<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915</id><updated>2009-11-07T22:45:20.681+01:00</updated><title type='text'>TRANCHES</title><subtitle type='html'>&lt;i&gt;"Peut-être qu'au moins dans la journée il faut faire sa page : parce qu'au moins on est content d'avoir fait sa page"&lt;/i&gt; &lt;b&gt;Hervé Guibert&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&amp;quot;j&amp;#39;ai soudain senti que je m&amp;#39;étais rééduqué moi-même, et justement par le processus du souvenir et de l&amp;#39;écriture&amp;quot;&lt;/i&gt; &lt;b&gt;Dostoïevski&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;"Ce qui est exprimé est résolu, dit sa profession de foi."&lt;/i&gt; &lt;b&gt;Thomas Mann&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;"Règle d'or : laisser une image incomplète de soi..."&lt;/i&gt;&lt;b&gt; Cioran&lt;/b&gt;</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>184</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5579641420699602630</id><published>2009-11-05T01:44:00.007+01:00</published><updated>2009-11-07T00:50:59.285+01:00</updated><title type='text'>"L'imagination qui fait tant de ravages parmi nous"</title><content type='html'>On devrait aimer sans réserve les bons profs, ne serait-ce que pour leur capacité à nous dérober pour un instant au monde, à faire de la salle de classe un refuge brillant où le langage se fait incantatoire, précieux, où il se suffit à lui-même: nul besoin de bouger, de boire un peu d'eau ou de prendre un chewing-gum, on écoute le ventre vide et ça pourrait ne pas avoir de fin.&lt;br /&gt;Je ne sais combien d'élèves par jour M.Franck nourrit mais il y passe ses journées, déjà il nourrissait ma soeur et puis je suis passée par là en comprenant que jamais de ma vie je ne le lâcherai ne serait-ce qu'en pensées ou dans l'acte d'écriture pour la simple raison qu'il y a eu un après et un avant M. Franck, une période en noir et blanc qui se passait sans lui et dans l'ignorance de ce qui m'attendait, et une période en technicolor où je jouis à chaque fois qu'il m'est donné d'y penser, des multiples circonstances (et plus elles sont nombreuses plus l'évènement aurait pu ne pas être) qui ont posé cet adorable petit être sur mon chemin (et si j'avais &lt;i&gt;réellement &lt;/i&gt;changé de lycée en seconde?). A présent que la terminale est finie j'assiste discrètement à des cours d'esthétique générale qu'il donne à la fac et à des cours en entrée libre qu'il donne sur le &lt;i&gt;Discours sur le fondement et les origines des inégalités parmi les hommes&lt;/i&gt; qui me font retrouver le goût d'un an de cours de philosophie matinale, cours qui progressait en même temps que, par la fenêtre, la lumière du jour, ça je m'en souviens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une montée de tension dans son discours, un paroxysme à atteindre où la beauté du propos se fait dans une stable et parfaite progression : un mot fait sens, nous interpelle, puis deux mots bien combinés brillent ensemble et c'est ensuite la phrase entière, la phrase scandée qui naît, qui fait prendre à Julie son stylo rouge, qui me fait prendre mon plus beau sourire. J'en ai plein le cerveau de ses phrases, je n'ai absolument rien oublié, surtout pas l'anecdotique.&lt;br /&gt;Je me souviens quand il me disait qu'écrire pour lui ne l'intéressait pas, je lui avais répondu "je comprends très bien" et tout de suite dans mon esprit cela restreignait mon champ d'imagination à quelque chose de plus austère : spectateur plutôt que créateur, une sensibilité et des opinions entièrement détenues par la sphère privée et la jouissance personnelle s'ajoutant à une modestie érudite, de celle qui consiste à ne pas trouver qu'il soit nécessaire de créer soi-même, qu'on laisse ça aux autres mais qu'on s'y intéresse de très près. Je m'étais trompé, M. Franck ne cesse de créer, et la façon qu'il a d'orner de mille détails son métier -et sa vie j'imagine- est tout simplement déchirante. Il est en tout point mon modèle.&lt;br /&gt;Lors de la soirée passée avec les trois grecs je me souviens que Ianis le Très Beau m'avait dit qu'il avait réalisé un court-métrage sur le thème de l'admiration et qui consistait à démontrer qu'elle n'existait pas. Je lui avais demandé tu entends quoi par elle n'existe pas? si elle existe. Il disait que l'admiration n'était toujours qu'ignorance des défauts de l'autre, que c'était une illusion, qu'elle n'était jamais fondée. Il voulait dire qu'elle n'avait pas à exister. J'avais spontanément examiné ce qu'il en était de mon admiration pour M. Franck, je n'avais pas l'impression de me tromper, mille choses étaient à découvrir mais j'avais l'impression que cette admiration englobait par l'imagination même les plis les plus obscurs de sa vie, que j'étais prête à tout concevoir et à tout accepter et que cette admiration se faisait malgré les découvertes, les représentations les plus désavantageuses à son sujet. Je dirais même que l'admiration se nourrit des aspects les plus triviaux de la personne, c'est par contraste d'avec tout ce que l'on sait de peu glorieux de la vie et qu'on a en commun avec les autres, que l'admiration s'installe. Par un respect solennel on remercie l'autre d'arriver, malgré le poids de la vie pratique et des défauts des hommes, à donner l'illusion d'y échapper. Il y a quelque chose de l'ordre de la volonté d'être trompé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M. Franck m'a toujours inspiré une terreur sacrée et j'ai toujours mis ça sur le compte d'un halo de fiction délirante que j'ai pu construire autour de lui mais dont il en est le seul responsable. Voilà un peu plus d'un an que je le connais et qu'il a intégré ma conscience plus intensément qu'aucun autre. Il était devant moi, cours en entrée libre sur Rousseau, dans une belle chemise blanche et une veste noire qui ressemblait étrangement à mon manteau et qui est en tout point sa veste en plus long (considération qui n'intéressait que moi), devant lui deux Pléiades colorées et très belles, Lévi-Strauss et Rousseau. Dans mon sac, deux livres : Lévi-Strauss et Rousseau. Il a commencé le cours par un hommage à ce premier sans pour autant dévier du sujet Rousseau en nous lisant un passage de &lt;i&gt;Tristes tropiques&lt;/i&gt;, il était d'une austérité émouvante et solennelle. Il y a toujours une connivence qui s'installe quand on évoque publiquement quelque chose qui a été appris par des moyens différents dans le secret de notre vie quotidienne et qui concerne l'actualité, un léger sourire, ou un sourire en pensée se dessine.&lt;br /&gt;Je me souviens que l'année dernière il parlait de Lévi-Strauss avec des mots qui semblaient se contenir eux-mêmes, il n'est pas souvent enclin au superlatif mais je me souviens qu'il en avait utilisés. Il les utilisait toujours très posément et dans un seul souffle, et quand cela arrivait je le voyais devenir capable de parler comme un enfant qui perd toute idée de proportions et de relativisme pour n'écouter que son coeur tendre, il disait que le plaisir de l'érudit était celui de l'enfant. Cela voulait aussi dire que le rapport secret que ma conscience possède avec lui et bien il avait le même avec d'autres. Aujourd'hui encore je me dis que c'est une chose sublime que l'émulation fidèle, amoureuse et respectueuse d'un modèle et j'ai décidé que j'assumais dans sa totalité ce que tout cela suppose de puérilité, de spontanéité, d'impétuosité, de maladresse et d'erreurs que j'ai pu commettre auprès de lui (et elles sont nombreuses); j'ai compris que c'était précisément là, dans une passion délirante d'immaturité, que se situait le sucre même de la vie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5579641420699602630?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5579641420699602630/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5579641420699602630' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5579641420699602630'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5579641420699602630'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/11/on-devrait-aimer-sans-reserve-les-bons.html' title='&quot;L&apos;imagination qui fait tant de ravages parmi nous&quot;'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-7065805589885027542</id><published>2009-11-02T00:12:00.005+01:00</published><updated>2009-11-05T01:34:02.921+01:00</updated><title type='text'>La vie extérieure</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Aller au cinéma c'est parfois avoir peur de ne plus "croire à tout ça", pousser la réflexion trop loin pourrait nous mener à un état de dangereuse lucidité, le règne du "c'est pour de faux" mais ce qui est bien, ce qui est beau, c'est qu'à chaque fois que les lumières s'éteignent, que le générique commence, que son voisin se tait, et bien tout recommence, on se laisse embobiner, si j'ose dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il disait, "l'homme a inventé un truc génial, ça s'appelle le prétexte", c'est en extrapolant cette phrase, en me disant "tente n'importe quoi jeune fille" que je me suis glissé comme une furie dans la rangée de Florian, Murielle, ou tu meurs sans avoir rien tenté, ou tu tentes gentiment. Insérer la mort lors d'un dilemme, ça marche toujours chez moi. En dehors de lui la rangée était vide, c'est comme au cinéma : si une rangée est vide tu ne vas pas te foutre à côté du mec, tu te places assez loin pour ne pas qu'il sente ta présence, pour qu'il se croit encore seul dans sa rangée. Deux places entre nous deux, voilà qui est convenable. Puis les deux personnes handicapées sont venues et m'ont fait comprendre qu'il s'agissait de leur place, il y a la prise. ce qui me faisait avancer de deux tables, juste à côté de Florian. Je souriais à ses blagues et parfois il ne suivait plus alors il jetait un coup d'oeil à l'écran de mon Netbook en chuchotant avec une tendresse infinie "bouge pas". La semaine d'après, aujourd'hui en fait, je ne l'ai pas vu attendre devant la porte, ça voulait dire qu'il allait être en retard et qu'il allait me faire souffrir, je crois que nous devenons tous un peu sédentaires de semaine en semaine, il suffit qu'une personne choisisse de rester à une place pour que son voisin se repère en fonction d'elle et ainsi de suite, ce qui fait qu'on en arrive tous à avoir des places fixes. Je lis mon journal docilement à ma place et le voit arriver, c'est à lui de jouer. La veille je me disais "tu te mets à côté de lui mine de rien et tu sors une phrase marrante pour lui dire que tu viens juste de décider que tu veux te mettre ici, que c'est un choix indifférent, que tu viens juste de remarquer que la semaine dernière tu étais là". 10 secondes après il s'installait en me disant "je me remets là hein". J'ai un excellent scénariste. S'il savait, mais il ne sait rien, il croit que je tiens à ma place de la semaine dernière alors que je ne tiens qu'à &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;faire sa connaissance &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;mais aucun signe ne le laisse le deviner, merveille des apparences. Oui donc, "les prétextes", je lui parle de textes pas encore reçus en cours de méthodes (il aura compris que je l'ai remarqué),&lt;br /&gt;la prof est coul,&lt;br /&gt;oui j'aime bien mais à la fin ça devient un peu soûlant;&lt;br /&gt;il lit par dessus mon épaule dans mon agenda, il est mignon ce con&lt;br /&gt;Histoire de l'art?!&lt;br /&gt;oui mais c'est pas ici, c'est dans le centre culturel de ma ville&lt;br /&gt;tu fais une mineure?&lt;br /&gt;oui, sciences politiques&lt;br /&gt;moi sociologie&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;je feuillette son livre,&lt;br /&gt;aaah j'aime pas les livres de droit, ils sont moches&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des polycopiés manquent, on en prend un pour deux &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;si tu veux je peux te le scanner ou tu me le scannes&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;j'ai pas de scanner&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;je lui tends mon agenda&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;tu peux m'écrire ton mail &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;je préfère que tu le fasses, j'ai une écriture illisible comme tu peux le voir&lt;br /&gt;il m'épelle son adresse, s'il savait que je la connaissais déjà et que j'aurais pu devancer sa dictée, je fais mine de m'étonner&lt;br /&gt;Ah Gmail, comme moi, c'est le meilleur&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;oui l'interface est bonne.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;To be continued...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;br /&gt;Plus la librairie est petite plus c'est mal vu de sortir sans rien acheter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le petit con de St-Michel a rappliqué avec ses cartes postales hideuses d'étudiants aux Beaux-Arts, sa technique, "mademoiselle, je vous ai vu me regarder du coin de l'oeil, ne fuyez pas", la première fois c'était le cas, la deuxième pas du tout, rien à battre, je mangeais mon sandwich en marchant, c'était déjà assez compliqué. Je lui ai tout de suite dit que je lui avais déjà acheté une carte, en me souvenant de ce que B. m'avait dit, "c'est pas un étudiant aux Beaux-Arts", je m'étais ravie d'autant de naïveté de ma part, Candide à Paris, je lui avais donné 1€, c'était le prix de la tranquillité.&lt;br /&gt;Elle est où maintenant la carte?&lt;br /&gt;Euh...quelque part dans un livre&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;vous avez senti une différence? (il commençait à me parler de l'éventuel âme soeur au moment où je l'ai coupé, faisant mine de chercher dans ma tête)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;euuh...oui, je dors beaucoup mieux&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;aah bah voilà&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;bonne journée&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;bonne soirée&lt;br /&gt;Le soir je raconte l'histoire à ma soeur, elle me dit qu'elle aussi elle lui a dit aujourd'hui même qu'elle lui en avait déjà acheté une.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche près du MK2 Beaubourg, la table à côté de moi est inondée de pluie, depuis ma place je ne reçois que des postillons. j'ai demandé un chocolat chaud, j'ai raté ma séance, j'attends la prochaine, il est délicieux, préparé avec amour et moins cher que partout, l'endroit est parfaitement situé, si vous connaissez le MK2 Beaubourg, vous le connaissez forcément. On voit de jeunes papas intellos sortir du cinéma et croiser votre regard, de toute façon l'allée qui va du flunch et passe par Leroy Merlin, une boutique de DVD et une librairie allemande est vraiment l'une des meilleures de Paris pour croiser du beau monde. Il fait nuit, dans le métro je me disais, nuit tôt + pluie + dimanche= il y a deux fois moins de monde partout, on a l'impression d'être des résistants, on fait les fous, on fait cinquante minutes de trajet rien que pour aller au cinéma, qu'il vente ou qu'il pleuve, rien ne nous dégonfle, absolument rien. Je demande à une femme si c'est pris ici, elle a la poésie de me répondre "mmh mmh", la bouche pleine de soda, cinquante ans dans la vraie vie, huit ans à ce moment précis. Un très beau touriste vient manger sa crêpe à côté de moi, les cheveux trempés, une belle écharpe. on est vraiment l'un en face de l'autre, je ne décolle pas mes yeux du journal, c'est ma façon à moi de faire comprendre à quelqu'un qui me plaît : impossible de le regarder. le propriétaire a pour habitude de toujours parler à ces clients, surtout si ce sont des femmes, il demande au serveur s'il connaît le temps de demain, il dit que le vent à partir de 50km c'est foutu, "on se prend toute la pluie", il me demande si j'ai pas la météo dans mon journal, je lui dis "si justement j'allais chercher", je lui dis qu'il y a pas la vitesse du vent, qu'il fera entre 11 et 15°C, qu'il pleuvra pas. Le silence revient, je souris comme une dingue de la perfection de la situation et poursuis ma lecture du commentaire d'une photo de Lautréamont par Nadar, comme quoi si on prend séparément les deux côtés de son visage on croirait que ce n'est pas du tout le même visage, j'ai l'impression qu'on dit ça de toutes les photos, de tout les portraits, je mets ma main sur la moitié de son visage, effectivement effectivement. Oui je souriais de la situation parfaite, Cécilia qui s'approche insensiblement du lieu où je me trouve, le petit beau gosse à côté de moi qui mange sa crêpe en polo à manches courtes, le serveur qui prépare silencieusement ma crêpe, oui j'ai vu trop de monde passer et demander des crêpes-au-nutella-s'il-vous-plaît que je me suis lancée, la phrase me gonflait la bouche, puis ça a explosé en un coup "jepourraisavoirunecrêpeausucres'ilvousplait". Elle était peu sucrée, je crois qu'il dose le sucre à la tête du client : petite femme cernée = complexée = peu de sucre. Il me demande s'il y a un truc drôle dans mon journal, parce que je souris en le lisant, je dis non y'a rien de drôle. S'il savait que le bonheur est précisément ici là maintenant, mais le plaisir à la vie se garde comme un bonbon au fond de sa poche. Et puis Cécilia arrive. 4,40€ la crêpe et le chocolat, qui dit mieux?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mec sort son portable de sa poche, je lis mais la blancheur des deux tickets qui tombent entre les deux sièges (entre les deux sièges, pas par terre) attire mon regard. Je me dis "si en remettant son portable dans sa poche il ne s'en aperçoit pas je le lui dirais". Il ne voit rien. "excusez moi mais vous avez fait tomber deux tickets", phrase qui m'autorise à le regarder dans le visage, plutôt beau. je ne regarde jamais les gens dans le métro mais toujours à côté d'eux. Après je pense à mon cours de philosophie morale puis à quel point le métro est le terrain privilégié de la bonne action : poussettes à porter dans les escaliers, pièces à la "faune non-voyageuse" (dixit cours de socio), strapontin à offrir, objets à ramasser, personnes à faire passer avec soi dans les tourniquets, portes à tenir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-7065805589885027542?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/7065805589885027542/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=7065805589885027542' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/7065805589885027542'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/7065805589885027542'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/10/la-vie-exterieure.html' title='La vie extérieure'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-4668489867871775990</id><published>2009-10-26T03:46:00.009+01:00</published><updated>2009-10-27T10:13:47.615+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SuYjNAPn7KI/AAAAAAAABME/gwEmua66brQ/s1600-h/boheme4.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 217px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SuYjNAPn7KI/AAAAAAAABME/gwEmua66brQ/s400/boheme4.JPG" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5397039909760920738" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:arial;"&gt;&lt;i&gt;"A Porto Rico, j'ai donc pris contact avec les Etats-Unis pour la première fois, j'ai respiré le vernis tiède et le &lt;/i&gt;wintergreen&lt;i&gt; (autrement nommé thé du Canada), pôles olfactifs entre lesquels s'échelonne la gamme du confort américain: de l'automobile aux toilettes en passant par le poste de radio, la confiserie et la pâte dentifrice: et j'ai cherché à déchiffrer, derrière le masque du fard, les pensées des demoiselles des&lt;/i&gt; drug-stores &lt;i&gt;en robe mauve et chevelure acajou".&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;&lt;b&gt;Tristes tropiques&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;&lt;b&gt; - Claude Lévi-Strauss &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelque chose dans cette rue de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Tolbiac&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, on a l'impression, on a jamais été autant &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:arial;"&gt;dans la rue, &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:arial;"&gt;avec toute la violence que cela implique, ce dialogue &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;piéton-voiture&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, "non toi &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;vas-y&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, non &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;vas-y&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; c'est à ton tour",ces étudiants partout, qui pullulent dans les entrailles du métro pour enfin sortir à la chaîne par &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;l'escalator&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, et des cours qui commencent à toutes les heures, l'école de journalisme en face, mon sac lourd, le métro, les gens qui courent, les gens pressés, les gens qui attendent, les gens qui fument, les groupes, les cafés où la pluie tombe aux pieds des fumeurs sous la bâche, se sentir joyeusement agressée de partout. Maintenant je comprends quand Monoprix disait "dans ville il y a vie", la ville est une bonne invention où l'on passe son temps à passer devant des formes géométriques. Je doute très sérieusement que quelqu'un puisse me &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;voir. Déjà&lt;/span&gt; trois semaines que j'aurais appris à cultiver ce que je pressentais déjà dans mes premiers journaux intimes, à savoir mon potentiel d'invisibilité, cette capacité à se croire très libre parce que très transparente, ça a longtemps été ma façon à moi de me guérir d'une timidité à toutes épreuves, je n'avais pas d'autres choix car toujours en moi l'impression de devoir sans cesse justifier ma place quelque part. je me faufile avec le numéro de ma salle dans la tête, dans l'ascenseur je regarde par terre, je regarde mes nouvelles bottines. j'ai passé plusieurs semaines à penser au genre de chaussures que je voulais, j'avais deux trois paires en vue et dans ces &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;cas-là&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; il s'agit de marcher en s'imaginant successivement avec chacune de ces paires, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;contextualiser&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; le désir, et puis aussi ne pas jouer les inconséquentes mais aussi prendre en compte les couleurs dominantes de sa garde-robe, très important. finalement ce sont ces bottines en daim marron, avec un talon, B. m'a dit qu'il voulait les mêmes mais sans talons. je viens tout juste de réaliser que c'est le grand truc de l'hiver ces chaussures, toutes les filles en portent, mais ça ne donne pas le même rendu selon qu'on soit &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;archi-lookée&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; ou &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;femme-passe-partout&lt;/span&gt;. Au café j'ai demandé à une fille qui lisait quelque chose comme le Nouvel Observateur si le journal posé là était à elle et si je pouvais le prendre merci, elle m'a tendu son visage &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;autobronzé&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et a enlevé ses écouteurs, surprise de retrouver l'usage de la parole. Je savais qu'il n'était pas à elle (sinon je n'aurais jamais demandé), je l'avais observée depuis le début, le journal avait été là bien avant elle mais ça me plaisait de lui parler et je me voyais mal prendre le journal sans m'annoncer, comme s'il m'était dû, non je ne suis pas comme ça. Je n'aurai plus besoin de l'acheter, il y en a toujours un qui traîne quelque part, dépenser un minimum c'est presque possible pour l'étudiant, les cafés sont à cinquante centimes, la presse payante on la trouve dans le hall. Les étudiants aiment à se nourrir de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;panini&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;Nutella&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, la nourriture du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;CROUS&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; acquiert du fait de son prix une petite tête fade et sympathique, les madame et monsieur de la caisse sont bienveillants et comme il est convenu de procéder je pense à la vie de la madame qui me sert mon pain aux raisins, des pensées prévisibles, oui j'imagine la vie des gens dans le métro, etc. La machine de la cafétéria, le liquide tombait dans le vide, je n'avais pas compris que le gobelet n'était pas inclus, de la matière se perdait devant mes yeux et j'ai essayé d'en rire avec la fille à côté alors que je trouvais ça terrifiant, je ne me suis jamais sentie aussi impuissante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je monte le sucre au niveau quatre, j'attends que la machine inscrive "merci merci merci" sur l'écran, je réfléchis à pourquoi trois merci, cette machine n'a pas d'âme et on essaye de nous faire croire le contraire. je ne peux pas m'empêcher de prononcer "merci merci merci" dans ma tête, la dernière fois une fille a carrément lu à voix haute à ses copines "merci merci merci". Le verre est lourd de liquide, il ne faut pas le déloger de sa position verticale. Je le bois discrètement sur une longue tablette en aluminium, face à des affiches rouges et noires, dos à tout le monde, j'espère seulement que depuis deux semaines personne n'a souligné mon embarrassante solitude, toujours devoir tout justifier alors que je ne sais jamais pourquoi je suis là et pourquoi je fais ça. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;Cécilia&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; avait raison, mais j'y reviendrai. La dernière fois un mec est venu arracher des annonces pour la location d'un studio d'enregistrement qui avaient le malheur d'être collées par-dessus les affiches d'un syndicat d'extrême gauche, il les arrachait à pleine main, feignant un énervement contenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les tentatives de lien social par le biais de soirée et de week-end d'intégration nous paraissent trop programmés et vendus avec trop d'enthousiasme pour que l'on s'y fie, nous sommes de ceux qui n'avons jamais cru en tout cela. Je sais que les relations se nouent soit naturellement, sans précipitations et d'un commun accord, soit cela ne se fait jamais, j'ai trop conscience des étapes par lesquelles passent deux êtres humains avant de pouvoir se tutoyer et manger la bouche ouverte ensemble que je me sens incapable de repasser par là avec qui que ce soit: c'est dans ces moments-là qu'internet a facilité beaucoup de choses.  je n'aime pas à être rappeler à la nécessité pour l'être humain de nouer des liens sociaux pour être content sinon équilibré, j'aime persister dans ma solitude, leur montrer à tous que je me débrouille et la plupart du temps c'est le cas, je me sens une heureuse observatrice : moins on parle plus on voit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais même quand je parle à quelqu'un, à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Karine&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; qui a remarqué par l'appel que faisaient les chargés de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;TD&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; que nous avions tout nos cours de philosophie en commun, "Murielle, c'est ça?" même quand je lui parle, c'est creux, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;surjoué&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, exécuté à contrecoeur. Deux gifles mentales. Tu as tout faux &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;murielle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, il faut changer les codes de la discussion, parlez comme dans les films, commencez &lt;i&gt;in &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;medias&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;res&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;/i&gt;comme nous apprennent les profs de français, que les gens aux alentours puissent vous entendre et vous trouver sensass', dire d'abord ce qu'on pense avant de dire ce que doit penser un étudiant : un étudiant est fatigué et à trop de travail, mettons nous d'accord. c'est à nous de réinventer le réel par la discussion et cela fait beaucoup trop longtemps que je n'ai pas bien discuté comme on prendrait un bon repas. Refaire intelligemment le monde, avec la brillance que suppose notre jeunesse, l'arrogance inhérente à la jeunesse, l'arrogance que je n'ai pas et qui m'impressionne chez certains. voilà ce qui manque, voilà ce qu'il faut faire. Le parcours est bien trop long, connaître les autres un peu plus en profondeur, c'est à dire dépasser la discussion sur les cours, le travail et la fatigue, cela suppose du temps que personne n'a plus et qu'on avait lors des récréations, condamnés à se trouver ordinaires les uns les autres, j'essaye de me dégoûter des autres faute de pouvoir leur parler un jour : c'est la bonne tactique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois je lève le doigt en &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;TD&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de philosophie, je pose une question alors que j'en ai mille mais je fais attention, je prends en compte les autres, et le cours doit avancer, et de toute façon la prof rigole à ma question, j'aimerais savoir si j'ai bon mais elle préfère rire et me dire que je vais trop vite, M. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;Franck&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; lui il m'expliquait, il me corrigeait, je sortais et tout était clair, tout était propre, je pouvais faire du cours d'aujourd'hui mon miel, on se regardait avec les copines et on se disait que le cours était "ouf" et on allait boire des chocolats chauds chez Hubert. J'aimais amener M. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;Franck&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; à la digression, son savoir est aussi confortable &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;qu'infini&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, il tourne les choses bellement, quand il s'exprime on éprouve le plaisir ressenti devant une chose parfaitement exprimée et sur laquelle il n'y a plus à revenir. Il ne se complaisait jamais dans la beauté de son propos, c'était toujours juste ce qu'il faut, il en imposait, il était d'une classe inouïe. Ici le savoir est triste, le savoir est gris, comme si nous nous étions tous mis d'accord : tout le monde ici dans cette salle aime la philosophie à présent il va falloir la bosser, la disséquer, l'écarteler dans l'austérité de l'ennui, en haut d'une tour, au 21ème, parmi les nuages, j'avais dit à mes copines "j'ai l'impression de faire cours dans un avion", la fille qui était dans l'ascenseur avec nous avait rigolé. L'ennui est le critère d'un bon cours de philosophie ça ne me prend plus au coeur, tout s'est perdu, dilué, mon enthousiasme intellectuel est proche de zéro, on vous parle de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;libre-arbitre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et de conscience morale alors qu'un élève sur deux baille dans sa manche tandis que l'autre moitié pense à sa pause clope, que mon voisin dessine les étudiants de la classe et qu'une indifférence polie régit nos rapports. Je me sens abrutie, je n'ai plus de questions à poser aux profs, plus d'étonnement philosophique. A côté je lis des livres, je fais mes choses, comme toujours comme tout le monde, mais rien ne compte si je n'ai pas l'occasion d'en parler, de m'enflammer, et à force de ne pas parler, de ne pas dérouler mes opinions je finis par me demander si je n'ai jamais été capable d'avoir une opinion sur quelque chose. Je garde pour moi mes impressions sur le monde, dans cet état sauvage et inarticulé que suppose toute chose élaborée uniquement pour soi-même. Je ne suis pas contre mes chargés de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;TD&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, je les trouve tous assez compétents, on devine leur érudition à travers quelques détails et ils font preuve d'une fade bienveillance qui à force de s'étaler sur l'ensemble des étudiants finit d'appauvrir la part octroyée à chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Jardin du L&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;uxembourg&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; a une odeur de mort, j'ai toujours trouvé que les parcs et les jardins sentaient la mort, la gravité, la gravité de l'enfance, du couple, de la vieillesse, il y a tout cela en même temps et ça toujours été trop pour moi. Ne jamais passer devant un couple, un couple déteste tout ce qui n'est pas lui, disons que ça l'indiffère, ils pensent que les bancs et les cafés ont été conçus pour eux et que les gens sont la réalité à laquelle ils essaient justement d'échapper, non vraiment les éviter, ne pas prendre le risque d'être chosifié par leur regard, ça ne vaut pas le coup, ce n'est vraiment pas la peine. Par terre il y avait des feuilles d'automne géantes, encore fraîches, encore plates, il était dans les sept heures du matin, je rentrais d'une soirée où le but avait été de prendre ma revanche sur ma semaine où je n'avais presque parlé à personne, les gens transvasaient leurs flots de paroles en moi et j'en faisais autant, parfois ça revenait, l'envie de mettre &lt;i&gt;pause, &lt;/i&gt;de leur dire "s'il te plaît ralentis je dois noter ta dernière phrase". comment ça se passe la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;fac&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, bah écoute j'ai toujours pas d'amis. Regardez &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;Cécilia&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, elle a des amis pour chaque &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;TD&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, son visage rayonne d'une manière un peu factice, preuve d'une sociabilité qui en est à ses balbutiements avant que ses nouveaux amis ne deviennent des compagnons d'ennui. Je déjeune avec eux, elle joue sur deux fronts, elle sait faire ça, moi pas du tout : en même temps me contenter, parler de ce qu'il y a dans le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;Pariscope&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, parler de la bande du lycée, puis contenter l'autre groupe, ça ne lui fait pas peur, personne n'est vraiment lui-même, on se croirait dans les photos des premiers manuels d'anglais où des jeunes d'un autre monde sortis des années 80' font mine de discuter, se tiennent bras dessus bras dessous, elles étaient fascinantes ces photos. J'ai peur de commencer à avoir des devoirs envers des gens,commencer à devoir me mettre à côté de., elle avait peut-être raison quand elle disait aux trois très beaux hommes grecs rencontrés à son &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;TD&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; d'italien "alors &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;murielle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; c'est simple, elle se sent seule partout, où qu'elle soit elle pense qu'elle est seule, mais le truc c'est qu'elle cherche à rester seule". C'est là qu'on se rend compte que cette &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;fille-là&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; à côté de vous est bien son amie : elle nous a cerné en silence, sans le dire à personne, gardant pour elle les informations et les sortant pour l'occasion. C'est bien, je n'avais pas à me retrouver au milieu d'une phrase à me demander si je jouais la solitaire de base, c'est elle qui faisait tout le boulot, je me disais, je me sentais bien, quelqu'un sait pour moi, pour mon cas, je pouvais aller dormir, elle passerait après moi pour justifier, certaines personnes sont vraiment comme de gros coussins.