Goodman &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maman fait le pont vendredi, il est 13 heures, elle boit son café en pyjama, elle semble ravie à l'idée d'être dans la cuisine à cette heure-ci un vendredi. Sur ses épaules un châle bouloché à larges rayures horizontales jaunes, oranges, marrons, elle a ses pantoufles et les jambes croisées : un de ses pieds ne touche pas le sol et la pantoufle est, par rapport à la plante du pied, en diagonal, dangereusement dans le vide au niveau du talon, elle n'est pas maquillée, c'est vraiment elle. Pour une fois j'apprécie que quelqu'un soit à la maison, j'apprécie de quitter la maison avec quelqu'un dedans. Elle me demande où je vais, je lui dis que je vais à la fac. Ca devient une habitude, cela va faire longtemps qu'ils n'ont pas eu une idée aussi éclatée de l'emploi du temps de leurs filles, avant un seul mouvement était possible: on allait ou on revenait de l'école. Nous sommes devenues insensiblement imprévisibles, rentrant tôt un samedi soir, rentrant tard un mercredi, tout a changé et tout le monde pense que c'est encore pareil, que nous sommes encore deux filles habitant chez nos parents pourtant nous sommes très grandes et nous pensons absolument autrement sur absolument tout. Je pourrais redoubler trois fois que personne ne remarquerait, on pourrait très bien vivre cette scène, maman et son café, moi qui part pour la fac, on peut le vivre encore combien de temps? Trente ans? On peut très bien vivre comme ça, et je pense qu'on le désire. Il faut parfois peut-être oeuvrer pour l'immobilisme, par crainte du changement, redoubler sans cesse, ou faire d'autres licences, il y a tellement à apprendre et nous sommes faits pour ça. Ce n'est pas que l'on tienne tant à finir ses études, mais les choses évoluent à un moment, insensiblement, on fait de son mieux, on a des notes convenables et puis on passe de la troisième à la L2 sans s'en rendre compte.&lt;br /&gt;Mon rituel a commencé tard, et je prends le train vers 13heures avec les gens qui vont déjeuner, je suis sur un autre mode qu'eux, ma journée commence et j'aime ce décalage, l'impression de ne pas être concernée par leur fatigue entamée depuis déjà longtemps. Ma mère dans la cuisine, j'ai l'impression d'être partie d'un point à un autre du monde tout en conservant une sorte de fil affectif me reliant à elle, c'est toujours différent de quitter la maison vide ou encore pleine de la famille. Je me déplace relativement à elle, m'éloignant ou me rapprochant de ce noyau rassurant. Cela me fait penser au drame de la maternelle, les origines de notre sociabilité, c'était déchirant, on quitte un monde d'une tendresse idéale et qui ne pensait qu'à nous pour se mélanger à un monde en tout point étranger à soi et dont on a absolument rien choisi, je garde un vague souvenir de ce traumatisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=jsmwy_ZU6zQ&amp;amp;feature=related"&gt;Women - Eyesore&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8656701518279544314?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8656701518279544314/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8656701518279544314' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8656701518279544314'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8656701518279544314'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/11/ainsi-que-lassure-sir-george-thomson-il.html' title='&quot;Il y aura toujours quelque chose de différent...&quot;'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-994136563785692292</id><published>2010-11-04T04:33:00.019+01:00</published><updated>2010-11-04T05:40:37.614+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://s2.e-monsite.com/2010/04/02/01/rembrandt-le-philosophe-louvre_1179143982.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 550px; height: 456px;" src="http://s2.e-monsite.com/2010/04/02/01/rembrandt-le-philosophe-louvre_1179143982.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;à l'université j'ai un professeur d'esthétique assez parfait avec un accent italien très prononcé qui l'oblige à bien articuler pour se faire comprendre. Je le remarque: l'accent a tendance à rendre une personne inoffensive, réduite à des problèmes de prononciation attendrissants qui appartiennent au monde de l'enfance (ces enfants qui quittaient la classe, disparaissaient l'après-midi pour aller chez l'orthophoniste...) et dont nous sommes depuis longtemps débarrassés. Il y a donc décalage entre cet accent et l'érudition, la sophistication de son propos. Sous ses aspects d'universitaire poussiéreux il a l'air d'être très fréquentable, très en vie, et j'éprouve par moment le désir d'être son amie mais ceci est une autre histoire. Il nous parlait de John Searle et du rapport que l'on peut faire entre état mental et état physique ou production d'état physique, tout cela concernait l'intentionnalité de l'oeuvre d'art. Bref, tout de suite après son explication il s'est justifié de ce qui pouvait lui sembler être une référence un peu hors-sujet en nous disant qu'il parlait de Searle parce qu'il avait fini ce livre hier soir, "donc j'en parle, c'est pour des raisons un peu personnelles". Une étudiante comme moi à tout vu sur l'échelle de l'épanchement de la vie personnelle des professeurs: il y a les professeurs qui oublient de faire cours, ceux qui laissent s'échapper quelques bonnes anecdotes qui les rendent mystérieux sinon mieux qu'ils ne sont (mon prof de sociologie), ceux qui ne disent rien, ceux qui savent se mettre en scène de manière pédagogique et pour illustrer un propos tout en marquant les esprits (Monsieur Franck). Quoiqu'il en soit les élèves ne sont pas dupes de ce que le professeur essaye insidieusement de faire passer sur son propre compte, le tout étant de n'être ni trop familier ni trop opaque: une bonne anecdote trop mondaine dessert vite un cours qui paraît, par comparaison avec l'anecdote, ennuyeux. Le mieux étant d'invoquer ses expériences si et seulement si elles permettent d'aérer le cours tout en le poursuivant.&lt;br /&gt;J'ignore pourquoi cette remarque de mon professeur d'esthétique m'a prise par surprise et a excité plus qu'aucune autre anecdote mon imagination. Je faisais tout un tas de suppositions prévisibles sur sa position de lecture, sa prise de notes au crayon à papier, lisait-il allongé à côté de sa femme ou plutôt assis? En anglais, en italien ou en français? C'était une image agréable à modeler et j'aime par dessus tout ce rapport quotidien et naturel que des personnes peuvent avoir à la philosophie: ils la lisent avec la fluidité de lecture des romans et pour eux les essais passent même avant les romans. Derrière cette apparence de lecture-distraction, du livre qu'on picore au lit avant de sombrer, a certainement lieu une jouissance saine et intellectuelle, une intime avancée au creux du quotidien.&lt;br /&gt;Il y a dans la lecture comme la conscience d'une tradition perpétuée, d'un geste transmis: on peut raisonnablement penser que lire au 18ème siècle ressemblait à peu de choses près à notre manière de lire, l'absence d'artifice permettant l'intemporalité du geste, on se sent studieux autant que purifié, c'est un moment qu'on arrache au monde, qu'on arrache aux lourdeurs des obligations, c'est un acte de respect et de soin envers soi et le monde. Les livres de philosophie ont quelque chose de redoutable et d'irréversible, forcément quelques grandes idées sommeillent au creux de leurs pages et ils nous arrivent de passer devant ces livres, imperturbablement, sans se douter qu'ils contiennent les réponses à nos souffrances, les résolutions à notre inadaptation au monde. Tout est là pourrait-on dire, le reste est histoire d'organisation, de hiérarchie : que lire avant quoi, le mot "thérapeutique" pourrait être lancé mais je pense parler d'autres choses, d'une consolation que permet la seule expression et l'approfondissement, il s'agit parfois non pas tant de vouloir guérir de son mal que de souffrir volontiers à condition de mieux le connaître pour commencer à sympathiser avec lui.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-994136563785692292?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/994136563785692292/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=994136563785692292' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/994136563785692292'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/994136563785692292'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/11/luniversite-jai-un-professeur.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6751608421174260269</id><published>2010-11-02T03:58:00.004+01:00</published><updated>2010-11-02T04:04:53.146+01:00</updated><title type='text'>Les choses, inventaire affectif</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: verdana;"&gt;J'ouvre une page "Les choses, inventaire affectif" dans la colonne à droite. J'essaierai d'écrire sur des objets que j'aime et de justifier mes choix, c'est une liste qui se veut illimitée vu le nombre de choses que j'ai déjà répertoriées dans ma tête. Je ne pense pas respecter de fréquence de publication, ce sera aléatoire.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6751608421174260269?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6751608421174260269/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6751608421174260269' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6751608421174260269'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6751608421174260269'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/11/les-choses-inventaire-affectif.html' title='Les choses, inventaire affectif'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-1926758563838507307</id><published>2010-10-28T02:19:00.013+02:00</published><updated>2010-11-02T02:51:55.569+01:00</updated><title type='text'>De justesse</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img526.imageshack.us/img526/3811/vlcsnap2010062415h53m14.png"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 659px; height: 368px;" src="http://img526.imageshack.us/img526/3811/vlcsnap2010062415h53m14.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;font-size:100%;"  &gt;"Non, je commence à avoir de nouveau quelque chose comme une conscience et à me dire que cela ne peut pas non plus en rester à la conscience mais qu'il faut faire quelque chose."&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:100%;"  &gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Les enfants Tanner&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; - Robert &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Walser&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:verdana;font-size:100%;"  &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;aujourd'hui j'allais en cours d'anglais pour la première fois du semestre avec un mauvais numéro de salle écrit sur mon agenda. Bon alors je me rends dans la salle dont la porte était entrouverte sans faire attention à la langue dans laquelle parlait le mec de la cassette que la prof diffusait, apparemment c'était du japonais, mais je ne l'ai su que plus tard, quand la prof a dû mettre pause à son lecteur cassette pour me répondre que "d'abord" -vous savez les phrases qui commencent par "d'abord"- j'étais en retard et puis de façon moqueuse, d'après la cassette "vous avez bien vu que c'était de l'anglais", j'ai répondu un "oui" neutre puisque je n'en savais rien et que je ne pensais pas qu'elle était ironique: "ici c'est un cours de japonais". Nous sommes tous censés rire bien fort du décalage, la fille qui se pointe à la fin d'un cours en pensant qu'elle est en cours d'anglais alors qu'elle arrive en cours de japonais, j'entendais des connards glousser au loin, les monstres habituels. Malheureusement je reste toujours élégamment polie dans des situations pareilles alors qu'elles me froissent énormément, comme si le monde tenait à tester vos limites tout de suite. J'ai fini par trouver la salle de mon cours qui était une salle informatique où j'ai pu ruminer mon mal au calme, c'est-à-dire ma déception à l'égard du comportement de certains inconnus dont on me dit que nous devons avoir quelques points communs et préoccupations partagées, dans un recoin que permet l'irrégularité visuelle de ce genre de salle chargée où l'on peut faire à peu près ce que l'on veut.&lt;br /&gt;J'ai regardé mes camarades de cours comme pouvant faire potentiellement partie de la moquerie générale de l'heure précédente, j'étais déjà dans mes constats sur la nature humaine à cause d'une situation anecdotique. De toute façon &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Murielle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; le monde a peu de choses à te dire, tu t'es rendue compte assez rapidement que la plupart des discours qu'il émet ne te sont pas adressés, de plus en plus tu te renfermes, tu te fais amère et sourde. Mais avant de se refermer tout à fait, ce que peut dire la publicité, les magazines, les personnes qui parlent dans les cafés, plus que de t'en foutre, tu écoutes ça avec énormément d'intérêt et d'avidité, tu collectionnes les situations humaines, tu aussi lis toutes les publicités, tu les regardes comme des tableaux de l'autre côté du quai, tu lis des magazines féminins quand ta soeur en ramène, tu essayes de voir comment tout cela évolue, dans quel sens cela va, tu gardes toujours un pied dans ce monde bas parce que tu y as été pendant longtemps et que cela te permet de comparer. Le constat est toujours aussi triste mais l'ensemble tient toujours: on peut vivre plusieurs journées sur la terre sans rencontrer une image du chaos, sans jamais penser au chaos, les apparences sont sauvées, on sait que ça tient mais pas grâce à soi.&lt;br /&gt;Parfois tu attends ton bus et tu dis "j'attends mon bus", et tu sens que tout le monde te méprise, que le bus ne s'arrête pas pour toi mais pour la femme d'à côté, que tu montes dedans de justesse et que tu as toujours eu certaines choses parce que d'autres pouvaient les avoir et que tu les as donc eu elles aussi &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:verdana;font-size:100%;"  &gt;de justesse&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:verdana;font-size:100%;"  &gt;. Tu tu glisses dans les interstices, tu te glisses dans les cours de philosophie, tes privilèges sont des hasards, tu prends la place qu'il reste, tu vas chercher une chaise au fond de la salle, et tu t'imagines la salle telle quelle mais sans toi: il est finalement assez facile de te figurer le monde sans toi, c'est juste un coeur en moins, une représentation du monde en moins au pire, des charges en moins, peu d'incidences. Je me souviens d'un très très vieux texte où j'avais tenté un portrait de moi-même du point de vue de ce que je coûtais, de ce que je consommais, c'était une simple énumération. Je ne veux pas le refaire mais l'idée est là : parfois on a pour seule preuve d'existence que les biens qu'on accapare, qu'on soustrait au monde. Au café on est bien, on a la place qui va à ton genre d'existence, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;restes-y&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, le café c'est pour les personnes qui disent "pouce, je ne joue plus", on vient se mettre de coté, prendre un peu de recul pour voir comment ça se passe, comment ça bouge comme ça de loin. L'autre jour tu étais au café métro &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Alexandre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;Dumas&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, tu attendais le cours sur Rousseau avec une lourdeur au coeur parce que tu allais revoir Monsieur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Franck&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. Tu portais ton pull rouge et tu avais un chapeau rouge et tu mangeais un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;Kinder&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;Maxi&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, et des gens merveilleux passaient, tu faisais un incessant va-et-vient entre ta lecture et la rue, tu ne savais pas ce qu'il fallait regarder, quelle situation était la plus chargée en force vitale mais la rue a vite pris l'avantage. Tu as vu un fils de quarante ans rejoindre sa mère, il semblait attendre quelque chose d'elle, elle avait l'air de parler sur un ton affectueusement sévère et il attendait qu'elle sorte quelque chose de son sac, elle a posé son sac sur une des chaises du café -tu étais dans la terrasse chauffée, extrêmement proche d'eux mais séparée par une vitre- tu t'attendais à ce qu'elle en sorte une enveloppe, un papier, quelque chose de mystérieux qu'il t'aurait fallu interpréter. Au lieu de ça elle a sorti un chausson aux pommes, elle venait d'en acheter deux, ils trônaient bizarrement au milieu de son sac, c'était presque burlesque, dans un sac il y a des choses sérieuses en cuir, mais pas des chaussons aux pommes. Elle a mis du temps avant de le donner à son fils qui en était à tendre un peu la main, ce geste un peu déplacé mais tout de même assez beau qui consiste à faire adopter à la main une attitude suppliante, très expressive, pour un chausson aux pommes. Deux vrais baisers précautionneux sur ses joues et il est parti.&lt;br /&gt;L'autre scène que j'ai retenue c'est un homme qui aide un aveugle à traverser en le tenant fermement par le bras, scène normale, mais tu remarques une femme près de lui, tu n'arrives pas à comprendre si elle est avec lui, elle le regarde amoureusement, impressionnée, pleine de gratitude, tu comprends finalement qu'elle n'est pas avec lui et qu'elle regardait un inconnu comme cela n'est pas permis. Ça je veux bien regarder, on touche à des choses trop importantes pendant ce genre de scènes; il n'y a pas à s'investir, à prendre de risques, on ouvre simplement les yeux.&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:100%;"  &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-989148"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;Dennis&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Wilson&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; - &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;Moonshine&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-1926758563838507307?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/1926758563838507307/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=1926758563838507307' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1926758563838507307'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1926758563838507307'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/10/de-justesse.html' title='De justesse'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-70523146550678945</id><published>2010-10-21T21:45:00.004+02:00</published><updated>2010-10-22T00:54:08.385+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; peut-être que les problèmes différent selon l'environnement : penser sous le ciel laisse place à des tristesses métaphysiques et à une envie de &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;montrer au monde ce dont on est capabl&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;e. A l'inverse rester chez soi s'accompagne d'un manque de volonté rond et chaud, on investit son anonymat, son inutilité. Vous me direz : c'est très beau d'être inutile, les meilleures choses le sont, je n'entends pas l'utilité dans ce sens, je ne sais pas, il y a un moment où il faudrait enfin se mettre à exister pour de bon, ce sera le moment où justement la question de l'inutilité ne se posera plus. Peut-être faudrait-il parler de gaspillage, d'une opportunité comme dans certains jeux vidéos où vous attrapez une potion sans trop savoir quand est-ce qu'il faudra l'utiliser; mais ne pas l'utiliser serait pire. Est-ce que la situation est assez grave pour commencer à agir? Ou peut-on encore attendre un peu?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; Quand je rentre chez moi toutes mes fatigues se dissipent toujours, maman a préparé du riz au poulet et il y a toutes sortes de yaourt pour le dessert: on peut en manger trois et maman parle par dessus la radio, il y a la voix de maman qui dit des choses anodines à propos du riz ou de la vaisselle et juste, tout juste en dessous il y des voix graves qui discutent de philosophie, Emile veut que maman arrête de parler pour raconter sa journée jusque dans les blagues qu'il a faites à ses copains: bref, c'est un monde mordoré et calfeutré, sans interstices pour les grandes questions.&lt;br /&gt;Ensuite on rentre tranquillement dans sa chambre en sachant qu'on reviendra se faire un thé ou prendre un verre de coca; j'aime siroter dans ma chambre. S'ensuit une appropriation émouvante de sa chambre : fermer la fenêtre que j'avais ouverte au moment de partir, allumer le chauffage, régler les éclairages, débarrasser le lit des magazines et des vêtements, traîner d'abord sur le lit encore fait, puis le défaire à un moment, puis prendre une douche et se mettre en pyjama, c'est toujours assez laborieux, plier ses affaires dans son armoire, je le fais tout le temps, il y en a qui laisse traîner, puis enlever ses lentilles, geste qui avec le brossage de dents annonce qu'on s'apprête à aller au lit sans compter se relever. On s'endort comme on se console, tourné vers soi-même, situé dans un entre-deux encore conscient entre la journée achevée et celle qui arrive et dont on trace les grandes lignes de l'emploi du temps qu'on connaît un peu. Mais bien sûr chaque jour a sa surprise, son bonbon, sa joie simple mais compliquée, restons-en persuadés.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-70523146550678945?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/70523146550678945/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=70523146550678945' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/70523146550678945'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/70523146550678945'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/10/peut-etre-que-les-problemes-different.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3174723115976949816</id><published>2010-10-17T05:20:00.011+02:00</published><updated>2010-10-25T03:35:44.402+02:00</updated><title type='text'>Le coeur du samedi soir</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/69/60/99/19095208.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 600px; height: 400px;" src="http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/69/60/99/19095208.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;&lt;br /&gt;Avec quelques amis, nous faisons un détour&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;&lt;br /&gt;Serrés dans des écharpes &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;qu&lt;/span&gt;’on nous a tricotées&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;&lt;br /&gt;Il m’a dit « les écharpes c’est un geste d’amour »&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;&lt;br /&gt;Je comprends cette envie de vouloir protéger&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Son visage d’agneau me rappelle d’anciens jours&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Nous sommes en 2010, il faut manifester&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Vertige des rencontres, vertige de son retour&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Ma tristesse se rapproche de la sérénité&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Nous baignons dans la nuit, une nuit américaine&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Et nos pensées sont pour l’un l’autre bien opaques&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Vouloir les deviner, est une tentative vaine&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Je peux penser à lui, à la mort de 2&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;pac&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;« Est-ce que tu penses que l’homme est fait pour le bonheur? »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Emile&lt;/span&gt; me dit que non, « mais il doit le chercher »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Ce garçon de quinze ans, le frère de ma soeur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Est très intelligent, et mérite d’exister&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Les visages rejettent parfaitement la lumière&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;D’une ville dont on pense &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;qu&lt;/span&gt;’elle est trop éclairée&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Son front poudré d’orange sous quelques réverbères&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Marchant, fixant le sol à côté de nos pieds&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Le samedi, cette promesse que je trouve bien vide&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;La joie y est diffuse et vraiment sans raison&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Mais c’est cette liberté qui les rend tous avides&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;D’alcool et de tendresse, approcher la passion&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Je paierai assez cher pour deux ou trois visages&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Ce sera ma collection, je veux les posséder&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Baiser doucement leur front, leur dire « soyez bien sages »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Ils sont comme des chansons, me rappellent au passé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;C’est peut-être ça qui gêne, une fois qu'on se sépare&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Cette personne qui très vite ne pense plus à vous&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Si le visage restait, il n’y aurait pas de cauchemars&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Mais il part comme le reste, nous gardons le dégoût&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Je progresse dans la nuit, je suis bien entourée&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Tout est très clair pour moi: nous devons vivre seuls  &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;C’est une chose à laquelle on ne peut s’habituer&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Souvent j’ai très envie de bien fermer ma gueule&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Cette nuit est magnifique, elle me perce le coeur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Sa répétition n’altère en rien sa bouleversante magie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Tout est dans les contrastes, entre fête et douleur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Je suis entre les deux : joyeuse/anéantie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Nous sommes  bien à Paris, il n’y a rien à craindre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;On peut sympathiser, danser,  rentrer dormir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Faire de nouvelles rencontres, qui oserait se plaindre?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;De ces bonnes actions, cachant l’envie de mourir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Ce soir tu veux atteindre le coeur du samedi soir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Cette zone un peu obscure, qu'on appelle "bar &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;loundge&lt;/span&gt;"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Ces endroits attirants, recouverts de miroirs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Ma faiblesse te dégoûte, il faut que tu t'allonges&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Je t'évoque une vie que tu ne trouves pas souhaitable&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Je ne connais que le calme, mes tympans sont fragiles&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;J'aime beaucoup parler, assise autour d'une table&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;On nous ramène les plats, le serveur est agile&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;Et si on allait manger au restaurant chinois?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Arrêtons-nous&lt;/span&gt; d’abord, laissons parler nos coeurs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;« Nous nous sommes fait du mal, mais je t’aime plus que moi »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=";font-family:Cambria;font-size:130%;"  &gt;C’est bien, dans ces &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;plats-là&lt;/span&gt;, il n'y a jamais de beurre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3174723115976949816?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3174723115976949816/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3174723115976949816' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3174723115976949816'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3174723115976949816'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/10/le-coeur-du-samedi-soir.html' title='Le coeur du samedi soir'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8397937824855731947</id><published>2010-10-13T02:02:00.010+02:00</published><updated>2010-10-14T00:28:30.545+02:00</updated><title type='text'>Grève reconductible</title><content type='html'>&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Le trafic risque d'être fortement perturbé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Sur l'ensemble des lignes de la RATP&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il vous faut consulter, pour plus de renseignements&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Le site mis à jour assez régulièrement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Le signal retentit, les portes vont se fermer&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Les mouvements des derniers deviennent précipités&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Le conducteur jette un oeil bienveillant mais lassé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Dans le rétroviseur, le quai est dégagé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Des bras, des jambes, des sacs, à devoir éviter&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Peu de place pour soi, c'est presque chorégraphique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Si l'envie y était, les gens se câlineraient&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Les occasions sont là, ce serait très sympathique&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Le rapprochement physique n'est pas signe d'amitié&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je surveille bien mon sac, attention aux voleurs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Nous sommes l'homme de l'homme, archi-civilisés&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Sous les manteaux il se dit que battent encore des coeurs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Reste que je ne suis pas fan des tissus irisés&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Qui donne aux costumes l'air d'être très bon marché&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J'ai un plan resserré sur ce bel homme actif&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il me sert sans m'aimer, il me sert sans motifs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Sa main est puissante, responsable, anguleuse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C'est sûr, il doit rendre beaucoup de femmes heureuses&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;De sa manche fleurissent des poils mal contenus&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Au fond le raffinement ne cache rien de l'homme nu&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;L'animal lisse et bleu marine, l'animal bien coiffé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;N'entendras rien de ce que j'aurais à lui dire&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je susurre un "je t'aime", ou un "tu m'as manqué"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Au mieux je le frappe et il pousse un soupir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il écoute sa musique, comme un enfant autiste&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Son regard en hauteur, vers le plan de la ligne&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il ne voit pas les humains, les joyeux et les tristes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Mais remarque de très loin les blondes longilignes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Pour d'autres hommes cette grève s'avère être une aubaine&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Ils peuvent approcher des femmes belles et hautaines&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Laissant vagabonder leur nez derrière leurs cous&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La femme se retourne, sévère, crie "mais vous êtes fou!"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Bientôt immobilisé, on dit quelques "pardons"&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;"C'est ici que je sors", à titre de prévention&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il y a ceux qui se poussent sans vouloir sortir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Cette vieille peur de ne plus pouvoir repartir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Le métro traîne lourdement sur ses pieds&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:georgia;"&gt;Il semblerait avoir excessivement mangé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Soi-même on se sent de nouveau plus léger&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;L'air frais se fait sentir à même les escaliers&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Pour moins de deux euros, on passe le tourniquet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Et l'on pense aux arrêts comme à de jeunes nations&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Distances parcourues sous les monuments classés&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Sortie à Poisonnière, c'est une autre dimension&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8397937824855731947?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8397937824855731947/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8397937824855731947' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8397937824855731947'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8397937824855731947'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/10/greve-reconductible.html' title='Grève reconductible'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5291358562153850689</id><published>2010-10-06T03:25:00.007+02:00</published><updated>2010-10-17T03:14:38.705+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img36.imageshack.us/img36/3150/05102010658.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 629px; height: 471px;" src="http://img36.imageshack.us/img36/3150/05102010658.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;La fac reprenant, je retrouve jour après jour la totalité de l'atmosphère que j'avais délaissée en juin. En particulier cet ennui d'étudiant qui précède la fatigue, une fatigue qui ne vient pas du manque de sommeil mais de l'amollissement intellectuel qui procède de certains cours, celle qui pointe son nez malgré les neuf heures de sommeil, parce que tout semble être non pas endormi mais pire : pris dans une torpeur, un mouvement mou et qui bave un peu. Je me concentre sur ce phénomène, celui de l'ennui, qu'on oublie trop souvent de disséquer alors que l'analyse de l'ennui, de ses effets sur soi est la garantie d'une activité possible dans justement ce qui se caractérise par l'absence totale d'issue, de distractions assez distrayantes pour nous faire oublier l'état initial. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"L'ennui c'est la conscience pure"&lt;/span&gt;, cours sur la conscience de terminale. La scène de mon cerveau est absolument désertée, rien n'y entre et rien ne peut y entrer et la scène devient à elle-même son propre spectacle, son propre objet de contemplation, on applaudit pour faire venir quelque chose, pour encourager les artistes, personne ne vient jamais, on découpe l'attente en petits compartiments de dix minutes qui s'écoulent assez vite, on s'amuse à changer de point de vue : on s'imagine arrivé au bout de la fin du cours, on s'imagine arrivé au milieu du temps écoulé, on s'imagine revenir au début, on s'imagine demain, on voyage entre l'espérance, la victoire et le désespoir&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;. On connaît l'attitude la plus sage face à l'ennui: ne plus penser au temps, ne plus se projeter, ne plus jouer avec les minutes, ne plus rien tripoter, d'ailleurs concernant le temps il n'y a jamais rien à tripoter, il faut &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vivre l'instant présent &lt;/span&gt;qu'on est de toute façon obligé de vivre ou plutôt : il est obligé de nous passer dessus.&lt;br /&gt;D'ici, d'en haut, du 21ème étage d'une tour qu'on regarde attendri par sa laideur, comme un enfant qui n'avait rien demandé, et en se disant qu'elle existera toujours. Le monde est poussiéreux, ce cours n'est rien, ce cours est médiocre, autre chose se passe ailleurs, mille situations et nous sommes bloqués là, on étudie la sociologie et encore on l'étudie mal, ça n'a pas de sens d'être comme ça médiocre, l'honnêteté nous ferait aller dormir. "De toute façon aujourd'hui vous n'apprendrez rien, rentrez chez vous, faites des choses qui vous font plaisir, en sociologie les livres suffisent". &lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;A la fac il n'existe pas de licence de sociologie, seulement des options, c'est une matière qui doit en agripper une autre pour être crédible, un peu comme toutes les matières d'ailleurs mais un peu plus que les autres. Ce qui distingue le lycéen de l'étudiant c'est que l'étudiant, du seul fait de son choix connaît la valeur ou croit connaître la valeur de ce qu'il étudie, il la porte en lui dans les couloirs de la faculté, il la représente. Au lycée au mieux on représente le bac. C'est pour ça qu'à l'université on peut parler de différentes humanités: ceux qui font économie et ceux qui font philosophie n'ont absolument rien à se dire, la sociologie est au milieu de tout ça, peu d'étudiants s'attachent  elle.