&lt;br /&gt;Il y avait un des grecs, son visage me prenait au coeur, ravagé, élégamment désabusé, quelque chose qui a dû s'en aller en même temps qu'il acquérait de l'intelligence, des cheveux dorés, une grande fossette sur le menton, une peau tellement criblée de tâches de rousseur qu'à distance raisonnable le teint semblait unifié, littéralement aspirée par son visage, éclatée par terre. Les visages, leur beauté, c'est tellement &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;rafraîchissant&lt;/span&gt;, trop de choses concentrées dans un ovale, ils sont là, ils se promènent librement dans la ville et on laisse faire. Ce grec, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;Ianis&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, avait-il seulement conscience de ce qu'il nous donnait à voir? à quel moment avait-il arrêter d'être halluciné par son propre visage? le soir il dormait, enfermé en lui-même, et des femmes l'avaient aimé et il avait aimé des femmes. Emportez un visage, au creux de ses mains, comme un peu d'eau. Le visage, il n'y a que ça qui me manque chez les autres, que ça qui me fait courir, qui mérite que l'on court, qui mérite que l'on actionne notre mémoire, nos appareils photos, ce qu'ils en font et comment ils les portent, comme de doux fardeaux, à travers les villes et les pièces, "&lt;i&gt;j'ai vu ses yeux de fougère s'ouvrir le matin sur un monde&lt;/i&gt;" je dois absolument revoir &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_37"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;Ianis&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; comme on réécoute, assoiffé, une chanson qu'on a voulu écouter toute la journée. Rendez moi Ianis.&lt;br /&gt;Donc six heures du matin, et ces énormes feuilles par terre, je me disais que ce n'est pas parce que je suis habituée à les voir que je ne dois pas m'autoriser à aller à leur rencontre une bonne fois pour toutes. Les feux tricolores tournent à vide, on est dimanche matin, comme il disait, en banlieue les gens dorment, c'est ça, ils dorment, je viens en banlieue pour dormir et la journée je me jette à corps perdu dans la ville, je me baisse pour en ramasser une, elle est majestueuse, la taille d'une grande main d'homme. Dans l'autre main je porte une grande assiette blanche que j'avais oublié de ramener et qui contenait un gâteau; une assiette dans une main et dans l'autre une feuille. Je la pose à côté de mon lit avant de dormir, en espérant que ma soeur se demandera ce qu'une feuille fait dans la chambre et trouvera ce moment mollement poétique. En me réveillant à 15 heures la feuille s'était recroquevillée sur elle-même, elle craque sous les doigts, elle ne supporte pas la civilisation alors elle se durcit, rétrécit et brunit dans des tons qui rappellent mon salon, je décide d'aller l'offrir à ma mère qui l'accepte telle qu'elle est et l'insère dans un grand vase au salon parmi de grandes et arrogantes fleurs de perles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-1126882"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_38"&gt;Tom&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;Waits&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; - &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;Little&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; trip &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;to&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;heaven&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; (on &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;the&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;wings&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_46"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;of&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_47"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_46"&gt;your&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; love)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;&lt;b&gt;image : &lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;&lt;b&gt;La vie de bohème&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;&lt;b&gt; - Aki Kaurismaki&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-4668489867871775990?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/4668489867871775990/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=4668489867871775990' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4668489867871775990'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/4668489867871775990'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/10/il-y-quelque-chose-dans-cette-rue-de.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SuYjNAPn7KI/AAAAAAAABME/gwEmua66brQ/s72-c/boheme4.JPG' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5826133659103624582</id><published>2009-10-22T01:17:00.010+02:00</published><updated>2009-10-23T02:43:53.477+02:00</updated><title type='text'>Un certain Florian</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;J'ai connu Florian au moment du mail collectif envoyé par Quelqu'un à l'ensemble des étudiants en Sciences Humaines concernant le "week end d'inté". Dérouler la liste des destinataires et relever le nombre d'adresse Gmail fait partie d'un de mes plus grands et plus rares plaisirs. Florian était de ceux-là et son nom et prénom étaient écrits en toutes lettres avant le @, ma curiosité (dont la démarche ci-après à tout d'un automatisme et rien d'original) me portant jusqu'à la "vitrine" de sa page FB, l'avatar me laisse deviner un visage caché derrière un masque vénitien à la Zorro, je reconnaissais un garçon remarqué lors d'un cours de philo, arrivé en retard et prenant le cours sur une chaise contre un mur près de la porte. A première vue je l'avais trouvé très distingué, un peu éfféminé quoiqu'un peu ridicule, bref, le genre de remarque que l'on se fait dans l'égoïsme et la bêtise de ses pensées spontanées, je me parle à moi même comme à une bonne copine avec qui je pourrais me permettre la vulgarité. En TD les personnes en retard et qui n'ont pas de place (une place = une chaise et une table) doivent accepter d'être violemment exposées aux regards des autres. On aime à voir comment ils se débrouillent, ou tout simplement, ils sont face à nous, la lumière naturelle de leur visage toujours à portée de regard, ce sont des proies faciles, le regard aime les visages, il les mange tout crus.&lt;br /&gt;Florian est tout frêle, il a de longs cheveux fins châtain foncé, des yeux bleus, une peau du blanc prévisible qui va de pair avec la couleur de ses yeux, une mâchoire un peu carrée, un peu enflée. C'est un physique qu'on sait très bien classer , on le voit et on comprend : on en a vu mille des comme lui. J'ai remarqué qu'il avait un peu d'acnée au niveau des joues, c'est très localisé et le reste est immaculé, ce qui fait que son visage se retranche tout à fait de ces deux trois boutons, ils ne sont pas lui, ça ne le concerne pas. La forme lisse et maigre de son corps m'effraie un peu. Je ne le sens pas à la hauteur de me &lt;i&gt;protéger&lt;/i&gt;, j'ai l'impression que je pourrais le tabasser et gagner à tout moment, alors je le regarde comme, je ne sais pas, un beau vase qui n'irait pas avec mon salon.&lt;br /&gt;Alors Florian est assis devant moi, ou derrière, et pendant les inter-cours, tandis que je suis pétrifiée de solitude, lui semble ne parler à personne. Il sort son bel exemplaire du &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Léviathan&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; (la veille je m'étais renseigné sur ce livre et son nombre de pages (1500 et quelques) l'avait tout de suite placé à la toute fin de ma liste des priorités, j'ai toujours un peu de mal avec les jeunes qui de façon un peu immature sautent des étapes dans leur lecture, je veux dire qu'il y a des raccourcis à ne pas faire et une hiérarchie qui s'établit au seul flair de l'intuition. Ils lisent un livre au capital culturel plus important qu'un autre pourvu que l'acquisition d'une culture de surface soit rapide et efficace, Florian n'est sûrement pas comme ça et je le pense plein d'innocentes intentions de gros lecteur mais il me fallait remettre les points sur les "i" avec cette catégorie de lecteurs malheureusement très présente autour de nous) qu'il lit distraitement, sort son Moleskine de sa serviette en cuir, il fait mumuse avec ses beaux jouets. Je le sens encore un peu snob dans ses rapports avec les autres, avec ce que cela suppose d'exigence mal placée, de gêne face à ce que l'on n'approuve pas au nom du bon goût. Sa vue m'est reposante, il vit dans le luxe et la volupté de ses petites affaires, le voir tranquillement plier son écharpe en soie bleu marine m'a relativement bouleversé, c'était tout un petit cérémonial. On le sentait encore en train de manipuler un objet neuf à ses yeux et qu'il n'aurait pas eu le temps de s'approprier. Son jean était très beau (non vraiment on voit tellement de jeans moches de nos jours qu'un beau jean mérite d'être salué sur ce blog), son manteau noir agrippé à sa chaise traînait un peu par terre et il aimait à faire bouger, à tortiller ses pieds pour faire plisser le cuir de ses Repetto Zizi blanche : c'est un peu comme ça que cela se passe quand on en revient pas d'avoir d'aussi belles chaussures, ça m'arrive aussi et c'est très bien : on a le recul approprié sur nos pieds et pas forcément sur le reste de notre corps.&lt;br /&gt;Cet homme est une petite fille précieuse, accumulant assez de détails pour pouvoir rendre le tout cohérent et beau à contempler, mais je ne sais pas, il y a toujours chez la petite fille précieuse plus que la conscience de plaire, une forme de compréhension du style, de l'élégance qui est une des nombreuses manifestations que peut prendre l'intelligence et qu'on aime à rabaisser au profit d'une forme plus austère.&lt;br /&gt;L'histoire n'a jamais commencé, je n'ai jamais adressé la parole à Florian, nos regards se sont déjà croisés, seule preuve qu'il doit être vaguement au courant de mon existence. J'ai remarqué que nous avions deux cours en commun et me demande toujours ce qu'il y a de mieux entre être placée devant lui (cela suppose qu'il vous regarde au moins une fois, surtout si vous avez un Netbook, on lui laisse l'occasion de nourrir une forme de curiosité à votre égard) ou derrière lui: dans ce cas-là on s'amuse à fixer les subtils mouvements et ondulations de son pull le long de son dos, un demi profil nous ravit et nous semble être le début d'une attention, d'une rencontre. De toute façon, il est toujours en retard en cours, ce qui me permet aucune marge de manoeuvre et à lui toute la liberté de se placer plus ou moins loin de moi, c'est un moment terrible à vivre où son choix indifférencié d'une place conditionne pour moi les trois heures qui suivent. Au final je dirais que Florian n'est finalement rien d'autre que la preuve du neutre ennui et de la neutre solitude que je viendrai d'atteindre en ces premières semaines de cours. La personne qui au premier abord nous indifférerait devient par un évènement ridicule le centre de notre attention, le coeur d'un jeu entre nous et nous-même, le personnage d'une fiction minuscule, trop bête pour être articulée, avouée, mais qui constituerait peut-être l'attrait principal d'un cours de philosophie morale de trois heures. En attendant de pouvoir parler à quelqu'un en cours (avoir un ami en cours ne signifie pas forcément bavarder sans arrêt avec lui, il y a aussi une forme de conversation qui se fait dans le silence et par le seul fait de la relation qui unit deux amis entre eux; ils continuent d'avoir des intentions l'un envers l'autre, n'hésite pas à penser ou à éprouver à la place de l'autre, dans le regard de certain ils ne fonctionnent qu'à deux, un peu comme une photo de famille où à sa simple vue se laisserait deviner dans leurs moindres détails les rapports entre chaque membre; c'est précisément cela que je recherche quand je parle d'amitié) je brode autour de lui et à son insu, je nous imagine parler dans les couloirs, il met sa serviette sur la chaise d'à côté pour me la réserver, j'en fais autant si jamais c'est moi qui suis en avance, on ne se voit pas vraiment en dehors des cours et l'apprentissage de nos points communs se fait lentement mais sûrement et dans une joie toute naïve et acceptée comme telle. Peu à peu je retrouve goût à la vie et parler de mes problèmes d'étudiante tragique et comprendre qu'ils sont partagés m'allège très simplement le coeur. Je le trouve plein d'humour, il n'est pas contre mes cernes.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5826133659103624582?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5826133659103624582/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5826133659103624582' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5826133659103624582'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5826133659103624582'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/10/jai-connu-florian-au-moment-du-mail.html' title='Un certain Florian'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-944428619588179492</id><published>2009-10-01T17:30:00.001+02:00</published><updated>2009-10-10T00:57:36.125+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img17.imageshack.us/img17/6485/p270909065201.jpg"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 592px; CURSOR: hand; HEIGHT: 468px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img17.imageshack.us/img17/6485/p270909065201.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;Ce que j'aime, c'est mélanger ma mousse au chocolat jusqu'à ce que ça devienne une crème un peu fluide, et attester de l'importance du rôle de la texture dans la perception du goût, faudrait que je pense à un cadeau pour le retour de ma soeur, hier c'était juillet et son départ, maintenant octobre et je dois ranger la chambre pour son retour, auréoles de tasses de café, chemises accrochées sur les poignets, piles de magazines, de feuilles, de brochures sur un film, le rangement c'est dépolluer la vue. Il y a forcément un changement imperceptible à rester de longs mois toute seule comme ça, on change, mais je ne sais pas vraiment &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;par où&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt; je change, c'est seulement qu'un jour on se rend compte que voilà, notre esprit n'a plus la même couleur, que nous remuons d'autres grandes idées dans la rue ou le soir dans les transports, de ces idées qu'on trouve, qu'on garde et qu'on fait pousser, on se révolutionne lentement. Oui un cadeau, pour lui rendre son retour un peu plus doux, ce sera comme son retour de New York où l'on pressentait que tant de choses s'étaient passées mais où je lui avais dit de ne rien me raconter pour ne pas qu'elle se fatigue à vouloir retranscrire l'impossible. Ça lui appartenait. Maintenant elle revient et quitte son école pour un master à Paris III, c'est ça qui lui fallait, plutôt qu'une école de connards, j'espère qu'elle ne vivra pas avec toujours en filigrane le désir d'un retour à Dubaï, ou dans l'attente de son retour à Dubaï en décembre, parce qu'elle y retourne, et qu'elle finira bien par y habiter, là-bas ou ailleurs, elle y sera mieux, comment le comprendre: ce sont des histoires bêtes et simples de "mentalité" de libanais versus "mentalité" de français. et moi je serai en France, dans des cafés et des soirées je dirai "j'ai une soeur à Dubaï" et les gens auront l'esquisse d'une image brève et immédiate, celle d'une française esseulée dans une ville de verre et de climatisation, "enfer climatisé", oui. voilà, là encore ce n'est qu'une question de temps. je suis chez moi, je passe mes après-midi au lit à écouter la radio,je ne sais pas où je regarde, pas forcément le plafond mais en tout cas j'allume la radio et j'écoute tout sans exception et pendant qu'une boîte dans ma tête s'occupe de mettre des images sur le flot de paroles une autre s'occupe de penser à bouger, mais le désir de faire quelque chose de sa journée n'est plus aussi pressant qu'avant. j'ai désormais atteint une quiétude de premier choix, d'abord on s'étonne de la tranquillité puis c'est une fois habitué à elle qu'on est vraiment tranquille, le seul plaisir d'être là, d'avoir des choses à se remémorer, à se raconter et d'autres à attendre calmement, la respiration tranquille et le corps en bonne santé, entamer comme un &lt;i&gt;check point&lt;/i&gt; en soi-même, des pieds à la tête, attester de son bien-être. dans la rue je passe devant les vitrines, les cafés et les bacs à livres devant Boulinier, et j'ai très clairement conscience de vivre dans un monde en paix et que c'est ça le monde en paix, le monde libre. si on me demandait, je dirai que le monde en paix c'est quelque chose entre cet homme au regard que n'accroche aucun titre de livres à 20 centimes ou cette femme qui retire de l'argent, c'est un monde apaisé, peut-être sans enjeux apparents mais je ne vois pas ce qu'on pourrait demander de mieux, tout est peut-être très bien, quelqu'un doit le décider pour moi, je vois les anomalies, les détails, mais dans l'ensemble voilà le boulevard Saint-Michel comme hier et demain, peu importe le degré de nos souffrances, tout le monde s'occupe avec élégance à ne rien laisser paraître. la violence des sans-abri qui tiennent des pancartes "j'ai faim", ça aussi c'est en quelque sorte apaisé, délavé, c'est vidé de sa violence depuis bien trop longtemps, c'est que tout le monde a déjà donné. dans le métro je pense à mes cheveux qu'il y a vingt minutes étaient encore tout plein d'eau et je me demande si les gens autour s'en doutent et est-ce qu'il y en a un qui pourrait faire mieux et dire "il y a 5 minutes j'étais dans ma douche", je me dis que je suis neuve, plus neuve qu'eux et que je commence ma journée quelque part dans l'après-midi alors que les autres sont tout sales de fatigue, ici et là depuis des heures, ils se trimballent eux-mêmes. et ce décalage, le fait que je me sois levée à 13h et eux à 8h change totalement notre perception de la situation, je vis cela comme une tranquille aventure, je pense à la douche que je viens de prendre, il pense à la douche qu'ils vont prendre, ils viennent de la rue, rentrent chez eux, perdent une première épaisseur en se délestant de leurs sacs, une deuxième en enlevant leur manteau, reprennent une forme normale, et cette lumière abricot caractérisant l'intérieur d'un foyer et qui coule sur eux, ils mangent du jambon? au cinéma j'aime sentir mon bras qui porte encore l'odeur de la crème hydratante, si on ne me connaît pas on ne sait pas bien ce que je suis en train de faire et peut-être que le geste qu'on devine du coin de l'oeil fait peur. je crois de toute façon que j'évite de faire de telles choses à côté d'inconnus, je n'aime pas laisser derrière moi une mauvaise image, ce serait comme passer devant quelqu'un et laisser un bref courant d'air nauséabond. Cécilia me dit ensuite "ouais je t'ai grillée au cinéma". Cécilia a dit à Charlette que je passais mon temps à bailler pendant la nuit milos forman, j'ai dû lui dire que je n'avais baillé que deux fois et quand même, à 5h du matin au bout du troisième film. Ça m'a irritée de devoir repasser après elle pour corriger en précisant, je me suis sentie insultée par ce "elle" employé pour me désigner, C'est que trop de gens disent "tout le temps", "tout le monde", parlent grossièrement des choses, avec un gros marqueur noir dans la tête, alors que tout est dans le détail la précision l'exactitude la nuance, par exemple je ne voulais pas dire aux gens "on était trois dans la salle" lors de la nuit milos forman, alors j'ai compté les gens. Je suis revenue des toilettes et j'ai balayé la salle du regard en additionnant très vite dans ma tête les points de clarté qui parsemaient les rangées de sièges, et on était huit. et l'organisateur de la soirée a rigolé "excusez moi mais c'est la première fois que je vois une salle aussi calme", il avait dit "calme", pour ne pas dire "vide", cela aurait fait du mal à tout le monde, mais c'est vrai que d'un côté, les premiers films de milos forman, qu'est ce qu'on en a à foutre.&lt;br /&gt;Nous avions rendez-vous à la sortie du métro George V, là où quelques semaines auparavant je m'étais faite renversé par une Vespa noire, sous la pluie, elle m'a cogné assez fort pour que je tombe par terre d'une traite, sans préparation, debout/couchée, d'une seconde à l'autre, même que dans les films tu te demandes comment ils font pour ne pas avoir mal. Il y avait une pluie tellement folle que ma parka avait changé de couleurs, passant du beige clair à une sorte de papier kraft mouillé, j'avais la tête sous la capuche et le bonhomme était vert alors je n'ai pas regardée mais j'ai entendu klaxonner alors j'ai couru sans savoir qu'en courant je m'approchais en fait du point d'impact, et le bruit du klaxon se faisait de plus en plus proche, assez proche pour qu'il ne soit destiné qu'à moi.&lt;br /&gt;Une fois par terre j'ai eu le temps de m'abandonner en victime pendant environ une seconde, l'intensité de ce que l'on s'apprête à vivre est tellement forte qu'on a pour réflexe de fermer les yeux comme pour l'éviter, mais c'est déjà trop tard. Ce clignement d'yeux c'est ce qui provoque l'impression d'un avant et d'un après l'accident. En les rouvrant ma capuche s'était enlevée et à la place la clarté du ciel et la pluie me dévoraient le visage, je m'imaginais avec quelques mèches humides zigzaguant sur ma joue. Je me suis relevée comme une grande, je me souviens précisément du talon de ma botte qui se réinstalle perpendiculairement au trottoir, je n'en voulais à personne mais il fallait fuir parce qu'autour ça médisait intérieurement et ça ne me connaissait pas. je voyais des hommes d'affaires qui de loin et en chemises fumaient sous un préau, le conducteur de la Vespa était aussi tombé par terre, la tête enflé par son casque comme une grosse sucette, d'un ton sans acrimonie il m'a dit de faire attention en traversant et il m'a demandé si j'avais quelque chose, je crois que j'ai répondu "un peu mal à la jambe mais ça va" car cela paraissait plus sincère que "nulle part", ou que "partout", disons qu'il me fallait quitter ce lieu, cette chaussée au plus vite et m'introduire dans un périmètre où les gens ne savent pas que je suis la piétonne imprudente. En prenant le trottoir une femme m'a demandée si ça allait, j'ai dit oui merci et j'ai marché, trempée comme jamais, je devais acheter un sac pour ma soeur, tout était impeccable calme et vide dans la boutique, sauf moi, trempée, bousculée, malmenée et arrivant quand même à demander ce qu'elle avait en bleu marine. C'est après coup, quand les sensations et le feu de l'action s'amenuisent, quand le corps est au clair et au calme que l'on repère quelques discrètes douleurs, un peu mal à la tête et un peu à la cuisse, puis un léger torticolis et des courbatures qui s'accentuaient de jour en jour pour ensuite s'apaiser decrescendo. D'abord on a peur pour soi, est-ce que la douleur doit être insurmontable pour comprendre que quelque chose est cassé? et trop la flemme d'attirer l'attention d'un médecin, d'une mère, d'une famille sur moi et pourtant le besoin d'en parler, parce qu'au delà de la douleur physique, cette expérience était en tout point un gouffre de solitude. Je n'ai même pas réussi à le dire à ma mère, à construire une phrase, ça ne sortait pas, et puis j'avais à la fois envie de lui raconter quelque chose de fou, de l'inquiéter en même temps que de la rassurer, je n'avais pas envie de prendre le parti de quelqu'un, c'était ma faute, elle me gronderait, c'était sa faute, pourquoi tu n'as pas pris son numéro? Une mère a tendance à tout résoudre, à tout laver et plier comme du linge, ça ne me plaisait pas. On devient pendant quelques heures son propre fait divers, "se faire renverser par une voiture", c'est quoi, c'est un film, un fait divers oui, l'histoire de l'amie d'une amie, quelque chose de bien loin, vu mille fois, vécu zéro, et puis ça nous arrive, on teste pour les autres, on peut en parler. Je l'aurais vécu au niveau 1, c'est à dire pas de sang, pas assez de dégâts pour que je me plaigne, deux trois autres circonstances auraient rendues la chose mille fois pire. J'ai pensé à nos corps et à l'état de permanent confort dans lesquels ils évoluent et passent leur vie, jamais ils ne se font violence à part quand on fait du sport, on passe sa vie à l'effleurer, à le nettoyer, à le faire s'asseoir, s'allonger, tout ça c'est des caresses, nous vivons dans du coton mais la brutalité n'est jamais loin. Cet accident m'a aussi donné l'occasion d'être attentive à mon corps et à son rétablissement, on se réjouit de sa faculté à tout remettre en ordre, à se régénérer, cette superbe machine beige, fragile mais sévère, sévère mais maternelle.&lt;br /&gt;J'attendais Cécilia, un peu plus d'un mois après l'accident, elle a été très en retard et je lisais, mon livre posé sur un rebord près du megastore Louis Vuitton. Tiraillée entre un intérêt profond pour mon livre et l'envie de m'énerver tout rouge de son retard, bien calée entre deux mondes. J'avais peur que ses excuses ne soient pas assez sincères à mon goût, cela m'aurait laissée amère pendant encore longtemps et j'aurai dû me forcer à poursuivre la conversation car je ne sais faire qu'intérioriser. Quand elle est arrivée il était déjà trop tard pour ce qu'elle voulait faire, c'est à dire s'acheter un sac, dans un sourire timide et délicat elle m'a dit "Mille excuses" tout en exécutant une faible révérence, disons une inclinaison de la tête qui a eu le don de me faire tout à fait oublier ce retard, j'étais même de meilleure humeur, me repassant la scène que j'estimais être un petit miracle. Nous avions faim et pensions au même restaurant : la pizzeria rose pâle rue des écoles. Il faisait maintenant nuit et nous étions libres et responsables, se dirigeant vers la pizzeria, je lui ai dit "hé ce soir on peut commander des cafés après les pizzas", on s'en fichait, on allait rentrer avec le jour, on parlait de n'importe quoi, de mille fois la même chose, qu'il nous fallait de nouvelles chaussures, du donormyl, de nos licences, des livres chez boulinier, de ce qu'on aimerait comme rétrospective à la filmothèque, de ce qu'on aimerait comme nuit au champo, des actrices qu'on aimait, des textes qu'on aimerait écrire sur les réalisateurs et les acteurs, de sa famille, de ce qu'elle avait mangé chez sa tante, de ce qu'on commanderait au reflet, de monsieur franck, de monsieur delmas, de ses personnes placées de l'autre côté de nos vies et que les autres ne connaissent que par deux trois faits, j'en viens même à les numéroter, baptiste 1, baptiste 2, baptiste 3, aurélien 1, aurélien 2, julien 1, julien 2, derrière l'un des gérants de la pizzeria était attablé devant une grosse assiette de salades et une cuisse de poulet qui brillait un peu, il m'a rouvert l'appétit trop faiblement fermé par ma pizza aux aubergines. On est allé au Monoprix essayer des rouges à lèvres et acheter un paquet de biscuits, elle m'a dit que les tartelettes au citron meringué était trop bonnes, je ne les connaissais pas. quand on ne connaît pas quelque chose la personne s'empresse de nous demander si on aime une chose qui s'y rapproche, c'est marrant.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-944428619588179492?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/944428619588179492/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=944428619588179492' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/944428619588179492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/944428619588179492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/09/ce-que-jaime-cest-melanger-ma-mousse-au.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5841428619836028222</id><published>2009-09-16T14:24:00.014+02:00</published><updated>2009-09-24T06:37:44.827+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/_MmRVVROy-Jo/Sl8pF28496I/AAAAAAAAFBc/-1ND1_D3Y9Q/s400/ivanschildhood8.jpg"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 511px; CURSOR: hand; HEIGHT: 377px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_MmRVVROy-Jo/Sl8pF28496I/AAAAAAAAFBc/-1ND1_D3Y9Q/s400/ivanschildhood8.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'Times New Roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'Times New Roman';"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Il me faut 40 minutes pour aller de Courbevoie à la rue Tolbiac. Je portais ma récente chemise bleue, j'en aime la couleur au motif assez petit pour qu'elle paraisse, à un mètre de moi, simplement bleue. La matière, ce fin coton. Dedans je ne me sens pas du tout travestie comme dans certaines choses un peu trop féminines pour moi, je me sens plutôt très moi. J'avais un pull sur les épaules et mes Adidas. Quand j'y pense, j'ai ces adidas depuis la 3ème, en temps normal je change trop souvent d'affaires pour les voir vieillir mais les chaussures on les garde, ça vieillit dans son coin, trop chiant à vendre sur Ebay peut-être. J'y ressens comme une fierté mal placée, contente d'être capable de constance, de fidélité, c'est un peu ridicule. Ce qui fait tout sur les stan smith c'est la petite languette verte (ou bleu marine) derrière.&lt;br /&gt;Je lisais la presse en attendant debout devant le Centre Pierre Mendès-France. Lire le journal me permettait de me départir de ma gêne à être là, debout, à attendre qu'il soit 11h, j'étais concernée par autre chose (une interview de Roselyne Bachelot, lol) et ne prenais pas part à la gêne générale (c'était peut-être dans ma tête) qui englobait tous les jeunes étudiants hésitant à franchir l'enceinte ou à attendre encore un peu, peut-être se disait-on qu'à partir de 11h notre présence en ces lieux deviendrait légale.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="BORDER-TOP-WIDTH: 0px; PADDING-RIGHT: 3px; PADDING-LEFT: 3px; BORDER-LEFT-WIDTH: 0px; BORDER-BOTTOM-WIDTH: 0px; PADDING-BOTTOM: 3px; MARGIN: 0px; FONT: 100% Georgia, serif; WIDTH: auto; PADDING-TOP: 3px; TEXT-ALIGN: left; BORDER-RIGHT-WIDTH: 0px"&gt;&lt;div style="BORDER-TOP-WIDTH: 0px; PADDING-RIGHT: 3px; PADDING-LEFT: 3px; BORDER-LEFT-WIDTH: 0px; BORDER-BOTTOM-WIDTH: 0px; PADDING-BOTTOM: 3px; MARGIN: 0px; FONT: 100% Georgia, serif; WIDTH: auto; PADDING-TOP: 3px; TEXT-ALIGN: left; BORDER-RIGHT-WIDTH: 0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;L'amphi n'était pas très grand. Sur le site ça disait "la plus grande université de philosophie en nombre d'élèves" qui m'avait fait imaginer quelque chose d'assez important pour que ça en devienne décourageant. Plus tard j'ai fait remarqué aux gens, aux amis que j'avais pas réalisé à quel point la philo restait un truc peu demandé, ils me répondaient des variantes de "tu croyais quoi?". Je m'étais jusqu'à maintenant figuré le contraire, c'est comme ça quand on étend sa pensée, ses préférences au reste du monde; il finit par nous surprendre. On pouvait penser qu'à ces premières années l'amphi devait être beau du moins propre et qu'il n'a enlaidit qu'à force d'années et de graffitis, mais en fait on se rend bien compte que sa laideur réside dans sa conception même, ses murs de briques positionnées de la façon la plus moche qui soit, et réhaussées d'un "TRAVAILLE PLUS, CONSOMME PLUS, TU MOURRAS PLUS VITE".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui me gênait c'était ce manque de renvoi d'image de moi-même, cette immersion un peu trop totale dans l'anonymat, disons plus que l'anonymat, une sorte de néant, où l'on ne s'envisage pas autrement par les autres que venant de naître, de pousser au milieu de l'amphi et prête à se désactiver avec la fin de la réunion. J'essayais de ne pas les considérer ainsi, de ne plus avoir cette prétention là, au lieu de ça je pensais à leurs mères, je les imaginais parler de la réunion dans la cuisine, essayant de décrire vaguement ce qu'ils avaient pu ressentir au milieu de ces autres gens qui ambitionnent de connaître les mêmes choses qu'eux, la philosophie, la liberté bon marché, la machine à café, tout ça.&lt;br /&gt;Alors que j'entrais au lycée avec une place, un rôle à jouer, certains terminales me connaissaient, je pouvais dire bonjour aux profs des années antérieures, tout ça s'était sédimenté sur trois ans, à présent il fallait revenir à zéro: une zone de plus sur le pass navigo, une carte d'étudiant, de la place à faire pour les livres, un petit netbook bleu marine, Paris à la place de Neuilly, un peu plus d'argent de poche, une vie de grande personne libre à organiser. J'ai trop pensé à ce jour pour ne pas en parler, plus jeune mon père me disait "faudra que tu apprennes à prendre le métro toute seule", les chiffres dans les ronds de couleur m'étaient d'un charme incompréhensible et je pensais au jour où j'irai m'acheter des vêtements toute seule, où je remplirai mon frigo, j'y pensais beaucoup. On se responsabilise trop naturellement pour que ça nous saute aux yeux. On acquiert beaucoup de liberté en peu de temps et on peut s'amuser à aimer ça, à trouver que ça suffit, que c'est pas mal, que c'est du plaisir, au lieu de trouver ça naturel. Je peux me dire, je suis seule à 23h en train d'attendre le train au milieu d'autres personnes aussi responsables que moi et depuis mon réveil je n'ai fait que choisir ce que je faisais, mangeais, disais. J'ai choisi ma coiffure, ma veste, mon attitude, ma façon d'aimer la vie, mes chaussettes, mon portefeuille, le magazine dans mon sac, les stylos dans ma trousse, mon écriture. J'en suis là.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="BORDER-TOP-WIDTH: 0px; PADDING-RIGHT: 3px; PADDING-LEFT: 3px; BORDER-LEFT-WIDTH: 0px; BORDER-BOTTOM-WIDTH: 0px; PADDING-BOTTOM: 3px; MARGIN: 0px; FONT: 100% Georgia, serif; WIDTH: auto; PADDING-TOP: 3px; TEXT-ALIGN: left; BORDER-RIGHT-WIDTH: 0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Devant moi il y avait une fille dont l'acte a trahit le manque insupportable de maturité. Au moment où la réunion commençait elle n'a rien trouvée de mieux que de poser son exemplaire des &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Mémoires d'une jeune fille rangée&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; à côté d'elle, malgré le peu de place que lui laissait la tablette. Trois ans sans aucun vrai contact avec mes semblables (mon lycée ce n'était pas vraiment mes semblables), j'avais du mal à concevoir que des comportements pareils puissent encore exister. Sur le moment ça m'a désespéré, tout autant que cette nana pleine de décontraction venue largement en retard avec short en jean, chapeau sur la tête et sac Louis Vuitton. Je ne supporte pas l'idée qu'on puisse ne pas penser à enlever son chapeau "à l'intérieur", je ne comprenais pas son absence de désir de faire bonne figure sinon de ne pas se faire remarquer, d'être à la hauteur d'une politesse fondamentale, aussi arbitraire qu'elle puisse être. Il y avait aussi une nana avec de longs cheveux rose fuschia et quelques mèches blondes. Je me disais que j'avais jusqu'à là imaginer qu'on était tous revenus de cette individualité étalée à outrance que peut être l'adolescence et qu'on avait compris qu'il fallait vivre en faisant de la place, la plus grande possible, aux autres. Enfin il y avait quand même une majorité de personnes normale comme je les aime et qui par leur apparente normalité laissent le champ large à l'imagination.&lt;br /&gt;Je pensais à mon vieux voisin devant se sentir n'importe où mais pas à sa place. Je comprenais mal le visage de la directrice de l'UFR, je voyais son visage de façon imprécise, presque floue, comme on regarde une scène depuis les gradins du Zénith. En sortant j'ai pu voir qu'elle était plutôt jolie, avec des yeux clairs (tout les yeux paraissent noirs vus de là où j'étais) et des traits maigres, elle portait de grosses Nike Air Force noir et rouge.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'enfance d'Ivan&lt;/em&gt;  d'Andréi Tarkovski&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.zshare.net/audio/65769029d528a813/"&gt;The Pastels - Address Book&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5841428619836028222?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5841428619836028222'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5841428619836028222'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/09/il-me-faut-40-minutes-pour-aller-de.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_MmRVVROy-Jo/Sl8pF28496I/AAAAAAAAFBc/-1ND1_D3Y9Q/s72-c/ivanschildhood8.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-1807469081723849731</id><published>2009-08-31T16:20:00.008+02:00</published><updated>2009-09-04T03:10:24.095+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/27/87/18389257.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 600px; height: 400px;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/35/27/87/18389257.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="color:#0000EE;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="text-decoration: underline;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;Mon père est rentré à 2h du matin et il m'a dit qu'il venait de recevoir un sms et qu'Emile et maman ne rentraient pas demain à 20h mais ce soir à 5h du matin, il avait donc 2h pour dormir et si j'étais encore réveillée d'ici 5h et que lui non et bien je devais le réveiller. J'étais toute excitée, je les imaginais dans la fraîcheur de l'avion (qui est une chaleur du point de vue de la température extérieure) et dans la nuit, puis se lever des sièges, les membres tout engourdis, se demandant tout en se dirigeant vers la sortie s'ils avaient quelque chose à piquer dans l'avion, les couvertures ou les masques pour dormir. J'étais au salon, mes livres, mes dvd, ma bouffe, mes fringues, mes chaussures tout ça autour de moi, il fallait que je range tout et que je réintègre ma chambre mais j'ai attendu que mon père parte les chercher (je l'imaginais dans la chaleur de la voiture, avec un peu de radio, les yeux innocents de la fatigue, la route émouvante qui conduit jusqu'à l'aéroport CDG, le Stade de France) pour commencer: d'abord ranger ma chambre pour pouvoir y ramener le bordel qui était au salon, j'ai sorti l'Ajax et allumé France Inter, les émissions estivales disaient au revoir et à l'année prochaine. Je déteste ranger et nettoyer le jour parce que la lumière du jour c'est comme si elle vous montrait cruellement du doigt où se trouve la saleté, c'est un peu désespérant, comme quand je regarde la peau de mon visage à la lumière du jour, j'y vois mille irrégularités que je ne vois pas la nuit et je me dis que jamais aucun garçon ne pourra aimer ce visage pourri. La nuit c'est bien, on croit que tout est propre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A 6h j'avais pris un Donormyl de chez mon père, je redoutais un peu d'être levée quand ils seraient là, ça faisait un mois que je ne les avais pas vus, j'appréhendais bêtement en me sachant capable de relativiser (c'était ma mère, c'était mon frère), je ne savais pas vraiment quoi faire : rester éveillée pour leur dire bonjour et manger des trucs avec eux ou dormir, finalement je me suis endormie et ce n'est que vers 15h que j'ai distingué le haut Gap de ma mère, elle était debout devant moi, à cause de ma myopie et de la fatigue de mes yeux je ne l'ai pas très bien vue mais je savais que c'était elle parce qu'elle était rentrée et que je reconnais sa voix qui m'appelle mumu. A chaque fois les gens bien réveillés considèrent les gens qui viennent d'ouvrir les yeux comme parfaitement aptes à entamer une conversation et à réagir alors que je me sentais encore plutôt du côté du sommeil que de celui de la veille. Après lui avoir fait la bise les yeux lourdement fermés, elle m'a offert mes cadeaux à même le lit, c'est toujours plutôt marrant, comme elle ne trouve jamais rien sur les lieux de voyage elle me prend ce qu'elle trouve dans les boutiques Duty Free, des parfums le plus souvent, que je vide sur mon cou de façon indifférente, sans me préoccuper de l'odeur. Je me suis levée, je suis allée serrer la main d'Emile, je connais son manque d'enthousiasme dans tout ce qui est retrouvailles et j'essaye le plus souvent de le surprendre dans sa crainte en adoptant des réactions on ne peut plus modérées. C'est très reposant de pouvoir se permettre ça avec quelqu'un. J'ai mangé des tartines devant ma mère, je crois qu'elle mangeait avec moi et que nous discutions, je ne la voyais toujours pas distinctement. Au fur et à mesure qu'elle vidait les valises elle me sortait les cadeaux que ma famille me destinait, des cadeaux que je n'aime jamais et que j'accueille par un "oh c'est gentil" qui n'espère plus rien. Quand ma grand-mère me demande ce que je veux comme cadeau au téléphone je lui dis des pyjamas, des pyjamas pour l'hiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plusieurs fois dans la journée elle m'aura demandé "t'es contente qu'on soit revenu? On t'a manqué? Radio Orient ça t'a manqué hein", je trouvais ça marrant, je ne savais pas qu'elle était capable de recul sur elle-même à ce point, oui Radio Orient m'avait peut-être manqué. Dans une famille nombreuse on apprend très bien à ne pas pouvoir toujours faire ce qu'on veut, aussi je dois demander la permission si je veux mettre France Inter, j'ai dû longtemps partager un ordinateur avec Emile et Myriam, à partager -encore maintenant- ma chambre avec elle avec tout ce que ça suppose de compromis, de privations pour permettre une cohabitation sans heurts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir je m'étais habillée pour faire un truc et puis progressivement j'ai accepté de ne pas sortir, pas aujourd'hui en tout cas, je pouvais me le permettre, avant c'était plutôt le contraire, je ne sortais pas de la semaine et je m'autorisais à sortir un jour. Quand j'y repense rester 4 jours à la maison me paraît maintenant infaisable, presque irréel. C'est dans ces détails qu'on constate le progrès, du moins le changement. Je ne savais pas quoi faire, mettre un film en marche sur mon ordinateur me paraissait le bout du monde, toutes activités me paraissaient être le bout du monde, ma volonté n'était à la hauteur de rien. Je suis entrée au salon, Emile était allongé sur le lit et ma mère était sur le canapé avec son ordinateur sur les genoux. Je leur ai dit qu'il y avait&lt;i&gt; Pretty Woman&lt;/i&gt; à la télé, je n'avais jamais vu ma mère se réjouir autant qu'un film passe à la télé, ça a toujours marché comme ça avec elle, elle fonctionne au souvenir plus qu'à la curiosité. Emile a mis TF1, je sais que je me suis allongée pas trop loin de lui avec l'intention de rester un peu, et puis tout bien réfléchi je n'avais rien de mieux à faire alors je me suis laissé porter par l'histoire avec ma mère derrière moi que je savais attentive, je craignais que l'histoire la fasse encore rêver. J'ignore quand Emile est parti dans sa chambre, je crois que c'était au moment où ma mère lui a rendu la clé USB pour internet. J'imagine que toutes les deux avions prévu de faire autre chose de notre soirée mais malgré une connaissance aigue du film nous restions subjuguées et dans l'incapacité de faire autre chose, comme ça peut arriver pour un livre: on se fixe jusqu'à ce chapitre puis on a envie de savoir ce qui se passe dans le chapitre suivant, puis dans le suivant, et enfin on arrive au bout du livre. Ce qui aussi intéressant pour moi c'était de revoir ce film des années après, alors que je me suis disons intéressée au cinéma et que de nombreuses images me sont restées au fond des yeux. Je reçois tout autrement, et c'est ça qui fait qu'on peut relire les livres, revoir les films, parce que c'est nous qui changeons et que les histoires se déploient autrement suivant ce qu'on a compris et appris de la vie, du cinéma, de la littérature. Je partais avec un mauvais a priori, celui dont j'ai déjà parlé et qui fait que je renie ce que j'aimais avant, et en fait le film était très bien, assez subtil et même modéré dans l'enthousiasme général que suppose une &lt;em&gt;fin heureuse.&lt;/em&gt; Julia Roberts a longtemps été l'actrice préférée de ma soeur et de ses cop's, moi elle me répugnait, sa peau et sa faiblesse me répugnait, sa façon de marcher comme un mec, longtemps ma mère s'en est plainte tout en se réjouissant de trouver un défaut à cette femme. Ma mère s'est levée pour prendre un truc à manger, elle venait d'arriver et n'était pas trop au courant du contenu du frigo qui en son absence était devenu mon territoire, elle a fait avec mes produits, elle a fini mon sac de carottes râpées/céleri/chou blanc, je pouvais l'entendre mâcher derrière moi parce que l'ensemble est plutôt bruyant, ça ne me gênait pas, ça me rappelait sa présence, je n'avais aucune raison de ne pas être apaisée, je baignais dans une chaude quiétude possible qu'en famille. J'étais au fond bien contente qu'ils soient revenus, tout était plus grave sans eux et maintenant tout a repris de sa légèreté, de sa bonhomie, la famille c'est encore soi-même, c'est une présence sans enjeux, sur laquelle on peut se reposer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;&lt;b&gt;Nobody Knows de Hirokazu Kore-eda&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.megaupload.com/?d=S4NA9R0H"&gt;Girls - Hellhole ratrace&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-1807469081723849731?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/1807469081723849731/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=1807469081723849731' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1807469081723849731'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1807469081723849731'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/08/mon-pere-est-rentre-2h-du-matin-et-il.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-9167065041320829984</id><published>2009-08-22T02:26:00.006+02:00</published><updated>2009-08-25T08:30:45.066+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SpODuOajk3I/AAAAAAAABLI/zNq4U80827Y/s1600-h/losey4.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 281px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SpODuOajk3I/AAAAAAAABLI/zNq4U80827Y/s400/losey4.JPG" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5373783610549834610" /&gt;&lt;/a&gt;Les tâches ménagères, un peu comme tout, ça prend le temps qu'on leur accorde. Si on veut que ça dure trente minutes ça durera trente minutes, si on veut que ça dure un week-end ça peut facilement durer un week-end et alors on en vient à nettoyer l'intérieur des serrures jusqu'au balais lui-même et des conneries du genre. La dernière fois, impossible de dormir, j'ai donc attendu que mon père se rende au travail pour me lever et nettoyer le sol de la cuisine en écoutant&lt;i&gt; Esprits critiques &lt;/i&gt;sur France Inter. C'est drôle, ça ne changera jamais et c'est plutôt touchant, cette vieille histoire entre mon père et moi qui fait semblant de dormir. Je crois que j'ai passé plus de temps à faire semblant qu'à dormir vraiment. C'est un jeu à sens unique, parce que s'il savait ce ne serait plus un jeu, il faut forcément une victime à maintenir dans l'illusion, une victime éveillée qui penserait à la faiblesse de l'endormi que nous ne sommes pas. Avant il y avait bien une raison de faire semblant : c'était pour éviter qu'on m'engueule, aujourd'hui je ne sais pas, peut-être l'habitude de la crainte. La dormeuse restera mon plus beau rôle, cela suppose un peu de créativité dans les poses, un truc un peu bohème et incompréhensible comme peuvent l'être les endormis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joyeuse, donc, de pouvoir enfin écouter les émissions que je rate faute d'être disponible à ces heures-là, et pour cause : à l'heure d'&lt;i&gt;Esprits Critiqu&lt;/i&gt;&lt;i&gt;es&lt;/i&gt; je suis déjà loin dans mon bus direction le lycée, sinon c'est que je dors (ou fais semblant?). Un sociologue de l'art parlait, me passionnait, répondait à mes questions les plus intimes, des questions aussi informulées que parfaitement ancrées en moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décrasser un sol, voilà ce que j'appelle une tâche concrète et qui ne peut être que source de satisfaction, de répit. On travaille à restituer une surface à son état originel, et la satisfaction qui en découle n'est pas une seconde émoussée par l'idée que cette surface sera de nouveau salie. Il faut absolument que je recopie un de ces jours de jolies pages sur les tâches ménagères lues dans un essai qui s'intitule &lt;i&gt;Les gens de peu &lt;/i&gt;et qui m'a révélé beaucoup de choses sur ma mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rigolo comme le simple fait d'acheter un billet pour une nuit Tarantino vous rend plus accessible, plus "coul" peut-être aux yeux des autres. Le monde s'ouvre à vous. Le caissier de la billetterie de la Fnac Saint-Lazare semblait vouloir discuter vaguement, je ne suis pas contre, je dis juste que si j'étais venue acheter un billet pour un spectacle de Robert Hossein le départ de discussion n'aurait jamais eu lieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai fait croire à mon père que j'y allais avec une copine, sinon il aurait eu peur. Premièrement que je sorte si tard le soir et toute seule, normal, et deuxièmement il n'aurait pas compris pourquoi j'accepte d'y aller seule, comment me vient l'idée d'y aller si je suis seule. Dans certains cas et pour certaines personnes la solitude est inquiétante, un peu bizarre, un peu honteuse, moi je me force seulement à l'apprivoiser, à la comprendre comme un état naturel.&lt;br /&gt;Il doit en avoir marre qu'à chaque fois qu'il me demande ce que je fais de mes journées je lui réponde "je vais au cinéma", il lui est arrivé de me dire "mais y'a plus de films à voir là, t'as tout vu". Je lui ai déjà dit que j'allais dans d'autres cinémas où repassent régulièrement de "vieux films" (je n'aime pas cette expression, elle est porteuse d'un imaginaire mensonger légèrement pompeux). S'il le voulait vraiment, je garde à sa disposition les tickets de cinéma avec titres des films et dates, on pourrait aisément reconstituer le mois d'aout dans sa totalité. Quelque part ça me rassure d'être en possession de preuves aussi irréfutables, c'est presque trop simple.&lt;br /&gt;Je l'attends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveillée à 15 heures, j'ai fait un peu de ménage, beaucoup de glandage, puis on regonflé les roues de mon vélo et je l'ai enfourché pour aller nourrir le chat de Marie, ça m'a fait du bien de me dégourdir les jambes, de répéter mécaniquement un geste censé vous purifier le corps, la tête, un peu tout. C'est une répétition comme un rite, qui a quelque chose de religieux. Avant de partir pour ne revenir qu'au petit matin j'ai bien pris soin de ne rien oublier, quelques barres de céréales anti gargouillements cinéphiliques (on devrait inventer une marque, genre Cinésnack avec des emballages et des textures absolument silencieuses) qui vous laisse toute confuse une fois que les lumières de la salle se rallument, une bouteille d'eau, des mouchoirs, un gilet comme j'imaginais qu'ils allaient s'emporter sur la clim.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis allée voir &lt;i&gt;Là-haut&lt;/i&gt; pour me chauffer un peu, ça faisait longtemps que je n'étais pas allée dans une salle UGC et il est difficile de ne pas résister à l'envie de souligner le côté impersonnel, un peu usine du dispositif, avec la caissière dont le regard laisse deviner qu'elle n'est encore plus trop loin d'avoir fini son boulot. Mais c'est tellement prévisible de ma part que je préfère ne pas développer. Je me snobifie lentement, je me dégoûte, parce que ça s'accompagne forcément de reniement de ce que j'ai été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais voir les Pixar sans jamais me poser de questions, il faut les voir, même sans grande envie, on sait qu'on en ressortira convaincu. Les couleurs, les images, la morale tout est très beau dans &lt;i&gt;Là-haut&lt;/i&gt; et très doux aussi, comme un sachet de bonbons coca cola bleu et rose avec le sucre qui reste au fond. L'humour est subtilement dosé à l'inverse de l'&lt;i&gt;Age de glace&lt;/i&gt; qui n'est rien d'autre qu'un sac à gags sans épaisseur. Il y a des ballons, des milliers de ballons de toutes les couleurs, c'est d'une beauté toute bête mais qui fonctionne affreusement. Et au fil du film on voit ce gros bouquets s'affaisser, se déplumer, on craint qu'il ne disparaisse, que le charme de l'accumulation soit rompu. J'ai trouvé la morale très forte, très élaborée et très bien amenée tout le long du film, ce n'est pas juste un prétexte pour sortir les ballons mais bien un message sincère que l'on colore un peu, que l'on atténue afin de pouvoir le servir aux enfants. Je me mets à la place d'Emile et si j'ai été un tant soit peu attentif j'en ressors forcément modifié. Un jour une situation bien précise fera écho à ce film et le lui remémorera, le cinéma est une bombe à retardement. A son retour j'en discuterai avec lui autour d'un bol de Miel Pops.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait se pencher sur la morale de tout les Pixar. Par exemple, prenons Toy Story, chef-d'oeuvre inégalé des studios Pixar où nous assistons au passage à la vie adulte de Woody qui apprend à mettre son ego de côté pour se plier à une sorte de devoir de fraternité envers Buzz l'éclair, devoir que tous les autres jouets ont d'emblée à son égard. Si Woody est bien l'un des héros de Toy Story c'est justement parce qu'il est le seul a posséder de l'amour-propre et à ressentir âprement des sentiments aussi forts que la jalousie, la nostalgie d'une époque où il était le jouet préféré d'Andy ou encore l'abandon. C'est un personnage très tourmenté, qui a d'abord les actes que lui inspirent ses sentiments (il fait des crasses, il vanne grave), s'ensuit la prise de conscience, devant les conséquences de ses actes qu'il ne contrôle plus, de son immoralité qu'il tentera de renverser en allant sauver Buzz l'éclair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En sortant je me suis attablée à un café où j'ai aimé profiter de l'occasion pour commander un café crème, moi qui m'interdit normalement le café en soirée pour ne pas aggraver mes difficultés à m'endormir. J'avais d'abord passé la nuit dernière sereinement en me disant que concernant l'heure du coucher, le plus tard serait le mieux vu qu'une nuit blanche m'attendait le lendemain. Café et veille jusqu'à pas d'heure, voilà mes règles de vie idéales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Reflet il n'avait plus de crumble ni de fondant au chocolat, j'ai toujours vu Marie et Cécilia en commander devant moi et me laisser en goûter un échantillon qui me donnait un éclatant aperçu de ce qu'elles étaient en train de déguster et rendait insipide ce que je pouvais avoir devant moi. J'ai revu mes exigences à la baisse et j'ai demandé un Coca light avec un sourire qui voulait dire "oui c'est ce que je commande une fois tout les deux jours quand je viens ici, je voulais changer mais vous ne m'en donnez pas l'occasion". J'espère qu'il a compris, par ailleurs ce serveur est étrangement sublime, avec une voix, comment vous l'expliquer...si un fondant au chocolat avait une voix il aurait celle-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;The Servant de Joseph Losey&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-9167065041320829984?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/9167065041320829984/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=9167065041320829984' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/9167065041320829984'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/9167065041320829984'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/08/les-taches-menageres-un-peu-comme-tout.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SpODuOajk3I/AAAAAAAABLI/zNq4U80827Y/s72-c/losey4.JPG' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5718128502087780494</id><published>2009-08-20T08:37:00.015+02:00</published><updated>2009-10-10T00:44:31.087+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://imcdb.org/images/208/903.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 550px; height: 335px;" src="http://imcdb.org/images/208/903.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Je m'en veux assez fortement de ne pas accrocher à Faulkner, la lecture d'un livre n'a jamais été aussi laborieuse, pourtant partout sur le net cela crie au chef-d'oeuvre concernant &lt;i&gt;Le bruit et la fureur, &lt;/i&gt;les lecteurs expliquant s'être heurté eux aussi à l'incompréhension des procédés utilisés par Faulkner mais, paraît-il, c'est une fois le livre terminé que l'on prend conscience du chef-d'oeuvre que l'on vient de lire. D'accord, soyons donc patients. Pour la lecture il faut pourtant fonctionner à l'instant présent, le plaisir doit être immédiat. Le livre, tu l'aimes ou tu le quittes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Croisé Adrienne Pauly à la librairie la Hune, je l'ai reconnu de dos, c'était improbable. Elle repartait avec deux énormes sacs sous doute remplis de livres, c'était assez fou. Elle portait une robe à pois, d'assez haut talons compensés en corde avec le dessus rouge et une sorte de veste en satin avec les manches élastiques façon veste de sport sur lesquelles passaient deux bandes blanches, un sac noir American Apparel je crois, le format pour ordinateur, puis les cheveux ébouriffés et des Wayfarer sur la tête. Ces sacs ont sonné quand elle est sortie, le gérant les lui a repris pour régler ça, ils semblaient bien se connaître. Cette mésaventure des sacs qui sonnent m'a offert quelques secondes de plus pour l'observer. Le plaisir des images.&lt;br /&gt;Je ne connais rien de cette fille, je suis juste tombée sur le clip de "J'veux un mec" un soir d'insomnie et déjà elle m'agaçait en même temps qu'elle m'attirait. J'aime son look, son modèle de féminité qui sied parfaitement à son petit corps maigre, et ses cheveux qu'elle ose garder n'importe comment sur la tête. Elle semble chez elle dans son corps, à l'aise, avec un côté jem'enfoutiste assez calculé pour que justement cela ne fasse pas calculé, bref, une somme de détails qui rend l'ensemble charmant. "J'veux un mec" est quand même une très bonne chanson et me suffit assez pour ne pas nourrir de curiosité à l'égard du reste de sa discographie.&lt;br /&gt;Le truc assez fou c'est que rien dans mon comportement ne présageait que je la connaissais, j'imagine que ça lui aurait fait plaisir de savoir que j'étais &lt;i&gt;au courant &lt;/i&gt;de ce qu'elle faisait mais, faut de trouver une manière subtile de le montrer, j'ai préféré faire l'ignorante. Comme pour Edouard Baer à Arles, n'est-ce pas les filles?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;08H46 du matin, encore levée. J'ai voulu commencé &lt;i&gt;Boulevard Saint-Germain&lt;/i&gt; de Gabriel Matzneff pour "voir ce que ça donne", je n'ai pu m'arrêter qu'au bout de 100 pages. Déjà avant son dandysme revendiqué m'exaspérait, cette façon bien à lui de dire et de prouver qu'il fait précisément ce qui lui plaît me fascine en même temps qu'elle me dégoûte profondément. Je jalouse Gabriel Matzneff et les moindres efforts qu'il semble avoir fourni pour avoir eu une telle vie, aussi bien remplie, aussi délicate, aussi obscène dans l'accomplissement de ses plaisirs. Qu'il sache simplement à quel point son sort relève de la chance et donc de l'exception et qu'il est idéal  d'exiger comme principe pour soi-même celui du plaisir et du bon goût mais qu'on ne saurait le vouloir pour les autres sans négliger une série de facteurs qui y font opiniâtrement obstacle. Reste que je le lis toujours autant compulsivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par l'écriture on arrive, Gabriel Matzneff arrive à tout justifier: on a jamais autant accepté l'attirance d'un adulte pour "les moins de 16 ans". Ce que l'on pourrait appeler pédophilie n'est en fait qu'obéissance aux exigences de l'idée du beau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, j'exécute, je regarde, je lis de façon scrupuleuse tout ce que M. Franck m'avait conseillé ou semblait apprécier: je regarde des films de David Lynch et de Louis Malle, je refuse d'abandonner Faulkner, j'ai décidé de penser comme lui concernant Woody Allen, je m'évertue vainement à apprécier Jacques Tati.&lt;br /&gt;Je pense que notre génération manque trop d'innocence pour apprécier à sa juste valeur Jacques Tati. Je me souviens de cette petite fille dans la salle où j'étais allée voir&lt;i&gt; Jour de fête&lt;/i&gt;, elle ne devait pas avoir plus de 7 ans et était assise au milieu de ses parents quelques rangées devant nous. Elle rigolait et rigolait sans retenue devant les gags qui ne faisaient que moyennement rire les adultes de la salle mais qui contaminés par la joyeuseté sincère de la petite fille et de sa soeur plus jeune avaient fini par rire aux éclats non pas à cause du film mais de la magie et de la pureté retrouvées du rire de ces deux enfants. Autant que nous sommes je pense que nous étions conscients d'être face à ce que Jacques Tati aurait voulu, avec ses films, précisément provoquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:x-small;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:x-small;"&gt;photo : &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:x-small;"&gt;Adieu Philippine&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:x-small;"&gt; de Jacques Rozier&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5718128502087780494?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5718128502087780494/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5718128502087780494' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5718128502087780494'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5718128502087780494'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/08/je-men-veux-assez-fortement-de-ne-pas.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-1192279073875735005</id><published>2009-08-16T23:43:00.008+02:00</published><updated>2009-08-18T05:09:48.357+02:00</updated><title type='text'>Que faire de 3,40€</title><content type='html'>Aujourd'hui au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Relay&lt;/span&gt;, j'étais à la recherche du &lt;i&gt;Positif à la plage.&lt;/i&gt; Une fille aux cheveux rouges se tenait devant les étalages avec dans ses mains un magazine ouvert sur une page avec la photo d'une fille en noir et blanc où l'on pouvait lire en gros "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Judy&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Minx&lt;/span&gt;". Tout de suite je me dis, merde, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Judy&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;Minx&lt;/span&gt;, je connais. La fille aux cheveux rouges semblait s'attarder sur l'image, j'ai même cru la voir envoyer un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;sms&lt;/span&gt; ou prendre en photo le magazine, certainement une amie de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;Judy&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;Minx&lt;/span&gt;. Cette &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;Judy&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Minx&lt;/span&gt; je l'ai croisée sous son vrai nom une première fois à une soirée de nouvel an où nous nous sommes temporairement liées d'amitié le temps de discuter, je me souviens qu'elle voulait me rencontrer parce que j'avais entre autres offert à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;Camille&lt;/span&gt;, (la fille qui m'avait alors invitée) l'essai de Virginie &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;Despentes&lt;/span&gt; &lt;i&gt;King &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;kong&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;theory&lt;/span&gt;, &lt;/i&gt;on en avait parlé. Elle avait, tout comme moi, retenue ce que &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Despentes&lt;/span&gt; disait du viol, comme quoi il fallait adopter une attitude d'indifférence face à ça, et que personne n'avait jamais dit ça. Je sais qu'elle est féministe, qu'elle fait aussi des photos de charme sinon plus et qu'elle est déjà passée sur ce blog. En tout cas je ne sais pas, cette histoire est anodine comme le sont toujours les histoires de coïncidences, reste que ça m'a fait tout drôle, non pas que le monde soit petit mais il semble que de ses petites mains faiblardes, il a à notre égard des intentions en forme de clin d'oeil, jamais assez importantes pour que ça puisse intéresser quelqu'un mais tellement bizarres qu'on y pense à deux fois avant de passer à autre chose, elles sont là histoire de nous rappeler qui est le chef. Toujours pas trouvé le &lt;i&gt;Positif à la Plage&lt;/i&gt;, j'ai pris &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; à la place, ça m'occupera au café.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin qui mène au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;Champo&lt;/span&gt;, un homme habillé en civil, c'est à dire sans t-shirt "médecins sans frontières". Il m'a repéré, il va m'arrêter, le trottoir est vide, je suis cuite et je ne saurai pas dire non. C'est un étudiant à l'école des Beaux Arts de Paris qui veut me vendre ses cartes postales crées par des étudiants, globalement assez moches mais il est plutôt gentil et me fait des  blagues "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;Courbevoie&lt;/span&gt;...de chez toi tu vois le Mont Blanc &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;nan&lt;/span&gt;?". Je lui demande ce qu'il va faire de l'argent, il me dit que c'est pour les étudiants, ça aide à acheter des appartements, etc "et puis bon tu dois le savoir, on est gros consommateurs d'alcool et de drogues". Je lui dis "je pense pas que je vais vous en prendre, je suis en train de vous faire perdre des clients", il me dit que ce n'est pas des clients, que c'est pas grave, qu'ils discutent avec les gens, qu'il fait ça comme ça, que j'ai bien quelques pièces à lui donner. Le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;relou&lt;/span&gt;. Je lui donne 1€ sans tenir pour autant à prendre une carte postale, il me dit que si, je peux en prendre une, je lui dis "je vous dis stop quand j'en vois une qui me plaît", ah ah, je choisis un peu comme ça, elles se ressemblent toutes, égales dans leur laideur et qui intérieurement me font dire "putain on apprend ça aux Beaux Arts". Il me fait jurer sur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;Nicolas&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;Sarkozy&lt;/span&gt; et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;Valérie&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;Pécresse&lt;/span&gt;, "elle est mignonne &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;Valérie&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;Pécresse&lt;/span&gt;, ah j'aime bien &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;Valérie&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;Pécresse&lt;/span&gt;" que j'en prendrai soin. Je le jure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui au café une abeille est rentrée dans ma bouteille de Coca &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;Light&lt;/span&gt;. Ne sachant pas quoi faire j'ai appelé le serveur: selon moi il fallait m'en servir une autre, c'était la procédure à suivre.