&lt;br /&gt;Le brassage à souvent lieu dans les ascenseurs, c'est là seulement qu'on peut entendre un très bref aperçu de ce que donne les TD d'économie ou de je ne sais quoi, mais dans les grandes lignes chacun se débarrasse assez vite de sa malveillante curiosité à l'égard des autres disciplines, et chaque discipline se résume à peu près ainsi: les économistes sont des débiles qui n'auront bientôt plus de vie hormis celle du bureau, les philosophes sont des snobs cherchant à se rendre incompréhensibles par tous les moyens, les géographes ne sont rien, les historiens n'ont qu'à apprendre par coeur sans jamais réfléchir, les étudiants en histoire de l'art sont des pédants bizarrement incultes, les étudiants en droit n'ont pas de personnalité, les étudiants en littérature jubilent à l'idée de surinterpréter un texte. On se retrouve aussi parfois rassemblés en cours de langues ou de sociologie. En cours d'anglais j'ai parlé à des filles passionnées par la gestion et qui voulait faire ça depuis la troisième, et ça me rendait triste; je n'ai pas essayé de parler de moi et de creuser le fossé, quand on peut ne pas faire naître l'incompréhension c'est bien de ne pas le faire, on ne peut pas se faire confronter des certitudes intimes, c'est trop tard. Le monde est vaste, on ne peut pas parler à tout le monde, c'est bien d'éliminer aussi.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Et cette abrutie en cours de sociologie qui ne veut pas choisir de textes à présenter en sociologie "ça m'est égal, y'a rien qui...tout me va", avec cette tête un peu ironique, un peu larguée, façon "tout est de la merde" alors que les textes et les auteurs que le prof écrit au tableau devraient l'écraser de respect : je dois faire quoi? les lire? les apprendre? ça servirait à quoi : ils existent sans moi, ils brillent sans moi. Ce n'est pas ici et ce n'est pas moi qui deviendrait quelque chose au bout de quelques contrôles continus. L'enseignement de la sociologie est tel que je me demande comment est-ce qu'on pourrait se professionnaliser, être utile à quelque chose du moins à soi-même. Un enseignement doit transformer: apprendre à lire transforme, apprendre l'existence de la philosophie aussi, on peut parler de "déformation éducative", il y a un avant et un après, on empiète un peu plus sur le réel. La sociologie transforme, parce que la sociologie passe le clair de son temps à clarifier sans cesse des situations, à établir des typologie, des concepts qui ordonnent immédiatement le réel. D'abord pour ça la sociologie transforme, mais de façon plus générale son seul principe, la seule conscience de l'existence d'une science qui ne pense pas que la société soit la nature et que nos actions et jusqu'à nos pensées sont déterminées par des faits sociaux qui les dépassent et nous donnent ce sentiment très ancien (qui doit être la première des intuitions liée à la sociologie) de pouvoir parfois étiqueter, classer, prévoir les comportements des autres et les siens propres. Savoir seulement ce qu'est la sociologie, ce qu'elle propose comme maîtrise sur le monde, et laissez l'imagination deviner le reste, les détails. Déceler ça et là et par soi-même, dans sa  vie de tous les jours ce qui peut être un objet d'études pour la sociologie, ce qui donne le sentiment de posséder des lois implicites et connues depuis longtemps, se rendre compte que tout est objet d'études, c'est un jeu d'adultes, un jeu qui donne l'illusion d'une toute puissance encore mal maîtrisée et qui s'accroît avec l'étude.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5291358562153850689?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5291358562153850689/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5291358562153850689' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5291358562153850689'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5291358562153850689'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/10/la-fac-reprenant-je-retrouve-jour-apres.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6163958585817899438</id><published>2010-10-03T05:11:00.007+02:00</published><updated>2010-10-03T06:00:08.635+02:00</updated><title type='text'>Colgate</title><content type='html'>&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Si des robots méchants devaient avoir une technique de nettoyage ils nettoieraient comme ma soeur ou encore ma mère: c'est-à-dire sans se préoccuper du bouleversement que causera tel ou tel nouvel emplacement d'un objet appartenant à la personne, élaguant sans états d'âme tout ce qui dépasse, ne se préoccupant pas des emplacements affectifs, des choses que l'on garde, qui font désordre mais que l'on ne souhaite pas voir disparaître. Le superflu affectif sous toutes ces formes est à combattre, même la cave doit être en ordre. C'est comme ça que récemment, mes cinq ans d'abonnement à Technikart ont failli passer à la poubelle; je les garde comme ça, pour ne pas les jeter, on ne peut rien contre les piles, elles sont plus fortes que vous, il faut les laisser vivre. Et puis la cave est faite pour ce genre d'objets à demi-voulus à demi-gardés, mais ma mère quant à elle désire ardemment les jeter; désir mou de garder, désir violent de supprimer. Au fond si des manuscrits d'écrivains importants finissent par disparaître ce n'est pas que la famille les trouve obscènes mais c'est qu'ils font désordre, alors on balance.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; Je me souviens que Paul Valéry (on ne peut citer Valéry qu'en le paraphrasant, il est l'auteur qui se laisse le plus facilement assimilé, son miel devient si vite le nôtre, parce que la vie fait que l'on se retrouve très souvent à devoir refaire le chemin de certains raisonnements qui n'aboutissent, non pas à nos anciennes et partielles conclusions mais désormais aux siennes, à celles qu'ils nous a imposées par la force autoritaire de son intelligence. Si vous désirez vous rendre meilleur rapidement et à moindre frais, lisez Valéry) disait qu'il fallait ranger les objets là où on viendrait spontanément les chercher, par une sorte de réflexe de gestes. Si la tasse est mieux dans la salle de bain que dans la cuisine, et bien allons-y pour la cuisine.&lt;br /&gt;Donc je disais, ma soeur est conne, et quand elle se décide à ranger, ce qui arrive de moins en moins souvent, c'est l'inhumanité qui s'exprime à travers elle. Elle est capable de jeter ce qu'il ne lui plaît pas, ce qui est rétif à son rangement. Si par exemple je lui ai donné un vêtement et qu'elle n'a pas envie de le ranger elle décide qu'elle ne le veut plus et me le rend, il devient donc mon désordre et non plus le sien. C'est rigolo. Et révoltant. Et ca dure depuis que je suis consciente et qu'on partage notre chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc je m'apprêtais à me brosser les dents, réflexe qui n'est souvent perturbé par rien, geste à la fois le plus humain, le plus artificiel et le plus inconscient du monde. Il m'est d'ailleurs déjà arrivé d'être parfois exceptionnellement consciente que j'allais me brosser les dents que je ne me souvenais même plus de la couleur de ma brosse à dents: d'un seul coup ce geste qui consiste à reconnaître et à saisir dans un même mouvement sa brosse à dents me devenait juste impossible. Etait-elle rouge ou rose? Je l'avais toujours su sans le savoir, la question en fait ne s'est jamais posée. C'est une expérience à vivre, je vous la souhaite. Mais aujourd'hui il n'y avait rien à saisir, et je connaissais bien ma brosse à dents puisqu'il me fallait la distinguer d'une autre brosse à dents presque semblable mais dont le logo différait. La mienne c'est la Colgate, la sans marque est à quelqu'un d'autre; mais j'espère que ce quelqu'un d'autre fait le même chemin vers cette pensée : la Colgate est à quelqu'un d'autre pour lui. Mais au fond mieux vaut ne pas y penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas de Colgate et encore moins ma plus ancienne brosse à dents qui je le savais était encore dans le pot, on ne sait pas pourquoi, ça aussi on ne jette pas, on jettera quand elle deviendra la troisième dauphine, et puis parfois quelqu'un se décide à mettre les points sur les i : cinq membres dans la famille et 10 brosses à dents : qui est à qui, mon père vient alors nous consulter dans notre chambre : "la tienne c'est laquelle?".&lt;br /&gt;Je pressens le drame, je demande à ma soeur ce qu'elle en a fait, j'ai déjà le ton énervé, il n'y a pas de lente progression vers le cri, je crie déjà. Par réflexe elle commence par d'abord tout nier comme pour affirmer son innocence fondamentale, celle qui subsiste malgré ses crimes quotidiens. Ensuite j'ai le droit au "attends..." et elle se lève. Quand elle se lève c'est qu'il y a quelque chose à rectifier, sinon elle ne bouge pas et elle crie elle aussi. Elle se lève sans un mot, comme pour dire "laisse moi faire", elle cherche dans la poubelle et s'explique. Elle me dit que la brosse avait les poils bizarres, complètement écartés, parce que j'ai la bonne/mauvaise habitude de les écraser contre mes dents. Le brossage de dents à toujours été pour moi un exercice de douce haltérophilie, ce n'est pas de ma faute. Donc les poils écartés comme ça c'est suspect, c'est le signe d'une brosse à dents abandonnée depuis longtemps, pour moi il s'agit de la forme la plus épanouie qu'elles puissent prendre, elle est au printemps de sa vie. Je me sens comme humiliée, je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu'elle remet en cause ma technique de brossage, si innocente, si pleine de bonne volonté, elle en fait une pratique déviante; même pour ça je ne peux pas être normale, je suis obligée de me faire remarquer sur un terrain où le monde exprime une inquiétante régularité. Je bronche, j'insulte, je me plains et vais me chercher une autre brosse à dents, encore toute naïve de ses poils bien droits, bien studieux, bien zélés, qui ne demandent qu'à s'épanouir. Si certains y voient un massacre, lui précède cet autre massacre plus universel encore et pourtant banalisé du tube de dentifrice.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6163958585817899438?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6163958585817899438/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6163958585817899438' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6163958585817899438'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6163958585817899438'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/10/colgate.html' title='Colgate'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-7883600901108766658</id><published>2010-09-30T10:30:00.017+02:00</published><updated>2010-10-01T01:32:00.707+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://arbane.zumablog.com/images/283/on_the_beach.png"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 500px; height: 500px;" src="http://arbane.zumablog.com/images/283/on_the_beach.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:85%;"  &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt; &lt;/span&gt;&lt;a style="font-family: trebuchet ms;" href="http://www.deezer.com/listen-677484"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;span&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-677484"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Ce matin je n'avais rien à faire alors j'ai mis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Neil&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Young&lt;/span&gt;, je me suis dit que si on me demandait je dirais que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;On &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;the&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;beach&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;est de loin son meilleur album, même si je ne les connais pas tous. J'ai l'impression qu'il a fait beaucoup d'albums live et c'est le genre de trucs que je n'achète jamais, un live c'est une photocopie de photocopie qui n'intéresse que la figure fade du collectionneur. Il y avait une pile de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;CD&lt;/span&gt; sur le bureau, que des vieux albums ressortis des premiers étages, des premières années de ma discothèque. J'écoute beaucoup de musique en ce moment, peut-être qu'au fond je n'arrive qu'à ça, cela suppose une concentration minimale, on peut penser en même temps, ça permet la langueur alors qu'il faut être fort pour aller au cinéma et fort pour lire. J'ai toujours adoré écouter de la musique dans mon lit, surtout le matin avant d'aller à la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;fac&lt;/span&gt;, ça m'arrive souvent, je crois que c'est un des plaisirs les plus parfaits de ma vie, innocent, facile à prolonger et d'une extrême efficacité. Me préparer avec de la musique, danser un peu avant de partir à la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;fac&lt;/span&gt;, je construis cette intimité rêveuse contre le monde. J'ai trop connu le plaisir d'un certain enchaînement dans les chansons, je déteste ne pas avoir les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;CD&lt;/span&gt;, j'aime l'odeur de papier des livrets et le plastique neuf du boîtier qui grince un peu quand on l'ouvre, j'aime la très lente appropriation des chansons, les différents types de plaisir qui peuvent exister. Je colle les autocollants promotionnels au dos du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;CD&lt;/span&gt;, je n'arrive pas à les jeter. Bien sûr ce sont des plaisirs trop délicats dont je pourrais très bien me passer s'ils venaient à disparaître un jour; je n'aime pas l'opiniâtreté dans le raffinement.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Avoir mon âge c'est n'avoir presque que vécu, du moins après l'âge d'or du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Hit&lt;/span&gt; Machine et du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;CD&lt;/span&gt; single, la lente et douloureuse agonie du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;CD&lt;/span&gt;, les discours alarmistes sur le déclin des ventes. C'est s'être figuré les maisons de disques comme étant de méchants requins vivant le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;téléchargement&lt;/span&gt; illégal comme un gros bras d'honneur à leur égard. C'est aussi les artistes embarrassés, devant à la fois expliquer au public qu'ils aimeraient bien vivre de leur musique sans pour autant croire que celui-ci reviendrait par pure bonté à payer plus de 10euros un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;CD&lt;/span&gt; à la qualité incertaine, et puisqu'un artiste est censé être &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;coul&lt;/span&gt;, il se doit d'aller dans le sens du public. Voilà la situation depuis quelques années, à bien des égards inintéressante pour le public parce qu'elle concerne le support; problème que chacun d'entre nous a réglé presque inconsciemment, sans se poser de questions ni faire intervenir la morale. A présent l'instinct de survie à encore une fois tout arrangé: les artistes font plus de concerts, et des formes diverses de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;mélomanie&lt;/span&gt; cohabitent en attendant que Papa &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;Hadopi&lt;/span&gt;, du moins en France, se charge d'en supprimer quelques unes. Les supports n'ont jamais été autant variés, j'ai des amis qui sortent encore des vinyles en soirée et enchaîne avec &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;Deezer&lt;/span&gt;, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;Youtube&lt;/span&gt; ou encore des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;CD&lt;/span&gt; gravés. D'autres perdraient la totalité de leur discographie avec un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;bug&lt;/span&gt; de leur ordinateur; bref la musique se vit enfin comme elle doit se vivre je crois: avec liberté et embarras du choix.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je n'ai jamais éprouvé le besoin de musique en dehors de chez moi, ou alors je sais attendre. J'ai eu des machines portatives mais j'ai maintenant des problèmes d'oreilles et je me suis vite rendue compte que je n'écoutais pas ce que me disais mes écouteurs, j'éprouvais un écoeurement, un décalage, et puis on triture n'importe comment la chanson. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;Ecouter&lt;/span&gt; de la musique dans les transports c'est amputer la réalité d'une de ces facettes. C'est le plus souvent imposer une bande son inadéquate, trop solennelle, à un cadre qui ne le mérite pas, comme dans les mauvais films: cela procure de l'émotion pour pas cher, ajoutez à ça le ralenti et vous êtes chez &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;Wes&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;Anderson&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J'aime invoquer le souvenir imprécis, imparfait d'une chanson, pour ensuite la retrouver incroyablement flamboyante, meilleure que ce que j'imaginais, "ce refrain c'était donc ça", cela marche à l'inverse du cinéma, où le souvenir d'une scène est toujours plus parfait que la scène elle-même, la musique est toujours plus belle que dans nos souvenirs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Un jour j'ai lu dans Rock&amp;amp;Folk, je crois que c'était Hubert Félix &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;Thiéfaine&lt;/span&gt; qui disait "il faut éprouver le manque de la musique pour pouvoir encore l'apprécier", et j'ai changé mes habitudes depuis ce jour.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je suis devenue une vieille &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;conne&lt;/span&gt;, qui craint un peu la nouveauté mais encore plus la profusion de la nouveauté. Avant je savais m'y retrouver, il suffisait de lire la presse spécialisée, aujourd'hui ça me dégoûte vite, je reste méfiante à l'égard de l'écrit quand il n'est pas purement littéraire, j'ai mon opinion bien arrêtée sur le journalisme, comme tout le monde. Je reviens surtout à mes anciens &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;CD&lt;/span&gt;, ils me rappellent des atmosphères passées, le plaisir est redoublé. J'essaye quand même de renouveler mes goûts, de découvrir des choses, le plus souvent j'achète les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;CD&lt;/span&gt; que je n'ai pas encore de vieux groupes morts. Il y a cette faiblesse qui consiste à répudier tout ce qui fait l'objet de trop d'attention, qui à trop de succès, je suis tellement comme ça, j'ai nié l'existence de beaucoup de groupes. Oui alors donc, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;Neil&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;Young&lt;/span&gt;, je ne prends pas de risques, ce sont des écoutes confortables, j'y pénètre à pas feutré et il y fait chaud au fond de sa mythologie, la pochette de&lt;span style="font-style: italic;"&gt; On &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;the&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;beach&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; transpire la fin de l'été, une promenade sur la plage un peu plus habillé que d'habitude. J'ai l'impression qu'il parle à des vieux loubards grisonnants et que je commets une imprudence à écouter ces histoires qui ne doivent pas être de mon âge. Ça accompagne très bien le vague à l'âme, c'est une sorte de western crépusculaire, des comptines pour inconsolables, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;Neil&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;Young&lt;/span&gt; est un vieil aigle qui sent la poussière, c'est la figure du sage, d'un sage pas forcément stoïque mais pétri de passions ou plutôt de souvenirs de passions, ces paroles ne disent absolument rien, on ne pleure pas à vouloir les traduire, on est même extrêmement déçu, il n'y a jamais eu que la mélodie chez lui, des mélodies qui vous rendent fou, il nous fait passer du côté très prisé de la fiction.