&lt;br /&gt;Excusez moi monsieur il y a une guêpe dans ma bouteille, (elle faisait la planche à la surface du liquide cette connasse)&lt;br /&gt;pour que je vous l'enlève il va falloir vider la bouteille,&lt;br /&gt;il a versé le coca dans la bouteille avec sur l'embouchure un bout de sous-verre en carton assez gros pour pouvoir retenir la guêpe et faire couler le liquide.&lt;div&gt;D'abord c'est pas une guêpe c'est une abeille&lt;br /&gt;Oh c'est pareil&lt;br /&gt;Non c'est pas pareil&lt;br /&gt;Il est d'habitude plutôt avenant mais il semblait un peu énervé, peut-être parce que j'aurai bien pu le faire toute seule, mais manquant de sang-froid et très ennuyée par cette...abeille je n'ai pas eu le temps de mettre en marche mon ingéniosité et j'ai préféré avoir recours à la présence protectrice du garçon de café. Je l'ai remercié, puis en venant nettoyer les tables de part et d'autres de la mienne il a commencé à faire des "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;bbbzzzzz&lt;/span&gt;", visiblement en forme et pas du tout énervé.&lt;br /&gt;je suis désolé mais maintenant je suis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;o-bli-gé&lt;/span&gt; de vous embêter&lt;/div&gt;&lt;div&gt;non mais c'est pas grave, continuez&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il m'avait déjà la blague un autre jour, cette fois la &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;guepabeille&lt;/span&gt; n'avait fait que nous embêter &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;Cécilia&lt;/span&gt; et moi et il avait été alerté par la soudaine agitation de notre gestuelle.&lt;br /&gt;Une deuxième abeille commence à dangereusement danser autour de mon verre, frôlant le liquide de ses saloperies de pattes. Le serveur n'étant pas loin, je lui dis&lt;br /&gt;elles viennent tout le temps chez moi,&lt;/div&gt;&lt;div&gt;ça c'est à cause du sucre [ je me suis souvenue de Cécilia qui me prévenait de l'odeur trop sucré de mon nouveau shampooing qui ferait venir les insectes sur ma tête]&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;c'est le sucre&lt;/div&gt;&lt;div&gt;mais c'est du coca light. Il est déjà reparti. Laissant planer un gros mystère autour du Coca Light.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il est revenu faire sa petite blagouse, puis il est revenu une troisième fois pour me prendre l'addition, je n'ai pas bien compris ce que ça signifiait, je l'imaginais au mieux me ristourner 50 centimes, j'avais tout de même été privée d'un fond de 3 millimètres peut-être. Il est venut me dire qu'il m'offrait le coca, que ça lui faisait plaisir, je crois qu'il m'a touché l'épaule. Je suis restée incrédule, peu habituée à ce genre d'attentions, d'actes libres et gratuits qui à eux seuls réhaussent la valeur de la journée. Rien ne le poussait à faire ça surtout qu'il s'agissait bien là d'une catastrophe naturelle, disons plutôt animale. Cela m'a mise soudainement de bonne humeur, je suis tout de même partie à ma séance de ciné en laissant 1€ de pourboire. Si seulement on pouvait connaître à l'avance les jours où l'on va nous offrir un verre, on pourrait entreprendre de sortir même les jours sans argent. C'est comme ça.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-1192279073875735005?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/1192279073875735005/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=1192279073875735005' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1192279073875735005'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1192279073875735005'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/08/comment-depenser-340-en-une-journee.html' title='Que faire de 3,40€'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2958312743761348428</id><published>2009-08-13T02:52:00.002+02:00</published><updated>2009-08-15T02:13:27.421+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>En entrant dans l'appartement  "le vertige du retour" m'a pris, cette sensation qui normalement ne se manifeste qu'après un mois de vacances, mais jamais après des vacances de courte durée. Cela se traduit par le sentiment d'entrer dans un endroit à la fois bien connu mais qui, par le temps que l'on a passé loin de lui, s'est paré d'un voile d'étrange nouveauté. Je connais les gestes et les façons de faire avec ce monde, cette chambre c'est la mienne, mais j'ai tout de même le sentiment de devoir faire quelques séances de rééducation. C'est en résumé, la conscience la plus poussée, le regard le plus extérieur que l'on puisse avoir sur ses propres affaires. Cela ne dure pas longtemps, et j'ai toujours quêté ce vertige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a toute une petite danse d'habitude qu'en six jours j'ai eu le temps de perdre quelque part, de remplacer par d'autres. J'ai l'impression d'être partie un mois, certainement à cause du fait que je faisais chaque jour beaucoup de choses, que je m'endormais bourrée de nouvelles images, de nourriture et de soleil, ce qui ne m'était pas arrivée depuis longtemps. Alors ce matin, je ne sais pas, je me suis levée et j'ai feint devant les objets et les meubles de savoir quoi faire, de maîtriser la situation. France inter, le café, le retour au lit, un peu de rangement, un film, une vague sortie de prévu tout ça dans un appartement sérieusement déserté, non pas la famille au travail mais dans d'autres pays; à l'exception de mon père. On se rend finalement compte que c'est très facile de reprendre le film là où on l'avait laissé, c'est plus dur, peut-être, de se dire que ce film dura &lt;i&gt;grosso modo&lt;/i&gt; un mois et demi. Combien de personnes qui ne partent pas en vacances? Que peuvent-elles bien faire de leur journée? On suppose l'ennui partout et des journées  sans scénario, sans liens entre elles sinon cet ennui et qui tombent dans l'oubli du sommeil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma mère n'a même pas rangé ma chambre. Pourtant, elle est toujours partie au Liban en rangeant la maison en mode maniaque: le lit était défait, le dvd de Hellboy et des mangas trainaient par terre, Emile n'a même pas eu la délicatesse de dissimuler les traces de son passage, quel con quand même. Cela m'a un peu irrité, j'aime rentré chez moi avec la chambre débarrassée de vécue, on sent que comme ça, on peut tout recommencer sainement. J'ai de toute façon assez vite compris qu'il allait me falloir remédier à ce vrai-faux bordel, c'est à dire à ce qu'on appelle plus communément l'accumulation. L'accumulation est dangereuse en ce qu'on décide de la prendre et de l'assimiler dans l'ordre de la pièce: c'est comme ça que j'arrive à prendre ma pile de livres comme faisant partie de la chambre alors que ma mère la considère comme du désordre. Plus largement, c'est aussi comme ça que certains arrivent à voir de l'ordre là où d'autres ne perçoivent que du désordre. D'abord me débarrasser de certaines fringues, pour accueillir les futures, puis les chaussures, les sacs, et la paperasse qui s'accumulent, mélange de prospectus pour des films, des expos, des trucs de mon année de terminale, de papiers récoltés à la Sorbonne, de facture de l'OFUP version 2 impatiente d'être réglée ou de la maison des examens m'annonçant que pour réclamer des copies il va falloir attendre la mise en place d'un nouveau logiciel sur internet, etc. J'avais bien aimé cette lettre d'ailleurs, à défaut d'en recevoir, je cherche la petite attention dans la paperasse robotisée. Donc un ménage assez sérieux, qui suppose que l'on se détourne des couches superficielles pour plonger au coeur des nappes phréatiques du désordre - le Grand ménage, la nouvelle vie. Le vrai nettoyage se veut efficace et sans états d'âme, c'est comme ça qu'on se retrouve à jeter des papiers qui, lors d'un premier rangement, nous paraissait précieux et regorgeant de souvenirs, ou à donner des vêtements alors qu'on ne s'imaginait pas vivre sans eux.  C'est comme ça, on est en fait, criblé de désirs passagers et le monde que l'on compose autour de nous en est un précis témoignage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens de me rendre compte que si je n'étais pas allée à cette séance de cinéma d'&lt;i&gt;Une journée particulière&lt;/i&gt; je n'aurais certainement jamais eu l'occasion de voir le film, alors que je l'ai aimé avec étonnement, que je l'ai même adoré, qu'il m'a fait plaisir de la façon la plus sincère et simple qui soit, à la fois pour son histoire, que pour ses décors et l'attention portée à quelques scènes du quotidien, puis une scène brillante d'un érotisme pudique et en même temps terriblement efficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux vieux qui parlaient derrière. Qui criaient même. Comme on s'imagine deux vieilles personnes un peu sourdes, sauf que là c'était pendant la séance. Ça a commencé par "JANINE, CEST TOI? VIENS LA, YA UNE PLACE ICI". Puis "IL LUI EN OFFRE PAS? (en parlant d'une omelette)....AH, BON." J'étais juste devant eux mais je manque de courage pour leur dire de fermer leur gueule, au début la salle riait gentiment puis une personne leur a crié de se taire.&lt;br /&gt;Fin de la séance, sûrement le même homme qui en passant leur dire "ce serait agréable que vous appreniez à vous taire au cinéma, vous êtes pas devant la télé ici". Les deux vieux, c'est comme s'ils n'entendaient pas, de brefs "oh mais qu'est-ce qu'il dit", c'est comme si on ne pouvait pas les changer de leurs habitudes, jamais jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.zshare.net/audio/64092294a0d52484/"&gt;The Specials - Ghost Town&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2958312743761348428?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2958312743761348428/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2958312743761348428' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2958312743761348428'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2958312743761348428'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/08/en-entrant-dans-lappartement-le-vertige.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5521814099730579266</id><published>2009-08-04T00:04:00.010+02:00</published><updated>2009-08-14T04:43:50.547+02:00</updated><title type='text'>En vrac-ances</title><content type='html'>Se dire que dans les rapports d'une élève avec son prof, ou de n'importe qui avec n'importe qui, mais toujours un rapport qui supposerait un demandant et un demandé, toujours se dire : il n'y a pas quelqu'un qui quête la présence de l'autre et l'autre qui daignerait accepter. Non, en toute occasion il n'y a que la rencontre de deux solitudes, de deux ego peu sûrs d'eux-mêmes et qui avec la rencontre ne peuvent que se fortifier. L'idée que je me fais de M. Franck n'est pas l'idée qu'il a de lui; cette idée le surprendrait, le terrifierait. Il se connaît, se côtoie tous les jours, conscient d'une progression; on ne fantasme pas sur le connu, on n'est pas timide devant soi-même. Quant à moi sa présence m'aura été donnée brutalement. Brutalement j'ai eu un homme bienveillant, élégant et cultivé devant moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur Salinger : "le monde n'est pas à la hauteur de sa moralité".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pensée qui me vient en rentrant du travail. La littérature confère de la gravité à nos vies, c'est pour cela qu'on pourrait dire que d'un livre nous en ressortons enrichis; la gravité à de la valeur parce qu'elle est rattachée à la mort, et que tout ce qui va dans le sens de la mort va à l'essentiel. La littérature possède un lien évident avec la mort, toute bonne littérature est liée d'une façon ou d'une autre à la mort (j'ai l'impression). On aime toujours tragiquement un livre, et s'il ne fait que nous plaire c'est qu'il nous a plu en tant que bon divertissement. Vivre tragiquement sa vie, c'est la vivre comme dans les films ou comme dans les romans. C'est à dire, en chaque lieu prendre le détail pour l'évènement, être conscient du potentiel de chaque homme, regretter amèrement de ne pas être concrètement concerné par leurs vies, leurs problèmes et qu'ils ne soient pas concernés par les nôtres. Regretter de ne pouvoir leur dire qu'à défaut de pouvoir étancher notre curiosité on a tout imaginé d'eux et à quel point on est là pour eux. Il faut prendre le mot "tragique" non pas dans son acception de cours de français mais dans au sens figuré, c'est à dire "très triste". Tout ça n'est triste que parce que le temps nous est compté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur Franck, lorsque nous parlions, je ne sais pas pourquoi mais il en est venu très tôt à me dire "on lit toujours contre", le bruit de la fontaine mêlé à la surprise d'une telle assertion ont fait que j'ai dû lui demander de répéter.&lt;br /&gt;pardon?&lt;br /&gt;On lit toujours contre quelque chose&lt;br /&gt;on lit toujours contre...contre quoi?&lt;br /&gt;je comprenais à demi-mot, ce n'était qu'une simple question de curiosité un peu à la façon de ses adultes ébahis devant des mômes et qui posent une série de questions de plus en plus naïves censées leur faire révéler malgré eux leur intelligence, le début d'un esprit critique, Jacques Martin en est un bon exemple.&lt;br /&gt;Je ne sais pas, contre la bêtise, contre la vie&lt;br /&gt;ce genre de phrases innocemment prononcées et qui nous en laissent deviner long sur la façon que cette personne en face de nous à d'envisager les grandes occupations de sa vie, je comprenais désormais &lt;em&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;pourquoi &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;il lisait. C'est à dire que voilà, ce qui compte ce n'est pas tant qu'on lise mais les raisons qui nous poussent à lire, c'est pourquoi recenser le nombre de français qui lisent en plus d'être approximatif n'a absolument aucun sens, aucune utilité, ne rassure ni n'inquiète. Son avis devait forcément être plus vaste que ce simple "on lit contre" mais chacun faisait mine devant l'autre de s'étonner et de réfléchir pour la première fois à ces questions et l'on voulait voir où l'autre en était dans ces réflexions; c'était charmant.&lt;br /&gt;Je me souviens avoir eu le regard songeur et amusé, et je lui ai rétorqué&lt;br /&gt;contre la bêtise oui, mais contre la vie, je ne sais pas...vous ne pensez pas au contraire qu'on lit par amour pour la vie...parce que la réalité n'est pas à la hauteur de l'idée qu'on se fait de la vie et que justement la littérature l'est?&lt;br /&gt;je devais sûrement être en train de mimer des niveaux avec mes phalanges aplaties, je trouvais mon propos extrêmement bateau, j'étais à gifler, mais j'avais réfléchi et semblais satisfaite parce que je le pensais et que je n'étais pas en train de poser, c'était une idée sincère et innocente par laquelle il est bon de commencer. J'avais aussi peur d'avoir opté pour des termes trop vagues et qui d'un point de vue philosophique ne voulais rien dire, je le voyais bien me rétorquer "qu'entendez-vous par vie/par réalité?", mais rien de cela, il regardait dans le vide d'un air concentré comme si ma phrase s'était soudainement recomposée devant ces yeux et qu'il en examinait la construction et l'intelligence,&lt;br /&gt;oui c'est ça&lt;br /&gt;tout en se repositionnant de façon plus confortable sur sa chaise. Ouf.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-style: initial; border-color: initial; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; padding-top: 3px; padding-right: 3px; padding-bottom: 3px; padding-left: 3px; width: auto; font: normal normal normal 100%/normal Georgia, serif; text-align: left; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Je viens de finir &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;La télévision&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt; de Jean-Philippe Toussaint que je classe dans les livres "sans conséquences" avec ceux d'Eric Chevillard, Jean-Paul Dubois ou de Marc Villard, c'est à dire qu'on sourit un peu, que c'est censé nous vider intelligemment la tête mais qu'un tracas subsiste car justement ce n'est pas tout à fait l'usage que j'aime faire de la littérature, alors ça finit par agacer, même si parfois le délassement fait effet, mais jamais vraiment aux moments escomptés par l'écrivain.&lt;br /&gt;Je viens de commencer &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Coma&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt; de Pierre Guyotat en Folio poche, le papier est semblable à celui de la série des &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Petit Nicolas&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;, un papier subtilement glacé où les caractères se découpent de façon plus précise sur le papier du fait de la meilleure qualité, un papier odorant où il n'est pas nécessaire d'enfouir son nez au creux du livre pour le sentir, tourner les pages suffit pour cela. Certains chapitres sont entrecoupés de photos en noir et blanc (ce qui explique le papier) qui ont marqué l'enfance de l'écrivain, l'objet doit en lui-même lui faire plaisir. L'avantage des autobiographies c'est qu'on doit avoir le sentiment d'en avoir fini avec le passé, d'avoir objectiver des souvenirs par la maîtrise qu'offre toujours l'écriture. Je n'ai pas envie d'abîmer le livre, pas envie de fissurer d'un pli la couverture, les pages sont lourdes et peu souples, on ne peut pas l'ouvrir très largement. Je l'ai acheté par hasard, par désir de renouer des liens avec la littérature contemporaine. Pierre Guyotat, son nom traînait dans ma tête depuis un certain temps, lu par-ci par-là dans des magazines. Ca a toujours été comme ça que j'ai choisi mes lectures, par la curiosité que suscite chez moi un simple nom, son apparente austérité qui laisse deviner un monde intime, un cercle de lecteurs auquel je désire ne plus être exclue. C'est d'abord ça la curiosité : vouloir cesser d'être exclu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail est fini et j'emporte avec moi 577€, le chèque était posée sur ma chaise avec un post-it disant entre autres "merci pour tout", de quoi réconcilier tout le monde. En y repensant tout s'est divinement bien passée, il n'y a pas eu une seule gaffe de ma part, je ne suis jamais arrivée en retard (une fois, mais alors il n'était pas encore arrivé), j'étais silencieuse, un peu dissipée du fait de la fatigue et d'internet à portée de main. Ca lui arrivait de me donner des conseils de vie ("il faut tout vivre avec intelligence") ou de me parler littérature (il y avait &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;La route&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt; de McCarthy sous une pile de livres sur l'assurance, il était en train de lire &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Le voyage de Gulliver&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt; et projetait de lire Jules Verne et Céline pendant les vacances) ou des tableaux qu'il achète à une artiste de Nice. Cette dernière semaine, la fatigue augmentant, j'avais pris pour habitude de venir avec ma canette de Pepsi Max que je buvais silencieusement en pianotant sur mon clavier, ce dernier jour je ne l'ai pas vu de la journée alors j'en ai profité pour travailler en écoutant France Inter via internet. Ça arrivait qu'il vienne très tard au bureau et alors je passais la matinée à prendre les appels d'une voix suave au téléphone et à saisir les dossiers sur Excalibur quand ma conscience professionnelle me l'ordonnait, c'est à dire une heure après mon arrivée. Sinon, oui, je traînais sur internet car je m'étais rendue compte qu'il était impossible de procéder autrement, la tâche était lourde de répétitions, après cinq dossiers saisis je me sentais oppressée. De ce travail j'aurais quand même appris des choses : que Continent est l'ancien nom de Generali, à écrire Volkswagen, que l'on est obligé d'avoir une assurance pour sa voiture, à avoir moins peur au téléphone et surtout : que je ne désire pour rien au monde exercer un métier uniquement pour l'argent, ce qui doit être, ce qui est l'unique motivation de Charles, je n'en vois absolument aucune autre. Mais peut-être que, comme moteur pour travailler que comme raison d'être heureux sinon satisfait, cela suffit. Quant à moi, naïvement et parce que pour l'instant j'ai le luxe de ne pas avoir à faire de compromis, j'estime que le travail c'est encore et cela doit être de la vie, du plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gagner de l'argent cela fait nécessairement affleurer de modestes envies de superflu dont on s'amuse à en faire la liste : des DVD, des livres, des fringues, des abonnements. C'est trop mignon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par désoeuvrement, repérage improvisé pour les fringues d'hiver avec Cécilia: pour elle se sera un trench beige, pour moi un long manteau d'homme en tweed gris, le beret me va bien (le prendre gris aussi), Cécilia cherche des trucs en bordeaux à cause des&lt;i&gt; Rendez-vous de Paris&lt;/i&gt;, moi je cherche des chemises dans de belles matières (chemises d'homme couleur unie et chemises en laine et à carreaux chez Uniqlo) et toujours du bleu marine et maintenant du beige aussi, pour les chaussures on mise sur des ballerines chinoises en velours à 8€ la paire, avec de grosses chaussettes ça le fera. Si je pouvais je porterai des lunettes de soleil en hiver rien que pour le style. Elle veut un Hervé Chapelier, à condition que je ne porte plus le mien, ce qui ne me dérange pas puisque j'ai fait l'acquisition d'une large besace Lamarthe qui sent fort le cuir, pour l'instant j'en suis encore aux prémisses de notre amour: excitation, absence douloureuse, conscience de la chance que j'ai de la connaître et de l'avoir. Toutes mes affaires ont l'air rangé et aligné à l'intérieur, ça change des cabas informes, des sacs fourres-tout.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-style: initial; border-color: initial; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; padding-top: 3px; padding-right: 3px; padding-bottom: 3px; padding-left: 3px; width: auto; font: normal normal normal 100%/normal Georgia, serif; text-align: left; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Après qu'une gitane m'est racontée ma vie, je rejoins Cécilia où nous allons tardivement déjeuner dans une trattoria rue des Ecoles devant laquelle à chaque fois que l'on passe devant pour se rendre au Grand Action je ne cesse de dire que je veux y aller, qu'elle est trop belle, trop émouvante; je fais souvent des caprices pour les restaurants et Cécilia m'aide à fixer le jour de la rencontre, me rappelle que je voulais y aller. Le restaurant est tout en longueur, bordé sur un côté d'une banquette bien gonflée et rose pâle accordée aux murs couverts de photos en noir et blanc d'acteurs italiens et qui fait face au bar. Le soir ils ouvrent la baie vitrée ce qui fait que seulement en passant devant on se prend en pleine figure une ambiance joyeuse, douce et modeste. A 14h30 il n'y avait presque personne sinon un bruit délavé de radio, le gérant nous a placé au hasard sous un portrait de Marcello Mastroianni que Cécilia adore. Je lui ai dit "retourne toi, tu vas pleurer", j'étais tellement contente pour elle. Nous avons tranquillement déjeuné de belles pizzas brillantes, colorées mais pas bourratives et la lunette des toilettes était auto-nettoyante; ça m'a fasciné. Je réfléchis à qui je pourrais amener dans un endroit si pur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'à aujourd'hui j'ai gardé l'enveloppe à bulles par laquelle m'est arrivé Les &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Essais&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt; de Montaigne. Je fais souvent ça quand je reçois un colis qui m'importe : j'en garde jusqu'à l'enveloppe comme si elle faisait elle aussi partie de l'intention. Celle-ci je me suis résolue à la jeter puisque de toute façon elle ne provenait pas directement de M. Franck mais d'un vendeur affilié à Amazon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-style: initial; border-color: initial; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; padding-top: 3px; padding-right: 3px; padding-bottom: 3px; padding-left: 3px; width: auto; font: normal normal normal 100%/normal Georgia, serif; text-align: left; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Les voyages: les autres nous délaissent, les autres désertent, c'est déprimant. Les amis partent mais aussi les gens qu'on aime, qui ne le savent pas et sur qui l'on a aucun droit s'en vont (MF) et l'on n'a plus de nouvelles de personnes, n'importe qui peut mourir, l'idée est insupportable, on aimerait leur dire "faites attention quand vous traverser", "mettez vous de la crème solaire", "ne prenez pas l'avion" mais on ne peut que leur dire "bonnes vacances", mollement réjoui pour eux à l'idée qu'ils se reposent; on aimerait leur demander "qu'est-ce qu'il y a là-bas et qu'il n'y a pas ici?; moi je suis là, allons au cinéma". "je pars en vacances le..." est toujours énoncé sur un ton qui me déplaît fortement. J'ai toujours trouvé que le voyage et ses vertus étaient de toute façon trop surestimés, et après l'éloge du voyageur j'aimerais faire celui du casanier, qui aime rester chez lui, c'est à dire dans ses habitudes et qui opte pour un luxe encore plus grand que le voyage: celui de, délibérément, ne pas partir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Devant le phénomène de désertion des uns et des autres il n'y a qu'une seule chose à faire: voyager soi-même. Alice m'emmène avec elle à Marseille et à Arles du 4 au 10 août. Initialement il s'agissait de faire les rencontres d'Arles et d'improviser autour (il a suffit qu'elle m'en parle pour que je remarque les affiches dans le métro), ce qui risque d'arriver. J'emporte avec moi quelques livres (Jauffret, Barthes, Faulkner) que je ne finirai/commencerai jamais mais que j'emporte uniquement pour me rassurer, des magazines (Tech, Philo), des vêtements dont le choix est assez représentatif de mes hésitations concernant le climat, j'imagine les nuits froides et les journées gavées d'un insupportable soleil. Pas d'ordinateur, pas de musique, pas de radio, mais une bouilloire de voyage trouvée chez Darty, mon fer à lisser et une lampe de lecture du futur que mon frère m'a rapportée du Futuroscope pour ne pas être gênée dans mes insomnies/pour ne pas gêner Alice dans son sommeil (au choix). Juliette nous rejoindra le 8 pour Arles. Jeunesse et liberté, en avons-nous conscience?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc voyager serait alors comprendre que l'on ne dépend pas de ses habitudes. Je suis une fille d'habitude, mais ce sont des habitudes de coeur, c'est à dire que j'ai choisi et que je répète avec bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour me donner des forces, moi qui suis en même temps que dépaysée, nostalgique (même pour 6 jours) de ce que je laisse derrière moi, j'ai commencé &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Carnets du voyage en Chine &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;de Roland Barthes qui, au lieu de vivre le grand vertige enrichissant du voyage, s'ennuie ferme et tient des carnets qui m'ont donné envie de faire pareil: mon dernier carnet à idées terminé (11ème), j'ai décidé d'en acheter un plus large et de me fatiguer à écrire cette fois de vraies phrases qui auront l'avantage de ne pas m'obliger à faire appel à ma mémoire pour comprendre ce que je voulais dire, tout y sera clairement écrit de façon compréhensible.&lt;br /&gt;Il faudrait en toute occasion avoir sous la main un stock d'oeuvres littéraires adaptées à chaque situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai pris l'habitude, grâce à Alice qui a procédé à mon baptême à la bibliothèque du Centre Pompidou, de m'y rendre religieusement pour y lire un ouvrage trouvé par hasard et qui s'intitule : &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Le cinéma nous rend-il meilleurs? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;de Stanley Cavell. J'y lis aussi &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Fragments du discours amoureux de &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Roland Barthes, là aussi, idéal si l'idée vous prenait de tomber amoureux. Je pourrais très bien me procurer ces livres et les lire chez moi, mais cette idée de venir les consulter ici m'est bénéfique pour plusieurs choses : c'est gratuit, ça me fait une sortie, je vois du monde et je suis contente (il y a une bonne ambiance à la caféteria), je découvre plein d'autres livres, et comme dirait Alice, avec les autres tout autour on est obligé de travailler, on ne peut que travailler. Votre temps de vagabondage visuel est chronométré et quand il vous arrive de lever les yeux ce n'est que pour voir les autres travailler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De jour en jour, je me rends compte des ressources infinies de Paris et de l'accessibilité de ses services sinon de leur gratuité (BPI, Salle des collections du Forum des Images en juillet, cinéma en plein air, les jardins et parcs). Je trouve ça très beau. Ce n'est pas tant mes activités que ce que je claque en nourriture qui me ruine, rester toute une journée&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt; dehors&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt; demande de l'énergie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;&lt;br /&gt;J'ai fait mon Laissez-passer Centre Pompidou en quatre minutes montre en tête. Encore une étape dans la, comment appeler ça, l'"abonnementisation" de mon mode de vie. Je ne paye plus le cinéma, ni les transports -mes principales activités ): je montre des cartes. Je ne paye pas non plus mes magazines, j'y suis abonnée. Il me manque juste la carte pour payer dans les cafés mais apparemment le restaurant universitaire se paye avec la carte étudiant, hihi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de pédants de merde à l'exposition Kandinsky, des gens qui font mine de parler à leur ami sur un ton de connaisseur à vomir et qui ont l'impression que parce qu'on ne bouge pas on est fasciné par ce qu'ils disent. Que faire? Partir de façon assez rapide pour leur faire comprendre qu'ils nous dégoûtent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je peux parler littérature et aussi cinéma, il y a quelque chose sur lequel on peut se mettre d'accord. Mais pour l'art pictural je préfère &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;faire mon truc &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;car quand il n'y a pas pédanterie il y a alors incompétence; c'est sans fond tout ce qu'on ne sait pas et qu'on désire savoir, tout ce qu'on croit ne pas savoir et qui en fait ne demande pas de connaissances. C'est un truc qui se vit seul : chacun son rythme à une exposition, chacun son interprétation et peut-être alors atteindrons nous la sincérité de l'amateur qui apprécie les tableaux comme un enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kandinsky c'est ce que je voyais quand j'avais pour unique jeu en récré au CE1 de me frotter les yeux et d'observer les formes qui se dessinaient à l'intérieur de mes paupières: petits serpentins flottants, chromosomes, etc. C'était mon grand jeu jusqu'à ce qu'on me dise qu'à force je finirais aveugle, j'ai donc dû trouver autre chose.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;&lt;br /&gt;Emile part au Liban, pas le temps de lui donner des conseils de survie moi qui passait mon temps à le sermonner à cause de son impolitesse, de ses conneries en général. J'ai improvisé un sigle qui lui permettra d'invoquer l'ensemble de mes règles de vie en un clin d'oeil : PSP pour Politesse Sécurité Propreté. Poli avec la famille, pas de conneries dans/autour de la piscine, tu te laves tout les jours après la piscine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-1295886"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;Ennio Morricone - Giù la testa&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;, en boucle en boucle en boucle&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'lucida grande';"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5521814099730579266?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5521814099730579266/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5521814099730579266' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5521814099730579266'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5521814099730579266'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/07/en-vrac-ances.html' title='En vrac-ances'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-9218926687030182647</id><published>2009-07-28T11:08:00.006+02:00</published><updated>2009-07-28T20:49:43.595+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Hier Viviane m'a offert le café, j'ai pénétré la spirale de son quotidien, c'est à dire ces cafés qu'elle va chercher au café d'à côté et qu'elle boit en regardant la vue de merde. Il y avait un Speculos, une cuillère et un stick de sucre, çela ornait la simple tasse d'une allure de fête et donnait l'impression qu'il y avait beaucoup à faire. Si elle savait ô combien je travaillais mal elle m'aurait, je pense, privée de mon Speculos. Or il n'y a rien de mieux qu'un Speculos dans du café surtout quand il est pris le ventre vide, dans un cabinet faussement convivial au fin fond de Puteaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un appel d'un certain Monsieur K. qui a l'air de connaître assez le couple pour se moquer d'eux: "et Charles il s'est coupé les cheveux où il fait toujours le playboy?" "Viviane faut qu'elle arrête les falafels".&lt;br /&gt;hihi, mais je crois qu'elle veut perdre 1 kilo avant d'aller au Liban&lt;br /&gt;Je vais chercher son dossier et en reprenant le téléphone :&lt;br /&gt;pourquoi vous portez des talons comme ça?&lt;br /&gt;non mais ils sont pas très haut vous savez, c'est à cause du carrelage, c'est comme le carrelage de cuisine donc ça fait du bruit, mais sinon mes talons c'est 6cm à peine.&lt;br /&gt;et vous avez quel âge? et gnagnagna, il me dragouille à peine et sa voix me donne affreusement envie de voir son visage:&lt;br /&gt;Viviane part demain mais je pense qu'elle viendra aujourd'hui, il faut au moins qu'elle me dise au revoir&lt;br /&gt;et moi je peux venir vous dire au revoir?&lt;br /&gt;Le lendemain, il est flatté que je me souvienne de son nom&lt;br /&gt;je sais pas combien je dois payer pour ma voiture, je fais quoi?&lt;br /&gt;appelez Charles, il doit en savoir autant qu'elle&lt;br /&gt;Viviane elle me dit hier "je te rappelle, je te rappelle" et elle le fait pas, moi je pars bientôt au Liban&lt;br /&gt;vous partez quand?