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je ne sais pas comment on en vient à s'approprier les albums de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_34"&gt;Neil&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;Young&lt;/span&gt; qu'on trouve d'abord ennuyeux jusqu'à qu'on en perce le secret rouge sang. Il suffit de les laisser tourner dans la chambre plusieurs jours, puis certains passages finissent par être reconnaissables, on note le numéro de la plage, puis on la répète et on ne fait que patiner plusieurs jours sur la surface de cette plage qui parfois déborde sur la suivante qui est elle aussi pas mal non plus. Et on finit par aimer le tout, par accepter les chansons plus faibles: au fond, même une mauvaise chanson passe vite, nous échauffe pour la suivante. A la fin de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;On &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;the&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_37"&gt;beach&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; on attend toujours le monument &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_38"&gt;indétrônable&lt;/span&gt; de 9 minutes, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ambulance Blues&lt;/span&gt;, même pas chiant, juste parfait.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Donc je suis dans mon lit, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;Emile&lt;/span&gt; me ramène un café parce que je lui rends souvent service, et je ne m'en veux pas de rien faire puis que je ne fais pas rien, au fond j'écoute de la musique, je m'accorde ce répit, et quand l'album se terminera je le remettrai au début. Les plaisirs égoïstes supplantent très bien les projets et les ambitions pour la journée, c'est toujours un petit chemin à exécuter, qui va du lit à la chaîne &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;hifi&lt;/span&gt; ou à la bibliothèque, ou encore à la cuisine.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il y a ce moment où le gong retentit "si je sors pas je meurs", mourir équivaut à déprimer au fin fond du samedi. Il faut essayer de ne pas faire arriver certaines pensées jusqu'au cerveau, pour cela il suffit de bouger, car se fixer c'est s'offrir comme habitat, comme réceptacle fixe à une série de mauvaises pensées qui tournent dans l'air. Les mauvaises pensées tournent dans l'air en attendant de se fixer, les bonnes ne se fixent pas, elles nous traversent et repartent.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Au fond on ne sait pas bien partager la musique, et ça finit toujours en &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;name-dropping&lt;/span&gt; insupportable, on ne peut ni bien parler de la meilleure minute d'une chanson et parfois même on ne connaît pas les titres, tout cela appartient à un monde trop flou et trop subjectif, la musique est la solitude de la mémoire en acte. C'est comme vouloir partager un rêve troublant ou un souvenir qui est tout pour nous, une fois qu'on s'essaye à le communiquer on se retrouve confronter au drame de l'incommunicabilité, on passe même pour égoïste alors qu'on voulait émouvoir les autres autant qu'on est ému. Beaucoup de choses nous rappellent à cette solitude fondamentale à commencer par la paire d'écouteurs individuelle qu'on tente de partager non sans inconfort: pour une écoute parfaite, possiblement émouvante, on sait qu'il faut les deux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-677484"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;Neil&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;Young&lt;/span&gt; - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;Harvest&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;Moon&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-7883600901108766658?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/7883600901108766658/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=7883600901108766658' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/7883600901108766658'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/7883600901108766658'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/09/ce-matin-je-navais-rien-faire-alors-jai.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6573989356495052549</id><published>2010-09-26T23:25:00.007+02:00</published><updated>2010-09-26T23:57:10.890+02:00</updated><title type='text'>Dimanche soir</title><content type='html'>Le trottoir luisant&lt;br /&gt;sous les lampes à sodium&lt;br /&gt;me donne le sentiment&lt;br /&gt;d'être sur un podium&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une soirée de dimanche&lt;br /&gt;Il y a les cinémas&lt;br /&gt;Et pour être un peu franche&lt;br /&gt;Il n'y a même que ça&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le manque de volonté&lt;br /&gt;Me permet peu de choses&lt;br /&gt;Je ne peux que marcher&lt;br /&gt;Ca n'demande pas grand chose&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà une heure funeste&lt;br /&gt;Où j'ai pour seule pensée&lt;br /&gt;L'envie assez modeste&lt;br /&gt;De vouloir me tuer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais personne ne le voit&lt;br /&gt;C'est une souffrance latente&lt;br /&gt;Et comme je marche droit&lt;br /&gt;On me pense vivante&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'activité n'est rien&lt;br /&gt;Elle n'est qu'une façade&lt;br /&gt;Qui dissimule bien&lt;br /&gt;L'individu malade&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ouvre mon parapluie&lt;br /&gt;L'eau glisse sur sa peau&lt;br /&gt;J'aimerais être comme lui&lt;br /&gt;Imperméable aux maux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une métaphore surgit&lt;br /&gt;A propos de la pluie&lt;br /&gt;Son lointain grondement&lt;br /&gt;Comme des applaudissements&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personne pour vérifier&lt;br /&gt;Si mon image est bonne&lt;br /&gt;Pour les envies de parler&lt;br /&gt;Il y a le téléphone&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6573989356495052549?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6573989356495052549/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6573989356495052549' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6573989356495052549'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6573989356495052549'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/09/dimanche-soir.html' title='Dimanche soir'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3283741646379207177</id><published>2010-09-25T02:26:00.004+02:00</published><updated>2010-09-25T02:55:21.195+02:00</updated><title type='text'>Le poème froid</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Aux personnes qui préfèrent le froid&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Hé bien les garçons deviennent un peu tristes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Pendant quelques temps, ils ne verront pas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Le corps des nanas, leurs bras et leurs cuisses&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Parce qu'il fait quand même de plus en plus froid&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;L'imagination imaginera&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Reconstituera, tout ce qui se planque&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Mais je pense plutôt, qu'ils n'y pensent pas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Une sorte d'absence ne laissant pas de manque&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Je suis  bien contente, qu'il refasse froid&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Dans mes habits chauds, je suis vraiment moi&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Les gens sont mignons, chaudement enrobés&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Comme des sortes de Ferrero Rocher&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;On boira du thé, des soupes mordorées&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;On lira beaucoup, des livres étrangers&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Sortant du ciné il fera frisquet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Mais les bus sont plutôt bien chauffés&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3283741646379207177?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3283741646379207177/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3283741646379207177' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3283741646379207177'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3283741646379207177'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/09/le-poeme-froid.html' title='Le poème froid'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6860777959288767947</id><published>2010-09-23T02:10:00.014+02:00</published><updated>2010-09-23T23:59:36.233+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img801.imageshack.us/img801/9782/vlcsnap2010092011h15m11.png"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 576px; height: 432px;" src="http://img801.imageshack.us/img801/9782/vlcsnap2010092011h15m11.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Un  petit rire complice parce qu'on attendait devant les toilettes ensemble, vous teniez un livre noir dont je n'arrivais pas à lire le titre, habillé comme un baroudeur, des boucles poivre et sel, un choix de style bizarre, que je n'arrive pas à comprendre. La façon dont s'habillent certains hommes, ceux particulièrement qui échappent à la mode et à la chemise de travail, m'est souvent incompréhensible: pas tout à fait négligée parce qu'on sent qu'ils tiennent à certains détails, certaines originalités, une coquetterie profondément personnelle, qui ne dépend d'aucun canon. C'est peut-être dur à se figurer ce dont je parle mais quand on le voit on comprend.&lt;br /&gt;Je comprends un peu plus l'intention de certains jeunes coquets qui aiment mêler l'élégance d'une chemise avec des vêtements &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;streetwear&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;. C'est d'ailleurs de plus en plus énervant, un peu redondant, on comprend très vite l'idée, une élégance &lt;span style="font-style: italic;"&gt;cool&lt;/span&gt; adaptée aux exigences de la ville, une sorte de "je ne suis pas là où vous m'attendez, je suis quelqu'un qui surfe sur plusieurs vagues, je ne me prends pas au sérieux, je porte ma chemise avec un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;sweat&lt;/span&gt; à capuche". Il faut toujours se méfier des gens trop actuels, le genre à avoir un compte &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Twitter&lt;/span&gt;, le genre Vincent &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Glad&lt;/span&gt;. On les sent dépendre de choses qu'ils ne &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;maitrisent&lt;/span&gt; pas, extérieures et fluctuantes, bref ils sont creux, ce sont des journalistes.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Je ne comptais pas sortir de la journée mais je ne pouvais pas rater ce &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Wilder&lt;/span&gt; rare, j'ai donc fait le déplacement, j'ai même payé la place. Le film était un pur chef-d'oeuvre, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;Wilder&lt;/span&gt; fait un cinéma qui me relie personnellement aux hommes/ aux autres. Quand tout vous incite à couper les ponts, le cinéma est un bon rempart, qui infuse en vous des figures idéales. J'étais au deuxième rang avec personne devant moi ni dans ma rangée, j'avais un peu visualisé le public, il y avait un garçon en t-shirt bleu, un couple aussi peut-être, et vous qui aviez fini par me tenir la porte des toilettes mixtes; on ne devait pas être plus de six ou sept.&lt;br /&gt;Je suis sortie de la séance, purifiée de joie, je suis retournée aux toilettes histoire de me laver les mains et pour vérifier mon rouge à lèvres qui est toujours en équilibre instable, je me demande tout le temps comment il fait pour ne pas déborder, il reste suspendu sur les lèvres, c'est assez fascinant. Vous y étiez aussi et vous m'avez souri en articulant je ne sais quoi, parce que c'était la deuxième fois qu'on se retrouvait aux toilettes ensemble, c'est bien drôle. J'ai eu un sourire franc, appréciant tout de même la pauvreté du contact.&lt;br /&gt;En sortant des toilettes, je me suis dit "il va venir me parler", c'était trop gros, vous étiez en train de regarder les programmes des cinémas Action et au seul bruit de la porte vous avez levé les yeux. Je suis partie doucement pour ne pas vous donner l'impression de vous fuir, me portant moi-même, autonome et naturelle, donnant l'impression de n'espérer rien d'autre qu'un retour solitaire. Le plus souvent le public de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;l'Action&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;Ecole&lt;/span&gt; s'évapore vite, alors qu'on devrait partir plus lentement, discuter du film, profiter de la promiscuité du cadre, des cafés de la rue et du film si discret au milieu d'une si vaste programmation qu'il faut vraiment vouloir le voir pour s'y rendre. Nous avons forcément tous un point commun ou une chose à nous dire, et plus les cinémas sont petits plus les gens qui vont aux mêmes séances que vous risquent de vous intéresser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous ai senti derrière moi, ce n'était plus qu'une question de minutes, je tentais de garder cette marche naturelle et rêveuse qui suit une sortie de cinéma. Vous étiez certainement en train de résoudre un conflit intérieur "j'aborde ou j'aborde pas", ou peut-être étiez vous déjà très décidé, me laissant un petit moment, peut-être jusqu'à ce poteau. Je fixais mon ombre sur le sol, je trouvais que j'avais les cheveux longs: je voyais des mèches sortir de mon bras, "peut-être est-ce pour ça qu'il veut me parler", ce qui &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;plait&lt;/span&gt; est souvent repérable sur soi-même.&lt;br /&gt;Tout est toujours question de psychologie sociale, on passe de rôle en rôle et sous votre regard, j'étais désormais la fille qu'on aborde, et pendant ce laps de temps pendant lequel vous vous échauffiez vous me laissiez alors le temps de me faire à ma nouvelle peau. Vous êtes tombé dans le piège d'une brune aux lèvres écarlates, je parie 100€ que sans ce rouge à lèvres, vous n'auriez pas vu mon visage décoloré. Ce rouge c'était la vie et c'est aussi la femme; je n'en veux à personne, mais promettez moi de ne pas être déçu s'il nous arrive de parler plus longuement ou si vous vous apercevez qu'un visage vaguement aperçu et parfois plus attrayant qu'un visage observé. Je ne sais plus me présenter, j'ai peur d'oublier les politesses, j'ai du mal à dire "au revoir", je veux que l'on se départage équitablement la parole. Je ne me méfie absolument pas, un homme n'est pas un loup, ou alors on en fait un loup quand ça nous arrange, quand il est un peu lourd, mais la plupart du temps on est juste un peu embêtée de devoir hausser le ton pour s'en débarrasser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choses ne changent pas, malgré nos individualités, on est empêtrés dans toute une série de codes et de précautions, c'est un peu fatigant, et notre discussion n'est qu'une série de tentatives pour pouvoir en sortir, comme l'avion dans le film qui cahote longuement, ondulant au ras du sol avant de s'envoler franchement.&lt;br /&gt;Nous marchons soudainement à distance égale, vous êtes bien habile, "le film vous a plu?", comme si la discussion reprenait, vous étiez bien mignon et bien sûr de vous-même. Alors je vous ai fait partagé mon avis, initialement programmé pour n'être partagé avec personne, oui c'était magnifique. Vous aviez aussi adoré, et êtes passionné d'aviation "c'est pour ça que je suis venu", aussi conscient que moi qu'il s'agissait d'un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;Wilder&lt;/span&gt; rare, le mot qui revenait c'est qu'il s'agissait d'un film très humain.&lt;br /&gt;J'ai parlé en des termes très élogieux, très superlatifs, de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;Billy&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;Wilder&lt;/span&gt;, disant qu'il était proche selon moi d'une sorte de sans fautes dans sa filmographie. On longeait toujours la rue des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;Ecoles&lt;/span&gt;, c'est une longue ligne droite et sereine. Je sais que c'est en traversant la rue &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Saint-Jacques&lt;/span&gt; que vous m'avez dit "mais pour être passionnée comme ça de cinéma, vous faites des études?". La suite consistait à parler de soi le plus objectivement possible, on délivre à l'autre la première couche superficielle de soi-même, de toutes manières sur soi-même il n'y a que &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;ca&lt;/span&gt; à dire d'à peu près sûr, le reste est encore un peu confus. Je n'étais pas contre, ma situation me résume bien, alors qu'un employé de banque voudra certainement défendre qu'il est autre chose, pour ma part je suis ce que mon activité dit de moi, avec l'imaginaire que cela suppose. Quant à vous vous enseignez la sociologie politique du Moyen-Orient, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;d'Afrique&lt;/span&gt; aussi je crois, enfin votre ton me faisait comprendre que ça ne servait à rien de préciser. Vous êtes revenu à Paris il y a quatre ans, après avoir travaillé à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;l'ONU&lt;/span&gt;, enseigner vous laissait du temps pour aller au cinéma, étudier et lire. Arrivé boulevard &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;Saint-Michel&lt;/span&gt; je vous ai demandé par où vous passiez, comme pour interrompre un peu la rêverie des épanchements mutuelles. On aurait pu certainement aller à la dérive, mais il est suspect de changer ses projets pour un inconnu, même quand on en a pas et que l'on va juste rentrer chez soi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y avait deux choses possibles qui auraient été brusques de votre part, le "vous prenez un café?" que j'aurais je pense accepté,  parce que j'ai du mal à aller au café la nuit toute seule et que j'en avais envie. Il était encore tôt, notre rencontre apportait quelque chose de festif à la soirée, bref, on aurait bien discuté jusqu'à ce que j'entame une deuxième interruption d'ordre pratique, portant sur l'horaire des derniers métros.  Je dirai la deuxième chose plus tard, poursuivons un peu. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;J'en étais à cracher un  peu sur Chabrol et vous à me demander si "Le beau Serge" était bien,  "puis de toute façon, le cinéma français...", j'étais dans les grandes  lignes d'accord avec vous, et gardais mes exceptions au fond de ma  bouche&lt;/span&gt;. &lt;span style="font-family:arial;"&gt;J'habite &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"  style="font-family:arial;"&gt;Courbevoie&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;, vous connaissiez la piscine olympique de &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"  style="font-family:arial;"&gt;Courbevoie&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; et vos parents habitent toujours en banlieue, vous habitiez &lt;/span&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"  style="font-family:arial;"&gt;Nanterre&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt; plus jeune, maintenant  dans le 18ème. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:85%;"  &gt;On a parlé de choses qui personnellement m'intéressent ou qui finissent par intéresser quiconque fréquente beaucoup les cinémas du quartier. J'aime bien voir que d'autres personnes y sont sensibles, cela concernait les programmations des cinémas, la carte &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;UGC&lt;/span&gt; et les quelques rebelles qui ne l'acceptaient pas encore. Vous m'avez dit que les cinémas  qui l'acceptaient étaient apparemment soumis à certaines programmations, je vous citais quelques cinémas qui y échappaient quand même, vous avez dit qu'au fond vous ne saviez pas. Je regardais devant moi, m'autorisant parfois à fouiller votre visage de profil et qui dépendait beaucoup des éclairages, je le voyais changeant et coloré, creusé d'ombres lisses, je pense avoir été fixée sur une tranche d'âge approximative : début de la quarantaine. Il fallait aussi me décider : étiez vous plaisant à la discussion et même physiquement? Vous aviez une bonne voix, votre profession et votre vie large comme un monde m'intéressaient, votre visage était compliqué à saisir, on pouvait vous définir comme un quadragénaire séduisant, au visage sec, qui gagnait à perdre en jeunesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous m'avez demandé mon prénom avant que je ne vous quitte Métro Odéon, et vous ne m'avez pas demandé mon numéro de téléphone, ce qui est la deuxième chose que j'ai apprécié de voir manquer. Vous m'aviez confié aller souvent à la Filmothèque, et je vous ai beaucoup parlé du Reflet &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;Medicis&lt;/span&gt;, bref soit vous comptiez encore une fois sur le hasard pour nous réunir, ce serait alors un peu dérangeant : &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;faudrait-il&lt;/span&gt; par exemple s'asseoir l'un à côté de l'autre au cinéma? Soit vous comptiez seulement agrémenter votre trajet d'une discussion avec la fille des toilettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'aucune façon on ne s'engageait l'un envers l'autre, et j'ai aimé cela même si d'un autre point de vue on peut trouver que c'est vexant, je mets cela sur le compte de votre intelligence: les moyens mis en oeuvre pour entrer en contact avec un être humain diffère selon qu'on soit un rustre ou un homme délicat, soucieux de ne pas irriter. Il faut en toutes relations et malgré les désirs de posséder certaines personnes, toujours laisser l'autre absolument libre parce que justement, il reste au fond absolument autre. La meilleure façon de prévenir les désirs est encore de ne pas imposer les siens. C'est bien ça que j'apprécie dans certaines amitiés, sentir des liens transparents qui ne dépendent ni de la fréquence des rendez-vous ni de je ne sais quel autre détails pratiques,&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:85%;"  &gt; comme une lien assez long et lâche pour qu'on ne puisse pas en ressentir la résistance lorsqu'on s'éloigne un peu.&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:arial;font-size:85%;"  &gt; La fidélité se construit dans une approbation mutuelle des intelligences, quand elle a lieu, rien ne l'annule, sinon le fait de décevoir par certains comportements.&lt;br /&gt;Vous espériez qu'on se revoit dans le coin un jour, espoir que j'estime fragile et en même temps facile à contenter; tout peut arriver, il y a tellement de séances, on peut être dans beaucoup d'endroits différents, nos corps prennent si peu de place et sont si peu visibles.&lt;br /&gt;Vous m'avez laissé à mon métro, vous comptiez marcher dans la nuit alors que j'étais condamnée à une ballade moins fluide et plus nauséabonde dans les transports &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;souterrains&lt;/span&gt;. Dans la rame, de jeunes musiciens insupportables avec des voix molles de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;branleurs&lt;/span&gt; se racontaient qu'ils avaient la flemme de plein de trucs, cruauté des contrastes. J'ai écrit un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;sms&lt;/span&gt; à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;Juliette&lt;/span&gt; pour lui raconter, cela apaisait le vertige de la rencontre. A mes yeux les rencontres sont toujours pleines de gravité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span d=""  style="font-family:arial;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6860777959288767947?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6860777959288767947/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6860777959288767947' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6860777959288767947'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6860777959288767947'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/09/un-petit-rire-complice-parce-quon.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-1138011043990765172</id><published>2010-09-22T01:33:00.008+02:00</published><updated>2010-09-23T17:18:56.934+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;RENFERMEMENT &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;NOCTURNE&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;Après minuit, je ressens comme le sentiment du monde&lt;br /&gt;Tout est calme sur les corps, mais mon esprit rugit&lt;br /&gt;Les heures lisses s'écoulent, ma plume met au monde&lt;br /&gt;Je m'endors; le sourire du travail accompli&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est difficile d'être lu autant que l'on voudrait&lt;br /&gt;Lorsqu'on n'est au fond, personne pour les autres&lt;br /&gt;On finit par ne plus se rendre présentable&lt;br /&gt;On ne parle que pour soi, jouissance de se comprendre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'inhabituel a je crois, toujours fait souffrir&lt;br /&gt;Mais on compte sur soi-même pour être malléable&lt;br /&gt;Faire des souffrances nouvelles, un donné confortable&lt;br /&gt;De ses éternels défauts, un nouveau monde à lire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'une minute à l'autre, je peux être le plus fort&lt;br /&gt;Par la confiance en soi, tout deviendrait possible&lt;br /&gt;Les relations aux autres, souvent inadmissibles&lt;br /&gt;Muées en surfaces sereines, d'écoute et de renforts&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passer toutes ses années à vouloir s'expliquer&lt;br /&gt;Alors que persiste ce trouble, ce trouble dramatique:&lt;br /&gt;la rage de vouloir dire, l'indifférence publique&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au centre de mes doutes&lt;br /&gt;Je reste persuadé&lt;br /&gt;Qu'il faut que l'on m'écoute,&lt;br /&gt;pour pouvoir m'aimer&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-1138011043990765172?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/1138011043990765172/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=1138011043990765172' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1138011043990765172'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1138011043990765172'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/09/apres-minuit-je-ressens-comme-le.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6772902613314823842</id><published>2010-09-21T02:15:00.007+02:00</published><updated>2010-09-21T02:39:35.790+02:00</updated><title type='text'>Poésie comme ça</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Le matin est pareil à un film, qu'on ne devrait pas rater&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Se sentir être le meilleur parce qu'arrivé le premier&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;A la radio : météo et chroniques, un peu avant huit heures&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Ma bouche reprenant connaissance avec la tartine de beurre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Je pense vaguement aux probabilités&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Des dormeurs tardifs de matinée&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Endormis par la fatigue féconde&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;De trop de larmes versées contre le monde&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Pour eux un simulacre de rituel débutera à l'heure du déjeuner&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;La ville brûlant depuis des heures de sa poétique quotidienneté&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Métro Tolbiac: une cigarette, un panini, en attendant midi trente&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:verdana;"&gt;Heure du cours hebdomadaire, portant sur Emmanuel Kant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6772902613314823842?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6772902613314823842/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6772902613314823842' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6772902613314823842'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6772902613314823842'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/09/poesie-comme-ca.html' title='Poésie comme ça'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6698249621651954233</id><published>2010-09-11T15:05:00.001+02:00</published><updated>2010-09-11T04:05:43.885+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;a href="http://media.lesinrocks.com/uploads/tx_inrocksttnews/ladygaga-alejandro-979.jpg"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 0px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 644px; height: 204px;" src="http://media.lesinrocks.com/uploads/tx_inrocksttnews/ladygaga-alejandro-979.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"En second lieu la délicatesse de goût est favorable à l'amour et à l'amitié, qui restreignent notre choix à un petit nombre de gens et nous rendent indifférents à la compagnie et à la conversation de la plus grande partie des hommes [...] Mais, pour faire allusion à l'expression d'un célèbre auteur français, le jugement peut être comparé à une horloge ou à une montre, où la machine la plus ordinaire suffit à dire les heures. Mais seule la plus élaborée peut désigner les minutes et les secondes. Quelqu'un qui a bien assimilé la connaissance des livres et des hommes a peu de plaisir, si ce n'est en la compagnie de quelques amis choisis. Il ressent de manière trop sensible les insuffisances du reste de l'humanité par rapport aux notions qu'il a nourries. Et, ses affections se trouvant ainsi confinées à l'intérieur d'un cercle étroit, il n'y a pas à s'étonner qu'il les pousse plus loin si elles étaient plus générales et moins distinguées. La gaîté et l'espièglerie d'un compagnon de table deviennent avec lui amitié solide, et les ardeurs d'un appétit juvénile, élégante passion."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;David Hume, &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;De la délicatesse du goût et de la passion, Essais Esthétiques&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Septembre a toujours eu quelque chose d’un peu spécial, de très vivant. Déjà quand j'étais collégienne et lycéenne c'était un mois qui savait couler agréablement, sans se faire sentir. Dans une nouvelle tenue et une odeur de protège-cahier je faisais ma rentrée et pendant tout le mois de septembre je ne me sentais à aucun moment assaillie par le travail mais en passe de le devenir. Je savourais ce sursis pendant lequel les choses prenaient simplement le temps de s'installer. Ca venait progressivement et je restais sensible à ce progrès : comment passe-t-on d’une période neuve où les professeurs ne connaissent pas encore les prénoms de leurs élèves encore tout bronzés et presque motivés pour travailler, à une période d’ennui, de répétition, d‘évaluation. Je rentrais du collège et du lycée et je m’endormais très douillettement, je me souviens que je vivais n‘importe comment. Je me souviens que je dormais tout le mercredi après-midi en écoutant &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:lucida grande;font-size:85%;"  &gt;Forever Changes&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt; de Love, jusqu’à ce que ma mère me réveille en gueulant pour que j’aille chercher Emile au centre aéré. Je faisais rarement mes devoirs, je les trouvais ennuyants, j'avais la grande vie sur internet. J’ai donc toujours aimé septembre, c’est une période douce, un mois autonome, un mois de transition où l‘on réapprend des gestes qui serviront toute l‘année, un mois où les nouveaux objets affluent. Il y a les rentrées des chaînes de télé, des radios, la rentrée littéraire, la rentrée scolaire, tout le monde rentre quelque part, on réapprend à réinvestir sa place ou à en investir une autre. A toutes les échelles de la vie les événements légers se chevauchent. Septembre est une sorte de renaissance artificielle, de saison inventée par l'homme.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui septembre est un mois que je ne pensais pas si dur à écouler mais qui dans sa tristesse a quelque chose de doux. Je me sens un peu perdue, quand je me réveille vers midi, je mange du Nutella au creux d'une journée déjà entamée pour un paquet de gens. Je cherche un ordre à mes activités, un ordre que je semble avoir perdu. Je ne sais pas ce que je dois faire, je sais qu’il n’y aura pas de mission, pas de devoir, juste de grasses occupations et un sentiment de satisfaction ou d’insatisfaction au bout de la journée. Les cinémas, conscients de notre désoeuvrement nous bombardent avec cette pub de jeunes débiles qui marchent en souriant vers le MK2 Bibliothèque « 1 Max 2 Ciné, 1 place achetée = 1 place offerte seulement pour les moins de 27 ans ». Il y a donc les cinémas, et la lecture, mais je n'arrive plus à m'intéresser sincèrement à quelque chose, seulement à Houellebecq en fait. Je n'arrive plus à me concentrer, je n'arrive pas à m'arrêter de penser à des choses, pas des choses graves, juste un défilé de faits, d'objets, de projets, des pensées sur un tapis roulant. Un jour ma concentration reviendra, je sais que tout est temporaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès que je suis rentrée de Malte j'ai dû demander à Juliette ce que je faisais de mes journées avant, elle m'a tout rappelé. J'ai dit d'accord et j'ai refait comme avant sauf que je n'y croyais plus. D'un côté c'est dérangeant de vouloir faire autrement quand on ne peut pas, alors j'ai aménagé le temps autrement et maintenant je reste un peu plus longtemps au lit. Je ne sors qu'en soirée, car les soirées à la maison sont dangereuses, le monde se dresse contre vous et vous paniquez silencieusement, à 23 heures le calme revient un peu. En soirée donc, mieux vaut s'agiter dehors et faire croire que vous êtes parmi les choses et que les choses sont concernées par vous.&lt;br /&gt;Réfléchir un peu en profondeur c'est réfléchir dangereusement, c'est finir par penser que rien ne vaut le déplacement et finir insensiblement par ne plus se déplacer. J'en viens même à penser que les choses de l'art qui parfois consolent ne valent que pour les personnes en bonne santé et que pour les tristes l'art équivaut à du sel dans une assiette vide.&lt;br /&gt;Quant à la vie sociale, on peut avoir 19 ans et penser vaguement à en faire son deuil : quand on ne sait pas rassembler, que les discussions molles, inessentielles nous irritent, qu'on pense ne rien avoir à dire de spécial à personne: mieux vaut rester alité. A présent, au fond de toutes activités il y a un désespoir lasse qui brille un peu.&lt;/span&gt;&lt;span style=";font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-4709938"&gt;Lady Gaga - Alejandro &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6698249621651954233?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6698249621651954233/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6698249621651954233' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6698249621651954233'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6698249621651954233'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/09/septembre-toujours-eu-quelque-chose-dun.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3466327828093023416</id><published>2010-08-21T22:27:00.003+02:00</published><updated>2010-08-21T22:44:09.134+02:00</updated><title type='text'>The Malta Experience</title><content type='html'>&lt;a href="http://img819.imageshack.us/img819/8724/vlcsnap2010080604h57m09.png"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 640px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img819.imageshack.us/img819/8724/vlcsnap2010080604h57m09.png" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;Dans un pays chaud, pendant les vacances, ce que je n'aime pas c'est d'avoir sans cesse affaire avec l'ensemble de mon corps. C'est toujours mon corps de haut en bas qui proteste, qui s‘impose à moi-même, cette jambe blanche n‘est pas à moi, je le vois plus que d’habitude, ce n’est pas une idée qui me plaît, le voir en maillot, le voir bronzer, le voir subir le choc du soleil-chaud, de l’eau-froide. Je vois mes cuisses, mes jambes, qui a dit que je voulais les voir? J'ai toujours agréablement oublié mon corps derrière ma chemise et mon pantalon, j'étais chemise, j'étais pantalon, jamais corps, vêtue je suis déguisée mais aussi un peu mieux moi-même. Je dois me tourner pour regarder comment va mon dos, je suis sans cesse humiliée par la prédominance du corps et mes pensées soumises à ce nouveau rythme n'existent qu'en s'opposant, je les sens bouillir toute la journée. Les hommes marchent en maillot dans la ville, pieds nus, torse nu, je n'en demandais pas tant. L'inélégance est le mot d'ordre et l'excuse est la chaleur, l'humidité, je vois tout chez tout le monde, je suis assaillie, mitraillée de chair, rose, blanche, caramel, jusqu’à l’écœurement parfois, quand je commence à trop y penser. Des femmes je peux en voir presque tout le corps mais rarement leurs yeux cachés derrière leurs lunettes. Je n'ai pas affaire à des hommes, pas dans ces conditions. Je demande le visage, on m'offre des cuisses et des dos anonymes, abrutis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me dis, je ne vais pas rester toute la journée à l'hôtel, alors je sors, je marche sur la côte, il n'y a ici que deux choses : des restaurants, des sortes de &lt;em&gt;diner,&lt;/em&gt; et puis des boutiques de souvenirs qui débordent un peu de leur domaine et vendent des chaussures, des écharpes, des tongs, des sacs, des maillots, des paniers, que sais-je encore. Ca sent fort la mauvaise matière, le plastique des bouées, le skaï des chaussures et des produits bon marché exhalent sous le soleil une odeur chaude et chimique vite remplacée par des vapeurs de viande, de friture du snack à côté qui enchaînent sur une odeur d'essence, de ces odeurs qu’on pense autant nauséabonde que nocive. L'insupportable odeur de transpiration d'un homme qui passe devant moi vient me surprendre alors que je goûtais dans un mouvement d‘attirance-répulsion l‘odeur de l'essence, l’odeur d’un autre corps que moi, ce que vraiment je ne peux pas supporter. Le soleil, borgne, impitoyable, m'écrase du talon avec précision, si loin et pourtant si précis dans ses cibles. Ma peau est inconfortable, gercée, irritée, rêche à la piscine quand elle n'est pas trempée, brûlée, rougie sous le bleu autiste du ciel ; le contact avec moi-même m'est inconfortable, mes membres ne peuvent pas se toucher, ma peau ne peut pas s'éprouver, elle s'insupporte.