&lt;br /&gt;le 2&lt;br /&gt;oh ça va vous avez le temps&lt;br /&gt;normalement je viens au cabinet et je paye en espèce&lt;br /&gt;bah alors venez au cabinet&lt;br /&gt;ah vous avez envie de voir à quoi je ressemble&lt;br /&gt;non ça va&lt;br /&gt;vous avez peur&lt;br /&gt;oh non vous savez&lt;br /&gt;je suis petit et chauve, vous savez ces libanais qui fument beaucoup et qui attendent de perdre toute leur dents pour mettre un dentier&lt;br /&gt;hihi&lt;br /&gt;mais en fait vous faites quoi vous?&lt;br /&gt;je viens d'avoir mon bac et l'année prochaine je fais une licence de philo&lt;br /&gt;tu viens d'avoir ton bac? et tu as eu quoi, une voiture?&lt;br /&gt;hihi, non de l'argent&lt;br /&gt;combien?&lt;br /&gt;oh, 300€&lt;br /&gt;300? mais c'est des radins&lt;br /&gt;oh vous savez c'est les libanais&lt;br /&gt;en fait je travaille de 10h à 13h30&lt;br /&gt;mais c'est quoi ce travail? il te paye avec des clous?&lt;br /&gt;hihi, non mais au début je devais travailler jusqu'à 16h mais je leur ai dit que c'était pas possible, c'est trop fatigant et pas intéréssant.&lt;br /&gt;oui c'est un job de merde, au fin fond d'une galerie avec Viviane et Charles devant toi toute la journée, Charles encore ça va mais Viviane faut qu'elle arrête les falafels&lt;br /&gt;Oh non les deux sont bien, ils sont élégants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense à ma mère et à pourquoi elle m'irrite autant. Parce qu'elle n'est pas heureuse et qu'elle vit n'importe comment. Le matin je la vois s'éterniser dans la cuisine pour la simple raison qu'elle attend son horoscope, ça me déprime tellement que je préfère retourner dans mon lit en attendant qu'elle décampe de la cuisine. On dirait qu'elle attend quelque chose et qu'elle l'attend depuis la naissance de mon frère, elle vit comme une adolescente, dans l'attente de son indépendance, elle fait des cachotteries dans sa chambre.&lt;br /&gt;Sur le trajet qui mène à mon travail (je ne prends plus le bus mais je marche) des fulgurances me viennent. Mon objectif a toujours été de vivre le moment présent sans arrière-pensées, j'y arrive parfois, disons qu'on n'arrive jamais tout à fait à faire abstraction de la conscience du moment mais l'idéal est d'être placé non plus dans une attitude d'attente mais d'enthousiasme, se figurer que l'on vit, que l'on a de la chance, etc. J'en suis à un stade du processus où moments d'attente et moment d'enthousiasme se succèdent sur de courte durée, cela fait en somme, comme des pointillés. Quant à ma mère, si l'on applique l'idée à sa vie il semblerait que l'attente soit un trait continu et long de 10 ans et qu'elle pense qu'elle rééquilibrera avec 10 ans de bonheur, mais plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes d'affaires, je crois que c'est cela qui me saisit le plus lorsque je me rends à mon travail. Je regarde leurs costumes, certains le portent très bien coupé, d'autres trop large et dans un tissu de flanelle gris, d'autres encore le portent très étroit, ça leur fait des fesses de chanteuse de R'n'b. Il y a ceux qui sont à la hauteur de l'élégance de leur costume, on les devine responsables, plus trop conscients d'en porter un, et puis les autres, les jeunes premiers qui ont chaque jour l'impression de se déguiser en golden boy en même temps que celle de duper tout le monde. Parfois dans le métro ou dans le train, je m'assois à côté de l'un d'eux qui est au téléphone, il parle et -cela se devine- éprouve un malin plaisir à user d'un jargon aussi incompréhensible qu'énervant, ceux-là je les déteste, ils me dépriment. Je passe mon temps à ne pas vouloir des caricatures, des étiquettes en mon esprit mais ils ne font que confirmer l'idée première et hâtive que je me faisais d'eux.&lt;br /&gt;Les femmes c'est plus varié, plus surprenant, plus fou, jamais la même chose. Elles s'amusent à accorder leurs chaussures à leur sac et leur sac aux coutures de leur robe, d'autres accordent leur montre à leurs chaussures, j'ai vu ça. Elles s'amusent d'un rien, et sont pleines de ressources, pleine d'idées permettant cette infinie diversité des féminités, répondant ainsi à la pauvreté de la masculinité qui ne s'exprimerait alors que par un costume et une grosse montre. Elles aiment et quêtent la féminité avec la même touchante intensité des petites filles qui essayent les talons de leurs mères et commandent des boîtes de maquillages pour Noël dont elles finissent par être allergiques; c'est un précieux désir qui ne se détèriore pas. Elles comprennent que la féminité n'est jamais innée mais toujours acquise et y travaillent dur, là où l'homme peut être masculin/viril sans effort; et même, il semblerait que plus il en fait moins il l'est.&lt;br /&gt;Certaines femmes sont vraiment très belles, très élégantes, d'une élégance joyeuse, on dirait qu'elles sont toutes amoureuses, de quoi vous faire oublier que vous allez au travail. Les jambes des asiatiques sont lisses et ont une carnation d'un joli jaune cire, c'est elles que je préfère parce qu'elles sont fines et qu'elles portent les robes d'une façon idéal, comme l'aurait porté un mannequin dans une vitrine, sans un pli, sans hanches pour la déformer. D'autres, malgré un look sophistiqué laisse délibérément leurs cheveux indomptés serpenter, s'exprimer un peu partout derrière elles. Elles portent de précieux et petits sacs de cuir (les Lamarthe me rende folle) où l'on devine l'intérieur bien soigné avec, j'imagine, un peu de maquillage, des chewing-gum à la menthe, un portefeuille peut-être assorti au sac et des accessoires aussi charmants qu'un vaporisateur, un déodorant miniature, des feuilles matifiantes, des barres de céréales et je ne sais quoi d'autres. Peu de place pour un livre, un magazine, une bouteille d'eau ou un gilet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A midi les hommes déjeunent au &lt;em&gt;Paris-La Défense&lt;/em&gt;, ils ont l'air de bien manger; rien qu'en passant je peux voir le jaune des frites, le marron luisant de la viande et le vert de la salade ponctué de rouge pour les tomates. Ils ne se privent pas de desserts et commandent de larges crèmes brûlées. Les hommes d'affaires, l'air satisfait, cessent le temps d'une seconde de parler le temps que le garçon leur dépose les ramequins. A ce moment précis, ce sont gamins irresponsables encore tout émerveillés de la constante et généreuse beauté des desserts, tout excités à l'idée de la quantité de sucre qu'ils vont assimiler; seul caprice de leur journée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-9218926687030182647?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/9218926687030182647/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=9218926687030182647' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/9218926687030182647'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/9218926687030182647'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/07/hier-viviane-ma-offert-le-cafe-jai.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5513434236047188802</id><published>2009-07-23T20:56:00.024+02:00</published><updated>2009-07-23T22:08:45.526+02:00</updated><title type='text'>La peur de l'autre (3)</title><content type='html'>&lt;em&gt;"[...] Comme le mal qui est toujours du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;passé-remords&lt;/span&gt;. Tandis que l'activité, qui est le royaume du présent, est le bien. Mais d'où vient que l'exercice de la mémoire soit un plaisir - un bien?"&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Le métier de vivre - &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;Cesare&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Pavese&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;que &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;faites-vous&lt;/span&gt;?&lt;br /&gt;le matin je travaille pour un courtier en assurances, ensuite je viens sur paris et je fais ce que je veux; à partir du moment où l'on arrive à s'amuser tout seul, avec soi-même, ça va, on tient le coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me demande si je pars en vacances, je lui dis que non, enfin peut-être que je vais rendre visite à ma soeur à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;Dubaï&lt;/span&gt; en août mais je déteste prendre l'avion, j'ai très peur&lt;br /&gt;c'est vrai qu'on ne peut pas y aller en train&lt;br /&gt;oui voilà&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;vous restez réfractaire à l'aspect technique de la philosophie qu'il va pourtant vous falloir affronter.&lt;br /&gt;c'était ce qu'il pouvait me dire de plus flatteur, c'est à dire ce que j'ai toujours pensé de moi face à la philo et que je n'ai jamais exprimé nulle part.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime bien &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;Dustin&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;Hoffman&lt;/span&gt;, mais période jeune seulement. Et puis, c'est un peu prévisible mais j'aime aussi &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;Mathieu&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;Amalric&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;pourquoi prévisible?&lt;br /&gt;bah tout le monde l'aime, même les américains l'aiment.&lt;br /&gt;et alors, et &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;Dustin&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;Hoffman&lt;/span&gt; c'est pas prévisible peut-être?&lt;br /&gt;oui mais MOI, c'est pour d'autres raisons que les autres, et puis c'est seulement quand il est jeune... et puis Barbet &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;Schroeder&lt;/span&gt; aussi, dans les films de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;Rohmer&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;[...]&lt;br /&gt;et vous?&lt;br /&gt;j'aime bien aussi &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;Mathieu&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;Amalric&lt;/span&gt;. (sourires)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment expliquez vous le fait que vous ayez été élue déléguée sans vous être présentée?&lt;br /&gt;Je savais que cet évènement l'avait saisi, ne serait-ce que dans sa façon de l'évoquer lors d'un cours sur la démocratie. J'ai dû tristement lui expliquer que nous n'étions que 23 dans la classe et que cela partait d'une idée &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;d'Augustin&lt;/span&gt; qui faisait ça pour "délirer": mes copines (cinq) avait voté, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;Marie-Laetitia&lt;/span&gt; alors très proche &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;d'Augustin&lt;/span&gt; avait suivi le mouvement et puis au deuxième tour je m'étais prise au jeu et avais voté pour moi, ainsi dans mon souvenir, huit personnes avaient ainsi suffit à me faire élire déléguée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;Augustin&lt;/span&gt; était très curieux me concernant, je pense pas qu'il était amoureux, il était seulement curieux, il trouvait que je faisais de bonnes blagues je crois.&lt;br /&gt;et vous trouvez désolant d'avoir été élue pour ces raisons?&lt;br /&gt;oui, vous ne trouvez pas?&lt;br /&gt;non&lt;br /&gt;j'aurai voulu &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;l'u-na-ni-mi-té&lt;/span&gt; (balayant la vue de la main pour exprimer l'idée de la totalité)&lt;br /&gt;il rigole&lt;br /&gt;et qu'on m'élise parce que je suis une bonne déléguée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement quand on y pense, la philosophie est la suite logique de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture et du goût pour ces &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_20"&gt;choses-là&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Oui mais vous vous avez le goût pour la littérature et vous aimez écrire, d'autres ne l'ont pas. Ces choses ne s'apprennent pas à l'école.&lt;br /&gt;(ne pas sourire de la flatterie qui n'en est pas une) Vous avez raison, ça s'apprend tout seul ou ça ne s'apprend pas (je disais ça parce que je venais de le lire dans &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_21"&gt;Pavese&lt;/span&gt; et qu'il m'avait convaincu, avant je ne le pensais pas), ça arrive par hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui : A part &lt;em&gt;La rose pourpre du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_22"&gt;Caire&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_23"&gt;Manhattan&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_24"&gt;Annie&lt;/span&gt; Hall&lt;/em&gt; qui sont ses chefs-d'oeuvre je n'aime pas &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_25"&gt;Woody&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_26"&gt;Allen&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;c'est vrai qu'à chaque fois que je sortais de cours je me disais "c'est en cours que j'ai appris des choses pareilles?" ça contrastait tellement avec le reste de ma scolarité, les autres matières; c'est tellement incongru.&lt;br /&gt;l'incongruité de la philosophie sera toujours là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;j'achète trop de livres&lt;br /&gt;où est le problème? c'est le propre de la vie d'une étudiante d'acheter des livres&lt;br /&gt;mais j'en achète trop et la lecture ne suit pas&lt;br /&gt;c'est pas grave, vous savez que vous les lirez un jour&lt;br /&gt;c'est vrai, mais c'est aussi que je dépense trop&lt;br /&gt;ah ça&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idée très juste me vient qu'avec ce rendez-vous j'ai eu l'occasion de mettre en place une fin ouverte qui vient se superposer à la fin fermée qu'implique toute fin d'année scolaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au moment de partir il me sert la main et je sers la main à son ami avec qui j'ai eu vaguement le temps de parler "que faites vous dans la vie? vous vous connaissez depuis combien de temps?, etc", j'ai l'impression d'avoir mal fait les choses avec lui, je savais que n'avais plus qu'une mission: trouver le bon moment pour partir. Dans le temps qu'il a pris pour : saisir l'addition, voir combien cela allait lui coûter, chercher des billets au fond de sa poche de pantalon, je me sentais très gênée et devait faire semblant d'ignorer tout en prenant en compte ce qu'il faisait. J'ai attendu qu'il pose le billet de 20€ pour lui dire "merci Monsieur pour les boissons", il a esquissé une petite grimace ravissante de la bouche du genre "vous plaisantez j'espère".&lt;br /&gt;Il a pris mon adresse en faisant du bout des doigts ces gestes bizarres, rapides et précis comme dans les pubs &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_27"&gt;Iphone&lt;/span&gt;, il m'a dit bonnes vacances et au revoir je crois, je ne sais plus, j'étais lentement en train de m'habituer à lui, à la forme de ses propos et voilà qu'il part poliment déjeuner chinois, passant d'une compagnie à une autre. J'ai redescendu la rue &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_28"&gt;Champollion&lt;/span&gt; en fouillant du regard le Reflet pour voir si les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_29"&gt;cop's&lt;/span&gt; étaient encore là. Ma joie était sérieuse, je me sentais un peu sonnée, extérieure au monde, c'était la sensation la plus incommunicable; étant dans l'incapacité à comprendre l'apparent calme insouciant du monde et il ne comprenait pas ma chaude euphorie, l'envie de crier "Bougez vous, la vie est énorme".&lt;br /&gt;Je n'avais pas faim mais il devait être l'heure de manger et je désirais tout raconter afin de vérifier, je pensais déjà au moment de la mémoire et de la rédaction qui serait un plaisir absolu, un moment pour tout revivre à volonté. On redécouvre des choses, un sens à des paroles, à des attitudes, parfois cela peut s'avérer pire que ce que l'on pensait et l'analyse nous fait souffrir tout en nous poussant à poursuivre, à tout voir depuis le prisme de cette faute, jusqu'à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_30"&gt;sur-interpréter&lt;/span&gt;. Bien sûr tout examen est toujours de trop mais on ne saurait en faire l'économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était une réussite, non pas ma prétentieuse réussite face à lui, mais ma modeste réussite face à moi-même. Je ne me détestais pas d'avoir dit quelque chose, il n'y avait pas eu de véritables erreurs. Une erreur véritable m'aurait hantée au moment même où je finissais de la prononcer, et ne se serait évaporée de mon esprit que quelques semaines après. Cette &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_31"&gt;fois-ci&lt;/span&gt; j'avais le champ libre pour penser à la totalité de l'échange puisque tout m'avait ravie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème fondamental de la timidité c'est qu'elle nous fait ne plus être nous. &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_32"&gt;Etant&lt;/span&gt; dans l'incapacité à parler sereinement on adopte les propos d'un personnage qu'on imagine être nous dans notre état normal. Je n'ai pas été timide, en fait ça s'est passé comme ça se passe quand j'ai rendez-vous avec un adulte, c'est à dire que j'étais à l'aise et que sa présence a automatiquement relevé le niveau de mes réponses. J'ai toujours aimé discuter avec des adultes pour l'exigence que cela me demande; je me suis toujours aimé face à un adulte parce que je corresponds au moi-même des meilleurs jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut en fait, à chaque erreur, adopter le point de vue de celui qui est en face de nous: ce n'est pas qu'il ne nous pardonne rien et qu'il se pardonne tout mais qu'il se fiche de nos erreurs, qu'à la limite il l'est comprend; il a de toute façon toujours d'autres chats à fouetter: ses propres comportements à passer au crible. Rien n'est jamais perdu; c'est le seul cadeau que nous fait l'égocentrisme de chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles étaient sur un banc en train de manger du pain acheté au Monoprix d'en face, nous sommes retournées au Reflet où j'ai commandé un croque italien qui, du fait de la situation, n'avait pas de goût, je n'ai pas su l'apprécier alors que j'en avais toujours eu envie quand je le voyais devant les autres; Marie un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_33"&gt;crumble&lt;/span&gt; aux pommes dont la cannelle me faisait dire à chaque fois que je la sentais "je déteste la cannelle", &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_34"&gt;Cécilia&lt;/span&gt; un Coca &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_35"&gt;light&lt;/span&gt;. J'ignorais par quel bout dérouler l'histoire, j'avais le désir de leur faire tout revivre, à la fois de la façon la plus objective : propos, gestes, petits détails dont nous raffolons, en même temps que ce que j'en avais retenu; l'impression d'une réussite aussi grande que l'échec que j'imaginais. C'était ma chose, mes deux heures, j'avais à la fois envie de le partager avec tout le monde en même temps que de le garder pour moi seule, de me projeter confortablement chacun des moments au fond de la tête, bien calée sur mon siège; on m'aurait enfermée dans une salle vide pendant des heures que je ne me serais pas ennuyée.&lt;br /&gt;Devant mon incapacité à raconter la chose autrement que sous de petits récits saccadés j'ai fini par leur dire "à chaque fois qu'un moment me revient je vous le raconte".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marie m'a demandé s'il était comme d'habitude où s'il avait changé. Je lui ai dit qu'il restait le même dans ses attitudes, seuls ses propos changeaient et laissaient voir qu'il n'était plus en cours.&lt;br /&gt;Raconte moi tout, il était habillé comment, qu'est-ce qu'il a commandé, il t'a serré la main, vous vous êtes assis où?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant la menace de l'orage j'invite &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_36"&gt;Cécilia&lt;/span&gt; et Marie à venir dormir chez moi, chacune appelle sa mère. Nous arrivons les sandales trempées, des sacs plastiques, des débardeurs et des pulls sur la tête, ma mère venait d'acheter des pizzas avec une copine, l'ascenseur était encore tout imprégné de l'odeur de fromage gluant, elles ont dit bonjour très poliment.&lt;br /&gt;On travaille à notre nuit sans jamais sortir de la chambre à part pour aller chercher de la boisson et faire notre toilette, on se lave ensemble les pieds, les dents, elles adoptent jusqu'à mes habitudes : &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_37"&gt;l'Eau&lt;/span&gt; précieuse, ma crème hydratante pour le visage &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_38"&gt;Nivea&lt;/span&gt; peau &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_39"&gt;crade&lt;/span&gt;, ma crème hydratante Petit Marseillais, le déodorant spray de mon père comme nous n'avons que des billes chez les filles, je vais leur chercher des pyjamas légers, on écoute les &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_40"&gt;Cd&lt;/span&gt; qu'elles veulent, Marie est sur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_41"&gt;Facebook&lt;/span&gt; à se remettre de son mal de ventre, elle hésitait à rentrer chez elle, je lui ai dit "tout ce que tu ferais chez toi pour remédier à ton mal de ventre, tu peux le faire ici". J'ai préparé les lits encore plein des débris de vêtements que j'ai essayé pour le rendez-vous, on se met au lit (marie dans mon lit, moi par terre sur des coussins, &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_42"&gt;Cécilia&lt;/span&gt; dans le lit de ma soeur) et regarde &lt;em&gt;Un monde sans pitié&lt;/em&gt; sans réussir à le finir parce que Marie s'endort et qu'avec &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_43"&gt;Cécilia&lt;/span&gt; on ne peut pas s'empêcher de papoter. Je lui parle de Monsieur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_44"&gt;Franck&lt;/span&gt;, encore toute traumatisée de ce que j'ai vécu, c'est terrible, c'est terriblement bête ces épanchements qui n'intéressent que moi, et ce n'est pas parce que je les vis et que je les ressens que je suis forcément d'accord avec eux; je ne fais qu'assumer, accepter et m'étonner par l'écriture de ce qui m'arrive et qui peut-être se calmera avec l'âge et l'habitude; pour l'instant tout est source d'excitation et d'espoir parce que je ne me sens pas à la hauteur de ce qui m'entoure et qu'il est toujours question, à chaque instant, de faire ses preuves. A mon âge le monde se révèle dans n'importe quoi, à n'importe quel instant, je vis mon roman d'initiation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain mes six réveils les font se réveiller avec moi, la nuit aura été courte et j'aurai dormi à quatre heures du matin. Je leur sers le petit-déjeuner, les boîtes de biscuits et les croissants qu'ils restent, typique du petit-déjeuner qui te fait dire "faut penser à faire les courses". Marie &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_45"&gt;chourre&lt;/span&gt; les céréales &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_46"&gt;d'Emile&lt;/span&gt;, il y a du jus d'orange et du lait sur la table, on écoute religieusement France Inter. Je leur bien qu'il faudra aller se rendormir après parce qu'il est trop tôt, moi je dois partir au travail, "après vous serez fatiguées toute la journée". J'envie leur journée qui s'étale comme du sable devant elles; pendant qu'elles pensent au matelas je pense au métro. Elles viendront me chercher au travail et on improvisera pour le restant de la journée.&lt;br /&gt;Au bureau j'ai des sessions de plusieurs minutes où je reste hagarde et abrutie devant mon bureau, sans bouger, à me balancer mollement sur ma chaise en suçotant des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_48"&gt;Werther's&lt;/span&gt; &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_49"&gt;Originals&lt;/span&gt; (je me demande toujours s'il y a un lien avec le roman de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_50"&gt;Goethe&lt;/span&gt;, non? d'accord) je souris au dossier des clients et repense à la question qu'elles me posaient "alors ça va, t'arrives à dormir?", en ce moment, pas vraiment non.&lt;br /&gt;Je finis la journée écrasée de fatigue sur la pelouse des Buttes-Chaumont, Cécilia nous chantant des chansons de Michael Jackson pendant que je lui réponds en yaourt avec celles des Doors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain du rendez-vous je consulte le &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_51"&gt;CD&lt;/span&gt; des fichiers &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_52"&gt;pdf&lt;/span&gt;, j'y retrouve la totalité de mes cours : quatre cahiers de cours et un cahier de correction, chaque thème réuni en un fichier &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_53"&gt;pdf&lt;/span&gt; ainsi qu'une copie de bac sur "Le langage &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_54"&gt;trahit-il&lt;/span&gt; la pensée?" corrigée par ses soins et où il a mis 19 sur 20.&lt;br /&gt;Je le remercie du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_55"&gt;CD&lt;/span&gt;, lui disant que c'est ce que j'aurai voulu faire de mes cours, et le remercie aussi pour les deux heures d'hier, "passées comme deux minutes". Je la joue sobre, malgré la joie de pouvoir lui écrire, de toujours trouver un bon prétexte.&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Mardi 21&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Dans ses mails il est passé de "Mademoiselle" à "Chère &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_56"&gt;Murielle&lt;/span&gt;" une fois, puis ensuite "&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_57"&gt;Murielle&lt;/span&gt;". Je suis passé de "Monsieur" à "Monsieur", et puis maintenant "Cher Monsieur", puis toujours "bien à vous", "bien cordialement", "très cordialement", "assurez bien vos clients et vos lectures". Il me dit qu'il n'a pas trouvé le livre qu'il veut m'offrir chez les bouquinistes où il pensait le trouver, mais l'a trouvé sur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_58"&gt;Amazon&lt;/span&gt;, il est d'occasion mais"c'est de toute manière un ouvrage que la patine du temps ne dénature pas"; je le recevrais normalement entre le 23 et le 4 août. J'attendais le 23 pour adopter l'impatience.&lt;br /&gt;Je lui réponds qu'à l'écouter on croirait que ce geste est naturel, "alors qu'il ne l'est pas vraiment", je lui dis que j'ai acheté un &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_59"&gt;Faulkner&lt;/span&gt; en me fiant au titre et au résumé, "j'ignore si j'ai bien fait", que j'ai cherché des livres de Harry &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_60"&gt;Mulisch&lt;/span&gt; mais que celui qu'il me conseillait de lire en premier était trop gros et que je ne voulais pas troublé l'ordre conseillé alors je n'ai rien pris. Je lui raconte n'importe quoi mais j'adore lui parler et parler de livres alors ça me fait plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 21 je rentre vers les 22h et m'intéresse quand même au courrier sans trop y croire, pourtant une épaisse enveloppe bulle et à mon nom est posée sagement sur la table de la salle à manger, je la saisis, le timbre représente un champ de lilas, je n'ai jamais de courrier, ça ne peut être que ça. Je décide de ne pas l'ouvrir tout de suite, préférant prendre mon temps pour aller aux toilettes, me laver les mains, les pieds, m'installer dans la cuisine sous la lampe de la plaque chauffante et tout cela en me concentrant sur cette extrême impatience se sachant en passe d'être comblée. J'ouvre le colis bien fermé à l'aide de mes seules mains et tiens à n'user d'aucun outil : d'abord une simple surface de papier blanc légèrement glacé que je déshabille lentement, quelques lettres rouges : &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_61"&gt;iade&lt;/span&gt;, Pléiade, Bibliothèque de la Pléiade, plus haut : ais...&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_62"&gt;ssais&lt;/span&gt;...&lt;em&gt;Essais&lt;/em&gt;...un portrait gravé, puis &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_63"&gt;Montaigne&lt;/span&gt; en majuscule, je suis pétrifiée. J'enlève la couverture légèrement usée aux &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_64"&gt;extrêmités&lt;/span&gt; pour passer ma main sur le cuir, contempler la tranche "dorée à l'or fin", j'ouvre l'ouvrage, je touche et plonge mon nez au creux du papier bible, fin et précieux et inaltérable, je consulte le nombre de pages -1257- et reste religieusement émue, je me suis trop renseigné sur la bibliothèque de la Pléiade (j'aime bien lire des trucs sur les maisons d'édition, les collections) pour ne pas apprécier l'objet. Je pense à lui et l'imagine avoir l'idée du cadeau, farfouiller les bouquinistes, une expression négative sur le visage et qui s'accentue d'échec en échec, consulter &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_65"&gt;Amazon&lt;/span&gt; et chercher la vieille version des &lt;em&gt;Essais&lt;/em&gt;, se renseigner par mail sur l'état de l'ouvrage, en somme, se déranger pour moi. Le cadeau est fou, superbe, à pleurer; et le pire dans tout cela c'est que malgré les actes, les attentions, je ne sais toujours pas ce qu'il pense de moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;FIN&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href="http://www.zshare.net/audio/6306944166fe121c/"&gt;The Smiths - I want the one i can't have&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5513434236047188802?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5513434236047188802/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5513434236047188802' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5513434236047188802'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5513434236047188802'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/07/la-peur-de-lautre-3.html' title='La peur de l&apos;autre (3)'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-285644584987267110</id><published>2009-07-19T13:12:00.022+02:00</published><updated>2009-07-23T21:41:44.416+02:00</updated><title type='text'>La peur de l'autre (2)</title><content type='html'>&lt;a href="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/35/47/04/18395986.jpg"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 434px; CURSOR: hand; HEIGHT: 289px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/35/47/04/18395986.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="COLOR: rgb(102,102,102)"&gt;&lt;span style="font-size:85%;color:#000000;"&gt;Rosine et son professeur de philo dans Conte d'automne de Rohmer&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;"Les dieux, pour toi, ce sont les autres, les individus se suffisant à eux-mêmes et souverains, on constate un fait - un destin."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Le métier de vivre - Cesare Pavese&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;La lumière du jour était très crue -lumière de parking, impression de sur-réalité- et me faisait plisser les yeux. Je me demandais à chaque instant comment je trouvais la force de ne pas faillir, de ne pas faire l'une de mes crises de timidité adorée où je perds mes mots pour préférer devenir rouge. Chaque minute passée était une nouvelle révélation sur l'autre, un nouveau "c'est cet homme que j'ai eu pendant un an devant moi", et je ne le soupçonnais pas : on demande toujours à être convaincu de la richesse de la vie des autres, un raisonnement par analogie ne suffit pas. Je le racontais à un ami il y a quelques semaines, devant le désir de connaître la vie privée et intérieure d'une personne et devant l'impossibilité de la connaître une attitude est possible : on sous-estime ce que peut être cette personne. Il y avait de la découverte en même temps que de la compréhension, l'une suit nécessairement l'autre.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;On est aveuglé par cet amour adolescent et maladroit pour l'autre et sous prétexte d'avoir pris le temps d'une prise de conscience l'on retourne s'engloutir sous notre couette de moelleuses illusions. J'arrive à adopter l'avis du premier venu qui trouverait cet homme physiquement on ne peut plus banal alors que je pourrais rédiger une nouvelle sur la peau brillante et réactive de son visage, sur ses vêtements. Si j'aime ses bras, si j'apprécie de voir son corps en mouvement ce n'est non pas pour ce qu'ils&lt;/span&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt; sont mais pour le rapport que je l'imagine avoir avec eux. Je n'aime pas son corps, je n'aime en fait, rien d'autres que tout ce qui est sien, c'est à dire tout ce que sa conscience englobe, son rapport singulier avec ces choses à lui, comme on aime la famille de l'être aimé pour la simple raison qu'il les enrobe d'intérêt, les comprend dans son monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a du mal à retenir les titres des livres et des réalisateurs, il va beaucoup au cinéma, ça m'a beaucoup amusé qu'il aille voir &lt;i&gt;Les Beaux gosses, &lt;/i&gt;et on finit par se dire "finalement pourquoi pas, qui suis-je pour le faire correspondre à mon étroitesse d'esprit, mon manque d'imagination?"&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; il n'aime pas la "farce" des macarons, il aime son métier, trouve très bien comme elle est la philosophie en terminale et lutte pour qu'elle reste ainsi, pense que les vrais rebelles, les vrais indomptés se trouvent en S parce qu'ils mettent le doigt sur les insuffisances de la philosophie, pensent que les meilleurs profs se trouvent à la fac, Jeanne Balibar l'a déçu au théâtre dans &lt;em&gt;Le Soulier de satin&lt;/em&gt;, il a beaucoup aimé Emmanuelle Devos dans &lt;em&gt;les Beaux Gosses&lt;/em&gt;, se demande à chaque film pourquoi il aime toujours autant "cette femme", Catherine Deneuve. Il n'aimait pas du tout l'heure de philosophie que nous avions en première et s'y ennuyait beaucoup. Il m'a dit que les moments où les élèves s'ennuyaient n'étaient pas forcément ces moments d'ennui à lui et que c'était même plutôt le contraire parce que justement les moments d'ennui étaient pour lui ceux où ils comprenaient de nouvelles choses. Je lui ai expliqué que moi-même je n'aimais pas les moments où il faisait rire la classe, je nous sentais tous embobinés, ça ne me plaisait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'étais fixée des règles : ne pas le complimenter, ne pas lui couper la parole comme ça m'arrive quand je suis intimidée, l'écouter (on oublie les évidences), ne pas consulter mon portable, ne pas parler du lycée, ne pas aller aux toilettes, ne pas être indiscrète, réfléchir avant de parler, être moi-même (on oublie les évidences).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'étais à l'affût de sa moindre opinion concernant des sujets autre que la philosophie, le scolaire, les élèves. D'une personne qu'on aime et qu'on admire on est désireux de connaître son enfance, son quotidien, bref, ce qui doit être le plus dur à atteindre et le moins immédiatement utile, ce dont on ne parle jamais. On peut voir cette curieuse curiosité comme la preuve indéniable de nos sentiments pour cette personne, on aime comme une groupie.&lt;br /&gt;Et il semblerait que plus c'est insignifiant plus on est content, ainsi savoir qu'elle est son parfum de yaourt préféré m'aurait ravie.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;C'était une journée très chaude et qui contrastait violemment avec les jours précédents. Dès les chaleurs du matin j'avais alors su que je n'aurai pas pu commander un café crème; j'avais déjà pensé à ce que je commanderai par souci de tout contrôler, c'était en somme un oral d'examen comme un autre où plus on révise et plus on a de chance de réussir.&lt;br /&gt;J'ai alors opté pour un Ice Tea et restais curieuse de savoir ce qu'il pouvait prendre en un pareil temps, ce qu'il pouvait boire, autrement dit ce qu'il daignait faire glisser dans sa gorge. Un peu bêtement j'imagine que ses choix veulent dire quelque chose chez lui, je leur fait porter des significations qui les dépassent, ce qu'il choisit est ce qui mérite de l'être.&lt;br /&gt;Il a commandé un citron pressé et en a repris un autre une heure plus tard en demandant au serveur cette fois de l'eau fraîche, disant quelque chose comme "celle-ci est imbuvable, elle a dû rester des années stockée dans votre cave" avec ce petit ton faussement premier degré qui m'a valu un jour que je vienne m'excuser à son bureau pour une insignifiance. Il m'a demandé si je reprenais quelque chose, c'est alors que je me suis rendue compte que cette discussion pouvait durer encore longtemps et que cette raisonnable question demeurait le seul élément perturbateur de notre élan, et qu'il n'aurait qu'à dire "vous reprenez quelque chose?" une fois par heure pour nous replacer dans une réalité, un contexte, moi qui avait finie par ne plus voir que son visage, c'est à dire que vraiment, j'avais même du mal à le voir lui et son polo, je ne voyais plus que clairement son visage, et je n'osais pas fixer ses bras qui pourtant m'intéréssaient. J'ai un peu hésité, "en fait c'est que je sais pas si je veux du chaud ou du froid, mmmmh,ah je sais, je vais prendre un coca light", je faisais la débile hésitante et il souriait.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Ce qui est toujours agréable à faire, c'est de se retracer le chemin parcouru en négligeant le processus: penser à ce jour où j'ai su qu'il serait mon professeur de philo, puis à cet instant là où nous parlions de choses et d'autres place de la Sorbonne un jour parfumé de vacances d'été. A mes yeux c'était miraculeux, peut-être que lui considérait cela comme un simple plaisir qu'il pouvait renouveler chaque année avec des élèves différents.&lt;br /&gt;De cette situation, deux doux vertiges : d'abord, constatons que le temps passe très vite et puis que j'obtiens souvent ce que je veux. Je le disais à Marie avant de me rendre à mon rendez-vous, j'ai toujours eu beaucoup de chance avec les gens, j'ai toujours pu avoir des tête à tête avec les personnes que je voulais, des relations privilégiées avec certaines d'entre elles -je pense à A., à notre amitié lui qui pourtant me fascine toujours autant, une amitié ne s'établit pourtant jamais dans la fascination. J'ai toujours été contentée, jamais frustrée et je vis des relations idéales avec elles, c'est à dire que la souplesse de nos rapports n'émousse en rien l'admiration que j'ai pour eux; ainsi je constate ma chance à chaque instant. Voilà ce que j'aurai réussi dans ma jeunesse et qui m'aura permis de ne pas trop souffrir de mon admiration maladive que je déposais et dépose toujours aux pieds de certaines personnes.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Nos discussions me reviennent comme des vagues, une attitude les régissait : la curiosité. Qu'est-ce qu'une rencontre sinon le moment d'un commun accord afin d'assouvir les curiosités respectives? D'abord la mienne; j'en suis venue à lui demander ce qu'il faisait de ses journées, puis : vous habitez par ici? Vous allez souvent au trois cinémas là-bas? Vous lisez quoi en ce moment? Il venait de finir &lt;i&gt;2666&lt;/i&gt; de Roberto Bolano. Et devant la somme des films qu'il avait vus récemment je n'ai pu m'empêcher de lui demander s'il avait la carte UGC, réponse positive et amusée.&lt;br /&gt;Mais aussi la sienne car le plus souvent je ne faisais que lui retourner ses questions, il m'aura demandé ce que je pensais de la philosophie en terminale, si je pensais qu'il fallait en faire en première, si je partais en vacances, mes comédiens préférés, mes auteurs contemporains, ce que j'avais vu d'intéréssant au cinéma ces derniers temps.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Mais aussi le souci de la sincérité, et jamais rien d'autre. Je lui aurai avoué jusqu'à mon excès d'amour-propre, mon amour maladroit pour mes professeurs dont il a dû comprendre à demi-mot que je m'excusais pour l'année. Beaucoup de détails sur mes amies, le fait que je n'ai jamais eu qu'elles au lycée, le ravissement qu'a pu être mon année de terminale, le fait que j'ai compris très tard que cela aurait été bien d'être une bonne élève, le fait qu'on a eu du mal à lui trouver un cadeau " c'était dur, parce que votre statut nous impressionnait encore, un livre on ne pouvait pas parce que pour nous vous aviez tout lu alors on trouvait que les macarons c'était une bonne idée". Il m'écoutait et restait silencieux, il y avait parfois de charmants silences que je redoutais pour l'unique raison qu'il pouvait lui faire réaliser qu'il s'ennuyait et le faire partir. Il est resté jusqu'à qu'un ami vienne le rejoindre, prétexte soulageant en ceci qu'il est naturel et inévitable, chacun de nous deux ne pouvant se résoudre à mettre un terme à l'entretien sans blesser l'autre (je n'y aurai jamais mis fin) il nous fallait un intervenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Savoir ce qu'il lit, ce qu'il fait de ses journées, ce qu'il va voir au cinéma pour le simple plaisir de lire ces livres, voir ces films en s'amusant à basculer de son point de vue au mien, c'est à dire à travailler à un rapprochement, à un hommage, aux moments de temps mort où l'on se sent le plus impuissant, aux moments où il n'est pas là.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Je lui ai demandé où il avait trouvé son vélo pliant car j'en cherchais un, il m'a répondu "je le vends si vous voulez", je m'attendais à cette réponse."Vous le faites à combien?" il me le faisait pour 200€ mais les réparations semblaient considérables; si jamais je l'achète je me connais, ce sera d'abord motivé par le simple fait d'avoir&lt;i&gt; son&lt;/i&gt; vélo, je dois me l'avouer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur un ton légèrement nonchalant, "j'avais un livre pour vous mais je ne l'ai pas trouvé dans l'édition que je voulais", et me parle des difficultés qu'il a eu à le trouver dans cette édition bien précise, comme si c'était naturel, déjà admis par mon esprit depuis des jours alors que j'en étais encore à digérer le fait qu'il avait pensé à un cadeau pour moi. J'ai baissé les yeux et esquissé un sourire : cette personne que vous placez au-dessus de beaucoup de choses fait comprendre qu'à ses yeux vous méritez cela, et qu'elle veut vous faire plaisir, vous lui inspirez ce don-là. Il aura pris mon adresse postale sur son Iphone pour me l'envoyer.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Offrir un livre, on pourrait passer un article à réfléchir à quoi cela renvoit. J'y vois comme une tentative de faire correspondre la personne à quelque chose que l'on connaît, on aimerait qu'elle nous échappe moins pendant un moment (on saura ce qu'elle lit), c'est un geste très doux, presque protecteur, on choisit pour elle par souci de remédier à tout ce qui en elle nous échappe. Dans un cadeau, celui qui offre à le sentiment d'un contrôle total : il connaît et recherche les effets de son attention sur la "victime" (M. Franck était d'accord sur ce terme de victime): surprise, joie, gratitude, reconnaissance si le livre est bien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;Cela peut être aussi un simple test; pour une expérience de lecture donnée on regarde et on attend que le livre ait le même retentissement sur cette personne; on lui veut du bien. De toute façon, comme je le lui ai dit, offrir est toujours mille fois plus gratifiant que recevoir et il est bizarre que cette évidence ne soit pas admise de façon plus clair dans les esprits; la générosité n'a jamais existé, elle est une jolie étole pailletée dans laquelle s'enroulent les plus secrètes et égoïstes intentions, au mieux elle est volonté d'accélération du rythme d'une relation, heure du bilan, tentative de création d'un évènement où l'autre, faute de calcul, ne pourra être que nu dans sa spontanéité: liberté et contrôle totale sur la narration, et se présente toujours sous la forme d'une euphorie, d'un coup de génie; le don soigne beaucoup de choses en nous, il purifie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a toujours été très dur de savoir ce qu'il pensait de moi, il y avait des professeurs avec qui c'était vraiment très simple mais la plupart tentent quand même de préserver ce rapport respectueusement distant avec leurs élèves - et j'aurai passé mon année à me révolter contre ce phénomène pourtant nécessaire. Au lycée les professeurs sont très justes et offrent à tout les élèves une égale attention : ils s'en tiennent au devoir d'indifférence que suppose leur métier.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;La discussion étair rythmée par l'expression de nos égales curiosités à l'égard de l'autre. L'une des formes de la curiosité, certainement la plus intéréssante, trahit le fait que nous pensons beaucoup à la personne, qu'elle nous a longuement intéréssée et celui qui assouvit sa curiosité instruit délibérément l'autre personne du fait qu'elle est intriguée par elle depuis déjà un certain temps; la curiosité est toujours construction fictive autour de l'autre et qui demande à être confirmée. Ce n'est pas quelque chose de ponctuel mais un désir en progression qui ne se tarit jamais en ceci qu'il se nourrit des réponses qu'on lui donne pour désirer toujours plus. C'est le plus bel hommage que l'on puisse faire à l'autre même s'il est toujours mieux de dissimuler sa curiosité (comme il a toujours été bien vu de ne laisser percevoir aucun signe d'attachement à l'autre mais uniquement de subtils et ambigus indices lui permettant d'espérer tout en désespérant, c'est le secret et on le sait) qui peut être perçue comme une faiblesse, une abdication; c'est en somme quelque chose de très fort, comparable à une passion, un abandon de soi dans l'autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je disais souvent "oui voilà", et lui disait "oui c'est ça". C'était les moments les plus doux où chacun prolongeait, explicitait la pensée de l'autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la question "vous faites quoi de vos journées?", question d'un père qui soupçonne sa fille de ne rien faire de ses vacances, étonné d'une telle question il me répond&lt;br /&gt;- je lis, je travaille, j'apprends des choses...je vois des amis...&lt;br /&gt;- vous allez au cinéma&lt;br /&gt;- je vais au cinéma", il fait une tête incrédule, comprenant mal où je veux en venir et ayant l'impression de ne pas avoir encore répondu tellement j'aurai pu deviner ses réponses&lt;br /&gt;- mine de rien vous venez de répondre à la question.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- j'écris aussi un scénario pour un film.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;j'ignore s'il se souvient mais comment oublier le fait que j'ai été accidentellement mise au courant de ce scénario par un mail qui ne m'était pas adressé et qu'il m'a envoyé par erreur. Je lui avais répondu que je l'avais supprimé mais je n'ai pu m'empêcher de le lire; j'ai été d'avance désolée pour lui de ne pouvoir faire autrement que de le lire : je suis trop humaine et ce type m'intéresse maladivement. Il usait d'un langage bien loin de celui auquel il nous avait habitué, ce langage me faisait accéder à des éléments que je n'aurai pu envisager de façon autonome. Fixant les glaçons qui s'affalaient au fond de mon verre, j'essayais de ne pas sourire, j'aurais bien voulu lui parler de son scénario, c'est le genre de réponse, de grand projet qui suscitent des questions, des curiosités, mais n'est pas comédienne qui veut et j'ai préféré me détourner sur un sujet tout autant intéréssant.&lt;br /&gt;- vous n'écrivez rien à côté?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;- non rien, ça ne m'intéresse pas du tout.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;- je comprends, je comprends très bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="color:#000000;"&gt;à suivre, faute d'avoir mes brouillons sur moi.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-285644584987267110?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/285644584987267110/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=285644584987267110' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/285644584987267110'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/285644584987267110'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/07/la-peur-de-lautre-2.html' title='La peur de l&apos;autre (2)'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8572525270004034764</id><published>2009-07-18T16:10:00.015+02:00</published><updated>2009-07-19T03:47:04.741+02:00</updated><title type='text'>La peur de l'autre (1)</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://farm3.static.flickr.com/2291/2456717419_c43ca5ff22.jpg?v=0"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 500px; height: 378px;" src="http://farm3.static.flickr.com/2291/2456717419_c43ca5ff22.jpg?v=0" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style=" ;font-family:'Times New Roman';"&gt;&lt;div style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-style: initial; border-color: initial; margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; padding-top: 3px; padding-right: 3px; padding-bottom: 3px; padding-left: 3px; width: auto; font: normal normal normal 100%/normal Georgia, serif; text-align: left; "&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal; "&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:7;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:48px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;"Le point d'attache de ton métier à la vie est le besoin d'expression du premier et le besoin de contact avec le prochain de la seconde.&lt;br /&gt;Tant qu'il y aura quelqu'un de haï, de méconnu, d'ignoré dans la vie, il y aura quelque chose à faire: s'approcher de lui."&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;"La compagnie d'une personne aimée fait souffrir et vivre dans un état violent. Il faut choisir la compagnie de celle qui nous est indifférente, mais alors notre rapport avec elle est plein de restrictions mentales, et on désire continuellement rester seul, au-dedans de nous on la supprime."&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Le métier de vivre - Cesare Pavese&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style=" font-weight: normal;  line-height: 19px; "&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;"La timidité génère une souffrance. En effet, la personne peut parfaitement mesurer son handicap mais ne trouve pas de solutions pour le résoudre. De plus, elle analyse son comportement et mesure avec précision les difficultés sociales que cela déclenche. C'est une caractéristique humaine difficile à résoudre et qui a un rôle plus dévastateur que constructif."&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;Wikipédia&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="line-height: normal; "&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;"Sur le plan psychologique, le timide se sent paralysé, incapable de la moindre réaction, focalisé sur l’objet de sa peur : autrui. Il n’arrive pas à envisager la relation avec l’autre autrement que sous le rapport dominant-dominé. Il fuit le contact, se dévalorise"&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;Doctissimo&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;J'ai passé l'année scolaire à scanner mes cours de philosophie à Sophie, une fille de ma classe et Monsieur Franck m'avait demandé  que je les lui envoie à lui aussi. Ainsi tous les soirs je lui écrivais un mail qui se limitait à trois phrases de politesse, mais parfois j'en profitais pour lui dire quelque chose, essayer d'établir un contact qu'il prenait toujours pour ce qu'il était : le mail d'une élève qui ne doit être qu'une élève. un an de ce régime-là, cela ne pouvait tout de même que nous rapprocher. Il lui manquait les premiers cours et en fin d'année il me réclama mes premiers cahiers, que je lui avais glissé dans son casier pendant les épreuves du baccalauréat, j’étais censée les lui donner en main propre mais il s'était cassé le nez à vélo ce jour-là. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le jour des résultats du bac Monsieur Franck portait une veste en toile bleu marine et un pansement sur le nez et m'avait dit, "je viens de récupérer vos cahiers, je vous les rendrai...plus tard". M'attendant à ce qu'il me les rende à la rentrée, je n'espérais pas le revoir avant longtemps et me lançait dans les vacances avec l'idée d'une ferme rupture d'avec mes professeurs. Une semaine après je reçois un mail de sa part m'informant qu'il pouvait me les rendre soit par envoi postal, ou si je craignais qu'ils ne s'égarent, il serait sur Paris la semaine prochaine. Je lui ai dit que l'envoi postal ne présentait que des inconvénients et que j’étais libre et sur Paris tous les jours à partir de 14h30, heure à laquelle après mon travail commence ma journée. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le dimanche, j'étais revenue chez moi à 6 heures du matin et il me fallait me réveiller tôt, disons à midi, car mes copines venaient goûter chez moi: devant l'ennui mortel d'Emile j'avais proposé qu'elles viennent jouer avec lui à la Gamecube. Marie ramènerait des pizzas, Cécilia un gâteau, je m'occupais de la salade et des croques-monsieur. Emile était content, il aime bien mes copines, et dans l'incapacité de garder quelque chose pour moi je leur avais parlé du premier mail de Franck et du fait que j'attendais sa réponse. Il n'y avait que trois manettes, aussi je ne jouais pas et je trainais sur mon ordinateur à l'affût d'une réponse que je finis par recevoir. Marie et moi avons poussé un cri, toute seule je n'aurais jamais fait ça, mais entre copines il est agréable de toujours pouvoir faire les connes. Il me proposait jeudi à 18h30, dans un café place de la Sorbonne. Les autres jours n'ont été rien d'autres qu'une longue attente impatiente. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;( Devant le centre Pierre Mendès-France à Paris I, les mêmes stands faisant face de sécurité sociale étudiante que pour la fois où j'ai dû accompagner Marie à ASSAS. SMEREP vs. LMDE. En passant devant la SMEREP j'éprouve un grand plaisir à &lt;s&gt;fayoter&lt;/s&gt; leur annoncer que je suis inscrite chez eux, ils me félicitent, me tendent des pouces du genre "bien joué" et ma mère passe après moi pour calmer le jeu "non non non, je suis pas du tout contente de la SMEREP", s'ensuit un petit débat alors que nous sommes en retard.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Je crois que l'on n'est pas censé  aimer Paris I et ses locaux délabrés, ses ascenseurs multicolores, ses amphithéâtres en ruine, cette ambiance linoléum insupportable, à en croire ce que je lis ça et là il faudrait plutôt s'en plaindre. Et pourtant je crois que je l'aime bien, il y a dans cet endroit quelque chose de fougueux, d'urbain. On se croirait encore dans la rue, on croise en tout cas des dégradations qu'on ne trouve normalement que dans la rue. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Stand jaune fluo de l'OFUP. La nana me propose un pack spécial pour ma licence, Philosophie magazine plus le Time pour 100€. Je lui dis que j'ai déjà du mal à  finir de lire Philosophie magazine alors le Time je n'en veux pas, par contre j'avais déjà projeté de m'abonner à Philosophie magazine et de résilier mon abonnement à Technikart qui à présent me tombe des mains. Je pensais pourtant ne jamais me désabonner et même tristement assister à la mort du magazine mais c'est que je ne le lis plus vraiment et que la proportion de bons articles n'est rien à côté de ceux qui m'exaspèrent. 4 ans d'abonnement, c'est déjà pas mal.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; La fille, qui en est à sa troisième année de Licence de Droit me donne beaucoup de conseils et finit par m'inscrire une sorte de devise dans la tête "critique, analyse, valeur ajoutée, y'a que comme ça que tu peux réussir, évidemment moi je l'ai compris qu'en redoublant ma première année.", "faut juste être plus malin que les autres", "enfin tu vois, en Licence de Philosophie y'a 30% de réussite la première année". Elle connaît bien son texte, ne cesse de m'informer que c'est la fin de la journée et qu'elle est crevée, je lui demande depuis combien de temps elle est ici, "depuis ce matin, 8h". Il est 16h30, elle repart avec un contrat qui obligera ma mère à payer un abonnement et mes coordonnées sur un papier si jamais je veux du travail en septembre. Je file rejoindre Cécilia, avec beaucoup d'émotions je lui montre ma carte d'étudiante et nous allons voir Playtime de Jacques Tati.)&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Le risque : ne pas réussir à  se défaire du costume que je me suis tricotée depuis le premier jour où je lui ai parlé. D'où vient-il ce costume, quels en sont les fils? Un mélange de ce que je voulais être à ses yeux, de ce que je pensais être à ses yeux, un peu n'importe quoi; tout sauf vraiment moi. Et pourtant je choisis ce que je dis, ce que je fais, mais je ne contrôle pas mes effets et même, je produis l'inverse de ce que je voulais produire et j'ai fait mille et une gaffe inavouables avec lui. J'ai été à la fois dans l'incapacité d’ être moi-même en même temps que dans l'incapacité de me taire, de faire profil bas, j'ai toujours voulu qu'il me voit et je souffrais beaucoup de son rapport avec ses élèves qu'il se devait de vouloir égal avec chacun d'entre eux.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Je me demande s'il s'est fixé  un certain temps à passer avec moi, au début j'avais eu peur qu'il ne me propose de le voir juste une minute pour qu'il me rende mes cahiers, mais ça m'aurait fait trop de mal et tout bien réfléchi personne ne serait capable d'une telle impolitesse; mes copines aussi savaient qu'il ne ferait jamais ça, mais dans l'attente de son mail j'imaginais le pire.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Le fait que l'on parle d'autre chose que du lycée ou du baccalauréat m'aiderait grandement à  m'émanciper de mon statut d'élève. J'aimerais lui montrer que je peux être bien différente et voir à quel point lui aussi peut l'être, car si je le suis il le sera. J'avais peur qu'il ne fasse trop chaud, mais je ne m'inquiète pas trop: il y a toujours un courant d'air sur la place de la Sorbonne. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Ma soeur, qui était l'une des rares personnes à qui j'en avais parlé et qui avait passé l'année à supporter mes emportements et des anecdotes sur un prof qu'elle avait aussi eu, constatait "tu as eu ce que tu voulais" et me conseillait depuis Dubaï de faire ma technique du jeu vidéo, technique inventée vers mes 14 ans où j'expérimentais mes premiers rendez-vous: il s'agissait d’agir dans la vie comme dans un jeu vidéo, voir les choses en plusieurs niveaux, faire en sorte de gagner des points, et surtout ce qui importait le plus c'était la préparation qu'on pouvait faire avant de s'y rendre: réunir les conditions d'une victoire. Vue comme ça la vie paraissait être un jeu auquel on avait envie de jouer. Si ma soeur m'en reparle des années après c'est qu'elle doit souvent user de cette technique qui peut servir lors d'entretiens d'embauche. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;J'avais le souci de n'en parler qu'à un minimum de personnes, c'est-à-dire en parler assez pour pallier à l'impatience maladive. Je ne voulais m'en vanter auprès de personne : cela aurait attiré les ondes négatives et le mauvais oeil, je suis d'une superstition pessimiste qui ne croit qu'à la malchance et espère peu d'un heureux hasard. Je savais qu'il revoyait beaucoup d'anciens élèves car ma soeur qui l’avait en terminale me racontait ses journées et me parlait souvent de lui, c'est comme ça que je l'ai d'abord connu : une image de lui était rendue très présente, très vive, c'était un personnage sans visage et qui n'existait que sous quelques évènements, quelques apparences qu'elle trouvait digne de me raconter ; Julie l'avait aussi souvent vu en compagnie d'anciens élèves au Polly Magoo, et m'en informait précipitamment par sms.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Sortie du travail où je n'ai jamais été aussi distraite par mes pensées, j'avais passé mon temps à consulter des articles concernant la timidité sur Doctissimo, mes copines se foutent de ma gueule quand je leur dis que je lis des choses sur ce site, mais d'abord leurs tons informatif et pédagogique me détendent et c'est comme ça que j'ai pu trouver le titre de ces notes. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;La météo avait pourtant annoncé un temps frais semblable aux autres jours de la semaine mais tôt le matin ma mère m'avait annoncé qu'il s'agissait de la journée la plus chaude de la semaine et cette chaleur totalitaire m'avait incité à prendre un bain qui servirait de scission idéale entre le début de la journée et la suite. Je n'en avais pas pris depuis des années car vivre au sein d'une famille nombreuse ne rend plus possible ce genre de luxe. Mais j'étais toute seule avec ma mère qui était alors au travail, Emile et papa étaient à Trouville, Myriam à Dubaï, je pouvais n'avoir peur de rien et faire couler l'eau et le savon avec inconscience/insouciance en écoutant Tom Waits. J'ai finalement porté ce que Cécilia m'avait conseillé : ma chemise bleu marine, mon pantacourt beige en toile, mes sandales beige et mon sac bleu marine, j'avais attaché mes cheveux en queue de cheval, mes yeux était surlignés d'un fard à paupières marron, j'avais très chaud, ma peau était moite mais M. Franck et la philosophie m'auront appris à accepter ce qui ne dépend pas de moi. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il faut toujours porter des habits confortables et qui sachent se faire oublier car si l'on réfléchit bien l'habit ne représente rien lors d'un rendez-vous, je me suis rendue compte de ça il y a quelques années, toute la différence entre un bon rendez-vous et un mauvais reste à faire sur place. Le plus grand retentissement dont peuvent se prévaloir les habits se fait dans la rue et dans le métro où à défaut de connaître les personnes l'on juge de leur élégance.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cette question qui revenait souvent chez Marie et Cécilia : "ça va t'arrives à dormir?", bien sûr j'y arrivais, c'était seulement une fois éveillée que je ne pensais à rien d'autre.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Dans le métro je m'amusais à  relativiser, je me disais que ce rendez-vous avait donné un sens à ma semaine et venait conclure une année passée avec un homme que j'admire et qui me terrorisait, mais que représente-t-il aux yeux des passagers? Il aurait été drôle de le leur demander, chacun aurait compris mon trac, aurait vainement essayé de se mettre à ma place mais la peur est la peur en ceci qu'elle n'est pas partagée, tout sentiment se vit solitairement, c'est en fait le corps qui nous rappelle sans cesse à notre solitude. Ce jour-là  tout se passait au niveau de mon seul ventre.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; A 17h je rejoins Marie à  Saint-Michel où nous attendons l'heure du rendez-vous au Reflet devant des Coca. Il n'y avait personne exceptés deux hommes seuls qui lisaient, l'un le Procès de Kafka dans une édition kistch des années 80 et l'autre un essai en poche des éditions Le Points-Seuil. Ainsi quand nous parlions tout le monde pouvait nous entendre et dans l'impatience qui était la mienne je ne pouvais que m'amuser à anticiper le rendez-vous à défaut de ne pas y être. Je l'imaginais en chemise bleu ciel et pantalon beige, Marie en chemise blanche et jean Levi's. Je pensais qu'il passerait par la rue Champollion pour se rendre place de la Sorbonne, nous étions près des fenêtres qui étaient ouvertes, il aurait pu nous voir.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; Je suis sortie à 18h30 du Reflet, j'avais passé les dernières minutes main sur le front à essayer de me calmer, Marie me disait que c'est vrai que je jouais gros, c'était sa façon à elle de me rassurer. Je lui disais "peut-être qu'en fait je me persuade que je suis en panique alors qu’en fait je vais bien", je me suis alors redressée mais mon mal de ventre restait inchangé; j'étais réellement dans un état bizarre qui ne pouvait se régler qu'au moment de le voir. Cécilia nous a rejoint à 18h25, je suis allée une dernière fois aux toilettes pour me coiffer la frange, me retrouver avec moi-même et me regarder dans les yeux, j'ai respiré profondément, susurré un "c'est parti", Cécilia est entrée en catastrophe dans les toilettes et m'a annoncé "on vient juste de le voir passer avec son vélo, il portait un polo noir". Cécilia m'a demandé si je voulais un bisou et Marie m'a dit "quoiqu’il arrive sache qu’on t’aimera quand même". J'ai remonté la rue Champollion, mes copines derrière moi, M. Franck devant, j'ai retrouvé pendant quelques minutes une solitude, un sérieux face à face avec moi-même; de nouveau je n'avais plus rien, tout restait à faire. &lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Une fois arrivée devant le café je n'ai vu personne et l'imaginais en train de garer son vélo quelque part, puis quelques secondes après je l'ai vu ressortir de la rue Champollion, mes lunettes de soleil me permettaient de faire comme si je ne l'avais pas vu: étant trop loin de moi, j'aurai dû soutenir un sourire jusqu'à ce qu'il m'atteigne, cela aurait été gênant. J'ai donc pu choisir le moment de la reconnaissance. Il marchait à côté de son vélo, les manches relevées de son polo noir, un de ses poignets était encerclé par une montre noire, c'était une image très masculine, quelque chose avait définitivement changé dans son apparence, dans la forme que son corps prenait à mes yeux. A une distance raisonnable j'ai ôté mes lunettes de soleil pour lui sourire de façon respectueuse, j'avais tellement peur. Il m'a dit en souriant "Bonjour Murielle" et j'ai répondu par un "Bonjour Monsieur", il hésitait entre le fond de la terrasse et le bord, près des jets d'eau, je lui ai dit que ça m'était égal, il a sorti de son panier et posé négligemment sur la table mes deux cahiers et un CD de tous mes cours réunis en format pdf. J'étais dans l'ignorance et la crainte totale de ce qui allait se passer, j'avais surtout peur de moi et de mes réponses, à mes yeux il aurait de toute façon tout bon. Peut-être que finalement la timidité avant d'être peur de l'autre doit être crainte de soi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;photo extraite de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt;Brigitte et Brigitte&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:small;"&gt; de Luc Moullet &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;b&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/b&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8572525270004034764?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8572525270004034764/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8572525270004034764' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8572525270004034764'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8572525270004034764'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/07/la-peur-de-lautre-1.html' title='La peur de l&apos;autre (1)'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2775510038285076417</id><published>2009-07-12T23:58:00.009+02:00</published><updated>2009-07-14T00:23:01.047+02:00</updated><title type='text'>"Noter que l'ennui est une forte passion,[...]"</title><content type='html'>De plus en plus bizarre ces coïncidences vestimentaires qui avaient déjà eu lieu avec Monsieur Delmas, Monsieur Franck et puis aussi  F.  avec qui cela s'est reproduit. Samedi à une fête, chemise à petits carreaux vichy bordeau pour moi, bleu marine pour lui, veste beige pour lui, parka beige pour moi, le même beige. Il n'y a pas seulement le fait de porter telle chemise de telle couleur le même jour qu'untel, mais il faut prendre aussi en compte que ces trois personnes pèsent à leur façon, plus que d'autres dans ma vie et que de ces trois personnes la situation est la même : me situant entre l'ignorance totale de ce qu'elles sont et l'intuition d'une connaissance profonde de ces mêmes personnes; de mon côté je n'ai jamais vécu autre chose qu'un jeu de sous-entendus, d'interprétations inssuportables, uniquement avec elles. Tout cela est beaucoup trop magique parce qu'on porte les vêtements qu'on porte selon la vague humeur du moment, c'est le moment du pur hasard, alors que l'on sait que l'on va se brosser les dents. F. explique cela très simplement : je m'habille comme un garçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail, ça ne s'arrange pas, mais on finit bien à un moment par occuper d'une façon ou d'une autre une attitude qui rend la situation tolérable. L'habitude aplanit les fureurs et les fait se transformer en petites ruses. Quand on n'y peut rien on finit par ruser : on réduit son temps de travail en s'autorisant des écarts, des pauses honteuses, quand le chat n'est pas là la souris danse, etc. Parce qu'il est seulement impossible d'éxécuter une telle corvée de façon sérieuse, c'est à dire sincère et sans arrière-pensées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emile devient de plus en plus une source de préoccupations, de questionnements; surtout quand ma mère n'est pas là. J'ai à l'égard d'Emile le sentiment d'un certain nombre de devoir que je me dois d'accomplir : ne pas le laisser s'ennuyer, se morfondre dans sa paresse pré-adolescente; la pire de toute car c'est une paresse irresponsable, qui n'a pas le sentiment de la perte, du gâchis, mais qui n'a pas non plus les moyens d'être autonome, de sortir en dehors d'un périmètre bien circonscrit. Bref, il faut compter sur les copains qui sont peut-être la seule issue garantissant une diversité d'activités et de ressources pour un jeune garçon comme Emile : on s'ennuie, on veut s'en sortir ensemble et la créativité fait des ravages. Mais ses copains ne sont pas là et il est toute la journée tout seul à la maison, je l'appelle à l'heure où je déjeune de mon sandwich dans le métro, le plus souvent il a cette voix endormie et doucement boudeuse de celui qui vous reproche de l'avoir réveillé avec votre appel. Je devine son monde de couette et de torpeur, de journée déterminée par l'heure de son réveil, je finis par me désolidariser de lui et mon raccrochage annonce : "A chacun sa journée".