&lt;br /&gt;Mon seul plaisir je le trouve dans le réconfort et le soulagement de tous ces maux triviaux, indignes d'un homme : pénétrer le hall froid, frais et international de mon hôtel et puis ma chambre dans laquelle tourne incessamment l'air conditionnée, trouver des yeux "Le Monde" qui disparaît vite des kiosques et que je passe le plus clair de mon temps à chercher dans cette ville,. Seul objet qui me soit familier, réconfortant, qui me parle vraiment, trouve toujours des choses à me raconter sans qu’elles aient pourtant une vraie utilité, j’oublie vite mais j’aime qu’on me raconte des histoires lointaines mais réelles d'un monde que j'ai quitté pour deux semaines et duquel Malte est absolument exclu. Combien de villes et de pays rongés par l'ennui pour quelques villes excitantes? Je ne dis pas que rien ne se joue à Malte, qu'il n'y a pas dans les rapports humains et quotidiens des choses qui méritent d'être su, mais tout semble être plus dur pour celui qui vient d'arriver et qui repart bientôt, rien ne lui ait possible. Il ne peut que jouer au touriste et se gaver, se badigeonner des simili-charmes que lui offre l'île et qui ne correspondent à rien qui soit son authentique identité, son essence. Tout se joue ailleurs et je sais maintenant que le seul vertige du voyage ne s’éprouve que lorsqu’on perçoit par hasard et toujours par effleurement le quotidien des gens qui y vivent. Mais le touriste se mêle aux choses sans vraiment se mêler, il exige ce qui précisément l’éloigne de ce qu’il devrait vivre: un certain confort, le luxe et l’hospitalité dont il pense avoir droit, pas dépaysé culinairement, il mange des pizzas, des pâtes, des sandwichs et des hamburgers; il tombe de sommeil dans une chambre surclimatisée avec la chaîne de son pays à la télé, il va sur internet, comme moi, ne se déconnecte au fond jamais vraiment et parle anglais avec les serveurs et les réceptionnistes; toujours guidé, accompagné, rassuré, choyé. Il entre par effraction là où il devrait s’immiscer sur la pointe des pieds, s’excusant de déranger par caprice estival un peu de l’ordre du monde qui ne peut rien dire; Malte ne vit que du tourisme. L’exigence du touriste dénature le voyage, mais c’est aussi le pays qui intériorise ses exigences, s’oblige à plaire, à s'atténuer lui-même, à ne pas froisser par trop de folklore, d’opacité.&lt;br /&gt;Je fais attention en traversant, il n'y a pas de passages piéton et je n'ai pas envie de mourir ici ni d'attirer l'attention sur moi. Je me réveille sans atermoiements, d’un coup, et réalise où je suis et que je suis affamée, on n'a pas une seule chose à manger dans la chambre et les repas, en dehors du déjeuner, se prennent à l'hôtel. Il y a un grand buffet et je mange comme on se console. J'aime ces laps de temps où ma mère ne parle pas de projets pour la journée ou pour demain et qu'elle me laisse l'illusion de croire que nous resterons dans la chambre à lire, à se moquer des chaînes allemandes et à dire des gros mots. Mais rien de tout cela: elle veut tout visiter et vite et ne se pose pas la question de savoir si cela vaut le coup ou non, mais je sens au fond de tous ces gestes l'épuisement de l'ennui qu'elle ne manifeste pas aussi explicitement que moi. Je refuse tout et passe la journée seule, me sentant épiée toute seule à la piscine, préférant remonter, prendre une douche, lire, allumer la télé et aller à la dérive; Lady Gaga me subjugue, les chaînes italiennes sont effrayantes. J'ai bien fait de ramener cette vingtaine de livres, savoir que je peux les lire, qu'ils sont là, que je ne manquerai pas de lectures, ça me soulage. Accompagnée je suis saoulée, seule je déprime vite, l'ennui n'offre aucun répit car même si on lit un très bon livre on est toujours embêté, tourmenté par les circonstances dans lesquelles on le lit. &lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3466327828093023416?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3466327828093023416/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3466327828093023416' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3466327828093023416'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3466327828093023416'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/08/malta-experience.html' title='The Malta Experience'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2970176945706751439</id><published>2010-08-16T21:56:00.001+02:00</published><updated>2010-08-16T22:00:01.885+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Pour peser la valise ma mère commence d'abord par se peser toute seule, puis enfin elle se pèse en portant la valise et en déduit son poids, visuellement ça donne un truc rigolo cette femme se penchant sur le côté pour mieux supporter la charge, un premier souvenir de vacances&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Idéalement le voyage devrait être téléportation, c'est trop de contraintes qui me fatiguent rien que d'y penser : la valise, cet esprit de prévision, quel temps? quel besoin? comment recréer ailleurs l'espace intime, toute cette organisation, cette ponctualité, cette précision qui ne sont pas humaines, nous sommes oublieux, désorganisé, désordonné, le voyage est d'abord inhumain. Ici à cette heure tel siège, 15 kilos par personne, ces papiers, tous ces oublis à éviter, on devrait se laisser aller, prendre un toboggan et se retrouver tout de suite dans une autre ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ramenant ses films et ses livres avec moi je ne joue pas le jeu du voyage, je ne joue pas le jeu du dépaysement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Paris est effroyablement mélancolique et doux ces temps-ci, les promenades nocturnes sont d'excellente qualité, on se laisse aller à une triste joie de vivre, des touristes achètent des glaces, j'en achèterai bien si je n'étais pas toute seule, j'arrive à aller au café toute seule mais le café la nuit je n'assume pas encore alors je marche sans me fixer, et puis je ne sais jamais choisir alors je ne choisis pas et c'est peut-être mieux, ne pas choisir c'est ne rien exclure, en imagination je suis partout, à côté de cet homme seul, de cette famille qui mange et boit des choses dépareillées. Je n'aime pas l'idée de faire mes meilleures promenades au moment de partir, ça me rend morose.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2970176945706751439?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2970176945706751439/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2970176945706751439' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2970176945706751439'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2970176945706751439'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/08/pour-peser-la-valise-ma-mere-commence.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5725482790263823554</id><published>2010-08-12T03:09:00.020+02:00</published><updated>2010-08-14T01:07:54.933+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://thepinksmoke.com/images/bandofoutsiderslouvre.jpg"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 498px; CURSOR: hand; HEIGHT: 373px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://thepinksmoke.com/images/bandofoutsiderslouvre.jpg" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;"Qu'il fasse beau, qu'il fasse laid; c'est mon habitude d'aller sur les 5 heures du soir me promener au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Palais-Royal&lt;/span&gt;. C'est moi qu'on voit, toujours seul, rêvant sur le banc &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;d'Argenson&lt;/span&gt;. Je m'entretiens avec moi-même de politique, d'amour, de goût ou de philosophie. J'abandonne mon esprit à tout son libertinage. Je le laisse maître de suivre la première idée sage ou folle qui se présente, comme on voit dans l'allée de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Foy&lt;/span&gt; nos jeunes dissolus marcher sur les pas d'une courtisane à l'air éventé, au visage riant, à l'oeil vif, au nez retroussé, quitter celle-ci pour une autre, les attaquant toutes et ne s'attachant à aucune. Mes pensées, ce sont mes catins. Si le temps est trop froid, ou pluvieux, je me réfugie au café de la Régence; là je m'amuse à voir jouer aux échecs. Paris est l'endroit du monde; et le café de la Régence est l'endroit de Paris où l'on joue le mieux à ce jeu."&lt;/span&gt; &lt;/em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le Neveu de Rameau&lt;/em&gt; - Denis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Diderot&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Je me demandais : &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;existe-t-il&lt;/span&gt; pour les siècles passés des décennies qui trouvaient matière à se distinguer les unes des autres? &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Pouvait-on&lt;/span&gt; évoquer tout un imaginaire collectif en parlant des années 60 au 15ème siècle?&lt;br /&gt;C'est actuellement bien commode de pouvoir penser aux années 60 ou aux années 80, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;Philippe&lt;/span&gt; Manoeuvre nous en parle sur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;Arte&lt;/span&gt;, on en connaît la mode, la musique, le mauvais goût, la naïveté inhérente au passé, et on aime se dire que telle décennie est dépassée et à présent inoffensive, qu'elle a eu son lot d'erreurs, ou qu'elle reviendra à la mode. Cela doit être rassurant de hachurer le temps en petites décennies, c'est très pratique pour tout le monde, on peut parler de la "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;beat&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;generation&lt;/span&gt;", du "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;flower&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;power&lt;/span&gt;" ou de la "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;new&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;wave&lt;/span&gt;" et tout le monde comprend, tout le monde situe. Mais je me dis que ces décennies closes sont le résultat de ce qui au 15ème siècle n'existait pas aussi parfaitement que maintenant : les médias. Et si nous nous amusions à flouer un peu les frontières entre les décennies, à mettre en commun le temps des hommes, à le vivre comme nous sommes en train de le vivre, sans vue d'ensemble déformatrice. On hachure du mieux qu'on peut le passé proche, et plus on s'en éloigne plus cela devient lointain, incertain, on parle de siècle, d'"environ", de millénaire, et nos décennies si évocatrices tendent un jour à se perdre dans ces environs.&lt;br /&gt;_________ &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Louvre&lt;/span&gt; il y a un moyen de repérer les visiteurs français, ils tiennent les plans à bordure bleu -une guide s'est jetée sur moi en m'abordant en français grâce à ça- ils sont souvent seuls et surtout : ils sont les seuls à lire les légendes sous les tableaux qui ne sont qu'en français.&lt;br /&gt;C'est le moment de petite rencontre silencieuse, ou par un hasard on se retrouve poliment devant le même tableau, à lire la même légende qui suppose un rapprochement, sans savoir tout à coup comment se comporter, quoi regarder, combien de temps rester devant le tableau, comment ne pas donner à l'autre le sentiment qu'on le suit mais qu'en toute logique on va d'un tableau à l'autre...comme lui. Les yeux ne peuvent pas vraiment adopter d'attitude et s'embrouillent à exprimer une forme de neutralité, on ne peut pas faire le concentré ni l'indifférent, et le juste milieu est impossible, on se sent épié. Lorsque nous ne sommes pas observé du coin de l'oeil nous savons toutes ces choses. Le plus souvent cela se finit quand notre ami silencieux feint de ne pas jouer le même jeu que nous, et nous quitte pour une autre salle, sans regrets, nous rappelant ainsi à notre devoir de sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On devrait pouvoir tracer le cheminement des visiteurs dans un musée, entre les très lents, les trop rapides, les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;toujours-assis&lt;/span&gt;, ceux qui de tous les tableaux préfèrent toujours la fenêtre, ceux qui balaient du regard, ceux qui scrutent un peu trop en détails. Tracer le cheminement mais faire aussi une typologie des regards.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Souriant devant une oeuvre qui parlait d'un père condamné à mourir de faim et dont la fille qui venait lui rendre visite lui donnait le sein, tableau magnifique, un homme s'est presque précipité sur la légende pour voir qu'est-ce qui pouvait provoquer ce type de connivence avec un tableau. Essayer une fois, de pleurer, de sourire, de réagir devant une oeuvre, elle deviendra immédiatement la vôtre et on vous jalousera ce lien. A l'inverse prendre en photo c'est toujours et encore plus éloigner l'oeuvre de soi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aller au musée est toujours quelque chose de physique et de corporel :cela met en jeu tout le corps et finit par le fatiguer, j'ai beau me dire "n'y va pas en talons", même en espadrilles je me trouve toujours épuisée par le seul fait de soutenir si longtemps mon propre poids. Au musée tout est illuminé, tout se voit, tout est regard, notre champ d'action est à la fois très large et restreint par la seule présence des autres, une présence qui juge toujours, qui modèle l'espace : il faut donc beaucoup d'espace pour dissoudre les tensions sinon cela deviendrait vite étouffant d'implicite, "ici c'est à moi", "elle me colle trop", "il me gêne sans le savoir", etc.&lt;br /&gt;On ne peut rien saisir, empoigner, on peut se raccrocher à un guide quelconque mais on est la plupart du temps démuni, il faut sans cesse exprimer de savantes attitudes lorsqu'on marche, lorsqu'on s'arrête, c'est un monde très subtil ou le rapport supposé individuel à l'oeuvre finit par ne plus pouvoir s'empêcher de considérer les autres autour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On retrouve cette situation peu habituelle : se retrouver face à un tableau, que faire? Car on regarde toujours, les yeux ouverts ne peuvent pas s'empêcher de voir, on voit toujours, le tableau est devant moi et j'attends, pourtant une certaine méthode mentale et non perceptible du dehors doit faire la différence, doit me rendre la chose intéressante, où est le choc esthétique? Je ne cherche plus que ça, le reste m'intéresse peu.&lt;br /&gt;Parfois je me fais surprendre, mais ce n'est jamais l'oeuvre mais toujours des pensées coïncidant avec une certaine oeuvre, je me revois la semaine dernière en train de fixer la cuisse diaphane de je ne sais quelle déesse, de chaudes larmes sont venues.&lt;br /&gt;Mais le plus souvent je m'amuse, je balaie le tableau, je remarque les détails qui sont parfois le plus signifiant, les symboles disséminés un peu partout, symbolique évidente de l'époque et qui maintenant parait comme indéchiffrable. Les lions représentent la force et les anges sur les lions représentent l'amour plus fort que la force, les hyènes représentent le désaccord, la mort est toujours un squelette poussérieux tapi dans l'ombre, efficacement terrifiant. La salle Rubens est construite comme une énorme bande dessinée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut toujours regarder deux choses dans un tableau :&lt;/div&gt;&lt;div&gt;- l'image, ce qui est représenté en dehors de son support, ce qui est un peu au devant de la toile : le ciel, l'arbre, le visage, par exemple&lt;/div&gt;&lt;div&gt;- tout ce qui doit être normalement oublié: l'état du support, son usure, le vernis, les craquelures, la peinture en tant que pigment, non pas le ciel mais le bleu qui joue au ciel, à la fin de ce petit jeu là le tableau devient tout abstrait.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;Faut-il&lt;/span&gt; prêter une égale attention aux tableaux? Au début on essaye mais l'assiduité ne tient pas la distance, il faut savoir "feuilleter". On comprend que les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;chefs-d'oeuvres&lt;/span&gt; sont parfois reclus à des angles perdus d'une pièce sombre pendant que trônent des horreurs héroïques en pleine lumière. Au bout de deux heures on ne sait plus ce qu'on regarde, on ne sait plus pourquoi on regarde, on regarde mal, et partir est alors une bonne idée. De toute façon le temps d'arriver à la sortie on passe devant une centaine de tableaux, la visite continue malgré nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a beaucoup d'ennui dans un musée, les gens pensent que le musée est bien pour tout le monde tout le temps. Qui veut comprendre qu'il faut aller au musée uniquement si l'envie se fait sentir, si vous vous lassez des images et des fausses couleurs de votre monde, que vos pensées désirent s'accrocher à des objets, que vous voulez éprouver le sentiment du sacré ou sentir le simple vertige du temps. Qu'est-ce que le temps? Certaines salles de musée l'expriment mieux que personne.&lt;br /&gt;Je trouvais vertigineux le seul fait de me retrouver seule en milieu d'après-midi avec une tapisserie du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;Moyen-Age&lt;/span&gt; à qui personne ne pense, que personne ne regardait sauf moi, que je ne savais pas déchiffrer, que je ne trouvais pas belle mais qui me terrifiait énormément par sa pompe brillant derrière son mauvais état comme une vieille dame très maquillée, son sujet religieux, sa seule ancienneté qui m'ordonnait le respect. Elle n'avait rien de la figure du présent, de sa brièveté, de sa futilité, mais elle était bien là, exposée dans un musée en 2010, donc actuelle. Je pouvais m'amuser à la toucher, il y a des salles qui n'ont pas même besoin de surveillant, mais elle m'apparaissait comme forcément irréelle, pleine de valeurs bizarres. Tapisserie qui ne demandait rien à personne au fond d'une de ces salles bien tenues mais esseulées du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;Louvre. C&lt;/span&gt;e n'est pas à elle qu'on mettrait une vitrine de protection, ce n'est pas elle qu'on prendrait en photo, mais elle tient tout de même à être conservée, accrochée au mur elle s'accroche à la vie, me faisant doucement la morale, me toisant comme je la toisais. C'était le présent qui toisait le passé et inversement, l'un se remettant en question par l'autre : qui est le passé, qui est le présent, qui va durer, qui croit durer. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Il y a ces groupes dissuasifs qu'on arrive à semer une fois les caisses passées, plus on entre en profondeur dans le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;Louvre&lt;/span&gt; moins il y a de personnes. On dirait que la pyramide de verre suffit à certains. Le groupe: il y a toujours celui qui traîne derrière, qui s'assoit là où il peut et étant le plus éloigné du chef de groupe sans qui personne n'organiserait rien et qui ne se pose qu'en temps voulu la question de la fatigue ou de la faim. Entre ces deux extrêmes les autres membres du groupes prennent place, le paresseux qui se guérit, la fatiguée qui sait se taire, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On en voit beaucoup passer des touristes avachis comme un jour de fin du monde et pour qui la journée n'est qu'une succession d'attente entre deux pauses. Pourquoi imposer aux gens des musées si la disposition d'esprit n'y est pas? On ne leur dévoile rien, on leur gâche tout. La flânerie est le secret en toutes choses, un juste milieu entre distance et intérêt, activité et repos, concentration et divagation. Les touristes japonais sont les seuls qui ont l'air de requins, tous actifs jusqu'au plus jeune, ne regardant un tableau qu'à condition de placer un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;camescope&lt;/span&gt; ou un appareil photo entre eux et l'oeuvre. On passe son temps à éviter d'être dans le champ de leur machine de merde, en évitant leur champ on entre alors dans le champ d'un touriste allemand qui prenait lui aussi une photo de telle sorte que dans une grande salle la majorité de l'espace peut être implicitement occupée, hors d'accès.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5725482790263823554?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5725482790263823554/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5725482790263823554' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5725482790263823554'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5725482790263823554'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/08/quil-fasse-beau-quil-fasse-laid-cest.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3465710694265638322</id><published>2010-07-31T19:09:00.006+02:00</published><updated>2010-08-01T00:57:40.246+02:00</updated><title type='text'>à 18 heures</title><content type='html'>A 18 heures je remarquais subitement et en des termes naïfs que la vie n'avait pas de sens, de motivations&lt;br /&gt;et la fatigue s'est abattue sur moi&lt;br /&gt;18 heures, c'est comme une transition, entre deux mondes de la journée&lt;br /&gt;le devoir d'activité et son affaiblissement&lt;br /&gt;seulement, les conditions dans lesquelles cette révélation nous vient, le plus souvent au beau milieu de la ville et de l'activité, nous oblige à poursuivre ce que nous prenons désormais pour une course aussi bête qu'insensée&lt;br /&gt;et détournant les yeux, nous faisons comme si nous n'avions rien remarqué&lt;br /&gt;pas même ce goût amer au fond du coeur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3465710694265638322?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3465710694265638322/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3465710694265638322' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3465710694265638322'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3465710694265638322'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/07/18-heures.html' title='à 18 heures'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2490561290569455772</id><published>2010-07-28T22:51:00.012+02:00</published><updated>2010-07-30T02:56:27.304+02:00</updated><title type='text'>☻</title><content type='html'>&lt;a href="http://img13.imageshack.us/img13/1203/vlcsnap2010070717h26m28.png"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 512px; CURSOR: hand; HEIGHT: 384px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img13.imageshack.us/img13/1203/vlcsnap2010070717h26m28.png" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;A C. qui m'écrit pour me dire d'écrire plus souvent, car elle s'ennuie pendant son travail d'été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;"Je formai là-dessus, d'avance, un système de vie paisible et solitaire. J'y faisais entrer une maison écartée, avec un petit bois et un ruisseau d'eau douce au bout du jardin, une bibliothèque composée de livres choisis, un petit nombre d'amis vertueux et de bon sens, une table propre, mais frugale et modérée. J'y joignais un commerce de lettres avec un ami qui ferait son séjour à Paris et qui m'informerait des nouvelles publiques, moins pour satisfaire ma curiosité que pour me faire un divertissement des folles agitations des hommes. Ne serai-je pas heureux? ajoutais-je; toutes mes prétentions ne seront-elles point remplies? Il est certain que ce projet flattait extrêmement mes inclinations. Mais, à la fin d'un si sage arrangement, je sentais que mon coeur attendait quelque chose, et que, pour n'avoir rien à désirer dans la plus charmante solitude, il y fallait être avec Manon."&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Manon Lescaut&lt;/em&gt; - L'Abbé Prévost&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regardant ce qu'il y a à faire à Malte, où ma mère me traîne mi-août, je me disais que les pays manquaient d'un discours non-touristico-hystériques sur eux-mêmes, et qu'on peut trouver dans les livres, quand les écrivains parlent parfois sobrement de leurs voyages.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Un pays sans Office du tourisme et qui vendrait calmement sa marchandise, exemple improvisé :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;"A Paris il y a des rues, des feux tricolores, des boulangeries, un métro étouffant qui sent mauvais, mais d'un mauvais qui diffère selon les lignes (détails des odeurs cf p. 130). La plupart du temps le cadre est gâché par les hordes de touristes, parfois inhumains, parfois discrets quand ils sont moins de soixante dix, d'ailleurs on ne vous le dira jamais assez : évitez les monuments, les cartes postales ont déjà tout dit. Essayez de ne pas venir dans cette ville pour manger au Mcdo et finir au Starbucks, ce serait dommage. On ne peut pas trop vous dictez vos activités, tout ceci dépend de vos humeurs, si vous êtes plutôt dépressif et toujours fatigué n'hésitez pas à vous attardez dans votre lit jusqu'à midi, n'oubliez pas que rien ne vaut qu'on se lève de son lit, pas même Paris. Si vous n'êtes pas convaincu, levez vous quand même, nos musées ont la grande classe et ferment assez tôt". [...] Paris est une ville normale pour les parisiens, par sursaut ils se rendent compte de leur "chance", disons ce n'est que comparativement à des bleds pourris sans tabac ouvert après minuit que celle-ci se pare de mille avantages&lt;/em&gt;."&lt;br /&gt;------------------------------------------------------------------------------------------------------&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;"Un couple, ça a le goût du riz au thé vert", in &lt;em&gt;Le goût du riz au thé vert&lt;/em&gt; d'Ozu.&lt;br /&gt;------------------------------------------------------------------------------------&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Il faut aimer les cinémas pour de multiples raisons dont la plus importante est qu'ils restent ouverts les jours où rien ne l'est. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;--------------------------------------------------------------------&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Conversation ignoble d'un type (terme péjoratif) dans le train dans son costume marron avec des rayures tennis, j'aurais pu l'assommer avec mon livre&lt;br /&gt;"fonctionnaire des impôts, fonctionnaire au Ministère de la justice, elle elle est fonctionnaire, lui aussi....plan plan-tranquille-pépère, ils sont pas stressés de la vie......mais elle elle me le dit, si on savait combien on était payés pour ce qu'on doit faire, c'est scandaleux...(rires)"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:Trebuchet MS;"&gt;ajoutez à ça une voix de demeuré profond, l'ensemble était beaucoup plus provocant que la retranscription que j'en fais, j'ai sacrifié la première page de mon livre pour noter vite fait son sale langage.&lt;br /&gt;------------------------------------------------------&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"&gt;Ma mère est rentrée, elle a fait les courses, j'avais fait une petite liste dont 'barres de céréales, fruits rouges", elle m'en a pris deux boîtes, je les ai vues dans le placard. Je me suis dit qu'elle savait faire les gestes qui rassurent, faire naître le sentiment du "manque de rien". Une mère, parfois, est investie de cette mission.&lt;br /&gt;-----------------------------------------&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on lit et que progressivement on a plus de pages à gauche, qu'à droite du livre ouvert. Le meilleur moment étant quand on en a presque autant dans les deux, que c'est équilibré.&lt;br /&gt;-------------------------------&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu bêtement, au milieu d'un film, je me suis dit que tout pouvait devenir habituel: tel restaurant d'abord très nouveau, telle personne d'abord intimidante, tel trajet d'abord dur à retenir. Il y a l'habituel-ennuyeux et l'habituel sans conséquences, exemple : avoir huit heures de philosophie par semaine avec MF, &lt;strong&gt;(ajout:&lt;/strong&gt;) &lt;strong&gt;j'aurais pu en redemander, c'était à chaque instant brillant et très important, l'habitude est une disposition d'esprit.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;-----------------&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;strong&gt;L'enquiquiné/l'enquiquineur&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;On a tous quelqu'un qu'on aimerait toujours voir, tout le temps embêter, quelque soit nos humeurs. "Je ne veux voir personne" signifiera toujours "personne sauf lui". On est toujours l'enquiquineur de quelqu'un, et l'enquiquiné par quelqu'un. Après, tout dépend de notre façon de nous arranger avec cette personne, soit on la harcèle, soit on se tait et on s'impatiente en silence, on pense à des scènes avec elle en attendant, on accepte de la voir rarement ou même jamais, faute de pouvoir accepter autre chose.&lt;br /&gt;A l'inverse, quand on joue le rôle de l'enquiquiné, on n'hésite pas à être ferme, cruel et catégorique, sans faire le lien une seule fois entre cette personne qui veut toujours nous voir et notre statut à temps partiel d'enquiquineur. Cela nous rendrait plus indulgent et compréhensif, on y retrouverait ce qu'on vit dans une autre dimension de notre vie, et on céderait à tous ses désirs, à toutes ses propositions de sorties jusqu'à que indigestion s'ensuive, sauf que s'il y a bien un luxe qu'on se permet dans la vie, c'est celui de ne pas &lt;em&gt;se forcer&lt;/em&gt; avec les gens.&lt;br /&gt;Au fond on ne se voit qu'enquiquiné. "je comprends ce que je provoque chez les autres, je suis digne de convoitise"&lt;br /&gt;Il y a je crois deux dimensions dans une vie, celle des désirs, des manques et qui est à l'origine de cette souffrance masquée qu'est l'ambition, et l'autre comme celle où l'on est soi-même objet de désir et de manque. S'attarder dans l'une ou dans l'autre est nocif, idéalement il faudrait savoir ce que l'on vaut (la bonne réponse sera toujours : peu de choses) et l'accepter non sans souffrance tout en voulant se modifier soi-même, en évitant de vouloir se distraire de soi-même. L'ambition étant ce qu'elle est, il s'agira de la masquer du mieux qu'on peut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;+ 3 nouvelles photos d'une bibliothèque dans "Une chambre à soi"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2490561290569455772?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2490561290569455772/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2490561290569455772' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2490561290569455772'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2490561290569455772'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/07/c.html' title='☻'/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3085420836258842997</id><published>2010-07-26T18:57:00.006+02:00</published><updated>2010-07-26T20:11:32.752+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://img51.imageshack.us/img51/2829/vlcsnap2010070716h28m49.png"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 512px; CURSOR: hand; HEIGHT: 384px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img51.imageshack.us/img51/2829/vlcsnap2010070716h28m49.png" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;"Ce qui m'entoure, ce que j'ai acheté, ce que j'écris, ce que j'ai imprimé, mes enfants, mes livres, mon désordre ou mon ordre -tout ceci me ressemble plus que je ne me ressemble. A plus de stabilité et de figure que mon moment"&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Tel Quel&lt;/em&gt; - Paul Valéry&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A force de temps libre, de temps mort, vient le moment où tout ce qui forgeait la vie active, son vrombissement, disparaît. Comme écrit Bernanos que j'avais cité ici, le monde ne doit pas cesser de remuer sinon la poussière reparaît et ces temps-ci je suis poussiéreuse, vieille mais sereine parce que je sais que ce n'est que temporaire, ce ralentissement des réflexes sociaux en tout genre je le vis d'ailleurs comme une chance. Je l'exploite, j'approfondis, je creuse avec les griffes comme quand j'étais enfant et que je cherchais le moment du sol sous le bac à sable, accédant ainsi à une autre dimension du réel, pensant que je m'approchais du noyau de la terre.&lt;br /&gt;A force de ne plus trop parler, de ne plus trop travailler, de vivre de patience, de rester allongée le plus clair de mon temps, de manquer de pressantes ambitions faute de buts immédiats, à force de ne pas devoir et vouloir plaire et d'affirmer, sûr de moi-même, en fin d'après-midi "aujourd'hui je ne sors pas", et bien seul subsiste ce qui doit subsister: le bel ennui, de modestes plaisirs silencieux qui ne dépendent ni de l'extérieur ni des autres, ainsi qu'un soi-même purifié, je ne m'appréhende plus par plusieurs facettes, par plusieurs personnalités, je ne me transforme plus selon les personnes mais suis tout le temps la même poussiéreuse. Il y a aussi un grand silence caractéristique des vacances, celui dont personne ne veut en général et qui nous met immédiatement face à nos vraies craintes qu'on ne peut pas dissoudre en allumant la télé et qu'on ne peut affronter que par le raisonnement, l'honnêteté envers soi-même et l'élaboration de projets sincères.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;La vie extérieure s'amoindrissant, c'est le superficiel qui est élagué.&lt;br /&gt;J'apprends et j'essaye de me défaire jusqu'au dégoût des choses de la société telles que : les compliments, le bavardage, la fierté mal placée, la séduction factice qui consiste à faire la publicité d'un moi idéal qui n'est pas le moi &lt;em&gt;sale&lt;/em&gt; de tous les jours, et l'ambition mesquine car exclusivement personnelle. La tête sous la couverture mais quand même très sérieuse, je me disais qu'au fond on n'a de valeurs que par des actes, et encore pas tous les actes, ce serait trop facile. La plupart du temps de la vie il s'agit surtout de se séduire soi-même, de séduire les autres, de bavarder, de creuser vers le haut jusqu'à atteindre la couche la plus superficielle, presque abstraite parce qu'insensée, de la vie sociale. C'est là que les vacances s'imposent comme essentielles, encore faut-il comprendre que la solitude et le ralentissement de la cadence y sont nécessaires, car pour certains elles consistent à intensifier la vie sociale jusqu'à l'hystérie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je cherche une action qui bifurque, non pas "faire mon chemin" et bien réussir, mais me surprendre, sentir devant moi une création qui aurait pu ne pas être mais qui est et qui s'impose comme déterminante dans ma vie. Il n'y a que ça qui compte. En discernant et en supprimant le superflu on est disponible pour se dévouer à ce qui reste, à ce qui n'attend pas et qui a trop attendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-3091855"&gt;David Bowie - Cracked Actor&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3085420836258842997?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3085420836258842997/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3085420836258842997' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3085420836258842997'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3085420836258842997'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/07/force-de-temps-libre-de-temps-mort.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-4553475697635374371</id><published>2010-07-23T06:46:00.014+02:00</published><updated>2010-07-26T20:06:44.454+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://img687.imageshack.us/img687/9849/vlcsnap2010072001h56m31.png"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 640px; CURSOR: hand; HEIGHT: 352px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img687.imageshack.us/img687/9849/vlcsnap2010072001h56m31.png" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;Maman est partie en voyage pendant quatre jours&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;je suis toute seule à la maison, il était dans les quatorze heures, &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;elle essayait de me dire des choses importantes que je finirai par regretter de ne pas avoir écouter, &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;mais c'est vrai que je l'écoute jamais&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;elle me disait, ferme bien la porte, bois surtout pas du café au salon, interdit, interdit, tu peux faire des courses mais tu me laisses les tickets de caisse, etc.