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il s'est remis à la lecture, et cette nouvelle me suffit, je lui ai seulement dit de repenser aux livres qu'il avait lus, à leurs histoires -je sais qu'il tient à ces histoires, que je touchais un point sensible en les invocant- et le souvenir a amené avec lui l'envie de se remettre à la lecture. Au moins il y a un instrument de mesure permettant de se rendre compte d'une progression, d'un doux travail accompli : "j'ai lu 80 pages" sera toujours beaucoup moins incertain que "j'ai joué à Dofus".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dur de ne pas imposer aux autres les"valeurs du moment" qui nous animent. Par exemple, ma récente hostilité à l'égard de la paresse retentit sur mes rapports avec Emile que je passe mon temps à engueuler. Je ne supporte pas de le voir encore habillé et devant l'ordinateur à 23 heures, et l'excuse qui veut que moi aussi je sois passée par là n'en est pas une : je ne suis la norme de rien. Je ne peux pas attendre d'Emile qu'il comprenne l'heure venue les pertes qu'entraîne la paresse, alors je me dois d'agir tout de suite, même s'il en est à un point de sa vie et de ses expériences qui font qu'il reste un fossé d'incompréhension entre lui et moi, un peu à la manière de certains romans qu'on ne pourrait lire qu'à un certain âge, car trop tôt &lt;i&gt;il ne comprendrait pas&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis finalement je me dis : je veux le sortir de son ennui, de sa paresse pour qu'il n'ait pas de mauvaises pensées, parce que lui-même pense à sa solitude et me dit "quand je suis seul les blagues que je fais devant la télévision elles sont que pour moi", et il a toujours aimé me demander "On discute?". Et si je regarde en moi je vois bien qu'il n'y a pas moments plus décisifs que ces moments terribles d'ennui et que c'est peut-être ça qui fera la différence plus tard; notre passé est porteur de ces heures aussi et pas seulement des évènements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus en plus souvent, des prises de conscience de mon absolu bonheur d'être où je suis, ce que je suis, malgré tout. Ce sont des moments qui me viennent au restaurant, au café, au lit, dans ma cuisine le matin, dans le bus, en classe quand j'y allais encore, bref partout, j'en ai déjà parlé mais je ne pensais pas que ça allait durer si longtemps. Ce n'est pas un état permanent, c'est plus comme un bilan ponctuel qui ne tient pas compte des irrégularités, des passages à vide, ou qui au contraire en prend justement compte et les estime positifs. La question se pose de savoir : quelle est ma part de responsabilité dans tout ça? D'un côté si je suis, disons "heureuse" j'en suis la seule responsable mais de l'autre la poursuite de ce bonheur semble ne pas m'appartenir et ne tenir sur rien, de plus, chaque journée s'annonce comme potentiellement ratée et non pas réussie, cela ça ne change pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi je sors Emile, je m'étais promise de le faire en l'absence de ma mère, il doit aller chez Gibert Joseph s'acheter un pinceau pour ses Warhammer, on prend le prétexte pour aller déjeuner à St-Michel, rue des Ecoles dans un café qu'on aime bien avec les filles. Le trajet est long et Emile me dit que ça fait longtemps qu'il n'avait pas autant marché. C'est vrai que mon père l'habitue à l'immédiateté de la voiture, se rendre d'un point à un autre en niant ce qui se passe entre les deux. Je le fais marcher jusqu'au bus et dans le bus il regarde par la vitre et se plaît à des remarques rigolotes "même si tu regardes les gens en terrasse c'est rare d'en voir un porter sa fourchette à sa bouche". Les circonstances suscitent les pensées. Il mange un croque-monsieur et moi une salade qui tardent à venir, puis finit par une crème brûlée qu'il commande toujours mais qu'il a de plus en plus de mal à finir, seul le dessus est intéréssant, la crème est excessivement bourrative. Je lui conseille de ne pas en recommander avant longtemps et de changer de desserts préférés jusqu'à nouvel ordre. Nos préférences changent sans crier gare et il faut à chaque instant se questionner : est-ce que j'aime encore la crème brûlée ou est-ce par habitude de la préférer que je la préfère?&lt;br /&gt;Il s'est acheté un livre de Daniel Pennac et n'a pas trouvé son pinceau, quant à moi j'ai trouvé &lt;i&gt;Out of Season&lt;/i&gt; de Beth Gibbons que je n'avais pas encore acheté, chez OCD ils emballent ton achat dans une enveloppe en kraft agréable à tenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le piéton (celui qui est dans une situation de faiblesse) insiste pour laisser passer la voiture (celle qui a du pouvoir) et le fait comprendre par des gestes: les situations s'inversent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi, la première partie de la fête aura été consacrée aux discussions (on m'aura offert des bonbons pour mon bac), puis vers 2h du matin j'ai commencé à danser pour ne plus m'arrêter. Dans l'attente du premier métro nous sommes allés avec mes camarades dans une brasserie ouverte toute la nuit dont on aurait dit le comptoir peint par Edward Hopper: certains mangeaient des crêpes, d'autres des cafés, quant à Elise et moi nous avons demandé des chocolats viennois avec plein de chantilly. La dame derrière le comptoir avec un sourire aussi doux qu'inadéquat à la situation et quand elle a sorti le gros pot en verre de Nutella pour les crêpes des garçons j'ai compris que je n'avais plus à avoir peur de la nuit. L'idée de dire "merci maman" m'aura traversé l'esprit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2775510038285076417?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2775510038285076417/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2775510038285076417' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2775510038285076417'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2775510038285076417'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/07/noter-que-lennui-est-une-forte-passion.html' title='&quot;Noter que l&apos;ennui est une forte passion,[...]&quot;'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-8743087004403167183</id><published>2009-07-08T22:33:00.011+02:00</published><updated>2009-07-14T00:03:23.829+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://img196.imageshack.us/img196/9111/p020709100501.jpg"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 595px; CURSOR: hand; HEIGHT: 388px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img196.imageshack.us/img196/9111/p020709100501.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;em&gt;"Comment une personne de trente ans peut-elle ne pas se sentir un débris? En cessant de vivre d'espoirs : c'est-à-dire en cessant de croire qu'un contact amical réciproque peut changer quelque chose à sa vie, et de rechercher dans ses propos un point d'appui, un élargissement de sa personne.&lt;br /&gt;On dit que la jeunesse est l'âge de l'espoir justement parce que, quand on est jeune, on espère confusément quelque chose des autres comme de soi-même -on ne sait pas encore que les autres sont précisément les autres. On cesse d'être jeune quand on distingue entre soi et les autres; c'est-à-dire quand on n'a plus besoin de leur compagnie. Et l'on vieillit de deux manières : ou bien en espérant plus rien, même pas de soi-même (pétrification, abêtissement, etc.) ou bien en espérant seulement de soi-même (activité).[...]&lt;br /&gt;Pourquoi le mariage marque-t-il le passage de la jeunesse à la maturité? Parce que, par cet acte on choisit entre les compagnie une compagnie qui vous sépare de toutes, qui s'identifie avec nous, qui devient l'arène circonscrite de notre vie sociale où l'on n'a plus besoin de chercher de compagnie en dehors de nous-mêmes. C'est le sceau de l'égoïsme qu'il faut pour vivre modérément, un égoïsme auquel sert d'excuse le fait qu'on se crée des devoirs."&lt;/em&gt; &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;strong&gt;Le métier de vivre - Cesare Pavese&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La veille ma mère m'avait donnée un Stressam pour me faire dormir, sur Doctissimo ils disent que ça sert à lutter contre l'anxiété, je lui avais seulement demander un somnifère, un vrai, de celui qui à forte dose aurait pu tuer Dalida. Je m'endors sur les coups de minuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'avais pour mission de retrouver la vigueur matinale de ma semaine de lycée, cette façon d'être éveillée coûte que coûte, ces travailleurs sponsorisés par le Pass Navigo et Direct Matin. Pour ce premier jour de travail c'était comme si je ne coïncidais pas tout à fait avec moi-même, me sentant faite pour mon lit, émergeant vers 13 heures pour manger un croissant Auchan préalablement chauffé 5 secondes au micro-ondes en écoutant France Inter, puis internet et un dvd pour meubler jusqu'à 16 heures et sortie au parc, au café et au cinéma pour rentrer sur les coups de minuit. Une fraîche quiétude, et la même chose le lendemain. Sauf que ce matin c'est ma mère qui me réveille à 8 heures et me souhaite "bon courage, travaille bien" avec une douceur qui, je le voyais bien, tentais de remédier à la violence du réveil et de ce qu'il inaugurait. Le premier pied sur la moquette et c'était à moi de jouer. A la radio Bégaudeau chez Vincent Josse "pour Nietszche les amis c'est ce qui empêche le ressentiment, c'est tout à fait ça". J'avale un café colombien en capsule Tassimo, une vitamine C et une douche; je redeviens moi-même. Je me mets de la crème solaire sur les bras et je me fais belle comme une secrétaire: toujours viser une préparation bien au-dessus de l'importance de l'évènement, cela nous permettra de tenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les femmes portent majoritairement des robes, certaines ont les jambes très bronzées, d'autres très blanches avec des restes de veine. Elles portent des talons souvent compensés, c'est beaucoup plus confortables, et puis d'énormes besaces, gros blocs noirs et rectangulaires pour ordinateur portable qui les font légèrement se pencher d'un côté. Ces sacs butent sur leur hanche gênant ainsi leur marche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le matin je dois trier le courrier : ouvrir toutes les enveloppes, aller chercher une chemise, écrire la date dessus, tamponner sur chaque feuille la date, mettre de côté les chèques pour ensuite les placer par dessus la paperasse. Quand le téléphone sonne je dois dire le plus sincèrement possible "*** Assurances bonjour", écoutez la personne, la transférer à Charles (mon employeur) s'il n'est pas occupé et s'il l'est je dois prendre son nom, son numéro de téléphone et son numéro de police si c'est un client. La femme de Charles a passé la matinée avec moi, elle m'a expliquée comment marchait la boîte, avec quels grands groupes ils étaient affiliés, comment ils gagnaient de l'argent; ils touchent en fait de petites commissions sur les gros chèques qu'ils reçoivent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Viviane passe son temps à aller chercher des cafés au café du coin, elle vient avec la tasse jusque dans le bureau, quand elle ne boit pas son café elle fume dans l'encadrure de la porte des Marlboro Lights qu'elle allume avec un briquet qu'elle égare tout le temps sur le bureau devant lequel je me trouve. Les tasses s'accumulent rapidement.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Un client, la quarantaine peut-être, très chic et au visage aussi beau qu'en bonne santé, l'un des rares clients venu et qui ne soit pas libanais. Il s'assoit et assiste à une petite scène entre moi et l'un des fils qui me demande ce que je ferai l'année prochaine et puis aussi si le bac c'est dur, "oui, même si tu travailles toute l'année ça reste dur". "Tu vois Pascal, si tu veux être riche tu dois travailler, si tu veux gagner beaucoup d'argent, tu dois travailler". Voilà qui pourrait résumer la mentalité libanaise. Le client, malgré son sourire a dû halluciner même si  j'ai compris plus tard qu'il s'agissait en fait d'un commercial au discours d'automate. Quant au travail, tout le monde en parle, tout le monde le vante, mais on ne sait pas vraiment à quoi cela renvoit et qu'est-ce que chacun met comme image derrière cette idée. Je crois que si j'ai tant aimé &lt;i&gt;les Cousins&lt;/i&gt; de Chabrol c'est pour cette raison qu'il nous mettait tous d'accord sur une belle image du travail : un étudiant obstiné malgré la fatigue à travailler son droit, et qui se refuse tout ce qui ne serait pas ce travail.&lt;br /&gt;Elle demande au client s'il veut un café et tarde à le lui apporter, je finis par trop y penser, je crois qu'elle a oublié. J'essaye d'éloigner cette pensée de moi, ce problème ne me concerne pas, je n'y suis pour rien si elle a oublié le café, j'espère seulement qui ne m'en tiendra pas rigueur, lui. Cette agence n'est pas la mienne, il a dû comprendre que je venais de commencer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma ferme incapacité à la contrainte, mon impossibilité à faire autre chose que toujours ces mêmes activités de plaisir. Je souffre plus qu'il ne le faudrait et j'identifie le reste de ma vie comme la continuité de cette souffrance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le "j'ai travail demain" qui empêche toute perspective, qui fait que l'on préfère la télé, ou disons le lit au restaurant, cinéma, nuit blanche, et s'il m'arrivait de vouloir être réellement en vacances, d'aller au cinéma à 20h, la fatigue rappelle à l'ordre et alors plus rien ne devient possible, on devient la rabat-joie qui s'endort au cinéma,  dans le métro, regarde sa montre. Malgré le fait que j'ai pu négocier de ne travailler que le matin, il semble que le reste de ma vie gravite autour de ces quelques heures de travail : week-end et après-midi de libre sont une réponse à l'ennui du matin. Je ne sais pas comment font les autres, hier je regardais les cuisines du restaurant japonais, une dame s'ennuyait mollement en attendant la prochaine commande, et puis le serveur du Café Beaubourg gardait le sourire et la" tchatche", je me disais "eux, c'est toute la journée, pourquoi je me plains". Est-ce que, quoi qu'ils fassent de leur soirée, elle s'en trouvera gâchée par le travail du lendemain, est-ce qu'on peut vivre sa soirée sans arrière-pensées, sans forcément vivre en vue de récupérer de notre journée pour celle du lendemain? Bref, je me demande comment font les gens pour accepter de façon si naturelle un travail aliénant, qui les prive de faire ce qu'ils veulent même quand ils ne travaillent plus (la fatigue). Je comprends la nécessité des vacances, c'est à dire d'une période de congés assez large pour qu'on puisse se défaire de ses habitudes de travailleur, un mode d'existence aux règles différentes, car le week-end ne suffit pas : le vendredi soir on est fatigué, le samedi on récupère, le dimanche il nous faut penser au lundi. Est-ce forcément un luxe égoïste de faire un métier qui nous plaît et est-ce que la résignation est un processus qui, me concernant, viendrait de commencer?&lt;br /&gt;Plus largement : est-ce que tout s'émousse en nous - notre curiosité, notre naïveté, notre faim de vivre, notre façon de rendre tout grave, plongés jusqu'au cou dans nos sentiments, notre amour tragique des autres contrastant avec ce même amour pour nous-même, nos ambitions- avec l'arrivée de l'âge adulte? Est-ce que le repliement sur soi à force de se heurter à un monde décevant et qui ne semble pas être fait pour nous, est inévitable? Je ne sais pas, et j'ai un peu peur du gâchis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très vite j'ai adopté l'attitude de celle qui fait le décompte du temps qui lui reste à travailler. "Vivement 13h30", "Vivement le week-end", "Vivement les vacances", je déteste vivre de cette manière, regardant par dessus le moment présent comme par-dessus un mur, avec une puérile impatience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.zshare.net/audio/624010915823d994/"&gt;Morrissey - This world is full of crashing bores&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-8743087004403167183?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/8743087004403167183/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=8743087004403167183' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8743087004403167183'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/8743087004403167183'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/07/comment-une-personne-de-trente-ans-peut.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3687132194311209002</id><published>2009-06-27T02:24:00.012+02:00</published><updated>2009-06-27T12:10:03.103+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a href="http://img25.imageshack.us/img25/1291/wanda7.jpg"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 515px; CURSOR: hand; HEIGHT: 355px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img25.imageshack.us/img25/1291/wanda7.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;"Or, à quoi d'historique est-ce que je crois actuellement? Peut-être aux révolutions? Mais, outre que l'on a jamais tiré de la bonne poésie de l'idée d'une révolution en action, je ne m'enthousiasme pour elles qu'à fleur de peau. Naturellement, il ne s'agirait pas de décrire les tumultes, l'éloquence, le sang et les triomphes de la révolution, mais de vivre dans l'atmosphère morale, et à partir de là, de contempler et de juger la vie. Est-ce que j'éprouve ce renouvellement moral? Non, et j'ai même jusqu'à maintenant manifesté une certaine tendance à célébrer dans la vie plutôt les facultés statiques et jouisseuses que les facultés actives et rénovatrices."&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;strong&gt;Le métier de vivre - Cesare Pavese&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mon père m'a trouvé un travail chez un ami de la famille. Cela fait plusieurs mois que je devais aller voir l'employeur qui travaille avec sa femme dans une société d'assurance et qui comme tout les amis de la famille m'aura vu grandir. Il a d'abord été très surpris de me voir aussi changée, et elle aussi. Ce premier sujet d'étonnement, ce "comme tu as grandi" entendu, même sincèrement pensé reste la seule chose qu'un ami-de-la-famille puisse trouver à dire aux enfants de son ami. Ces derniers temps, consciente d'un réel changement opéré sur ma personne qui durant les autres années ne se manifestait que par une modification de coiffure et de tenue d'une année sur l'autre, j'ai vu les réactions des amis libanais comme de la famille s'amplifier de façon de moins en moins surjouée, de plus en plus sincère et nourrissant l'étonnement de cet autre étonnement d'avoir pour une fois été &lt;em&gt;réellement&lt;/em&gt; surpris. C'est vrai que j'ai grandi, que j'avais les yeux maquillés, ma frange, et les traits reposés, et puis, il faut le dire, connaissant les codes j'avais sournoisement pris soin de me faire belle.&lt;br /&gt;&lt;p&gt;Mon travail consistera à saisir des données dans un logiciel d'archivage, le travail avait déjà été fait mais tout a été perdu lors d'un plantage comme chacun doit en avoir vécu au moins un. Et c'est là que j'interviens, avec mes doigts rapides de bloggueuse et mon temps libre à profusion. Spontanément j'ai pensé que ce travail qui me fera me lever à 8h30 pour courir à Puteaux et arriver à 10h pour finir vers 15h30 ne pourrait que me gâcher mon temps de vacances. J'ai énormément de mal avec la contrainte, le baby-sitting me tuait, j'aime désespérément faire ce que je veux et quand je ne le fais pas je me sens triste et oppressée, n'essayant jamais de "prendre sur moi". Quant au secteur tertiaire je ne l'aime que dans les livres et la vue des dossiers d'archives, même colorés, me donnaient l'envie de bailler.&lt;br /&gt;D'un autre côté et parce que je n'ai pas d'autres choix que de me persuader des avantages, je n'émerge de chez moi qu'à partir de 15-16 heures, heure à laquelle j'aurai fini, et si je suis trop fatiguée pour entreprendre de sauver la journée, j'irai me rincer la gorge de café. Ce travail me pliera à une discipline (discipline de l'horaire, de l'ennui, de la politesse), chose que les vacances s'annonçant longues, s'appliqueront à me faire oublier jusqu'au mot. Enfin je ne culpabiliserai plus devant la somme que je dépense quotidiennement dans Paris puisqu'en contrepartie j'aurai passé ma journée à renflouer les caisses, tout s'équilibrera. Ces derniers mois je me dégoûtais à dépenser autant d'argent de façon si irresponsable, avant j'avais pour habitude de tenir un cahier de compte mais j'ai vite fait d'arrêter pour me décider à littéralement dépenser sans compter : je ne sais pas vraiment combien j'ai sur moi ni combien je dépense, je sais juste que je vais presque tous les jours au café sinon au restaurant, je n'achète plus de Cd mais je n'hésite pas à m'offrir encore et encore des livres, et puis des vêtements, tout récemment.&lt;br /&gt;Je vais donc passer un mois à mettre des baffes à mon côté pourri gâté, il s'agira d'une frustration positive et productive au sens où le temps libre, par sa rareté et par contraste avec l'ennui du travail ne pourra être que mieux utilisé et apprécié.&lt;br /&gt;Je crois par exemple que le désir d'un projet de création n'est jamais aussi fort qu'en période de dur labeur, il nous faut l'urgence, la contestation, le sentiment que les choses ne s'obtiennent pas de façon magique et qu'il nous faut agir pour être reconnu. La création se fait alors contre la pauvreté d'une partie de la vie, ce sont les lignes de Francis Ponge que j'aime paraphraser : il ne disposait que de 20 minutes d'écriture après son travail. Dans la même idée : je n'ai jamais autant écrit ici qu'au moment où je n'avais pas internet à la maison et Sartre n'a "jamais été aussi libre que pendant l'Occupation". L'amalgame est maladroit mais rend bien compte de l'absolue nécessité de la contrainte en toute situation. On ne saurait être libre n'importe comment. A mon âge et dans ces conditions (5h30 de travail d'archivage par jour) le travail aura quelque chose de sain sinon de purificateur. L'excès de temps libre a quelque chose d'immoral; être au monde c'est désormais "y être au travail".&lt;br /&gt;--&lt;br /&gt;Pendant que Viviane m'expliquait ce que j'avais à faire mon portable a sonné. J'ai vu en sortant que c'était A. qui m'appelait: je pensais qu'il avait lu mon mail lui annonçant ma nouvelle et totale disponibilité, il me demandait comment s'étaient passées mes épreuves de bac et de le tenir au courant. La timidité m'étant déjà une difficulté j'aime être au calme pour l'appeler. Je ne l'ai rappelé qu'une fois au Jardin du Luxembourg où je m'étais installée pour lire &lt;i&gt;Le Métier de vivre&lt;/i&gt;. Il était en Corrèze avec son petit-neveu et nous avons parlé quatre minutes, il m'a dit qu'il revenait bientôt et que nous pourrions nous voir, que je ne devais pas hésiter à l'appeler. C'est l'une des personnes que j'ai envie de voir pendant ces vacances; j'ai, de toute façon, envie de voir des gens, "faire des rencontres" avec la simplicité que suppose l'expression.&lt;br /&gt;Avec A. on se voit tellement rarement mais c'est toujours très beau, on a des choses à se dire et je crois que ma jeunesse doit objectivement avoir pour lui quelque chose de rafraîchissant: même s'il est d'une gravité sans nom dans tout ce qu'il fait c'est à peu près l'effet qu'il me fait, celui d'un calme dépaysement; j'endosse tout de suite les problèmes d'un autre monde. L'évoquer me fait me rendre compte qu'il est lui aussi très concerné par ce que j'ai dit du travail qui semble lui conférer la "rage de l'expression" (Ponge) mais dans un même temps annihile la majorité de ses forces. Je ne pense pas qu'il soit humainement possible de se retrancher tout à fait du métier que l'on exerce, se dire : je le fais mais il n'est pas moi. Comme dirait le type dans Taxi Driver (vu tout à l'heure) "je fais mon job, je deviens mon job", même s'il ne nous transforme pas il nous démoralise et le reste de la vie se passe en réaction à lui. Dans l'année mon professeur de philo nous a donné à faire un exercice aussi facultatif qu'extrêmement réjouissant sur le sujet : il s'agissait de voir en quoi un métier pouvait influer sur la vie de celui qui l'exerce. Sans vous l'imposer, je vous met à disposition &lt;a href="http://docs.google.com/View?id=dggjxg9d_28f7pfv5dr"&gt;ma rédaction&lt;/a&gt; qui n'a pas grand chose de scolaire et doit donc avoir sa place ici, je ne l'ai pas relu et m'excuse pour les fautes que je sais nombreuse.&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3687132194311209002?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3687132194311209002/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3687132194311209002' title='15 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3687132194311209002'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3687132194311209002'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/06/or-quoi-dhistorique-est-ce-que-je-crois.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>15</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-1447546863235417967</id><published>2009-06-25T14:17:00.014+02:00</published><updated>2009-07-14T00:10:39.419+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://img32.imageshack.us/img32/7625/wanda11.jpg"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 458px; CURSOR: hand; HEIGHT: 310px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://img32.imageshack.us/img32/7625/wanda11.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt; Hier soir avant de m'endormir j'ai pris trois secondes pour me fixer des buts pour la journée d'aujourd'hui. Pour le temps libre il faut procéder par anticipation, sinon on ne s'en sort pas. En manque d'idées l'épisode du sac poubelle s'est révélé incontournable, résultat: on distingue enfin la couleur du bureau. J'ai jeté toute l'histoire géo, j'ai gardé toute la philo. Par volonté de mettre les cahiers hors de ma vue, excédée, j'avais tout enfoncé sous mon lit. Il me reste les petits manuels de révisions Bordas pour l'histoire géo ainsi que le manuel de croquis Belin conçu entre autre par M. Delmas et qu'il avait eu la gentillesse de me dédicacer. "Désolé, ça n'est pas du Houellebecq...chacun fait de son mieux.". Chacun fait de son mieux, cette phrase m'avait tué.&lt;br /&gt;J'ignore quelles formes prendront ces vacances et je me dis un peu bizarrement que seul une épreuve de rattrapage pourrait me faire goûter une dernière fois avant longtemps les joies du travail.&lt;br /&gt;Je me suis réveillée à midi et j'ai mangé des tartines en écoutant toute les émissions de France Inter les unes à la suite des autres alors que normalement je n'en ai le droit qu'à une. J'ai consulté mon Pariscope acheté hier avec Cécilia, on a donné 80 centimes et la caissière nous a tendu les fraîches possibilités de la semaine. Maintenant je suis dans mon lit et j'éprouve une petite excitation à l'idée que ma pile de livres fonde, à l'idée de commencer à faire de la philo sans enjeux pendant 3 mois, à l'idée d'un emploi du temps quotidien qui sera souvent le même mais dont je ne vais pas me lasser, il suffit de savoir ce que l'on aime faire et de ne pas trop dépenser. Apprendre à vivre avec soi-même pendant 3 mois sera le beau défi. Je vais aussi travailler, je reprends la relève du baby-sitting de ma soeur qui part pendant 3 mois à Dubaï pour un stage et j'ai dit à Emile qu'il pourrait venir habiter dans ma chambre pendant cette période. Quant à moi je n'ai aucun voyage d'organisé, j'ai refusé le Liban de cette année et consulter la brochure EF inaugurerait le début d'une série de choix et d'efforts dont je ne me sens pas encore capable. J'ai toujours eu des désirs de voyage, souvent en Russie et en Asie orientale et qui se sont accrus avec les cours de philosophie, tant pour les anecdotes de voyage du prof que pour le contenu des cours, mais j'attends de pouvoir être véritablement autonome jusque dans le financement de mes vacances pour laisser décider de la destination ma curiosité. Tant que mes parents me financeront je ne pourrais compter que sur des anti-voyages trop organisés alors je préfère rester ici. J'ai été rassurée le jour où j'ai senti en moi le début d'un goût pour le voyage alors que je m'étais toujours plu à dire par provocation à mes parents que je n'aimais pas voyager, puis j'ai fini par voir dans cette attitude le premier indice d'une fermeture d'esprit. Dans un sens la littérature fait déjà voyager très loin, j'ai l'impression de parler comme dans une pub mais c'est au final très vrai et d'une évidence qu'il est bon de rappeler. Seulement le vrai voyage se nourrit d'images et d'odeurs, de "concret", c'est quelque chose qui se passe avec le corps, de très sensuel (je pense à l'odeur du Liban, à l'atmosphère du climat qui influe sur tout le reste). Peut-être alors que, comme on aime à nous le répéter pour la philosophie, l'apprentissage ne suffit pas et il faut à son tour pratiquer. "&lt;em&gt;On leur demande des réponses, il ne nous donne que des désirs&lt;/em&gt;" écrit Proust à propos de la lecture : un écrivain est d'abord un lecteur désirant écrire. Ainsi l'on apprend le voyage dans la littérature mais il ne nous est pas donné, et il reste &lt;em&gt;à faire&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis recoupée la frange, j'ai acheté sans essayer et en moins de deux minutes deux robes bleu marine, je crois que cette manie d'acheter tout ce qui est bleu marine est maintenant devenue comme un devoir. J'ai bu un coca light en face du Champo, des hommes venus de province et très bruyants sont venues s'installer devant moi, je n'ai pas trop réussi à lire, au début je les détestais après j'ai commencé à tout leur pardonner. J'ai dit au revoir au garçon qui ne m'avait pas servi, c'était un au revoir symbolique, un au revoir au café, c'était le garçon de la dernière fois qui a un visage plutôt très beau et que je n'arrêtais pas de dévisager quand je portais mes lunettes de soleil, il a dû me reconnaître. Je suis allée à ma séance de cinéma, &lt;i&gt;A tombeau ouvert&lt;/i&gt; de Scorsese, pour changer. La dizaine de personnes présentes rigolaient "avec la voix" sauf la fille devant moi dont le silence m'inquiétait un peu, mais j'ai pu finalement deviner par la lumière que l'écran projetait sur son visage -et c'était très joli- qu'elle souriait par la forme bombée que prenait ses joues. En sortant Marie m'attendait assise dans le petit hall alors qu'il était 23h40 et qu'on avait le temps de rien faire sinon le trajet inverse. Ca m'a fait plaisir de la voir, surtout que je trouvais ça déprimant ce trajet nocturne en milieu de semaine. On est quand même passé par un glacier pour fêter ça, Marie a demandé une glace à la violette "avec de la chantilly" mais la bouteille était vide alors il lui a fait un prix pour la consoler et quand ce fut mon tour j'ai dit "un cornet simple au nutella...sans chantilly" et il m'a aussi fait un prix.&lt;br /&gt;Nous avons pris le bus de St-Michel jusqu'à St-Lazare, on ne prend plus du tout le métro, la ligne 14 pue beaucoup trop, ce n'est plus possible. Je lui ai montré mes robes en les dépliant comme je pouvais, elle m'a dit "tu achètes toujours les trucs moches avec nous et les trucs beaux toute seule", je voyais ce qu'elle voulait dire. Sur le quai du métro elle m'a ensuite dit: "tu t'es faite toute belle aujourd'hui, c'est pour qui?" j'ai rigolé car j'en avais justement pris conscience aujourd'hui que quand je sortais toute seule je me faisais toujours belle et en plus pour personne, je crois sincèrement que je me fais belle pour les gens dans la rue et aussi pour moi même, on est presque comme bluffé devant son reflet ou devant l'effet qu'on suppose faire sur les autres. Quand on se trouve beau on est toujours autre que soi-même, on est "l'ami qui a réussi" et quand on se trouve laid c'est comme si on était trop englué en soi-même, on s'encombre.&lt;br /&gt;En rentrant j'ai essayé mes robes et je les ai montrées à ma mère, elle était très joyeuse devant le résultat et les a trouvées très belles, l'une est une saharienne bien étroite et bien plaquée sur le corps, la matière est un peu rigide, l'autre est beaucoup plus impressionnante, un peu brillante et plissé, j'aimerais bien qu'on m'invite à une soirée uniquement pour le plaisir de la mettre et de me montrer. Je crois que j'aime les robes depuis que j'ai entendu ce qu'en a dit Gilles Deleuze en parlant du désir. Le passage est très souvent repris sur internet, mais c'est justifié :&lt;br /&gt;"&lt;em&gt;quand une femme désire une robe, tel chemisier, c’est évident qu’elle ne désire pas telle robe,&lt;br /&gt;telle chemisier dans l’abstrait, elle le désire dans tout un contexte de vie à elle qu’elle va organiser, elle le désire non seulement en rapport avec un paysage mais avec des gens qui sont ses amis, ou avec des gens qui ne sont pas ses amis, ou avec sa profession etc. Je ne désire jamais quelque chose de tout seul. Je ne désire pas un ensemble non plus, je désire dans un ensemble."&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Elle m'a ensuite expliqué qu'au moment où elle partira dix jours à Dubaï je devrais m'occuper d'Emile et de mon père, les faire manger, ne pas laisser Emile prendre la trottinette dans la rue et lui faire manger sa compote et sa Danette comme elle le lui fait tous les soirs dans son lit, aller à pied chercher des pizzas, leur dire de nettoyer la cuisine, faire un peu de courses au Franprix. J'ai réfléchi à ce que je pouvais faire d'un peu fou en son absence, dans les films pour ados c'est toujours quand les parents partent que la vie commence, mais en fait je crois que je vais m'en tenir à des séances de cinéma à 22h, et des glaces sans chantilly. C'est le plus bel hommage que l'on puisse rendre à sa vie : ne rien changer même quand on peut.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-1447546863235417967?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/1447546863235417967/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=1447546863235417967' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1447546863235417967'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/1447546863235417967'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/06/hier-soir-avant-de-mendormir-jai-pris.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-6543057969738502467</id><published>2009-06-24T22:02:00.027+02:00</published><updated>2009-06-25T02:01:01.061+02:00</updated><title type='text'>Numéro du candidat : M920800090</title><content type='html'>&lt;img src="http://i45.photobucket.com/albums/f69/thethuthinnang/vlcsnap-10233190.png" style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 640px; height: 360px;" border="0" alt="" /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;Hier s'imprimait par dessus la vision écoeurante de mes cahiers, celle beaucoup plus plaisante d'un gros sac poubelle où j'enfournais les fiches de révisions sans tri ni compassion; par pur esprit de vengeance. Aujourd'hui il est 22h et je n'en ai même pas la force. Ma soeur est partie chez son amie à &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"&gt;Toulon&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; et elle revient samedi, cela me laisse donc un peu de temps pour marquer mon territoire de mille façons possibles, autrement dit foutre le bordel sans envisager son probable mécontentement à trouver mon bas de pyjama et/ou ma tasse de café sur son ordinateur portable: tout le charme de la nature morte moderne. Je m'entendais très bien avec elle en ce moment, on discutait beaucoup, j'avais besoin d'être consolée de mes révisions, d'y être tirée le plus loin possible sans pour autant changer de pièce; et elle était là et nous pouvions discuter chacune dans son lit, en fixant le plafond ou en jouant avec la peau de notre bras.J'insiste beaucoup auprès des gens pour souligner le caractère traumatisant du baccalauréat qui nous fait nous trouver en butte à des doutes, une fatigue d'un tout autre genre et qui touche le cerveau, la mémoire pleine d'une soupe qu'elle n'avale plus, cette communication superficielle qui n'allège en rien notre responsabilité; mais je l'ai déjà dit. Ainsi les révisions n'ont aucun charme pour elles, sinon quelques comportements que j'ai su relever dont un bien particulier, celui des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"&gt;micro-pauses&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; qui consiste en de petites choses: aller chercher quelque chose dans le frigo ou tout simplement une porte à fermer et qui sont autant de petites ruses servant à différer la difficulté, à s'en échapper pour un moment. La procrastination (mot le plus moche de la langue française, oui) n'a qu'un remède et c'est l'obligation combinée à l'urgence.&lt;/div&gt;Les révisions ont cette façon à elles de tout &lt;span class="blsp-spelling-corrected" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;niveler&lt;/span&gt;, de réclamer pour fonctionner un espace privé de réalité et de repères, elles neutralisent les heures de repas et de repos, le sens de l'orientation dans la semaine, l'idée que l'on s'était faite des heures de la journée, toutes projections dans l'avenir, toutes lectures de livres et de magazines. Quant aux séances de cinéma grattées ici et là au cycle Martin &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"&gt;Scorcese&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de la Filmothèque, aux rêveries du Jardin du &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"&gt;Luxembourg&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; il a fallu vite y mettre un terme. Quand on pense leur échapper, on parle ou l'on pense encore à elles. Bien sûr tout peut se passer, un film peut avoir lieu, une promenade aussi, mais jamais sans l'arrière-pensée démoralisante que nous ne sommes pas tout à fait à notre place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier ma vie avait quelque chose de plus déterminé, elle était plus facile à comprendre, il y avait un but et il y avait moi qui m'y préparait; je pensais qu'une fois la dernière épreuve passée le soulagement sinon un vague sentiment de stimulante liberté venant du fond du ventre suivrait, au lieu de ça je tombe sur le trou monotone et béant qu'a laissé derrière elle l'angoisse impériale. Je ne sais pas trop quoi en penser, j'ai donc préféré sombrer dans l'achat de quelques t-shirts informes mais colorés (et soldés) qui m'habilleront pendant les vacances, le jaune poussin du t-shirt Gap dissimulera tant bien que mal ma probable petite langueur estivale. Oui jaune poussin, il y a des choix qu'on aime bien faire parce que justement ils ne sont pas nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la salle d'examen, je finis toujours plus tôt que les autres pour l'histoire &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;géo&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, je sais où je vais et je fais mon chemin, assurée de mes connaissances le parcours est prévisible et s'annonce comme autant de petits bonds d'une connaissance à une autre. Parce que je dois attendre les copines et que je ne veux pas sortir la première par peur de ce que cela représente, je reste aux aguets, dans l'attente d'un épi&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;phénomène&lt;/span&gt; et parce que je sais que n'importe quel situation de la vie possède ses charmants détails, aussi minuscules &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"&gt;soient-ils&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, pouvant nourrir un texte littéraire. Alors j'observe : &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"&gt;Iba&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; qui mange du chocolat et qui a laissé tomber les clémentines, les bouteilles d'eau présentes sur la totalité des tables comme livrées avec elles : certains adoptent la bouteille de 50cl, d'autres le litre par peur d'un incendie...ou une &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"&gt;anti-sèche&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; sur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"&gt;l'europe&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; rhénane en lieu et place des informations nutritionnelles. Des papiers de mes chewing-gum à mes pieds datant d'avant-hier, synonyme que je suis restée peut-être trop longtemps dans cette salle. Quelquefois, la difficile tentative de croiser le regard des copines toute derrière moi, et puis Hubert qui pendant l'épreuve d'espagnol se démène à dévisser son stylo plume, la surveillante qui demande "qui est fort?" et moi qui me propose par simple fidélité à mon bizarre esprit d'initiative même quand je ne suis pas à la hauteur et que mes copines rigolent. La défaite aurait été triste et réussir après trois personnes était digne d'une victoire de cour de &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"&gt;récré&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a pas beaucoup de monde dans les magasins, ce n'est plus cette image &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"&gt;américanisante&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; de la femme engloutie sous les sacs, j'ai dit à ma mère "c'est plus les soldes d'il y a 8 ans", avec ce souci vain d'approcher la date exacte de ces images au &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"&gt;JT&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; où l'on voyait des hommes se faufiler à plat ventre sous les grilles des &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"&gt;Auchan&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;. Les gens tiennent trois sacs et ils s'en satisfont; demain ils porteront du jaune poussin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://i45.photobucket.com/albums/f69/thethuthinnang/vlcsnap-10233227.png" style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 640px; height: 360px;" border="0" alt="" /&gt;&lt;br /&gt;J'ai revu Monsieur &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"&gt;Delmas&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; tout à l'heure, il surveillait une classe et partait s'acheter un sandwich. Je l'ai vu une première fois fumer autour des élèves regroupés devant les grilles. J'ignore comment s'organisent les surveillances mais je pensais que certains profs en étaient épargnés dont lui. Lors de son dernier cours, j'étais sortie du lycée avec une tristesse que j'aurai voulu plus prononcée, il n'y avait pas eu de véritable scission, il n'y avait aucune preuve tangible de rupture, on pouvait encore croire que l'année se poursuivait et l'on prenait la lourdeur morale de fin de semaine pour la tristesse d'une année finissante. Aujourd'hui, il était plus beau qued'habitude, disons plus "en forme", avec cette coupe nouvelle et qui lui fait les cheveux coiffés vers un côté, ça le rend tout sage tout mignon, j'aimerais qu'il comprenne que ça lui va bien. Il portait une chemise bien blanche et une veste noire, je n'ai rien à dire sur cette tenue sinon qu'elle le rendait charmant, même si j'aime de moins en moins le noir, la chemise reste ma faiblesse et redonne un peu de vigueur à son corps un peu faible.&lt;br /&gt;Nous étions arrêtés au milieu du trottoir, il nous a demandé quels sujets nous avions pris, si ça s'était bien passé, les politesses et la curiosité de rigueur. Je lui ai dit "on va avancer, peut-être que vous êtes pressé". Il m'a ensuite désigné de ses deux index et a introduit ses remerciements pour &lt;i&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal;"&gt;Lacrimosa par &lt;/span&gt;"je voulais pas vous traumatiser pendant vos révisions", &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal;"&gt;livre&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; que la classe lui avait officiellement offert mais dont il avait su que j'étais à l'origine du choix. Il venait de le finir, il me remerciait de lui avoir fait découvrir un nouvel écrivain, et il lira &lt;i&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_19"&gt;&lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"&gt;Microfictions&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;, &lt;/i&gt;"j'ai eu quand même un peu peur au moment du passage fantastique mais elle le remet bien à sa place"; "oui c'est vrai, elle le casse". Puis il a bifurqué en direction de la boulangerie. Apparemment j'aurai juste le temps de l'entrevoir le 7 juillet, un peu comme cela se passait la majorité de l'année; sa silhouette qui en été comme en hiver n'avait de sens que devant le portail et avec une cigarette, c'est dans ce contexte qu'il semble contrôler les choses. Je crois que c'est en évoquant ce 7 juillet et en le regardant un peu plus dépoussiéré que d'habitude de sa fonction de prof, allant s'acheter un sandwich tout seul comme un grand, que je me suis rendue compte de ce qui était en train de se terminer. Il m'intéresse toujours autant et j'ai toujours autant l'impression de sérieusement le connaître, de le comprendre en même temps qu'il reste pour moi un terrible point d'interrogation que je désire détordre.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;Mes doigts sentent encore le saumon  fumé que je n'aime qu'avec les doigts, l'expérience m'aura appris que l'odeur s'imprègne de façon tenace mais manger demande une certaine dose d'insouciance sinon d'abandon. On mange comme mange les enfants, de ce point de vue rien ne change vraiment. Pendant que je mangeais ma mère a attiré mon attention sur le cierge et les deux petites icônes qu'elle avait dit qu'elle allumerait quand le matin même je partais pour mon épreuve. La crainte était surdimensionnée et je pense l'avoir réussie, seulement voir ce cierge et l'entendre dire "t'as pas eu une lumière pendant l'épreuve?" qu'elle supposait venir du cierge me déprimait dans la mesure où les lumières s'appelaient révisions et où je ne voulais pas attribuer à quelqu'un d'autre qu'à moi-même le petit fruit de mon travail.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-6543057969738502467?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/6543057969738502467/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=6543057969738502467' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6543057969738502467'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/6543057969738502467'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/06/hier-encore-simprimait-par-dessus-la.html' title='Numéro du candidat : M920800090'/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-5932633926131255712</id><published>2009-06-18T20:01:00.006+02:00</published><updated>2009-07-14T00:17:23.827+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.commeaucinema.com/images/galerie/big/9584_dc0c905cf9091a2ecb008a6846d7f168.jpg"&gt;&lt;img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 704px; CURSOR: hand; HEIGHT: 371px" alt="" src="http://www.commeaucinema.com/images/galerie/big/9584_dc0c905cf9091a2ecb008a6846d7f168.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;Notes d'une prissonière bachotante retrouvées gravées sur les murs de sa chambre et sur des morceaux de ticket de caisse.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La philosophie à ceci de fascinant qu'on tombe par hasard sur un texte au détour d'un lien ou d'un livre, tout est fait pour qu'on ne le lise pas, c'est le moment du pur hasard, comme si de rien n'était.&lt;br /&gt;A sa lecture c'est le monde qui se renverse, s'orne du charme de la vérité, de l'illusion de moins. Illusion de moins qui ne tenait qu'à un lien plutôt qu'un autre ou à ce texte plutôt que celui-là. Nous venons chercher la philosophie, son austérité est son exigence, l'étape à franchir. Une fois l'étape franchie elle nous dévoile ce qu'elle a d'irrésistible, mais c'est un charme comme une ivresse et qui s'oublie parfois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a (avait) deux types de cours de philosophie. Ceux après lesquels je ressortais assurée de mon savoir et de ma compréhension, les idées claires et la tête pleine; un homme dans la rue aurait pu m'arrêter, me poser une question sur le cours que je lui aurai répondu et qu'il m'aurait tendu un bon point.&lt;br /&gt;Puis le cours où la philosophie devenait un cercle dont je suis exclue, je ne suis plus à elle, elle n'est plus mienne, mon incompréhension se mue en haine, en dégoût, je ne veux plus la voir, je préfère la douceur des livres, la modestie de leurs vérités tremblantes à la rigueur de cette femme trop assurée de ses charmes.&lt;br /&gt;On aurait pu faire en sorte que cette incompréhension soit sans enjeux mais tout repose sur elle du fait du choix de mes études, c'est la première fois de ma vie que je n'ai plus le droit de renoncer. Le renoncement, l'abdication me donne désormais envie de pleurer et pourtant à chaque instant je m'en sens capable, capable de retourner à la vie d'avant, de la conséquence zéro, du risque zéro; j'étais plutôt nase mais j'étais tranquille, aujourd'hui je suis submergée parce que l'ambition peut avoir d'aventure, de romanesque en sachet individuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les matins de révisions je suis entièrement dépendante de ma douche et de mon café, si ne je les prends pas je me rendors pour la journée. En plus il commence à faire chaud et ma chambre est petite et la moquette, c'était comme si elle emprisonnait la chaleur. Quand il fait chaud, je ne sais plus quoi faire de ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis fait une raison, j'arrive à comprendre que le corps n'est pas voué à être propre et à sentir le gel douche, il transpire, il se rebelle, il s'enbaume lui-même et il ne faut pas trouver ça sale mais naturel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'étais en train de me laver les pieds quand Emile est venu à 2h du matin me demander de sa voix d'endormi-réveillé "tu peux m'héberger j'ai peur y'a des moustiques dans ma chambre", il a dit ça d'une traite. Je lui ai improvisé un lit entre le lit de ma soeur et le mien, comme on fait quand c'est les vacances et qu'on peut se permettre de faire la fête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes journées de révisions se passent en deux temps: &lt;div&gt;1) je me félicite d'avoir autant réviser et je commence ma pause&lt;/div&gt;&lt;div&gt;2) je me punis d'avoir pris une si longue pause et je me remets au travail. Petit cercle vertueux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ma tête le rythme est aussi binaire:&lt;/div&gt;&lt;div&gt;1) confiance totale en mes connaissances sinon en mes facultés d'improvisation&lt;br /&gt;2) doute de tout, panique, mal de tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me demande comment doit aimer mon professeur de philosophie, penser à sa vie est jusqu'à présent le plus grand exercice d'imagination qu'il m'ait été donné d'accomplir, disons plutôt de correspondance de l'imagination avec une vague idée de vraisemblance. Il a connu l'amour et même l'adolescence, alors qu'il semble être si définitif, si lui-même dans ce qu'il est à présent. il ne sort pas de nulle part et il est fou de penser que d'une personne étrange et qui subjugue je n'arrive à rien me figurer, plus que d'autres je veux dire. J'arrive à croire qu'il puisse venir de nulle part, mais contrairement à ce que l'on croit, personne n'est une apparition, et j'en ai conclu que mon professeur doit aimer comme Antoine Doinel. Il retrace du doigt, l'arête du nez, les contours du visage de l'être aimé. Ca me paraît plausible, je le vois le faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je travaille l'après-midi dans ma cuisine, au début je me fixais des horaires à la fois pour me garantir un certain temps de révisions comme pour me limiter dans mon travail. En fin d'après-midi je fuis vers le Jardin du Luxembourg où je lis sur une chaise ou un banc. Dimanche il y avait un orchestre et deux coréennes qui papotaient derrière moi, en sortant je me suis achetée une glace au cappucinno avec la boule mal vissée sur le cornet et qui dégoulinait gravement, j'ai tout de suite regretté le choix du goût. Les deux marchands de glace qui se font face près de l'entrée du jardin ont une palette impressionnante de goûts, allant du muguet à la lavande en passant par je ne sais quoi, initialement je voulais du chocolat blanc mais la fille m'a dit qu'il n'y en avait plus -nos goûts sont prévisibles- aussi j'ai dû choisir vite et j'ai choisi non seulement le plus banal mais le plus mauvais. Le pire c'est que j'ai de la glace au café à la maison, je m'en suis rendue compte après. Ensuite je suis allée au cinéma voir le premier film de Martin Scorcese; un ravissement qui contenait tout ce qu'il me fallait : de la musique, du noir et blanc, des manteaux précieux.&lt;br /&gt;Ca ne marche pas à tout les coups ces sorties toute seule mais il est toujours plaisant de constater que sa propre compagnie est suffisante, qu'on ne se désespère pas, c'est comme si dans le fond tout le monde était neutre et bon, agréable et conciliant et que par dessus cette substance se trouvait une épaisseur d'humeur qui pouvait faire qu'on se déteste ou qu'on s'adore, qu'on se trouve bien en soi ou non. Il y a ce dédoublement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne sait pas vraiment pour les bancs. Si on a le droit de s'asseoir à l'extrêmité d'un banc déjà occupé en son autre extrêmité, si on a le droit de s'asseoir avec une personne assise en son milieu, est-ce que tout le monde à la même mesure de l'espace vital? Qu'est-ce qu'un banc occupé? Comment s'asseoir près de quelqu'un sans lui faire croire que je m'intéresse à lui? Et parfois c'est vrai. Parfois c'est faux. J'ai dû faire le tour du Jardin pour en trouver un totalement libre et ainsi ne pas me poser ces questions trop torturantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai ma théorie sur les mugs de café dans les films américains. Il ne sont pas les champions pour tout ce qui est objets de quotidienneté au sein de la fiction, par contre ils aiment bien faire revenir un personnage des courses, surtout dans les séries, mais leur grand dada reste le mug de café. &lt;i&gt;Do you want some coffee? &lt;/i&gt;Ca ils aiment bien, ça ils en ont besoin, comme si le personnage ne pouvait continuer le film sans sa tasse, cela ajoute ce petit côté de vraisemblance et de convivialité à toute situation. L'esprit Starbucks.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regarde trop les femmes, je les mate &lt;i&gt;à mort&lt;/i&gt;. Il y a des femmes enrobées dans des robes très colorées et très distinguées, comme de gros cadeaux. Leur peau est uniforme et parfaite, presque virtuelle, pas d'égratinures, pas de signes de faiblesse si ce n'est au niveau des pieds et du talon, la cicatrice d'une cloque, d'une ampoule, bref, d'un pied malmené et qui contraste terriblement avec le reste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour je me suis rendue compte qu'on pouvait deviner la direction de mon regard à travers mes Rayban, elles ne sont pas assez opaques. Depuis je ne quitte plus mon autre paire, bien noire, bien large, qui englobe plus que le regard mais pas du tout à la mode, et achetée pour cela même. C'est un luxe inestimable que de pouvoir voir sans être vue, de pouvoir remarquer que les gens passent leur temps à vous remarquer comme vous les remarquez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reste très au courant de la provenance des visiteurs de mon blog. Depuis un mois, une personne qui aime à taper mon nom et prénom sur google jusqu'à 10 fois dans la journée. Mystère et curiosité: que cette personne s'explique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La veille au soir de l'épreuve de philosophie, j'ai tout oublié de la méthode de dissertation, je suis d'une tristesse crasse, dégoulinante, un besoin de dormir pour m'isoler comme un petit chat, je semble inconsolable, je ne m'étais jamais vue dans cet état.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lundi je retrouve mes copines. J'ai l'impression de revenir de loin, du fond de mon esseulement. Qu'il est bon de parler de films d'horreur tout en mangeant une de ses salades préférées. Tout accablement mérite d'être partagé. Les révisions sont dures pour tout le monde et l'on comprend que c'est une peine qui ne peut se partager, elle est le moment de la solitude responsable. On ne peut donc la partager en l'allégeant mais la partager en comprenant que tout le monde en à une part égale, et que c'est un peu soulageant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après les révisions, je pars à la recherche de l'acte nul : lire un magazine dans les transports, me faire encerclée par des bambins de centre aéré touchants d'impolitesse, acheter une crème hydratante qui sent fort, sentir les pages d'un beau livre et consulter son prix en pensant qu'"un jour, je l'aurai", regarder une caissière désoeuvrée pensive à qui je dois répéter "c'est ouvert?", tenir une porte, observer une queue devant un cinéma, boire un Nestea sur une terrasse, ramasser quelque chose pour quelqu'un, prendre le bus dans Paris, n'importe quoi mais une fuite loin des cahiers pour dédramatiser et comprendre que la vie vit sa vie indépendamment de ces moments que l'on s'imagine déterminants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un bon site à fouiller de fond en comble:&lt;br /&gt;&lt;a href="http://pierre.campion2.free.fr/textes.htm"&gt;http://pierre.campion2.free.fr/textes.htm&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-5932633926131255712?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/5932633926131255712/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=5932633926131255712' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5932633926131255712'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/5932633926131255712'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/06/notes-dune-prisonniere-de-ses-revisions.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3078477782824217497</id><published>2009-06-10T20:31:00.007+02:00</published><updated>2009-06-11T01:07:38.088+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SjA8c6ToszI/AAAAAAAABKY/14cmEp7Dh8M/s1600-h/ScreenShot021.jpg"&gt;&lt;img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5345839225074398002" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 326px; CURSOR: hand; HEIGHT: 169px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SjA8c6ToszI/AAAAAAAABKY/14cmEp7Dh8M/s320/ScreenShot021.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;C'est d'une tristesse paralysante que de voir son monde s'évanouir, s'effriter devant soi. Tout disparait de façon si claire, le monde bascule à la dernière heure de cours de terminale, je n'ai rien vécu d'aussi heureux que cette année de terminale. J'aurai vécu un an d'un bonheur indécent, entourée d'amies aimantes, de professeurs que j'aimais excessivement et sans conditions, une présence parentale quasi-inexistante, j'aurai vécu de confort et de travail, je n'ai manqué de rien, et si j'ai eu des problèmes ils auront tous été d'ordre introspectif, soit les plus beaux problèmes qui soient.&lt;br /&gt;A présent j'ai le sentiment de devoir me soutenir toute seule pendant un certain temps. Mon professeur de philosophie allait dans le même sens que moi quand il disait qu'on aura passé une scolarité à voir des professeurs bienveillants qui voyaient en nous des possibles plutôt que le réel, avec le temps et la faculté on ne verra plus que le réel en nous. Je vais être jetée dans un monde sans charme, où personne ne sera là pour m'identifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passe le plus clair de mon temps à relire&lt;i&gt; les Liaisons&lt;/i&gt;, à manger des cornets de glace au chocolat, à dormir et à travailler la philosophie et la géographie. Sur son site mon professeur de philosophie fait le décompte jusqu'au bac, il y a quelques temps on en était encore à J-20 aujourd'hui il ne reste plus qu'une semaine. J'ai en tête ces reportages sur le baccalauréat dans les JT et à la radio, il faisait si bon de ne pas y être, d'y être encore loin, la moindre distance temporelle offrait l'illusion que ça n'arriverait jamais. Aujourd'hui j'y suis et l'évènement n'est pas à la mesure de ce qu'on annonçait, en fait il prend une toute autre forme et se teinte d'une mélancolie insoupçonnée en cela qu'il se situe entre la belle année et un océan de jours libres, de vacances. Il n'y a rien d'autres à faire sinon se taire et passer à l'action, travailler jusqu'à un stade avancé de la fatigue. Le problème du bac c'est que ça fait beaucoup de solitude d'un seul coup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne pense qu'à une chose : aller au cinéma pour aplanir les révisions dans mon cerveau, pour digérer le réel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fille de 18 ans qui parle de son bac sur son blog; je devrais m'arrêter là.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3078477782824217497?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3078477782824217497/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3078477782824217497' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3078477782824217497'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3078477782824217497'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/06/cest-dune-tristesse-paralysante-que-de.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_PDZc8t8sT_g/SjA8c6ToszI/AAAAAAAABKY/14cmEp7Dh8M/s72-c/ScreenShot021.jpg' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-2278996435203892560</id><published>2009-06-05T17:11:00.014+02:00</published><updated>2009-06-06T23:59:58.628+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>Les chemises demandent à ce que l'on se tienne droit, elles ont une rigidité, un ordre, une symétrie et une forme à respecter, il ne faut pas s'avachir quand on porte une chemise, elle est le nouveau corset. La chemise est le vêtement de l'homme éveillé, réveillé, celui qui en remonte les manches sur ses puissants avant-bras, la chemise porte le travail en elle, elle est l'apparence du travail. C'est pour cette raison qu'on en croise autant à la Défense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vendredi après-midi je perds le sens du réel. On prend la fatigue de fin de journée pour celle de toute une semaine, puis on attend dans une torpeur impatiente le bus, entourée du bruit prévisible des voitures allant et venant : c'est le silence de la ville, le silence la ville qui n'offre plus rien d'autres depuis bien longtemps, qui égalise tout. La ville est l'épreuve de trop pour la fatigue, elle est le lieu de la réaction, de l'homme éveillé, celui-là même qui porte une chemise.&lt;br /&gt;Les membres sont abrutis, le dos voûté sous l'abribus, les discussions pâteuses. Dans la journée on hésite à programmer quelque chose pour la soirée, on anticipe la fatigue de l'après-midi, on se demande si les copines ont envie de commencer le week-end avec nous où si elles sont dans leur période de retirement, de "je suis contre tout". On ne peut se retrancher d'elle, elle est là et il n'est pas question de se dire "je dis ça parce que je suis fatiguée"; nous prenons la vision du monde qu'elle nous impose comme la seule valeur possible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de rancoeur à l'égard des voitures, de leur laideur définitive qu'elles tentent de dissimuler par des lignes élancées, des noms inventifs, des couleurs de cadavres, de ce qu'elles représentent : l'individualisme sous sa forme la plus éloquente, une petite boîte &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;tout confort&lt;/span&gt; autour de son conducteur, un confort qui quand on y est, pousse à la haine de tout ce qui en est extérieur. On a l'air de rien dans une voiture et absolument rien ne la sauve.  &lt;br /&gt;Quand j'étais petite je me concentrais sur la figure que leur conféraient les deux phares avant et le pare-choc, certaines avaient des têtes impitoyables, d'autres sympathiquement simplettes, comme la Twingo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant je n'aime rien autant que les promenades en voiture, ce qu'elles permettent de combiner : le transport, une bonne température ambiante, la tranquillité qui caractérise tout ce qui n'est pas &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;en commun&lt;/span&gt;, la musique, la radio que l'on veut. On regarde au-dehors de manière aussi impliquée qu'effacée, avec la bienveillance de l'observateur dont tout le monde ignore qu'il observe. S'il existe un lieu pour les morts il doit certainement ressembler à une voiture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime bien tomber sur mon odeur. Enfiler ma chemise de nuit et puis, dans le tuyau qui mène à l'embouchure, tombé sur une odeur, un mélange de déodorant, de transpiration nocturne, de gel douche, une odeur de présence. Avant je mettais au sale la chemise de nuit avant qu'elle ne sente quoique ce soit, maintenant j'essaye de me calmer concernant mon hygiènisme, j'essaye de m'accepter en tant qu'odeur...ma mère s'en rejouit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai jamais aimé &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;Rock Bottom&lt;/span&gt; de Robert Wyatt mais la version que A. propose de &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;Sea Song&lt;/span&gt; m'a convaincue de donner à l'album une sec...disons une troisième voire quatrième chance. C'est le genre d'album que j'ai honte de ne pas aimer tellement s'est constitué autour de lui un consensus de grandes personnes qui pensent inconcevable d'y voir autre chose qu'un pur chef-d'oeuvre. Heureusement A. me ferait tout aimer, il m'en offre une version qui restitue toute la profondeur qui manquait à la version de Robert Wyatt, de cette profondeur qui nous oblige à en consulter les paroles.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.zshare.net/audio/61036246001d3271/"&gt;Sea Song - A.&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-2278996435203892560?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/2278996435203892560/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=2278996435203892560' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2278996435203892560'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/2278996435203892560'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/06/les-chemises-demandent-ce-que-lon-se.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8319911173177661915.post-3539176937058640119</id><published>2009-06-02T21:02:00.000+02:00</published><updated>2009-06-02T21:03:30.239+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="border-collapse: collapse; font-family: arial; font-size: 13px; "&gt;"Salut Murielle,&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ton blog est très bien, mais ce serait cool de pouvoir mettre des commentaires.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Bonne suite"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;:-)&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8319911173177661915-3539176937058640119?l=des-tranches.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://des-tranches.blogspot.com/feeds/3539176937058640119/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8319911173177661915&amp;postID=3539176937058640119' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3539176937058640119'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8319911173177661915/posts/default/3539176937058640119'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://des-tranches.blogspot.com/2009/06/salut-murielle-ton-blog-est-tres-bien.html' title=''/><author><name>Murielle</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09132604596480771413</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='05255167244796343729'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry></feed>