&lt;br /&gt;elle m'a demandé si j'étais malade parce que j'étais encore au lit&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;je lui ai dit "un peu, j'ai des glaires", on peut dire ça à sa famille&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;alors elle est venue me donner des comprimés pour la gorge&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;elle m'a fait un bisou d'au revoir&lt;br /&gt;j'ai essayé d'équilibrer la discussion en lui donnant des conseils&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;j'ai trouvé que "amuse toi bien"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;je crois m'être rendormie, je n'étais pas triste de me rendormir, je n'avais rien à faire, c'est les vacances et je fais plein de choses le soir et la nuit jusqu'au matin&lt;br /&gt;je me souviens avoir entendu plein de choses à la radio durant la matinée&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;un jour comme ça j'ai totalement arrêté d'écouter france inter, c'est un boycott mou&lt;br /&gt;maintenant j'écoute france culture, j'aurais dû l'écouter plus tôt, on apprend au moins dix choses par jour, on note des noms de livres,&lt;br /&gt;c'est fabuleux&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;je laisse la radio allumée toute la nuit jusqu'à mon réveil et j'écoute sans le savoir et l'après midi je fais un bilan mental de tout ce que j'ai appris&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;une émission sur le courage je crois, une autre sur la démocratie, mais c'était nul, je m'en suis bien rendue compte, j'étais contente d'avoir un esprit critique, même en bavant sur mon oreiller&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;la fille disait, on doit autoriser la pornographie et les injures racistes et sexistes dans l'espace public, parce que les rendre publiques ça permet de les invalider&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;comme si les interdire ça les invalidait déjà pas assez,&lt;br /&gt;maintenant on devra faire de la pédagogie à des connards&lt;br /&gt;idiote&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;émission sur le courage, la fille dit que chez Fayard les agents commerciaux avaient un peu gueuler à l'idée de vendre un livre qui s'appelle "la fin du courage"&lt;br /&gt;n'importe quoi&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;en me levant à quinze heures je me sentais courbaturée de partout&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;j'ai fait du café, j'ai pris ma douche tout de suite, normalement je laisse traîner jusqu'au moment où je dois m'habiller mais je me sentais trop endolorie&lt;br /&gt;j'ai dû manger des céréales,&lt;br /&gt;puis je suis retournée dans ma chambre et je suis retournée dans mon lit, ma première séance de cinéma n'était qu'à 19 heures&lt;br /&gt;j'ai lu &lt;em&gt;Trois Guinées&lt;/em&gt; de Virginia Woolf&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;j'ai continué Valéry qui est resté ouvert sur le bord du sèche linge&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;Quand même, le fait que maman soit partie, ça change tout, pourtant je passe mes vacances et ma vie dans une relative liberté de mouvement,&lt;br /&gt;je fais ce que je veux&lt;br /&gt;mes parents ne me demandent rien, même pas un vague "mais sinon tu travailles? ça va la fac?"&lt;br /&gt;mais il y a quand même ces présences qui bourdonnent autour de moi, même en hors champ,&lt;br /&gt;je sais qu'ils sont là, que le soir, ils seront là&lt;br /&gt;et là je savais que pendant 4 jours j'allais être toute seule à la maison, ce qui ne m'est jamais arrivée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;j'ai cherché des trucs fous à faire, qui inviter. comment en profiter à fond et tout&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;dans ces cas-là les gens normaux font des fêtes&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;et les invités font des tâches de vin sur le canapé&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;et celui qui invite dit "ma mère va me tuer"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;et il dit aussi "non pas dans la chambre de mes parents"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;mais j'ai pas trop d'amis, et les fêtes ne sont pas des besoins chez moi&lt;br /&gt;et je serai trop stressée à l'idée de faire une fête ratée que je préfère ne rien faire et plutôt faire la fête avec moi-même, parce que si je m'ennuie, je ne pourrais m'en prendre qu'à moi-même mais je m'aime trop pour ça alors je laisse couler&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;j'aime sentir mon corps engourdi, j'aime me rendormir, et en 4 mois de vacances,&lt;br /&gt;je ne vois pas pourquoi je n'en profiterai pas, voilà ce que je me dis&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;j'ai écouté de la musique, Horses de Patti Smith, puis ensuite la radio,&lt;br /&gt;une émission sur des gens qui vivent dans des containers aménagés,&lt;br /&gt;le plasticien à l'origine du projet en parle, une fille aussi, elle dit "si les gens doivent habiter dans des containers ça ne doit pas être par nécessité, je refuse de faire des logements sociaux ou alors on en discute, parce que c'est trop connoté "avant ça contenait n'importe quoi et maintenant ça contient des hommes, si on doit habiter là-dedans ça doit être voulu, pour s'amuser ou pour suivre une mode",&lt;br /&gt;le plasticien disait de bonnes choses malgré le fait qu'il soit plasticien. je n'aime pas ce mot, il ne renvoie à rien à part à un mec aux lunettes à monture carrée à un vernissage.&lt;br /&gt;j&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;e suis allée au cinéma voir "flamme de mon amour" de kenji mizogushi,&lt;br /&gt;il y a un cycle "histoire du cinéma japonais" au 3 Luxembourg, &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;et c'est très drôle parce que si vous y allez au moins deux fois vous croiserez toujours les mêmes personnes : un petit mec en t-shirt qui assiste à toutes les séances, un couple habillé en noir, parfois la fille n'est pas là, le mec est pas mal, surtout quand la fille n'est pas là. C'est un sosie de Monsieur Delmas.&lt;br /&gt;Il y a aussi moi. Et puis mon amoureux japonais qui ne m'a jamais parlé et qui se met toujours au premier rang et que j'ai croisé plus d'une dizaine de fois dans des cinémas très différents&lt;br /&gt;je n'ai jamais vu son visage, que son profil, il s'immisce de justesse dans la salle, rate les "10 minutes après la séance" et part tout de suite après la fin du film ou alors pendant le générique de fin. Il est très grand, très pâle, porte de belles chemises avec parfois une veste, il y a des cheveux très noirs en bataille, quand il lui arrive d'arriver en avance il lit un livre.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;c'était un film féministe,&lt;br /&gt;en ce moment je tombe que sur des films féministes.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;je pense que les mecs se sont ennuyés, ou disons que la revendication est trop datée, ça vieillit mal.&lt;br /&gt;Mon japonais est resté dans la salle, il a dû prendre un ticket pour la séance d'après, mais moi je ne voulais pas voir le film, "Eros + Massacre", j'avais d'autres choses à voir.&lt;br /&gt;j'aime pas les films subversifs japonais de trois heures&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;mais ma séance était à 22h15, j'avais une heure,&lt;br /&gt;j'ai marché rue des écoles&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;la terrasse de la trattoria&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;un homme chic qui mange tout seul, son verre qui brille un peu, sa nourriture colorée, l'assiette blanche qui se dévoile peu à peu, la nappe, un livre posé à côté de lui, je n'arrive pas à en lire le titre&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;il est tellement rassurant&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;je me suis assise à une table de café un peu isolée pour ne pas me retrouver avec le monde de la terrasse, je n'aime pas m'afficher seule, et je voulais être seule, mais le prix a payé c'est que j'ai dû attendre longtemps avant qu'on me serve, je me disais "voilà, on m'ignore, merci, ils savent qu'ils ont des tables ici, isolées et qu'il y a toujours un risque de faire attendre les clients, pourquoi ils ne vérifient pas?"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;je retardais le moment où j'allais me lever en soupirant &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;mais pour aller où?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;la rue des écoles est devenue infréquentable, on y est trop connues avec Juliette&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;et je mets trop de temps avant de choisir un café&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;j'ai pris un coca light, c'est un homme qui a pris ma commande, je crois le connaître, il est exubérant, c'est assez gênant, on finit par croire qu'on vient boire chez lui&lt;br /&gt;c'est une fille qui m'a servie, ça voulait bien dire de la part du serveur "je n'ai pas le temps pour toi"&lt;br /&gt;j'ai demandé à régler tout de suite parce que personne ne passera plus par ici après et ça allait me travailler "je paye à l'intérieur? non ils n'aiment pas ça, bon je pars sans payer?"&lt;br /&gt;la fille m'a agréablement surprise, elle a dit&lt;br /&gt;C'est bizarre cette lumière&lt;br /&gt;ah vous trouvez?&lt;br /&gt;je travaille au bar et quand je sors je vois ça, c'est bizarre&lt;br /&gt;elle est comment?&lt;br /&gt;elle est jaune, il va pleuvoir&lt;br /&gt;oui peut-être (je ne pensais pas)&lt;br /&gt;mais c'est bizarre&lt;br /&gt;MAIS C'EST BEAU&lt;br /&gt;OUI&lt;br /&gt;elle avait un accent, elle m'a beaucoup plu, j'étais de bonne humeur grâce à elle, je sentais vraiment qu'il fallait qu'elle se confie, qu'elle le dise à quelqu'un, c'était spontané, j'espère qu'elle m'aimait bien&lt;br /&gt;je lisais &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;j'avais bien fait de prendre ma veste&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;je regardais la rue, une rue sans importance, parallèle à la rue des Ecoles, je me sentais bizarre, un peu délaissée, comme si j'avais mon propre appartement et que je voyais rarement mes parents, comme si j'avais longtemps attendu cette "liberté" et que maintenant ça ne me faisait absolument rien&lt;br /&gt;c'était le goût d'une solitude un peu plus inquiétante que d'habitude, et puis j'étais triste de ne pas pouvoir faire des trucs fous, je pourrais rentrer tard, "me saouler la gueule", faire vraiment beaucoup de choses, beaucoup n'importe quoi, mais je n'y arrivais pas, je vais au café et je pense à faire des courses, c'est tout, j'aimerais des mangues alors je pense à des mangues, il faut toujours attendre un peu pour qu'elles soient bonnes, j'avais peur qu'il m'arrive quelque chose alors que je suis toute seule, je fais attention en traversant&lt;br /&gt;vu mes activités, si ma mère me voyait elle ne s'inquiéterait jamais pour moi, au mieux je peux faire une promenade nocturne à vélo, mais qui a envie de faire ça? ça ne me donne même pas envie.&lt;br /&gt;je vais à ma séance, en marchant j'écoute une fille au téléphone qui tient sa mère par le bras&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;"TU SAIS PAS SKI M'EST ARRIVE???&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;je tends l'oreille, intéressée :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;ce matin y'a mon réveil qui sonne...&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;je l'éteins...&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;et je me rendors."&lt;br /&gt;c'était trop triste, c'est quoi cette histoire&lt;br /&gt;l'espace saint michel est un cinéma miteux, ça pourrait facilement devenir un cinéma porno si c'était pas aussi bien placé, les sièges sont pourris, les accoudoirs élimés, la plupart du temps je suis la seule fille de la séance,&lt;br /&gt;avec trois hommes dispersés dans la salle&lt;br /&gt;la dernière fois j'ai ramassé sur un siège une lettre adressé à qui la trouverait, c'était un artiste qui demandait à entamer une correspondance avec un inconnu, on pouvait l'interrompre n'importe quand&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;pourtant la programmation est bonne, mais c'est très mal placé&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;juste à côté de la fontaine saint michel, ça fait encore plus contraste, on sent presque la ville en regardant le film&lt;br /&gt;j'ai vu "ce vieux rêve qui bouge" d'Alain Guiraudie&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;la caissière est une petite chinoise, elle me connaît parce que j'ai fait tout un foin la dernière fois&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;je ne trouvais pas mon portable, c'est très risqué un cinéma, ça peut tomber derrière le siège, on ne voit rien&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;le projectionniste est venu avec sa lampe de poche&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;la caissière avec son portable pour bipper le mien&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;elle avait mon numéro&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;ça créer des liens&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;la machine à ticket ne marchait pas, donc j'y suis allée sans ticket, pourtant j'aime avoir le ticket de ma séance, je les collectionne, enfin plutôt je ne les jette pas, c'est rassurant de les avoir&lt;br /&gt;je suis sortie de la séance bouleversée &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;mais heureuse&lt;br /&gt;c'était magnifique&lt;br /&gt;j'ai pris le bus pour rentrer, j'avais une buée devant les yeux, c'est à dire que je me fichais un peu de tout, j'étais dans mes pensées, dans ma joie, je savais que j'allais rentrer dîner, que la nuit serait longue, que j'allais regarder un film, me faire à manger, prendre du thé, écouter la radio, m'amuser avec moi-même, ça allait être une nuit électrique&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;je pourrais même dormir au salon&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;avec la grande télé.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;j'ai mangé un reste de gratin d'aubergines, un reste de salades de pâtes, du melon&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:arial;font-size:85%;"&gt;en écoutant un mec à la radio qui parlait de l'humiliation de vieillir&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;j'ai tapé son nom sur amazon&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;j'ai regardé Amarcord de Fellini, &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;ça m'a rappelé ma famille, c'était comme un rêve&lt;br /&gt;j'ai traîné devant LCI&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;un père de famille avait reçu une amende parce que sa fille de trois ans avait fait pipi dans un parc&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;il était très beau, avec des béquilles, LCI disait que c'était à cause de ses béquilles qu'il pouvait pas trop faire le chemin jusqu'aux toilettes&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;on l'écoute parler, trop d'énergie épuisée pour une histoire de merde&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;"il m'a dit "je trouve insupportable un tel comportement et moi je lui ai répondu je trouve insupportable le ton avec lequel vous me parlez, et puis on s'est disputés, on a échangé des palabres..."&lt;br /&gt;ça fera un bon souvenir à la petite je pense&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;j'ai écouté la radio, &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;j'ai regardé "des mots de minuit", &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;florence aubenas parlait, émilie dequenne, "je viens d'une famille modeste, mon père était ouvrier, alors ça m'émeut"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;puis le live de fin d'émission, "Carry on de Dez Mona" je me dis "comme s'il s'y connaissait en musique dans des mots de minuit, et c'est quoi ce nom de groupe", et la chanson était en fait très belle, dès la première écoute&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;je l'ai écoutée au moins cinq fois &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;mais je connais ce genre de groupes, le genre à réussir une chanson et à s'en servir de prétexte pour faire un album raté&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;il y en a des millions comme ça&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;il faut assumer le fait d'être le groupe d'une seule chanson&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;c'est déjà énorme une chanson&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;la nuit à la radio il y a des archives qui passent, elles sont souvent très bien, on entend de vieilles voix, des voix d'un autre monde, et qui parle de philosophie&lt;br /&gt;j'ai pris une douche vers les quatre heures du matin, &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;quand on a rien à faire on prend des douches&lt;br /&gt;j'ai bossé la Critique de la faculté de juger &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;je parlais toute seule, je parle beaucoup toute seule, je suis capable de dire&lt;br /&gt;"je crois que j'ai trop mangé" au milieu de la cuisine, en me touchant le bidon&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;je me suis endormie vers huit heures de matin sur une émission sur les gaulois&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;le présentateur disait "c'est incroyable" quand l'archéologue disait que les gaulois maitrisaient mieux la terre que nous&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;"il y avait moins de forêt qu'aujourd'hui"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;l'archéologue parlait de son parcours "j'ai fait des études de philosophie et de sociologie", give me five&lt;br /&gt;ils parlent tout le temps de leur parcours sur france culture&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;ah non je me suis pas endormie puisque je me rappelle avoir écouté un chroniqueur faisant ses aux revoirs à france culture&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;il allait rejoindre son ami Nicolas Demorand sur une autre fréquence.&lt;br /&gt;il a pris trop de temps pour faire ses aux revoirs&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;"&gt;et moi pour m'endormir&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:0;"&gt;&lt;br /&gt;:-(&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Fat City&lt;/em&gt; - John Huston&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.myspace.com/index.cfm?fuseaction=music.artistalbums&amp;amp;artistid=13266410&amp;amp;ap=1&amp;amp;albumid=12543190&amp;amp;songid=50409320&amp;amp;sms_ss=blogger"&gt;Carry On - Dez Mona&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-4553475697635374371?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/4553475697635374371/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=4553475697635374371' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4553475697635374371'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4553475697635374371'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2010/07/maman-est-partie-en-voyage-pendant.html' title=''/><author><name>Murielle Joudet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8720895744720094145</id><published>2010-07-21T03:52:00.002+02:00</published><updated>2010-07-21T05:44:21.767+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://img23.imageshack.us/img23/3802/radiovernis.png"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 640px; CURSOR: hand; HEIGHT: 352px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img23.imageshack.us/img23/3802/radiovernis.png" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:180%;color:#ff99ff;"&gt;&lt;a href="http://www.zshare.net/audio/7852740299a2db68/"&gt;&lt;span style="color:#ff99ff;"&gt;Ennio Morricone David Bowie &lt;strong&gt;&lt;span style="color:#ff9900;"&gt;RADIO &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;Cesare Pavese Billy Idol The Shangri-Las &lt;strong&gt;&lt;span style="color:#ff9900;"&gt;VERNIS&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; The Doors Glamour Karl Gottlob Schelle Steppenwolf&lt;/span&gt; &lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8720895744720094145?l=des-tranches.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8720895744720094145/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8720895744720094145' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8720895744720094145'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8720895744720094145'/><link rel='alternate' 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